Bonjour à tous,

Un petit rappel s'il vous plaît :
le génitif pluriel de lex, legis donne legum ou legium ?
Dans la mesure où c'est un faux imparisyllabique puisqu'il se termine en -x, ce devrait être "legium" non ? Or je trouve legum de partout ...

Réponses

  • C'est bien legum. Le seul nom en -x à faire son génitif pluriel en -ium est nix (nivium).
    Attention d'autre part à la dénomination de "faux imparisyllabique", peu scientifique.
  • Ce n'est pas une dénomination scientifique, mais elle est commode. Ce sont les adjectifs en x qui sont de faux imparisyllabiques, pas les noms.
  • Merci beaucoup à vous deux. J'en reste donc, pour les noms, à la règle du radical du génitif en double consonne !
  • Chercher à établir une règle exhaustive est un peu peine perdue. Historiquement la troisième déclinaison regroupe des thèmes en *-i- (qui ont -i- à l'Ab.sg. et -ium au G.pl.) et des thèmes en consonne (qui ont -e- à l'Ab.sg. et -um au G.pl.), mais les deux se sont précocement confondus, le second ayant tendance à passer au premier (autrement dit, -um est un archaïsme). D'où des formes refaites (étymologiquement incorrectes) comme dent-ium < *dent-um (cf. gr. ὀδόντ-ων, lit. dant-ų) ou noct-ium < *noct-um (cf. skr. nákt-ām, lit. nakt-ų) sur le modèle de gent-ium (cf. lit. genč-ių). Ici, la règle des "deux consonnes" ne vous sera guère utile... Du reste la même tendance est à l'œuvre en lituanien contemporain (dančių et nakčių tendent à se répandre).
  • C'est bien legum. Le seul nom en -x à faire son génitif pluriel en -ium est nix (nivium).
    Attention d'autre part à la dénomination de "faux imparisyllabique", peu scientifique.


    Bonjour,

    Quid de "nox" et de "arx" ?

    Merci,

    Olivier
  • noctium et arcium.
  • Merci Laoshi.


    Bon, du coup, je me suis efforcé de retrouver (dans ma mémoire)
    tous les monosyllabique en -x que je connais et de les classifier. Cette classification
    ne repose sur rien d'étymologique ou de morphologique, c'est
    simplement à but mnémotechnique, pour moi. Je trouve ainsi 3 classes :

    - les "réguliers imparisyllabiques" (type "consul") :

    dux, ducis
    fax, facis
    lex, legis
    lux, lucis
    pax, pacis
    rex, regis
    vox, vocis


    Mais ce sont surtout les suivants qu'il convient de retenir :

    - les "réguliers faux imparisyllabiques" (type "civis"), réguliers
    au sens de respecter la règle des "deux consonnes" :

    arx, arcis (arcium)
    falx, falcis (falcium) (Merci Asterix !)
    nox, noctis (noctium)


    - irréguliers/exceptions : qui ne relèvent ni de l'une ni de l'autre des situations précédentes :

    nix, nivis (nivium)


    Faudrait-il en ajouter à cette liste de monosyllabiques en "-x", qu'il serait souhaitable de connaître
    du fait d'un usage "fréquent" ?

    Merci,

    Olivier
  • Laoshi a écrit:
    noctium et arcium.

    Dans quels textes trouve-t-on ces formes ?
  • 693242Capturedecran20161009a092139.png

    Pour arcium, chez Virgile, paraît-il, mais je ne l'ai pas encore trouvé. ;)
  • César, De bello Gallico, 6, 18 : ... b eam causam spatia omnis temporis non numero dierum sed noctium finiunt;
    Ciceron, De Republica, 3, 3 : ut suspiceremus in caelum nec frustra siderum motus intueremur dinumerationibusque noctium ac dierum
    Ciceron, De Officiis, 1, 33 : ... indutiae factae, noctu populabatur agros, quod dierum essent pactae, non noctium indutiae...

    Sénèque, Thyestes, 342-343 : nescitis, cupidi arcium, / regnum quo iaceat loco.
  • Faudrait-il en ajouter à cette liste de monosyllabiques en "-x", qu'il serait souhaitable de connaître
    du fait d'un usage "fréquent" ?


    Bonjour, " usage fréquent" est une valeur bien relative! Certes il existe des "vocabulaire de base du latin », des lexiques ou autres documents statistiques fréquentiels , type LASLA (mais tout dépend du corpus de textes étudiés, de ou des auteurs latins lus, en tout ou en partie) cependant lorsque je suis devant un texte latin, peu m'importe si tel ou tel mot est d'un usage plus courant que tel autre, je me dois de le (re)connaître et de le comprendre. Quant à la "construction" du génitif pluriel des noms de la 3è déclinaison, il me semble que vous vous compliquez la vie inutilement, sauf si vous vous concentrez sur l'exercice du thème (sans aide d’un dictionnaire ou d’une grammaire), exercice dont on peut s’interroger sur le côté « incontournable » pour mieux saisir les subtilités de la langue latine, mais c’est un autre débat. Lorsque vous lisez un terme latin terminé par « um », si vous savez que c’est un nom de la 3è décl, c’est un génitif pl. Et les différentes tentatives pour classer les noms de la 3è (pari/imparisyllabique, thème consonantique, vocalique, à nasales, thème mixte etc), si elles ont leur raison d’être, elles sont bien loin d’être utiles au latiniste qui souhaite traduire un texte latin.

    Voici quelques monosyllabiques terminés par « x » dont vous en avez déjà cité quelques uns : falx, calx, arx, merx, lanx, pax, rex, lex, grex, nex, faex, pix, nix, nox, nux, crux, dux, strix, et prex ( ce dernier semble inusité au sg).

    cordialement
  • Voici quelques monosyllabiques terminés par « x » dont vous en avez déjà cité quelques uns : falx, calx, arx, merx, lanx, pax, rex, lex, grex, nex, faex, pix, nix, nox, nux, crux, dux, strix, et prex ( ce dernier semble inusité au sg).
    Oui, mais c'était du génitif pluriel de ces noms qu'il était question, et la grande majorité a le génitif en -um, sauf ceux pour lesquels il semble que le radical terminé par deux consonnes les apparente à des mots comme fons ou urbs.
  • Pour nox, il faut se rendre à l'évidence, mais ce que je ne m'explique pas, c'est que le correspondant grec est nettement consonantique...
  • J'avoue que arx me pose aussi problème...
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