Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,
J'ai un devoir à rendre pour lundi et il consiste à faire un plan sur ce sujet : Peut-on considérer que Thérèse Raquin de Zola constitue une bonne illustration du roman naturaliste ?
En faite, je dois mettre les arguments contre et pour comme ceci :
I) en-tête rédigé (contre)
  • argument A
  • argument B
II) en-tête rédigé (pour)
  • argument A
  • argument B

Voici ce que j'ai déjà commencé à faire :
I) En premier lieu, on pourrait considérer que par certains aspects, le roman Thérèse Raquin n'est pas de genre naturaliste.
Et c'est les arguments contre que j'ai vraiment du mal à trouver...
II) Cependant, à y regarder mieux, la possibilité que l'oeuvre Thérèse Raquin soit un roman naturaliste est plus envisageable.
Donc là j'ai trouver beaucoup d'arguments comme le cadre spatio-temporel connu de tous, les classes sociales (surtout les ouvriers), la psychologie, un fait divers qui pourrait très bien avoir lieu à l'époque et être publié dans les journaux ...

Pouvez-vous m'aider à trouver des éléments contre svp ?
Merci d'avance.

Réponses

  • Des ouvriers dans Thérèse Raquin ?
  • Oui Laurent travail comme ouvrier au début du livre, et dans le genre naturaliste on parlait beaucoup des ouvriers et de l'industrialisation.
  • JehanJehan Modérateur
    Mais tu avais mis "surtout les ouvriers"...
    Vraiment pas beaucoup dans ce roman-là, en tout cas.
  • Oui désolé il y a les ouvriers et la petite bourgeoisie.
  • Ouvrier, Laurent ?
    —Figurez-vous, dit Camille, que ce farceur-là est employé à la gare du chemin de fer d’Orléans depuis dix-huit mois, et que nous ne nous sommes rencontrés et reconnus que ce soir. C’est si vaste, si important, cette administration !
    Le jeune homme fit cette remarque, en agrandissant les yeux, en pinçant les lèvres, tout fier d’être l’humble rouage d’une grosse machine. Il continua en secouant la tête :
    —Oh ! mais, lui, il se porte bien, il a étudié, il gagne déjà quinze cents francs…Son père l’a mis au collège ; il a fait son droit et a appris la peinture. N’est-ce pas, Laurent ?… Tu vas dîner avec nous.

    Laurent est gratte-papier à la gare d'Austerlitz. Il n'exerce pas un métier manuel comme plus tard le forgeron Goujet ou le couvreur Coupeau de l'Assommoir. C'est un bourgeois, un tout petit bourgeois, si l'on veut, mais pas un ouvrier.


    Il fallait lire le roman sans omettre la préface qui contient des éléments de réponse :
    Dans Thérèse Raquin, j’ai voulu étudier des tempéraments et non des caractères. Là est le livre entier. J’ai choisi des personnages souverainement dominés par leurs nerfs et leur sang, dépourvus de libre arbitre, entraînés à chaque acte de leur vie par les fatalités de leur chair. Thérèse et Laurent sont des brutes humaines, rien de plus. J’ai cherché à suivre pas à pas dans ces brutes le travail sourd des passions, les poussées de l’instinct, les détraquements cérébraux survenus à la suite d’une crise nerveuse. Les amours de mes deux héros sont le contentement d’un besoin ; le meurtre qu’ils commettent est une conséquence de leur adultère, conséquence qu’ils acceptent comme les loups acceptent l’assassinat des moutons ; enfin, ce que j’ai été obligé d’appeler leurs remords, consiste en un simple désordre organique, et une rébellion du système nerveux tendu à se rompre. L’âme est parfaitement absente, j’en conviens aisément, puisque je l’ai voulu ainsi.
  • Tout le "premier naturalisme" de Zola tient dans ce cadavre de noyé aux yeux pourris (je ne sais combien de fois ce mot revient dans le livre...) qui s'interpose entre Laurent et Thérèse et va s'insinuer jusque dans leur lit, et qui cause ce désordre organique, substitut physiologique du remords qu'ils n'éprouvent jamais, puisque ce ne sont que des "tempéraments"...
  • D'accord merci pour votre aide mais il me faut juste des arguments qui peuvent faire que l'on hésite quant à la nature du roman soit naturaliste...
  • Disons que dans Thérèse Raquin, les personnages ne sont pas soumis au déterminisme du milieu et de l'hérédité, comme les personnages des RM (désolé, je n'ai plus le temps).
  • manouswag a écrit:
    D'accord merci pour votre aide mais il me faut juste des arguments qui peuvent faire que l'on hésite quant à la nature du roman soit naturaliste...

    On hésite car il y a une amorce d'étude psychologique, indépendante donc de l'hérédité. Lis la préface, elle est sur le net.
  • Indépendante de l'hérédité, oui, mais soumise à la chair, aux nerfs et au sang, et non à des impondérables spirituels ou moraux... La seule façon de critiquer ce naturalisme, c'est d'essayer de montrer que Zola a pu ne remplir son propre programme qu'imparfaitement ; pour cela, il faut interroger notre ressenti de lecteur ainsi que la critique de l'époque : si les personnages sont entièrement dominés par leur tempérament, si ce sont des "brutes humaines", on doit les excuser ; s'ils nous révoltent, c'est que nous voyons nous, une dimension morale à leur acte. Reste à se demander pourquoi.
  • Se demander pourquoi ? Parce que nous avons une âme, pour paraphraser Zola qui écrit sans vergogne dans sa préface : "L'âme est parfaitement absente, j'en conviens aisément, puisque je l'ai voulu ainsi."

    Peut-on ainsi réduire l'être humain aux seules données corporelles (pire, génétiques) ?

    Zola me pose des problèmes métaphysiques.
  • Sans doute, mais c'est sortir du sujet pour aborder des problèmes philosophiques ayant nous comme objet...
  • Certes ! Mais ceci prouve qu'un sujet de dissertation n'est pas purement théorique. La littérature débouche sur l'humain, après tout.
  • Le sujet ne consiste pas à nous demander si nous jugeons ces êtres immondes ou non ; ils n'existent pas ! On peut en fait réduire le sujet à la "problématique" suivante : oui ou non Zola a-t-il rempli les objectifs de sa préface dans ce livre ?
    En aparté : j'aime beaucoup Zola, mais je n'ai jamais aimé Thérèse Raquin ; les personnages sont invraisemblables et ne semblent inventés que pour illustrer une première "expérience" naturaliste. En ce sens, le fait que l'auteur ait adapté son roman pour le théâtre est significatif.
  • Tu vois bien que je ne traite pas le sujet, enfin ! L'élève a déjà rendu son devoir. Je me suis permis quelques considérations, c'est tout. Mince alors... :(
  • Je vous prie de m'excuser.
  • Puisque l'on se permet des considérations, je me permettrais d'ajouter que l'hérédité pèse sur Thérèse : Thérèse est née en Algérie, d'une femme indigène, et Zola la fait agir conformément à tous les stéréotypes du temps sur les Arabes : vigueur physique, audace, ruse... C'est elle qui joue du couteau.
    C'est discret, probablement pas délibéré : Zola est tributaire de la mentalité de son temps. C'est peut-être aussi de là que vient notre malaise.
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