Bonjour!

Etudiant en lettres modernes, je me suis mis à lire la recherche cet été.
Et je me sens toujours plus mal en avançant dans ma lecture, je hais ce truc alors que c'est une référence, j'ai l'impression de n'avoir aucune sensibilité littéraire.

C'est archi chiant, je m'ennuie, il ne se passe rien, je suis à la page 920 et pour l'instant j'ai lu le quotidien mondain des Verdurin, le premier flirt avec Gilberte et la relation entre Odette et Swann. Je dois me faire violence à chaque page tellement j'en ai marre, et il m'en reste plus de 2000.

Je ne comprends pas l'intérêt de cet oeuvre, les phrases interminables me font soupirer, le propos ressemble à de la psychologie de comptoir, c'est un amas de réflexions qui ne vont pas bien loin.

Si le reste est semblable au début, est-ce bien nécessaire de continuer ?...
«13456

Réponses

  • Titania91Titania91 Modérateur
    Bonsoir Enaviel,

    J'ai eu la même impression en lisant Proust. Je pense que c'est une question de sensibilité et qu'il est donc inutile de se forcer à le lire si on y est allergique. Pour sa culture littéraire il peut être nécessaire de connaître les passages d'anthologie et son oeuvre dans les grandes lignes (notamment si l'on enseigne en secondaire :D ) mais autrement...
  • Je dirais la même chose, mais je ne conseillerais pas de délaisser Proust à jamais, plutôt de reprendre la Recherche d'ici quelque temps ;)
  • ComateenComateen Modérateur
    Proust etant l'auteur que je prefere, je reste perplexe en lisant ton message :p
    Cela dit, si tu t'ennuies, ne poursuis pas, reprends-le plus tard.
  • Le bourrage de crâne jusqu'à intoxication n'étant ps ( pas toujours) la meilleure solution pour découvrir un auteur, je conseille la même chose. C'est du moins ce que j'ai fait à la lecture d'un Amour de Swann ( après Combray que j'avais beaucoup apprécié), j'ai trouvé ça carrément ennuyeux.
    Je pense qu'il y a quelques auteurs comme ça, qu'on ne parvient pas_ pas dans l'immédiat en tous cas_ à apprécier. Ca dépend des sensibilité, comme on dit ( en fait, je vais vous dire un gros mot, je suis sûr qu'on m'en voudra sur ce forum: j'aime pas Balzac j'ai beaucoup de mal à lire Balzac :-) Et pourtant c'est une référence.
    Bonne lecture en tous cas ( pour Proust... ou d'autres !)
  • Je comprends vos réticences, j'avais eu beaucoup de mal à m'y atteler, mais, par contre, dire que c'est de la psychologie de comptoir, c'est un peu fort de café, je trouve.
  • ComateenComateen Modérateur
    Enaviel a écrit:
    Je ne comprends pas l'intérêt de cet oeuvre, les phrases interminables me font soupirer, le propos ressemble à de la psychologie de comptoir, c'est un amas de réflexions qui ne vont pas bien loin.
    Euh, je veux bien qu'on puisse ne pas aimer Proust, mais dire que ses réflexions ne vont pas bien loin, je suis désolée mais c'est archifaux...
  • Je crois en effet que si tu détestes Proust à ce point il ne faut pas te forcer à lire tous les romans de sa recherche, tu risquerais de te dégoûter de la lecture pour de bon, surtout que tu en as pour un certain temps avec tous ces tomes. De mon côté j'adore Proust, je suis justement charmée par ses longues phrases, il décrit avec précision des sensations, les récrée en leur donnant une beauté nouvelle. Aimer Proust n'est pas qu'une question de sensibilité littéraire, je pense que ça dépend seulement de la personnalité de chacun. Il y en a qui préféreront des romans avec de l'action, d'autres qui aimeront se perdre durant de longues pages où il ne se passe a priori pas grand-chose mais dont le style est pour eux plus important que le reste.
    Je te conseille de lire autre chose et d'y revenir après si tu as le courage, peut-être que tu aimeras de nouveau, peut-être que non, et dans ce cas-là tu peux aussi lire des analyses plutôt que de te forcer pendant des pages et des pages.
  • C'est archi chiant, je m'ennuie, il ne se passe rien

    C'est exactement mon jugement sur la Chartreuse de Parme, le Lys dans la vallée, l'Education sentimentale et la Modification... entre autres.

    Autrement dit, ce n'est pas une appréciation littéraire (je puis très bien montrer l'intérêt de ces textes...), mais un jugement épidermique qui ne préjuge nullement du talent de l'auteur.

    Une précision, cependant : La Recherche, ce n'est pas les Rougon-Macquart, un cycle romanesque que l'on peut lire dans le désordre et dont aucune tome n'est nécessaire à la compréhension des autres ni à la compréhension d'ensemble. La Recherche c'est un unique roman, découpé en chapitres pour la commodité de publication. On lit tout ou on ne lit rien, et on ne comprend le début que quand on a lu la fin.
  • Proust est trop long et la vie est trop courte.

    Mais pour Balzac : il faut peut être commencer par Adieu !!! Chez Balzac le temps est cyclique, ce n'est mentionné nulle part, mais il faut relire la Peau de Chagrin pour voir une déconstruction vertigineuse du temps.

    Dans Adieu (https://fr.wikisource.org/wiki/Adieu_(Balzac), l'histoire (un brin dérisoire selon moi) d'une folie, il y a quand même (!!!) une description sublime du champs de bataille de la Bérézina. C'est une courte nouvelle qui permet de mieux comprendre Chabert : le pauvre Colonel qui ne voulait pas être un numéro (6?), qui est enfermé à Bicêtre et rêve de charges de hussards en fumant des cigares.
    On peut s' intéresser ensuite au cas de Raphaël de Valentin qui lui avait vraiment les lettres dans la peau. Et alors il faut vite comprendre qui est vraiment Taillefer, et ce qu'il a bien pu faire dans une certaine auberge.

    Le Lys dans la vallée... il faut s'en méfier.

    Bon je vois que je m'emporte. Pour les cinéphiles, les premières minutes de Pierrot Le Fou situent bien Balzac dans la modernité (enfin je crois).



    Mais est ce que cela sert encore à quelque chose quand l'or a remplacé le verbe ?
  • Je compatis. J'ai lu trois fois le premier tome de La Recherche et n'ai jamais eu envie de poursuivre. Mais je sais que j'y reviendrai un jour. Question d'envie, de sensibilité, probablement d'éducation littéraire (je crois qu'il y a deux décennies nombres d'œuvres que j'ai lu ces dernières années m'auraient rebuté) et peut-être d'âge...
    Mais si au bout de 900 pages tu n'es pas convaincu, il faut dans tous les cas arrêter sous peine de saturation. Au pire tu auras lu 900 pages, au mieux tu auras envie de tout relire dans quelques années.
  • J'aime énormément la poésie qui se dégage de La recherche. Ces longues phrases descriptives chargées de synonymes me charment.
    En revanche, je reconnais que certains passages sont vraiment indigestes et ont sur moi l'effet qu'aurait un puissant somnifère.
    Comme l'a dit un autre intervenant, il faut prendre l'ensemble de la Recherche pour comprendre la réflexion que développe Proust et qui s'avère assez profonde.

    Il peut être intéressant de lire le premier tome (Du côté de chez Swann) quand on entreprend des études en lettres modernes, ne serait-ce que pour se familiariser avec le style de l'auteur, découvrir les personnages (comme Mme Verdurin) et avoir un avis sur le sujet (même négatif), mais il n'est pas nécessaire de lire l'ensemble de l’œuvre (j'ai bien eu des professeurs de français qui n'avaient jamais dépassé le premier tome).


    Juste pour info, tu as la grosse édition Gallimard de plus de 2000 pages ? :D
  • Je viens également de faire mon entrée dans le monde de La recherche. Je dois dire que le style me charme assez, même si cette lecture demande une certaine concentration...
  • Moreau a écrit:
    Juste pour info, tu as la grosse édition Gallimard de plus de 2000 pages ? :D
    J'ai l'ancienne édition en trois tomes à La Pléiade, celle qui ne fait que 3632 pages :D

    J'avoue que je n'ai pas trop le courage de prendre connaissance de la nouvelle version qui, avec les notes et variantes, ne compte pas moins de 7408 pages affraid.gif
  • Je suis aussi ennuyé par Proust!
    J'ai commencé Du Coté de chez Swann, et j'ai vite arrêté (j'ai lu Combray, et le début de Un amour de Swann, et encore, en diagonale)...
  • Je pense que c'est la taille de l'oeuvre qui pose problème ici. Du côté de chez Swann n'en représente que le tout début, et il est malaisé d'en saisir instantanément tous les enjeux, le fait qu'il s'agisse de l'histoire d'une vocation etc...

    Un cours, ou un ouvrage théorique peuvent permettre d'avoir une vue d'ensemble et d'apprécier enfin Proust, Lire du côté de chez Swann de Luc Fraisse par exemple.
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.