Fiches méthode Bac de français 2020

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Réponses

  • SionaSiona Membre
    Donc Baudelaire se reconnait dans les aveugles parce qu'il aurait besoin de croire en Dieu pour surmonter son malêtre , comme les aveugles ont besoin d'y croire pour surmonter leur cécité. Les aveugles pensent peut-être qu'ils ont une chance de retrouver la vue en croyant en Dieu ? Ce qui, du coup, les rend peu malheureux ... Baudelaire se révèle plus malheureux que les aveugles parce qu'il ne croit pas en Dieu.

    Les aveugles vivent dans le noir, dans la solitude mais ils ne souffrent pas parce qu'ils croient au ciel, ils croient donc à une autre vie , une vie où ils ne seraient pas aveugles .

    Atteindre une réalité spirituelle, le monde des idées grâce à la fusion des sens ( référence à Correspondances ) ne nécessite donc pas de croire en Dieu ?
    Mais Est-ce faux de dire que les aveugles, grâce à la fusion des sens (odorat, toucher ..) atteignent la réalité spirituelle ?
    Baudelaire lui aussi atteint la réalité spirituelle ( correspondance, vie antérieure ) . Mais, c'est dans la mesure même où Baudelaire a visé très haut (l'idéal ) qu'il s'expose aux déceptions, aux échecs, au dégout de l'existence.. et vu qu'il ne croit pas en Dieu, ça le rend encore plus malheureux ...

    Baudelaire ne peut pas se reconnaitre à travers les parisiens, les fêtards, car il ne peut se satisfaire des plaisirs terrestres. Ces fêtards, à l'opposé des aveugles, cherchent à oublier leur condition humaine dans le divertissement. Baudelaire méprise tous ces plaisirs, un peu comme pascal d'ailleurs ... ?
  • HHHH Membre
    Bonjour, je réactive le sujet car après avoir fait quelques recherches sur Les Aveugles, de Baudelaire, je suis tombée sur deux interprétations différentes, centrées sur le mot "Ciel" au dernier vers mais qui ont des répercutions sur toute la compréhension du poème.
    Je suis tout d'abord tombée sur cette page http://rene.pommier.free.fr/Aveugles.htm qui donne un commentaire très fournie du poème, et très bien documenté. Dans cette analyse, le Ciel est à comprendre dans un sens essentiellement religieux -> ainsi le sens du poème est à comprendre comme suit :
    "L'interprétation philosophique de l'attitude physique des aveugles permet à Baudelaire non seulement de se reconnaître en eux, mais même de se sentir encore plus désemparé, plus démuni et finalement plus aveugle qu'eux, puisque, si lui voit bien la lumière du ciel, il n'a pas la chance qu'ils ont eux de pouvoir croire au Ciel. Ce que nous dit ce sonnet, c'est la solitude, le désarroi et la détresse du poète qui voudrait croire et qui ne le peut pas. Ce que nous dit Baudelaire, c'est ce qu'il écrira à sa mère quelques mois plus tard, le 6 mai 1861 : « "Et Dieu !" diras-tu. Je désire de tout mon coeur (avec quelle sincérité, personne ne peut le savoir que moi) croire qu'un être extérieur et invisible s'intéresse à ma destinée, mais comment faire pour le croire ?» Mais ce qu'il dit à sa mère d'une manière très simple et directe, il nous le dit à nous que d'une manière détournée; et malgré cela, ou plutôt grâce à cela, il nous le dit avec beaucoup plus de force. Cette confidence, cette confession a un caractère à la fois singulièrement impudique et discret, violent et voilé."
    (je cite l'analyse du site de René Pommier)

    Mais en continuant mes recherches, j'ai trouvé sur ce forum une interprétation bien différente : le Ciel serait une référence à l'Idéal etc. ce que semble affirmer Jean-Luc mais aussi plus particulièrement Léah qui ne paraît pas un instant douter que cette interprétation soit "la bonne"

    Ma question n'est pas de savoir quelle interprétation serait "la bonne" et l'autre "fausse". Je souhaite seulement savoir sur quoi se fonde la deuxième interprétation (puisqu'en ce qui concerne la première, le site de Renier Pommier donne déjà des explications fournies) qui me semble plus difficile à soutenir mais est non moins intéressante au vue de la poésie baudelairienne dans son ensemble.

    NB : je souhaitais aussi noter au passage mon désaccord profond avec cette affirmation qui me paraît simpliste :
    Thibaultg a écrit:
    La première chose quand on lit un poème, c'est d'oublier tout ce qu'on vous en a dit, ou tout ce que vous en avez lu.
    Lisez seulement ce que le poète en a dit. Baudelaire a fait des préfaces aux "Fleurs du mal", lisez-les, elles vous seront de quelque utilité.
    Si c'est un de mes collègues qui a dirigé vos lectures, alors allez dans le sens proposé. La réponse est souvent dans la question, ou pas très loin.

    Si le poète ou plus généralement l'artiste ressent le besoin de créer c'est bien parce qu'il se sent dans l'incapacité d'exprimer autrement ce qu'il exprime à travers son oeuvre -> cf Rimbaud "ça veut dire ce que ça veut dire, littéralement et dans tous les sens". Ce que dit le poète de son oeuvre ne pourra donc jamais être pleinement satisfaisant (de même que toutes les explications qu'en donneront les grands spécialistes ne seront jamais pleinement satisfaisantes). D'autre part une oeuvre n'existe qu'à travers celui qui la contemple (que ce soit en la lisant, en l'écoutant ou en la regardant). A ce propos Duchamp déclarait que "c'est le regardeur qui fait le tableau". Quoi qu'il en soit, il me semble que chacun peut apporter sa propre interprétation à partir du moment où elle est justifiée et crédible et l'auteur n'a absolument pas le monopole sur le sens de son oeuvre (même si évidemment il est toujours intéressant de savoir ce qu'en a dit l'auteur), auquel cas sa signification en serait très appauvrie.

    A travers ma question sur la double interprétation du Ciel dans Les Aveugles je cherche justement à savoir quelle interprétation semble la plus fondée par rapport au texte.
  • Juste des remarques.
    Deux occurrences :
    "au ciel"
    "au Ciel".


    Peut-être s'interroger sur la place de ces deux expressions et sur le passage de la minuscule à la majuscule pour ciel/Ciel.

    La symbolique des yeux chez Baudelaire.

    Du tableau à la méditation.

    Le poète entre ténèbres et lumière.
  • HHHH Membre
    C'est effectivement le passage du "ciel" au "Ciel" qui me laisse penser que ce terme aurait plus une connotation religieuse qu'il ne serait une référence à "l'Idéal" baudelairien :
    en effet, au vers 7 le ciel se situe encore dans la description, le tableau. Baudelaire constate simplement que les aveugles regardent vers le ciel. Mais petit à petit, et cela devient beaucoup plus nette à partir du v9 Baudelaire passe du tableau à la méditation (qu'il appelle dès le premier vers lorsqu'il utilise le terme "Contemple") autrement dit de la description à la psychologie ou plutôt si ce n'est à la psychologie (je n'aime pas trop le terme), à quelque chose de plus intérieur. C'est ce qui fait qu'au dernier vers il n'utilise plus le mot "ciel" mais bien "Ciel". Nous ne sommes plus dans la description mais dans l'intériorité.

    D'autre part en ce qui concerne la réflexion autour du poète "entre ténèbres et lumière", je ne vois pas vraiment la lumière dans ce poème - en ce qui concerne le poète évidemment. Je m'explique : les aveugles s'ils ne peuvent voir la lumière du soleil, même en regardant vers le ciel, reçoivent certainement la lumière autrement : en regardant vers le Ciel. Mais en ce qui concerne le poète, cela ne fait que le ramener vers ses propres ténèbres puisque lui ne saurait voir la lumière terrestre (il fait certainement parti de ces personnes qui ont la "tête appesantie") pas plus qu'il ne verrait la lumière "divine" puisqu'il est incapable de croire (le dernier vers montre bien l'étonnement du poète qui ne comprend pas comment peut-on espérer trouver quelque chose dans le Ciel, ce qui souligne son manque de foi)

    Enfin je ne suis pas du tout renseignée sur la symbolique des yeux chez Baudelaire, mais vais essayer d'y remédier le plus tôt possible !

    Personne pour me donner des précisions sur l'ambiguïté de la signification du "Ciel" ?
  • Bonjour à tous,
    Je suis en 1Stmg et j'ai actuellement un commentaire composé à rédiger (introduction, 2 parties, conclusion) sur un poème de Baudelaire qui est "Les Aveugles".
    Mon introduction étant déjà faite, j'aurais besoin d'aide pour mes parties car je bloque totalement.

    Mon plan pour le commentaire :
    I/ Description cruelle et inquiétante
    II/ Description allégorique du poète et du lecteur

    Je ne comprends pas ce que je signifie "description allégorique" si quelqu'un pourrait m'expliquer svp, et pour former mes parties j'aurais besoin d'aide.
    J'espère avoir une réponse au plus vite pour m'éclairer, merci d'avance.
    Les aveugles

    Contemple-les, mon âme ; ils sont vraiment affreux !
    Pareils aux mannequins ; vaguement ridicules ;
    Terribles, singuliers comme les somnambules ;
    Dardant on ne sait où leurs globes ténébreux.

    Leurs yeux, d’où la divine étincelle est partie,
    Comme s’ils regardaient au loin, restent levés
    Au ciel ; on ne les voit jamais vers les pavés
    Pencher rêveusement leur tête appesantie.

    Ils traversent ainsi le noir illimité,
    Ce frère du silence éternel. Ô cité !
    Pendant qu’autour de nous tu chantes, ris et beugles,

    Éprise du plaisir jusqu’à l’atrocité,
    Vois, je me traîne aussi ! mais, plus qu’eux hébété,
    Je dis : Que cherchent-ils au Ciel, tous ces aveugles ?
  • Une allégorie est une représentation concrète d'une idée abstraite.
    La justice est représentée allégoriquement par un glaive, une balance.
    La mort par un squelette armé d'une faux.
  • Bonjour,

    Est-ce que quelqu'un pourrait me dire quand est-ce que le poème "Les aveugles" de Baudelaire a-t-il été rédigé et d'éventuelles informations pour la mise en contexte?

    D'avance,

    Merci.
  • Il serait inspiré par un tableau de Breughel. C'est un thème de l'évangile, l'aveuglement de l'âme pourrait être représenté par la cécité.

    http://cybersavoir.csdm.qc.ca/animation/projets-et-deroulements-pedagogiques/projet-darts-et-dethique/exemple-danalyse-la-parabole-des-aveugles/
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