La conjonction de coordination car

Bonjour, je suis étudiante en 2ème année de lettres modernes et je me pose quelques petites questions au sujet d'un dm.

Dans la phrase:

Je songeais à vous, car je vous aime

"Car je vous aime" peut-elle être une proposition subordonnée circonstancielle causale où "car" serait une conjonction de subordination? Ou car ne peut-il être qu'une conjonction de coordination?

De même, dans la proposition:

vous voilà on ne peut pas mieux, me dit-elle en me prenant par la main pour me faire asseoir.

Pour étant une préposition, peut-il être support d'une proposition subordonnée circonstancielle finale?


Vous m'aideriez énormément si vous pouviez éclairer un peu ma lanterne.
Merci par avance
Anaïs
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Réponses

  • Bonjour hysteriagirl84,

    Ah la grammaire !
    Je songeais à vous, car je vous aime
    A ma connaissance, "car" est toujours un conjonction de coordination qui relie deux propositions de même nature (ici deux indépendantes) [et de même fonction] par un lien de causalité.
    vous voilà on ne peut pas mieux, me dit-elle en me prenant par la main pour me faire asseoir.
    "Pour" préposition exprime la finalité, le but : il peut être remplacer par "afin de (me faire asseoir". Je ne crois pas qu'il y ait ici une proposition subordonnée circonstancielle finale, parce que :
    La proposition subordonnée finale est introduite par les locutions conjonctionnelle: pour que, afin que, de crainte que, de peur que.

    Le verbe est toujours au subjonctif, parce qu’il exprime une intention et non pas un résultat précis.
    Ex: J’ai agi de la sorte pour que vous soyez tranquilles.
    .
  • Selon moi, car est utilises ici pour creer une sorte de bilan entre les deux phrases. Il faut dire pour mieux comprendre Je vous aime donc je songe... C'est une conjonction de coordination pour moi
  • "Car" n'est qu'une conjonction de coordination, dans tous les cas, ou alors c'est un nom commun...
  • Merci à tous d'avoir éclairé ma petite lanterne!
  • mozart a écrit:
    A ma connaissance, "car" est toujours un conjonction de coordination [...] par un lien de causalité.
    Oui pour la première partie de la phrase de Mozart (nature de "car"), non sur la deuxième : "car" est une conj. de coord. qui introduit une explication (et non une cause) ; la cause est introduite par "parce que, puisque", qui gouvernent une subordonnée conjonctive.

    « Mets ton manteau car il fait froid ; il fait froid parce que le soleil est caché. »
  • Je songeais à vous, car je vous aime

    "je vous aime" est tout-à-fait la CAUSE du fait que je pense à vous
  • "Mets ton manteau car il fait froid"
    On peut parfaitement dire :
    "Mets ton manteau parce qu'il fait froid"
    La chaleur est cause qu'il faut mettre son manteau.

    ;)

    On peut l'entendre des deux façons, non ?
  • Le froid, Mozart, le froid :lol:
    "Car" est l'équivalent de "parce que"
    (Savez-vous que ce sont les Précieux qui ont pris la défense de cette utile petite conjonction ? Scudéry, je crois, mais le frère ou la sœur, je ne sais plus !)
  • Pour Hervé Novelli, la destination France est l'une des seules à pouvoir tirer son épingle du jeu en Europe dans le contexte de la crise économique mondiale. "La France restera première destination touristique mondiale" cette année, car "ce recul affecte tous les pays", a-t-il assuré.

    Voilà une semaine que je me demande si ce "car" est logique. Peut-on dire que le maintien de la France au premier rang des destinations touristiques est dû aux mauvais résultats de tous les pays (y compris elle-même) ? Le recul de fréquention est-il la cause de la bonne tenue de la France ?

    N'avons-nous pas à faire à une sorte de tautologie qui consisterait à dire "elle reste la plus forte parce que les autres sont moins forts", ce qui est une lapalissade ?

    Pour rendre l'affaire plus claire voici une phrase du même type

    Le Cubain Robles reste le numéro un du 110 mètres haies, car tous les hurdleurs ont fait de mauvaises performances.

    Pour moi la seule formulation cohérente serait

    Bien que la crise l'ait affectée comme tous ses concurrents, la France reste la première destination touristique mondiale (en raison de ses atouts)

    La cause du succès relatif de la France est à rechercher dans ce qu'elle a d'attirant et non dans les piètres résultats des Etats-Unis ou de la Chine.
  • Cela me parait logique :
    La france était la première destination touristique mondiale.
    Or il y a une baisse de la fréquentation touristique.
    Mais cette baisse affecte également les autres pays.
    Donc la france reste la première.

    Le recul mondial de la fréquentation est la cause que la france reste première malgré sa baisse particulière. En somme, si on s'observe soi même, on se désole, si on regarde les autres, on se console.

    Si Hervé Novelli avait précisé "ce recul affecte également tous les pays", il aurait été plus clair.
  • Le recul dans les autres pays est une condition nécessaire, mais pas suffisante. Pour être clair, il aurait dû dire que le recul affecte au moins autant les autres pays.
    C'est l'histoire du Belge qui émigre en France et qui fait baisser la moyenne des QI dans les deux pays...
  • Lucretius a écrit:
    Cela me parait logique :
    La france était la première destination touristique mondiale.
    Or il y a une baisse de la fréquentation touristique.
    Mais cette baisse affecte également les autres pays.
    Donc la france reste la première.

    Le recul mondial de la fréquentation est la cause que la france reste première malgré sa baisse particulière. En somme, si on s'observe soi même, on se désole, si on regarde les autres, on se console.

    Si Hervé Novelli avait précisé "ce recul affecte également tous les pays", il aurait été plus clair.
    Mais ce n'est pas parce qu'il y a moins de touristes dans les autres pays qu'il y en a autant, ou plus, ou moins en France. Ce qui serait frappant, c'est que la France restât la première malgré des résultats catastrophiques ou malgré une progression considérable de ses concurrents, ce qui montrerait soit l'attrait profond qu'elle exerce sur les gens du monde soit l'étendue de son avance, que personne n'arrive à rogner malgré ses déboires.

    Voici comment je réécris votre raisonnement

    La France était la première destination touristique mondiale.
    Or il y a une baisse de la fréquentation touristique.
    Mais cette baisse n'a été que faible.
    Donc la France reste la première.
    Par ailleurs les autres pays ont eu de mauvais résultats
    Car la crise a été générale cette année.
    (même s'ils avaient fait mieux ils n'auraient pas nécessairement dépassé la France)

    Il me semble que l'on ne peut dire

    La France reste la première
    Car la crise a été générale cette année


    Ce qui arrive aux autres n'a rien à faire là-dedans puisque déjà en disant qu'elle reste la première on sous-entend que les autres ont fait moins bien. Ce que le ministre a dit revient à dire "elle est première parce que les autres sont deuxième, troisième, etc. C'est une évidence !
  • Pour condenser le raisonnement je formulerais ainsi : "la France aurait perdu sa première place si les autres pays n'avaient pas également subi une perte de fréquentation".
  • Lucretius a écrit:
    Pour condenser le raisonnement je formulerais ainsi : "la France aurait perdu sa première place si les autres pays n'avaient pas également subi une perte de fréquentation".
    Non, car cela supposerait que sans la crise les autres pays auraient nécessairement dépassé la France. Rien n'est moins sûr, même en cas de très mauvais résultats de la France. En disant cela vous sembler surestimer grandement l'attrait des concurrents.

    Et puis on est en face de faits : la France reste la première, ce qui sous-entend que les autres ont fait moins bien, peu importe pourquoi)

    La crise explique les mauvais résultats de la France et ceux des autres pays. Elle n'explique pas son maintien au sommet du podium. Cela est dû à son avance, c'est tout.
  • Bonjour !

    D'abord, voici un extrait de Dumas, 'Le vicomte de Bragelonne' :
    Fouquet fit signe à Gourville de le suivre, et déjà se dirigeait vers son cabinet, lorsque l’huissier annonça d’une voix haute :

    — M. le chevalier d’Artagnan.

    — Qu’est-ce ? fit négligemment Fouquet à Gourville.

    — Un ex-lieutenant des mousquetaires de Sa Majesté, répondit Gourville sur le même ton.

    Fouquet ne prit pas même la peine de réfléchir et se remit à marcher.

    — Pardon, Monseigneur ! dit alors Gourville ; mais, je réfléchis, ce brave garçon a quitté le service du roi, et probablement vient-il toucher un quart de pension quelconque.

    — Au diable ! dit Fouquet ; pourquoi prend-il si mal son temps ?

    Permettez, Monseigneur, que je lui dise un mot de refus alors ; car il est de ma connaissance, et c’est un homme qu’il vaut mieux, dans les circonstances où nous nous trouvons, avoir pour ami que pour ennemi.

    — Répondez tout ce que vous voudrez, dit Fouquet.

    Comment pourrait-on justifier l'emploi de conjonction 'car' ?
    Quelle est sa nuance ici ; la cause ou la concession (opposition) ?

    En bref, je ne comprends pas pourquoi on dit un mot de refus pour avoir un homme pour ami.

    Merci, d'avance.
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