Grammaire française Participe passé

Bonjour, j'aimerais connaître la différence entre le subjonctif plus-que-parfait et le conditionnel 2ème forme (même si celui-ci n'est plus utilisé).

En effet, les deux temps se forment de la même manière : avec les auxiliaires être ou avoir et le participe passé du verbe à conjuguer.

Par exemple : Je doutais qu'il eût écrit ces lettres.

La différence réside-t-elle dans l'emploi de ces temps qui varierait selon la concordance des temps ?

Vous devez penser que je suis un peu torturé mais en fait je révise mes concours et la concordance des temps en italien, d'où cette question. J'ai l'impression de ne plus savoir parler français correctement... :lol:

Merci :).
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Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Ce qu'on appelle abusivement "conditionnel passé deuxième forme" n'est qu'un emploi modal particulier du subjonctif plus-que-parfait.
    Dans cet emploi modal particulier, le subjonctif plus que parfait est l'équivalent exact d'un conditionnel passé "normal". Comme vous le soulignez, il n'est plus guère utilisé dans ce sens.
    Et dans la subordonnée de condition, il est l'équivalent du plus-que-parfait.
    Exemple :
    Si vous m'eussiez tout raconté, je vous eusse aidé.
    (= Si vous m'aviez tout raconté, je vous aurais aidé.)

    En revanche, dans la phrase : Je doutais qu'il eût écrit ces lettres, cette forme a bien une valeur de subjonctif.

    Je doute / qu'il ait écrit ces lettres.
    Principale au présent --> subjonctif passé (exprimant un fait antérieur à celui de la principale)
    Je doutais / qu'il eût écrit ces lettres
    Principale au passé --> subjonctif plus -que-parfait (exprimant un fait antérieur à celui de la principale)

    Ceci est la stricte application des règles classiques de concordance des temps.
    Mais en pratique, le subjonctif passé est autorisé dans les deux cas.
  • C'est donc le plus-que-parfait de l'indicatif qui a remplacé le subjonctif plus-que-parfait lorsqu'on utilise une proposition conditionnelle.

    Merci beaucoup pour cette réponse prompte et claire.
  • wartoumwartoum Membre
    Bonjour,

    Pourriez-vous m'expliquer pourquoi, dans la phrase suivante, l'auteur passe du conditionnel passé au subjonctif plus-que-parfait ? Je sais que l'on peut employer l'un à la place de l'autre mais y a-t-il une nuance entre les deux ?

    Quiconque aurait lu dans mon cœur, en son absence, m'aurait pris pour un séducteur froid et peu sensible; quiconque m'eût aperçu à ses côtés eût cru reconnaître en moi un amant novice, interdit et passionné. (extrait de Adolphe, de Benjamin Constant)

    Merci.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.

    Il n'y a aucune différence de sens entre les deux, si ce n'est que le subjonctif plus-que-parfait dans cet emploi est plus littéraire. On peut penser que Benjamin Constant a usé de ces deux formes simplement pour apporter de la variété dans sa phrase.
  • wartoumwartoum Membre
    C'est entendu, merci Jehan pour la rapidité de votre réponse.
  • Chers tous,

    Pourriez-vous me dire si l'emploi du subjonctif plus-que-parfait est correct dans la phrase suivante ?

    "Et lorsque je respirais cette odeur, je me trouvais apaisé comme jamais mes parents n’eussent pu l’être."

    Vaut-il mieux employer "n'auraient pu l'être" ?

    Si non, quel temps convient-il d'employer?

    Un grand merci d'avance pour votre réponse !

    Laurent
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Aucune différence de sens, mais dans un registre courant, on emploie plutôt le conditionnel passé. Le subjonctif plus-que-parfait est d'un registre nettement plus soutenu, et il peut parfois paraître moins naturel.
  • Un grand merci pour votre réponse Jehan !
  • Bonjour

    je voudrais savoir quel est le temps utilisé dans cette phrase, est ce que c'est du subjonctif plus que parfait ou du conditionnel passé deuxième forme?
    Je m'en souviens, mais jamais je ne me fusse imaginé que ce palais fût une des merveilles du monde.

    Je vous remercie d'avance pour votre aide.
  • Dans cette conjugaison du verbe être je fusse n'apparait pas au conditionnel.
  • Ici c'est question de la conjugaison du verbe s'imaginer
  • Le temps employé ici est le conditionnel passé 2ème forme.
  • Et pourquoi ?
    Est-ce uniquement parce qu'il figure dans la proposition principale suivi d'une subordonnée avec subjonctif ?
    D'ailleurs peut-il y avoir un subjonctif dans une principale ?
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    D'ailleurs peut-il y avoir un subjonctif dans une principale ?
    Je ne sache pas que ce soit impossible ! Dieu soit loué !
  • Laoshi a écrit:
    Le temps employé ici est le conditionnel passé 2ème forme.

    La réponse est claire ici, il ne s'agit pas du subjonctif plus que parfait mais plutôt du conditionnel passé deuxième forme, qu'on peut utiliser dans la proposition principale comme dans la subordonné.

    Merci pour vos réponses, j'avais confusion mais grace à votre aide et quelques recherches sur le NET j'en suis éclairé maintenant.
  • Alors, vous êtes plus doué que moi. Une réponse non argumentée n'a rien de clair et ne m'apprend rien.
  • Je vous invite alors à lire cet article: http://research.jyu.fi/grfle/417.html
  • JehanJehan Modérateur
    mais jamais je ne me fusse imaginé = mais jamais je ne me serais imaginé

    Le subjonctif plus-que-parfait (registre soutenu) est ici l'équivalent exact d'un conditionnel passé (registre courant). C'est pourquoi on parle parfois de "conditionnel passé 2e forme".
    En fait, c'est un emploi modal particulier du subjonctif plus-que-parfait.
    Voir mon message n°2 dans cette page :
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/discussion/38319/difference-entre-le-subjonctif-plus-que-parfait-et-le-conditionnel-2e-forme
  • Après avoir lu tant la pièce jointe du questionneur que le renvoi de Jehan, j'en arrive à la conclusion suivante :
    Notre amie Laoshi affirme qu'il s'agit du conditionnel uniquement parce qu'elle se situe dans la principale.
    Du point de vue de l’enseignement du FLE, considérer le conditionnel passé 2e forme comme un temps spécifique de l’indicatif présente cependant une certaine utilité, car ce qui le distingue du subjonctif plus-que-parfait, c’est qu’il s’utilise souvent dans une proposition principale ou indépendante (alors que le subjonctif plus-que-parfait s’utilise exclusivement dans des subordonnées). Le conditionnel passé 2e forme s’utilise dans les cas suivants:
  • Confondre morphologie et syntaxe est tout sauf rendre service aux étudiants. Mieux vaut tout simplement abandonner ce terme de passé deuxième forme qui n'a aucune utilité.
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