Modiano, Villa triste - Elle était assise dans le hall de l’Hermitage...

Bonjour! :)
J'ai un commentaire à faire pour la semaine prochaine, je m'avance un peu, sauf qu'au final je me sens assez bloquée, je n'ai pas trop l'habitude, et je n'arrive pas à structurer la chose de manière pertinente ... :| su-per...
Donc je voulais vous demander si c'était possible de me donner un petit coup de pouce pour créer un bon plan pertinent pour être sûre que je commence sur de bonnes bases.
(Et aussi pour apprendre a faire de bons plans accessoirement! ;) )

Ah oui puis je viens d'avoir le "Rappel : pas de travail personnel = pas d’aide." c'est sur que ce sera mieux avec les traces de mes brouillons!
Au départ en fait je pensais à un plan type:
I/ Avant la rencontre
II/ Pendant la rencontre
III/Après la rencontre

Personnellement, je le sens pas vraiment ce plan 1) je ne sais pas quoi y ajouter comme sous partie 2) Il semble beaucoup trop simple.

Bon sinon, en résumé j'ai trouvé:
Rencontre/histoire d'amour.
On sait peu de choses, mais on doit le selectionner dans un tas de description => donc imparfait bien souvent.
On s'imagine, une photo ou un film en noir et blanc tournée dans les années 50, avec l'actrice blonde et son dogue allemand.
Et la couleur est rendue par les mots.
Evocation d'un souvenir.
Description, précise, détaillé, détective.
Tout saisir pour que rien n'échappe.
Ambiance tiède.
Donc on a bien un "avant", "pendant", "après". Sans transition on passe subitement de l'un à l'autre.
C'est assez sensorielle surtout en ce qui concerne la vue.
Une dominance de couleur. Surtout vert blanc et noir.
Au final c'est assez bizarre, car ce texte est ciblé sur leur rencontre et pourtant il est difficile de voir beaucoup de passage parlant vraiment de eux deux! Au début il parle d'elle seule, ensuite gros paragraphe sur le dogue allemand suivit d'une simple phrase sur elle. Puis encore un immense paragraphe sur les jardins de l'hôtel et surtout ce qui concerne les fleurs suivit d'une phrase parlant d'eux deux (ENFIN!!) Et dans l'apres rencontre, il parle que d'elle et lui mais sur quelque chose de tellement futile! ^^
Du coup la scène emplois indirectement un registre comique non? surtout avec la phrase "Comment ai-je fais pour me retrouver à côté d'elle, sur le canapé? Peut-être le dogue allemand a-t-il servi d'entremetteur, en venant, de sa démarche paresseuse, me flairer?"
Comment on peut expliquer toute ces descriptions? Le narrateur dévie le sujet, est timide, il cherche a nous montrer quelque chose?
On dirait qu'il ne veut pas nous avouer qu'il est tombé amoureux d'elle en faite ^^ Et du coup il prétexte plein de chose autour, (le chier, les jardins bla bla...)


Merci énormément de votre aide, je vous montre le passage en question:

"Elle était assise dans le hall de l’Hermitage, sur l’un des grands canapés du fond et ne quittait pas des yeux la porte-tambour, comme si elle attendait quelqu’un. J’occupais un fauteuil à deux ou trois mètres d’elle et je la voyais de profil.
Cheveux auburn. Robe de chantoung vert. Et les chaussures à talons aiguilles que les femmes portaient. Blanches.
Un chien était allongé à ses pieds. Il baillait et s’étirait de temps en temps. Un dogue allemand, immense et lymphatique avec des taches noires et blanches. Vert, roux, blanc, noir. Cette combinaison de couleurs me causait une sorte d'engourdissement. Comment ai-je fais pour me retrouver à côté d'elle, sur le canapé? Peut-être le dogue allemand a-t-il servi d'entremetteur, en venant, de sa démarche paresseuse, me flairer?
J'ai remarqué qu'elle avait les yeux verts, de très légères taches de rousseur et qu'elle était un peu plus âgée que moi.
Nous nous sommes promenés, ce matin-là, dans les jardins de l'hôtel. Le chien ouvrait la marche. Nous suivions une allée recouverte d'une voûte de clématites à grandes fleurs mauves et bleues. J'écartais les feuillages en grappes de cytises; nous longions des pelouses et des buissons de troènes. Il y avait - si j'ai bonne mémoire - des plantes de rocaille aux teintes givrées, des aubépines roses, un escalier bordé de vasques vides. Et l'immense parterre de dahlias jaunes, rouges et blancs. Nous nous somme penchés sur la balustrade et nous avons regardé le lac en bas.
Je n'ai jamais pu savoir exactement ce qu'elle avait pensé de moi au cours de cette première rencontre. Peut-être m'avait-elle pris pour un fils de famille milliardaire qui s'ennuyait. Ce qui l'avait amusée, en tout cas, c'était le monocle que je portais à l'oeil droit pour lire, non par dandysme ou affectation, mais parce que je voyais beaucoup moins bien de cet oeil que de l'autre.


Jolie texte ^^

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Ces trouvailles sont bienvenues.
    Tu réagis bien au texte.
    Mais tu n'as pas su identifier l'effet voulu par l'auteur, c'est-à-dire ton parcours de lecture.

    Pour moi, il s'agit du traitement moderne d'un topos (cliché) de la littérature : la première rencontre.
    Modiano ironise, décape, exagère dans le chromo... Nous avons une scène comique et parodique...

    Maintenant tu devrais pouvoir continuer seule.
  • D'accord d'accord! merci bien!
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