Anthologie poétique et préface sur le thème du cycle de la vie

Bonjour ! Alors je suis en seconde et j'aurais besoin de vos conseils pour rédiger la préface de mon "recueil" de poèmes. En effet, notre professeur nous a demandé de choisir 5 poèmes, de les réunir dans un recueil et enfin de faire une préface avec un paragraphe par poème ( pour expliquer le choix).
J'ai décidé de représenter le cycle de la vie grâce à 5 poèmes, donc :
Le petit monde des enfants de Alice Cluchier car je trouve qu'il montre l'insouciance de l'enfance
Le Cancre de Jacques Prévert pour l'adolescence car dans ce poème, l'élève donne peu d'importance aux ordres donnés par son professeur
A Philis de Marbeuf pour l'amour, parce que l'amour est comparé à la mer donc les orages, etc..
Et enfin pour la mort j'ai pensé à Le Corbillard de Emile Nelligan mais je ne suis pas sûre de mon choix.

Donc, si vous voulez bien m'aider, j'aurais trois questions :
- Est-ce que j'ai bien représenté le cycle de la vie ?
- Quel poème me conseillez-vous pour la mort ?
- Que dois-je mettre dans ma préface ?

Merci d'avance pour vos réponses !

BD

Réponses

  • Pour la Préface, tu peux trouver des idées dans la rubrique (en bas de page) "Voir aussi".
  • D'accord merci :)
    Personne d'autre..?
  • L' Homme et la mer Baudelaire
    Tu seras un homme mon fils de R. Kipling
    Epiphanies de H. Pichette
    A quarante ans je te retrouve rongeant ton frein, tu fondes sur la sympathie, il y a un cerne noir à toute chose, tu déshabilles du regard, tu convoites, tu prémédites, tu disposes tes chances, tu te profiles, tu places ton sourire tes phrases tes bouquets tes collets tes canapés, tu estimes, tu escomptes, tu commerces, tu carbures à prix d'argent, tu te pousses dans les milieux, tu médis du tiers et du quart ou fais du plat selon le rang, tu arroses, tu gobichonnes, tu prends du ventre, tu prends des mesures, tu prends médecine, tu te mets au vert, tu récupères, tu remets ça, tu enrobes et te lisses le cheveu, tu ne veux pas avoir l'air, tu opères comme en glissant, tu serpentes, tu attaques par le faible, tu escarmouches à petits coups de champagne, tu endors les chagrins, tu tamises les lampes, tu officies sous le manteau de la nuit... mais se réveiller : la grisaille la routine les manigances la vacherie... comme tu voudrais un jeu neuf! que s'il te l'était donné, tu laverais les sons, ressourcerais les images, procéderais à la toilette des Muses des Grâces des bonnes fées, or tu dissèques, tu calcules, tu cogites, tu épilogues, tu fais silence.

    A soixante ans tu dates, tu radotes, tu perds la main l'ouïe tes dents, le coeur te faut, les jambes te flageolent, tu tombes en faiblesse, encore un peu et tu retombes dans une enfance touchée à mort.
  • Merci infiniment! Y aurait-il d'autres personnes qui en connaissent différentes que je puisse consulter?
  • Peut-être
    Comme le scorpion mon frère de Nazim Hikmet

    et une partie du poème de Hugo :
    O jeunes gens ! Elus ! Fleurs du monde vivant,

    Maîtres du mois d'avril et du soleil levant,

    N'écoutez pas ces gens qui disent : soyez sages !

    La sagesse est de fuir tous ces mornes visages.

    Soyez jeunes, gais, vifs, aimez ! Défiez-vous

    De tous ces conseillers douceâtres et sinistres.

    Vous avez l'air joyeux, ce qui déplaît aux cuistres.

    Des cheveux en forêt, noirs, profonds, abondants,

    Le teint frais, le pied sûr, l'oeil clair, toutes vos dents ;

    Eux, ridés, épuisés, flétris, édentés, chauves,

    Hideux ; l'envie en deuil clignote en leurs yeux fauves.

    Oh ! comme je les hais, ces solennels grigous.

    Ils composent, avec leur fiel et leurs dégoûts,

    Une sagesse pleine et d'ennui et de jeûnes,

    Et, faite pour les vieux, osent l'offrir aux jeunes !



    Victor Hugo, Océan, recueil de poèmes posthumes
    Extrait de Comme il vous plaira de Shakespeare ... la vie est un théâtre, chacun y joue un rôle et fait son entrée . (Acte II, scène 7) extrait :



    Le monde entier est un théâtre

    Où tous – les hommes, les femmes – sont de simples acteurs.

    Ils y ont leurs entrées, leurs sorties, et chacun

    Joue bon nombre de rôles dans sa vie, et les actes

    Y délimitent sept âges. D’abord, le nourrisson

    Qui vagit et vomit, dans les bras d’une nounou.

    Puis, l’écolier geignard – face luisante le matin,

    Cartable au dos – qui se traîne, lent comme l’escargot,

    Jusqu’à l’école. Ensuite, l’amoureux qui soupire

    Tel un soufflet de forge et d’une triste ballade

    Chante le sourcil de sa maîtresse. Vient le soldat –

    Plein de jurons étranges, barbu comme léopard,

    Jaloux de son honneur, vif, prompt à la querelle –

    Qui s’en va conquérir cette chimère qu’est la gloire

    Jusque dans la gueule du canon. Puis, c’est le juge –

    Ventre bien arrondi, doublé de bon chapon,

    L’œil sévère et la barbe en forme et bien taillée,

    Plein de sages dictons, d’exemples rabâchés –

    Et tel, il joue son rôle. Le sixième âge figure

    Le vieillard de la farce, tout maigre et en pantoufles,

    Sur le nez : les bésicles, au côté : l’escarcelle ;

    Ses chausses d’adolescent, bien conservées, ballottent

    Sur son maigre mollet, et sa voix mâle et forte,

    Retrouvant le fausset du gamin, a le timbre

    Flûté et chevrotant. Le tout dernier tableau,

    Qui clôt cette chronique étrange et mouvementée,

    C’est la retombée en enfance, l’oubli total –

    Sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien du tout.
  • merci floreal tout de même
  • Que signifie "tout de même" ?
  • Bonjour ! je suis en 5ème (Belgique) . je dois rendre une anthologie de poésies constituée d'au moins vingts poèmes dont :
    -un du 16eme
    -Un du XVIIème
    -Deux du XIXème
    -Deux du XXème
    -Un du XXIème
    J'ai choisi le thème du cycle de la vie , avec l'enfance,la vie adulte , la vieillesse et la mort . j'aimerais y intégrer quelques poèmes sur l'amour ,le voyage, enfin des bonheurs qui se passent durant la vie . j'en ai trouvé quelques-uns mais je ne sais pas comment les justifier et si ils représentent bien le thème .
    voici les pèmes repris pour le moment :

    [list=*]
    [*]Le cancre -Jacques Prévert,Paroles,1945[/*]
    [*]L'enfance -Gérard Nerval,Poésies de jeunesse,1822[/*]
    [*]Le petit monde des enfants -Alice Cluchier,Cris et Tourments,1945[/*]
    [*]Adieu à l'enfance -Ondine Valmore,XIXe siècle[/*]
    [*]L'âge adulte -Thierry Pontic(je ne trouve pas de date ni d'info sur l'auteur)[/*]
    [*]De l’enfant que j’étais, au vieillard devenu… -Sandrine Davin(je n'ai pas non plus de date)[/*]
    [*]La vieille -Sandrine Davin[/*]
    [*]Odeur des pluies de mon enfance -René-Guy CADOU - 1920/1951[/*]
    [*]Chant sur la naissance de Jean, second fils de l'auteur -Charles FONTAINE   (1515-158?)[/*]
    [*]Les enfants et les perdreaux -Jean-Pierre Claris de Florian, Fables ,1792[/*]
    [*]L'enfant qui battait la campagne -Claude Roy, XXe siècle(celui-ci j'ai trouvé une justification pour le choix)[/*]
    [*]Adieux au monde -Gabriel Charles, abbé de LATTAIGNANT   (1697-1779)[/*]
    [*]Je n’ai plus que les os -Pierre de Ronsard(XVIème)[/*]
    [/list]

    En espérant que vous puissiez m'aider ! :D
  • Le cycle de la vie est un thème déjà riche, je me demande si tu ne vas pas te disperser en évoquant tous les autres thèmes.
    La naissance/l'enfance/la jeunesse/la maturité/la vieillesse/la mort : il y a déjà matière à constituer un recueil.

    Je t'en propose deux autres ( déjà proposés dans ce fil):

    Celui de Shakespeare en premier :

    Comme il vous plaira
    (Acte II, scène 7)

    Extrait :
    Le monde entier est un théâtre

    Où tous – les hommes, les femmes – sont de simples acteurs.

    Ils y ont leurs entrées, leurs sorties, et chacun

    Joue bon nombre de rôles dans sa vie, et les actes

    Y délimitent sept âges. D’abord, le nourrisson

    Qui vagit et vomit, dans les bras d’une nounou.

    Puis, l’écolier geignard – face luisante le matin,

    Cartable au dos – qui se traîne, lent comme l’escargot,

    Jusqu’à l’école. Ensuite, l’amoureux qui soupire

    Tel un soufflet de forge et d’une triste ballade

    Chante le sourcil de sa maîtresse. Vient le soldat –

    Plein de jurons étranges, barbu comme léopard,

    Jaloux de son honneur, vif, prompt à la querelle –

    Qui s’en va conquérir cette chimère qu’est la gloire

    Jusque dans la gueule du canon. Puis, c’est le juge –

    Ventre bien arrondi, doublé de bon chapon,

    L’œil sévère et la barbe en forme et bien taillée,

    Plein de sages dictons, d’exemples rabâchés –

    Et tel, il joue son rôle. Le sixième âge figure

    Le vieillard de la farce, tout maigre et en pantoufles,

    Sur le nez : les bésicles, au côté : l’escarcelle ;

    Ses chausses d’adolescent, bien conservées, ballottent

    Sur son maigre mollet, et sa voix mâle et forte,

    Retrouvant le fausset du gamin, a le timbre

    Flûté et chevrotant. Le tout dernier tableau,

    Qui clôt cette chronique étrange et mouvementée,

    C’est la retombée en enfance, l’oubli total –

    Sans dents, sans yeux, sans goût, sans rien du tout.
    Et un autre de Hugo :
    O jeunes gens ! Elus ! Fleurs du monde vivant,

    Maîtres du mois d'avril et du soleil levant,

    N'écoutez pas ces gens qui disent : soyez sages !

    La sagesse est de fuir tous ces mornes visages.

    Soyez jeunes, gais, vifs, aimez ! Défiez-vous

    De tous ces conseillers douceâtres et sinistres.

    Vous avez l'air joyeux, ce qui déplaît aux cuistres.

    Des cheveux en forêt, noirs, profonds, abondants,

    Le teint frais, le pied sûr, l'oeil clair, toutes vos dents ;

    Eux, ridés, épuisés, flétris, édentés, chauves,

    Hideux ; l'envie en deuil clignote en leurs yeux fauves.

    Oh ! comme je les hais, ces solennels grigous.

    Ils composent, avec leur fiel et leurs dégoûts,

    Une sagesse pleine et d'ennui et de jeûnes,

    Et, faite pour les vieux, osent l'offrir aux jeunes !



    Victor Hugo, Océan, recueil de poèmes posthumes
  • Merci de ta réponse !
    J'avoue que je vais sûrement me disperser mais comme je ne trouve pas assez de poemes sur lesquels je peux m'exprimer c'est la seule idée qui m'est venue .
    Je vais regarder tes propositions merci encore :D

    bonjour , j'avais déjà demander de l'aide pour mon anthologie mais celle-ci n'a pas reçu une bonne note : 9/40 . Alors je reviens pour quelques conseils :
    Auriez vous un poème du 16ème siècle a me conseillez si possible sur la mort ?
    sachant que je dois savoir justifier mon choix en reprenant des vers du poème

    Merci !
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    https://www.etudes-litteraires.com/chassignet-poesie-baroque.php

    un poème de 1594, donc de la fin du XVIe siècle, avec quelques pistes d'analyse
  • Clément MAROT
    1497 - 1544

    Amour et Mort m'ont fait outrage

    Amour et Mort m'ont fait outrage.
    Amour me retient en servage,
    Et Mort (pour accroître ce deuil)
    A pris celui loin de mon oeil,
    Qui de près navre mon courage.

    Hélas, Amour, tel personnage
    Te servait en fleur de son âge,
    Mais tu es ingrat à mon vueil
    De souffrir Guerre et son orgueil
    Tuer ceux qui t'ont fait hommage.

    Si est-ce à mon coeur avantage,
    De ce que son noble corsage
    Gît envers, loin de mon accueil :
    Car si j'avais vu son cercueil,
    Ma grand douleur deviendrait rage.

    Lis Ronsard.

    Je n’ai plus que les os

    Pierre de Ronsard


    Je n’ai plus que les os, un squelette je semble,
    Décharné, dénervé, démusclé, dépulpé,
    Que le trait de la mort sans pardon a frappé,
    Je n’ose voir mes bras que de peur je ne tremble.

    Apollon et son fils, deux grands maîtres ensemble,
    Ne me sauraient guérir, leur métier m’a trompé ;
    Adieu, plaisant Soleil, mon oeil est étoupé,
    Mon corps s’en va descendre où tout se désassemble.

    Quel ami me voyant en ce point dépouillé
    Ne remporte au logis un oeil triste et mouillé,
    Me consolant au lit et me baisant le face,

    En essuyant mes yeux par la mort endormis ?
    Adieu, chers compagnons, adieu, mes chers amis,
    Je m’en vais le premier vous préparer la place.

    Pierre de Ronsard
    Comme on voit sur la branche au mois de Mai la rose
    En sa belle jeunesse, en sa première fleur
    Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
    Quand l’Aube de ses pleurs au point du jour l’arrose :

    La grâce dans sa feuille, et l’amour se repose,
    Embaumant les jardins et les arbres d’odeur :
    Mais battue ou de pluie, ou d’excessive ardeur,
    Languissante elle meurt feuille à feuille déclose :

    Ainsi en ta première et jeune nouveauté,
    Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
    La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.

    Pour obsèques reçois mes larmes et mes pleurs,
    Ce vase plein de lait, ce panier plein de fleurs,
    Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.

    Pierre de Ronsard, Sur la mort de Marie
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