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Capes lettres modernes

Bonjour à tous et à toutes. Françoise, 20 plumes bientôt 21. L'année dernière, j'ai ratée ma rentrée à la fac (problème de santé) et ai raté mon année de Lettre Moderne et Cinéma. J'ai décidé de la retenter. En vérité, je souhaite faire éditer mes livres, écrits, poèmes, nouvelles...car j'écris depuis l'âge de 7 ans et n'imagine pas faire un autre métier que celui-ci: écrivain (voir chroniqueur). Je me pose beaucoup de questions. Dois-je continuer dans cette voie ou existe t-il une voie qui me serait plus appropriée ? En effet, très rêveuse, j'ai du mal à me forcer et rate trop de cours à mon goût. Et quand j'y suis, si le professeur n'est pas passionnant, j'écris sur mes carnets. Je viens donc quérir votre aide. Est-il plus utile de suivre ces cours (dont certains sont passionnant) ou dois-je commencer à "me faire des relations", à tenter des concours ? Ayant des difficultés financières, ma mère m'a souvent apostiller quand à mes dépenses et me "conseillée" de travailler directement et d'écrire à côté si les études m'étaient impossibles. Il est cependant effrayant de voir comment finissent ceux qui abandonnent les études pour le monde du travail. Je suis donc en grand dilemme, avec 2 ans de perdu (sauf si j'ai mon année) et beaucoup de questions et de peur quand je regarde l'avenir. Un conseil ?

Merci à vous

Françoise

Réponses

  • Question difficile. Je vais faire une réponse générale et vague : l'avantage du professorat, c'est qu'on te paye pour faire quelque chose d'assez stimulant intellectuellement, et qu'on te laisse somme toute pas mal de temps libre -cela dépend beaucoup des situations d'enseignement, mais encore une fois, c'est une réponse générale et vague-.

    Cependant, je connais beaucoup de gens, dont votre serviteur, qui se sont émoussés le long des années, et le risque n'est pas négligeable.

    Cela dit, à moins que vous n'écriviez un best-seller, il est peu probable que vous puissiez vivre de votre art, du moins avant un petit moment... Vous devez donc réfléchir à ce que vous conseille votre mère.

    Si je devais donner mon avis : si vous avez un du goût pour les lettres et pour quelques uns de vos cours, peut-être devriez-vous envisager d'aller jusqu'au CAPES de lettres modernes : cela vous assurerez une sécurité matérielle...
  • Apparemment l'écriture vous passionne puisque vous envisagez même de publier.
    Ne pourriez-vous pas suivre les cours en vous référant à vos écrits et une possibilité de les rendre encore meilleurs plutôt que les prendre comme quelque chose d'extérieur au processus d'écriture créative qui vous anime (c'est rare de pouvoir écrire en autonomie comme ça, il faut prendre soin de cette faculté).

    Prenez-les cours comme une "aération" à votre labeur personnel, voire une aide si vous le pouvez.

    Essayez de faire communiquer votre pratique empirique de l'écriture et les cours.
    D'autant plus que vous faites des lettres.
    Aucune méchanceté (d'autant plus que j'en ai vraiment marre de passer pour un odieux personnage ici) mais est ce que le désir de devenir écrivain ex-nihilo n'est pas un peu un fantasme? Bon d'accord c'est arrivé à d'autres, mais avoir des connaissances littéraires et culturelles me semblent être forcément un plus pour écrire soi-même.

    Pour moi, en y réfléchissant rapidement, c'est un peu comme vouloir devenir psychanalyste sans être passé soi-même par la psychanalyse et en avoir compris les mécanismes par rapport à soi et en avoir acquis la connaissance.

    Après, je ne veux rien affirmer, je ne fais pas partie des écrivains, difficile de me mettre dans la peau d'un ou d'une par conséquent. Je sais que Stephen King n'a fait qu'une année de lettres modernes. :D

    Par rapport à ma propre expérience, je dirais qu'il est toujours utile de se battre pour avoir son année! Les anciens d'ici le savent! :)
  • Je suis mère aussi, et de mon point de vue, il est impossible de conseiller à une personne de 20 ans d'arrêter ses études pour vivre de son art, quel qu'il soit (et même s'il y a des signes d'un talent certain - 1ère publication pour un aspirant écrivain ou obtention de prix pour un aspirant concertiste - même si ce dernier cas se discute un peu plus).

    En revanche, je pense qu'une réflexion doit être menée sur le type d'études. Si vous avez du mal à aller en cours et à passer des examens à l'université, je ne sais pas s'il faut persévérer dans cette voie. Il existe des formations courtes qui, peut-être, vous conviendraient mieux. Evidemment, en lettres à proprement parler, c'est plus difficile. Il faut faire le tour de toutes les formations qui seraient "acceptables" pour vous et garantiraient un peu plus votre avenir.

    Peu importent les années perdues ! Ce qui compte est d'assurer au mieux l'avenir !

    Edit :
    Je sais que Stephen King n'a fait qu'une année de lettres modernes
    :) ... et Jacques Roubaud n'a jamais aimé passer des examens ou des concours... On peut trouver des tas d'exemples... Il n'empêche !
  • Spartacus a écrit:
    ...Après, je ne veux rien affirmer, je ne fais pas partie des écrivains, difficile de me mettre dans la peau d'un ou d'une par conséquent. Je sais que Stephen King n'a fait qu'une année de lettres modernes.
    Attention, pour UNE "success story" que l'on raconte, il y a MILLE "failure stories" qu'on ne raconte pas. :/
    Je me joins donc aux réserves de Jeanne-Héloïse, et si je pouvais, je les porterais à la puissance dix.

    Une poignée de gens vivent de leur plume. Tous ont, non seulement du talent, mais surtout (le talent étant assez banal, en fait) une énorme volonté et une énorme capacité de travail. Être publié (sans même parler d'en vivre) est un parcours du combattant, et le talent représente 1% de ce qui est nécessaire pour y parvenir.
    Si vous n'avez pas le courage, la volonté et le sens de l'effort requis pour obtenir une simple Licence, encore moins parviendrez-vous à mener à bien quelque projet artistique que ce soit.
    Ou alors, vous rejoindrez les pigeons édités à compte d'auteur.

    Je ne veux pas du tout être méchant, et j'aimerais avoir le temps d'être plus nuancé...
  • Que de réponses rapides, merci de cela tout d'abord.
    L'idée de prendre les cours comme une sorte de "pause" entre mes écrits est très sympas, je tenterais d'emménager cette idée dans mon crâne !
    Il est vrai que j'écris énormément, voir trop puisque ça empiète sur mes nuits et mes heures de cours. Quand je raconte mon histoire (parce que j'en tiens une sacrée couche :) ) les gens en viennent à la même réflexion et ce quelque soit leurs religions, statuts sociales (etc) que j'y suis "pré-destiné". De là à croire que tout est écrit, non bien sûr, mais je n'arrive pas à m'imaginer faire autre chose (la radio pourquoi pas). Enseignant on m'a déjà proposé, surtout des professeurs de L avec qui je suis rester en contact. Je ne sais pas si j'aurai la rigueur nécessaire pour préparer les cours et ma crainte réside dans le fait que je ne souhaite pas devenir comme tous ses profs que j'ai pu avoir qui sont dépassés, débordés et déprimés. Quand au CAPES je vais me renseigner exactement sur sa teneur et les matières qui y sont développés. Cependant j'ai bon espoir: j'ai déjà gagné plusieurs concours mais sur ma région et mon lycée (du temps où j'y étais). Pas de grands concours, j'y participe pourtant. C'est apparemment dut au fait que j'écris des romans un peu trop vieux (+ de 15 ans) et pas "pour tous âge".
    Merci bien de me répondre
  • Je souscris à ce qu'ont déjà dit les autres. J'ajoute que tu devrais faire attention à ton orthographe et à ta grammaire, car quand on prétend vouloir devenir écrivain, certaines fautes font vraiment mauvais genre.
  • ComateenComateen Modérateur
    Je te conseillerais quand même de continuer tes études : pas forcément en lettres si ça ne te plaît pas plus que ça, mais de poursuivre dans une autre voie éventuellement. Déjà parce que le métier d'écrivain ne s'apprend pas, mais ça tu le sais; en parallèle de tes études, tu pourras toujours écrire, participer à des concours, etc etc. Mais je pense que jusqu'à tant que tu perces dans le milieu de l'édition, il vaut mieux assurer tes arrières...
  • Tout d'abord, je te conseille de regarder cette conférence (somme toute sommaire, mais intéressante) de François Bégaudeau sur "la littérature et l'argent", un thème qui sonne presque comme un oxymore pour les créateurs... De mémoire, il évoquait en fin de conférence la considération sociale des écrivains contemporains, analysait leurs revenus, et montrait qu'au final les écrivains qui vivaient de leur art et n'adjoignaient pas un métier à leur passion pouvaient se compter sur les doigts d'une main : c'est ICI

    Ensuite, m'étant retrouvé dans ta situation (écrivant énormément durant mon temps libre, par passion et par nécessité), je n'te conseillerai pas d'arrêter tes études pour autant : parce que l'écriture reste une activité conciliable, du moins dans un premier temps, avec des études littéraires ; parce qu'écriture et études peuvent se compléter (ce qui a été mon cas : j'ai énormément appris de certains cours, qui m'ont appris à penser mon style, à faire un meilleur usage de la syntaxe, à être plus rigoureux et plus exigeant en écrivant...), en plus d'acquérir une culture littéraire toujours utile ; enfin, parce que ces études, quoique littéraires, sont directement professionnalisantes, et te permettront une relative sécurité en terme de mode de vie (confort propice à l'écriture, quoi qu'on en dise) ;) .
  • Si tu aimes tant la littérature, qu'est-ce qui te fait échouer? Tu devrais au contraire briller dans une filière de Lettres Modernes si ta culture littéraire et livresque est tant étendue que tu le prétends.

    Il y a dans cette filière tout pour faire un écrivain: une culture et un apprentissage de l'histoire littéraire et des grandes oeuvres françaises, une étude poussée de la syntaxe et de l'histoire de la langue qui permettent de composer des phrases tout en comprenant le rôle essentiel des mots, une découverte de l'ancien français d'où viennent monts et merveilles du langage français, etc.
  • Rien dans les propos de Françoise ne t'autorise à de tels sarcasmes. D'ailleurs, si tu connaissais véritablement la teneur de l'enseignement des lettres à l'université, tu ne rapprocherais pas aussi inconsidérément réussite académique (ce que tu appelles "briller") et goût de la lecture, voire de l'écriture.

    J'invite donc Françoise, qui attend des réponses constructives et encourageantes, à fermer les yeux sur ce qui vient d'être écrit.

    Sur ce, bonsoir ! :)
  • ComtedeValmont, ne voyez-vous pas que françoise et vous êtes sur deux planètes différentes ? Vous paraissez à l'aise dans votre cursus, quand elle a échoué en première année, et n'arrive pas à se concentrer ni même souvent à aller en cours cette année... et ses fautes d'orthographe et de syntaxe n'ont échappé à personne. Donc, oui, il y a manifestement un problème. Et ce n'est pas votre message qui l'aidera à le régler.
    Jean-Luc Picard et moi avons juste tenté de la rendre plus lucide sur son "avenir d'écrivain": j'ai même évoqué des "études plus courtes" (Comateen suggère "une autre voie éventuellement") et Jean-Luc a insisté sur une nécessaire (re)mise au travail - avec "courage", "volonté", "sens de l'effort", comme conditions de la réussite.
    Le plus important est qu'elle poursuive des études (plus que des chimères) et se forme pour, un jour, être indépendante -et écrire si le coeur lui en dit.
  • Jeanne-Héloïse, ta réponse est pleine de bon sens et si mon tour de phrase a pu surprendre c'est qu'il a fait mouche. Un propos sans détour est quelques fois plus prompt à stimuler qu'une lame qu'on émousse artificiellement.

    Il est toutefois beau de pouvoir caresser des rêves (dieu sait combien meurent avec le temps!), il est pourtant rare de réussir à les faire ronronner léoninement (sic).
    Je n'ai pas conseillé à cette personne de se décourager mais plutôt de cravacher la monture tant qu'elle est encore jeune : le credo moderne a bien trop souvent voulu nous faire croire que la littérature contemporaine refusait son passé, qu'elle était vierge de tous mots, ce n'est hélas! pas le cas. (Laissons l'initiative aux mots, murmurait Mallarmé)
  • @ ComtedeValmont : Il ne s'agit pas de faire mouche, ici. Nous ne jouons pas à la gueguerre, nous essayons de donner des conseils. Et s'enrouler dans des mots savants ne justifie pas pour autant une attitude polémique.

    Autrement dit : pas glop pas glop.
  • ComateenComateen Modérateur
    ComteDeValmont a écrit:
    Si tu aimes tant la littérature, qu'est-ce qui te fait échouer? Tu devrais au contraire briller dans une filière de Lettres Modernes si ta culture littéraire et livresque est tant étendue que tu le prétends.

    Il y a dans cette filière tout pour faire un écrivain: une culture et un apprentissage de l'histoire littéraire et des grandes oeuvres françaises, une étude poussée de la syntaxe et de l'histoire de la langue qui permettent de composer des phrases tout en comprenant le rôle essentiel des mots, une découverte de l'ancien français d'où viennent monts et merveilles du langage français, etc.
    Pardon, mais ça n'a absolument rien à voir, en tout cas à mon sens : la filière lettres modernes ne formate pas les écrivains, il est impossible d'apprendre le métier d'écrivain, de touyte façon. Parfaire sa culture, sa syntaxe, oui, d'accord, mais rien de plus...
  • Bonjour,

    Je réactive cette discussion pour informer ceux qui seraient intéressés par l'écriture (comme Françoise), de l'existence d'une formation à l'écriture, sur le modèle anglosaxon, au stade de l'expérimentation en France... Je ne sais pas pas du tout ce qu'il faut en penser, je n'en fais donc pas la promotion, c'est une simple information que je donne.


    Extraits du journal Le Monde du 31 janvier 2013 :
    Depuis le rentrée d'octobre 2012, ils sont 17 étudiants à expérimenter une formation inédite en France, un master en lettres et création littéraire, montée par l'université du Havre et l'Ecole supérieure d'art et design Le Havre-Rouen (Esadhar). Jusqu'à présent, le monde académique s'est montré assez réticent à se lancer dans des formations à l'écriture, alors que cette tradition est bien ancrée dans les pays anglo-saxons, d'Oxford à la New York University en passant par l'University of East anglia de Norwich, où les cours de creative writing remontent à 1970.
    (...)
    Deux parcours sont proposés. Le premier est une formation en littérature contemporaine préparant notamment au concours du CAPES. Le second, auquel neuf étudiants se sont inscrits cette année, est celui de la création littéraire. Les cours universitaires y alternent avec de nombreux ateliers d'écriture - dont le principal s'étale sur seize jours sous la férule de l'écrivain François Bon, habitué de ce type d'exercice. Egalement au programme, une formation à la critique littéraire ou un partenariat avec le festival normand de littérature et de lecture Terres de paroles.

    En deuxième année, en guise de mémoire de recherche, les étudiants devront réaliser une oeuvre littéraire. "Même s'ils ont tous des motivations d'écriture, il est un peu tôt pour savoir s'ils veulent être écrivains" sourit le ccordinateur, précisant qu' "il y a plein de débouchés, de bifurcations possibles" vers la scène artistique, l'édition, la communication, le scénario...
  • A Paris, il y a pleins d'ateliers d'écriture aussi (directement relié à l'université ou pas d'ailleurs). Je vois régulièrement circuler des propositions de ce genre sans les guetter particulièrement.
  • Oui, je sais bien -il y en a aussi au sein des lycées (à CPGE), à Sciences Po (d'ailleurs, on se demande ce qu'il n'y a pas à Sciences Po :P )...
    Mais d'après l'article, ce serait la première fois qu'un master est consacré à l'écriture...

    Je suis réservée, aussi. Mais j'ai posté cette information en réponse à Comateen, et aussi à Françoise car 1/la dernière phrase incite à la prudence, et à un certain réalisme 2/ cette formation est un master et en conséquence, elle requiert l'obtention d'une licence. Françoise se posait la question d'abandonner sa licence - c'est une (autre) façon de lui montrer que ce n'est pas forcément une bonne idée, et que les activités exclusives d'écriture et la constitution d’un réseau peuvent être remises à plus tard. ;)
  • Je doute profondément que ce genre de formation soit suffisant pour devenir un artiste. Mais l'avantage, indéniablement, c'est une reconnaissance académique -et peut-être, à terme, professionnelle- pour bifurquer vers autre chose s'il faut.
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