Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

Ca y est, comme chaque année, le site L'Etudiant a publié son classement des prépas littéraires : http://www.letudiant.fr/etudes/classes-prepa/classement-le-palmares-des-prepas-de-l-etudiant-11637.html

Etant donné que les APB sont ouvertes depuis peu et que beaucoup vont consulter le classement pour faire leur choix, je tiens à préciser que le classement est absolument farfelu si on l'aborde de façon brute... Regardez-le donc bien dans le détail (résultat aux ENS, aux ESC, etc.).

Bon courage aux terminales dans leurs choix!
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Réponses

  • Et de nombreux camarades issus de CPGE de province sont oubliés dans les classements (l'école ne facilitant pas la tâche).
  • Je ne comprends pas... Si l'on prend le classement selon les admis à Ulm + Chartes et la colonne qui établit un classement au vu des résultats sur les 5 dernières années - http://www.letudiant.fr/palmares/classement-prepa/premiere-sup-a-l/ecole-integree-ens-ulm-chartes.html -, ça ne me paraît pas délirant. Si ? (expliquez-nous !! :) )
  • Eh bien tout simplement, j'ai des amis qui ont intégré à partir de petits établissements dans les promotions 2009, 2010 et 2011, et le classement n'affiche aucune intégration pour l'année et le lycée concernés.
  • Encore faut-il penser à classer selon ce mode-là, ce qui n'est pas forcément évident quand on n'est pas familiarisé avec les débouchés de la khâgne.
  • Ce qui me déçoit dans le classement, c'est qu'il n'est fait mention que des résultats au sortir de la Khâgne et rien concernant la poursuite d'étude après une hypokhâgne. :(
  • Je pense que c'est parce qu'on considère que l'élève qui entre en hypokhâgne est censé aller au bout des deux ans.
    De toute façon il y a plus de débouchés au sortir de la khâgne que de l'hypokhâgne.
  • Je rejoins Arthur : il y a des erreurs dans le classement.

    Par ailleurs, je constate que je n'ai pas été compté dans les résultats d'une classe préparatoire -contrairement à ce que j'avais demandé, mais bon-, ça veut dire qu'il doit y avoir des admis fantômes...

    Enfin, je ne suis pas sûr que le classement par pourcentage soit complètement juste (même si le contraire favoriserait le Quartier Latin et ses usines)...

    Bref, ça permet tout de même de se faire une idée.
  • A quand la suppression des CPGE, des Grandes Ecoles et de ces classements ridicules, obsolètes et élitistes... J'ai honte d'être dans le système français quand je vois son manque criant de modernité et son conservatisme, attaché à des vieilles traditions de compétitivité à outrance.
    J'espère que le gouvernement de gauche, sachant que Vincent Peillon s'est déjà prononcé pour la suppression des CPGE, aura le courage de démanteler ce système pendant le quinquennat (et ils ont déjà commencé en affiliant administrativement les CPGE aux Universités).
  • @ AntoineParis : la politesse m'empêche de déverser toute ma bile sur ce commentaire. J'imagine que tu n'as fait ni prépa, ni grande école pour dire un truc pareil.
    Au contraire, les universités feraient mieux de s'inspirer des prépas. Je fais l'expérience de la fac cette année et le niveau est bien au-dessous de ce qu'on voit en prépa (que ce soit à Paris ou en province).
  • Je rejoins complètement bougeotte sur ce vieux débat. Je pense que ce serait une catastrophe pour le paysage académique français de supprimer la classe préparatoire ainsi que les ENS -je suis plus mitigé au sujet d'autres grandes écoles-. Je rappelle simplement que la classe préparatoire coûte autant qu'une université et que le concours des ENS est gratuit.

    Il y a bien des débats à avoir -sur le fonctionnement des universités, d'une part, et des classes préparatoires de l'autre, sur l'hypocrisie qu'on a face à des étudiants en licence à qui l'on fait croire qu'ils pourront tous faire carrière, sur le rôle des études littéraires et de l'éducation en général, et "même", sur les privilèges des normaliens. Toutefois, constater l'écart entre les universités et les classes préparatoire et en déduire qu'il faut supprimer la classe préparatoire revient à un nivellement par le bas qui me semble stratégiquement douteux.

    La méritocratie -je ne dis pas que c'est ce que nous avons actuellement, loin s'en faut-, c'est autre chose.
  • Ai-je prétendu que l'Université était vierge de tout problème ? Je ne crois pas. Et je suis d'accord avec vous, l'Université doit aller vers une pluridisciplinarité, vers un suivi des élèves ; et de ce fait s'inspirer du système éducatif des CPGE.

    Cependant, l'Université ne pourra pas progresser et changer tant qu'elle sera mis en concurrence par les CPGE parce que les bons élèves continueront de déserter les premières années des cycles universitaires pour suivre des filières plus prestigieuses. Ainsi, en supprimant ces filières "prestigieuses", les bons élèves retrouveront le chemin de l'Université, et l'Université pourra enfin changer - ce dont elle a cruellement besoin. Par ailleurs, c'est le principe même de l'égalité que d'admettre que TOUS les élèves (peu importe le lycée d'où ils viennent, peu importe leurs résultats dans le secondaire...) aient le droit de suivre la même qualité de formation. Je refuse qu'une minuscule partie de la population française accède un meilleur enseignement et que celle-ci continue d'évoluer ensemble dans un microcosme intellectuel coupé des réalités de la plupart des étudiants français. Au contraire, ce n'est pas un nivellement par le bas, mais un nivellement par le haut, en reconnaissant que tout le monde a le droit à la même qualité de formation et que cette formation unique (en raison de la suppression de ce système Grandes Ecoles/Université) permettra à tous d'avoir les mêmes chances.

    Pour en revenir aux fameuses disputes sur les coûts des étudiants de CPGE, Vincent Peillon a confirmé sur son blog qu'un étudiant de CPGE coûtait environ le double d'un élève universitaire (soit environ 14 000 euros par an). Quand aux privilèges des Normaliens -mais comme ceux des élèves de l'ENA, de l'Ecole Nationale des Chartres et autres- ils doivent être purement et simplement abolis. Quand aurons-nous enfin le courage de regarder le système éducatif français avec un oeil moderne et plus avec un oeil passéiste et oligarchique ? Je ne parle pas seulement de l'Enseignement Supérieur, mais aussi de l'Enseignement Secondaire qui doit à tout prix être réformé afin de se détacher de cette école qui met les élèves en compétition, qui installe un climat défiance. Ce sont les mêmes personnes qui s'étonnent ensuite que les élèves français éprouvent un dégoût vis-à-vis de l'école, une école où ils ne sentent à l'aise et en confiance mais en contrôle permanent. Ce n'est pas la vision que j'ai de l'enseignement et de la transmission du savoir. Pour moi, l'Ecole doit être le lieu du plaisir, de la découverte de soi et du bien-être, et absolument pas un endroit où on conforme les élèves à entrer dans un moule en laissant de côté ceux qui ont des difficultés.

    Mais je n'ai pas à m'étonner de vos réactions, la France reste redoutablement conservatrice en applaudissant des réformes scolaires aussi proche de l'inanité -le cotât de boursiers dans les CPGE par exemple- et en refusant les réformes courageuses et utiles (la création d'un grand service public de l'éducation en 1984).

    Je fais suivre ici quelques liens intéressants qui soutiennent mon point de vue.

    http://www.vincent-peillon.fr/au-parlement-europeen/courriers-citoyens/le-non-sens-pedagogique-des-classes-preparatoires-aux-ecoles-dites-grandes-par-jean-francois-minot-et-bernard-frouin

    http://www.vincent-peillon.fr/vincent-peillon-je-suis-pour-la-suppression-des-grandes-ecoles-france-inter/363
  • Comme le dit bien Artz, cela permet de se faire une idée. Mais je crains que ces classements ne véhiculent une image un peu artificielle et faussée des CPGE, qui sont loin de n'être que des boîtes à concours, comme semble le croire AntoineParis.

    Concernant la suppression, je pense que nous aurions tout à y perdre sur le plan intellectuel. Et pour le dire simplement : ce n'est pas le système CPGE qu'il faut mettre à plat, c'est l'Université qu'il faut revaloriser. Si l'on veut tirer le système éducatif "vers le haut", on doit considérer que la Licence universitaire est une filière tout à fait légitime, je veux dire par elle-même, au lieu de s'évertuer à véhiculer ce genre de discours improductifs.

    J'ai fait mes khâgnes, mais ça ne m'a pas empêché d'apprécier l'Université. Les avantages offerts par les prépas sont nombreux, et leurs élèves n'ont pas à avoir honte de ce qu'ils coûtent à la France. Pas plus que les élèves des Universités n'ont à rougir d'avoir choisi un cadre plus libre, qui leur permet de s'épanouir sur bien des plans. N'oublions pas que c'est aussi une question de choix. Par ailleurs, je pense qu'il est essentiel que subsistent dans les lycées des classes d'enseignement supérieur (prépas ou autres : BTS par exemple), qui permettent de faire dialoguer les générations et de faire transition entre les différentes filières.
  • Rabutin a écrit:
    Pas plus que les élèves des Universités n'ont à rougir d'avoir choisi un cadre plus libre, qui leur permet de s'épanouir sur bien des plans. N'oublions pas que c'est aussi une question de choix.

    J'attends vos propositions. Comment revaloriser l'Université tout en continuant de faire exister les CPGE et les Grandes Ecoles ? Pourquoi la France resterait une exception culturelle qui refuse de s'aligner complètement sur le modèle LMD européen ?
    Votre argument du choix ne tient pas. Les élèves ont-ils le choix entre un Enseignement Secondaire plus libre et un Enseignement Secondaire plus suivi ? Non, c'est le même pour tous. Alors pourquoi refuser de faire la même chose dans l'Enseignement Supérieur ? Car si l'on suit votre logique, autant donner le choix dès le collège ; entre des collèges très encadrés et supposément prestigieux et des collèges plus libres et épanouissant qui n'auront supposément aucune valeur. Arrêtons de promouvoir un enseignement bicéphale vecteur d'inégalités.
  • Je vais commencer par le plus évident : à mon sens, tu n'as jamais mis un pied en prépa (ou alors tu as raté ta prépa). Si tu y avais mis les pieds, jamais tu n'écrirais quelque chose comme : "Pour moi, l'Ecole doit être le lieu du plaisir, de la découverte de soi et du bien-être, et absolument pas un endroit où on conforme les élèves à entrer dans un moule en laissant de côté ceux qui ont des difficultés."

    Ca, c'est l'antithèse de la prépa. Le but de cette formation, c'est précisément d'apprendre aux étudiants à réfléchir, pas comme à la fac où, désolé de le dire, on n'attend en général qu'un bête recrachage de cours, en tout cas pour la licence (je trouve scandaleux que certains professeurs donnent encore des questions de cours en partiel de L3 d'histoire). Je n'ai jamais autant pris de plaisir en prépa qu'en cube, précisément l'année où je travaillais le plus. Les élèves en difficulté en prépa sont en général ceux qui s'y mettent eux-mêmes, par manque de travail ou à cause du fait qu'ils ne sollicitent pas le professeur pour régler les problèmes qu'ils ont (sauf à tomber sur un prof antipathique, ce qui est quand même loin d'être la règle).

    Je poste d'ailleurs à ce sujet une interview de mon ancien professeur d'histoire, vieille de près de dix ans, mais peut-être plus vraie que jamais (sauf quelques exceptions mineures, je suis d'accord avec tout ce qu'il dit) : http://www.lemonde.fr/societe/article/2004/01/07/le-systeme-est-rode-pierre-albertini-enseignant-en-prepa-litteraire_348326_3224.html


    Pour moi, tu es en droite ligne de cette bonne conscience gauchisante carrément nauséabonde, qui voudrait nous faire croire qu'on est tous égaux, que faire des différences c'est pas bien, blablabla.

    Supprimer les prépas au nom de la sacro-sainte égalité, ce sera accentuer le problème du supérieur, et en fait de l'éducation en général. Tu crois vraiment que c'est en mettant les meilleurs élèves à la fac que tu relèveras le niveau de celle-ci? Je te signale que c'est ce qu'on a fait pour le secondaire; résultat, le niveau n'a jamais été aussi bas, et par-là même le niveau de l'université.

    Quand tu parles du bien-être à l'école ça me fait bien rire. Quand mes parents étaient au collège, les classes étaient hiérarchisées; je ne pense pas que les élèves s'en portaient plus mal. Aujourd'hui, dans une même classe, tu as des très bons et des très mauvais. Soit tu favorises les meilleurs, soit tu essaies d'aider les moins bons (je te laisse deviner à qui vont les faveurs en général). Finalement, tout le monde perd son temps.


    Tu parles des inégalités, du passéisme du système CPGE (chose amusante étant donné que les universités sont de loin plus anciennes que les classes prépa), de l'oligarchie régnante... Précisément, les élites seront favorisées par la suppression des prépas, car quand tu pars de rien, quand tu n'as pas de réseau, une prépa permet de s'armer pour affronter le reste d'un cursus dans le supérieur. Je ne dis pas que les choses sont parfaites, loin de là, mais s'il y a quelque part une once de méritocratie, c'est là qu'il faut la chercher.

    En parlant des inégalités, la situation des prépas n'est pas très différente de la situation des universités (http://www.inegalites.fr/spip.php?article1176&id_mot=83 ; http://www.inegalites.fr/spip.php?article1601&id_mot=83 ; http://www.inegalites.fr/spip.php?article878&id_mot=83). Je peux d'ailleurs te dire que, personnellement, mes parents ne sont pas dans la catégorie "cadres supérieurs/professions libérales". D'ailleurs on a tendance à concentrer le problème sur l'origine sociale des étudiants; à mon sens elle était aussi en grande partie géographique. Si tu es parisien, comme le suggère ton pseudo, je peux te dire que tu avais plus de chances d'intégrer une prépa (en fait d'envisager de faire une prépa) que moi, provincial.


    Tu soulignes la question du quotat de boursiers en prépa à juste titre; tout le monde en prépa (y compris des boursiers) n'est pas d'accord avec cette mesure.


    "Mais je n'ai pas à m'étonner de vos réactions, la France reste redoutablement conservatrice en applaudissant des réformes scolaires aussi proche de l'inanité"
    Je passe sur la mesquinerie de cette formulation pour dire que supprimer les prépas c'est, pour l'EN et l'enseignement supérieur, se tirer une balle dans le pied (enfin dans celui qui est encore à peu près valide).


    P.S. : lis l'interview de mon prof, en particulier la réponse à la première question sur la fameuse exception française.


    P.P.S : "Car si l'on suit votre logique, autant donner le choix dès le collège ; entre des collèges très encadrés et supposément prestigieux et des collèges plus libres et épanouissant qui n'auront supposément aucune valeur. Arrêtons de promouvoir un enseignement bicéphale vecteur d'inégalités."

    Tu ne me feras pas croire que tu ne te rends pas toi-même compte de ta mauvaise foi. On ne peut pas demander à un enfant de 11 ans ce qu'on demande à un jeune homme ou une jeune femme de 18 ans (quoiqu'il soit encore tout à fait possible de se tromper à cet âge-là et, fort heureusement, de se réorienter; j'ai quitté la fac pour la prépa au bout de ma première année dans le supérieur).
  • AntoineParis a écrit:
    Rabutin a écrit:
    Pas plus que les élèves des Universités n'ont à rougir d'avoir choisi un cadre plus libre, qui leur permet de s'épanouir sur bien des plans. N'oublions pas que c'est aussi une question de choix.

    J'attends vos propositions. Comment revaloriser l'Université tout en continuant de faire exister les CPGE et les Grandes Ecoles ? Pourquoi la France resterait une exception culturelle qui refuse de s'aligner complètement sur le modèle LMD européen ?
    Votre argument du choix ne tient pas. Les élèves ont-ils le choix entre un Enseignement Secondaire plus libre et un Enseignement Secondaire plus suivi ? Non, c'est le même pour tous. Alors pourquoi refuser de faire la même chose dans l'Enseignement Supérieur ? Car si l'on suit votre logique, autant donner le choix dès le collège ; entre des collèges très encadrés et supposément prestigieux et des collèges plus libres et épanouissant qui n'auront supposément aucune valeur.

    Euh c'est précisément le contraire : il y a liberté de choix jusqu'au baccalauréat entre un modèle unique public et un enseignement privé sous ou hors contrat plus diversifié. Liberté que tu combats et liberté limitée par l'Etat. A partir du baccalauréat, le monopole de la collation des grades rend les choses encore plus compliquée, et l'université (publique donc) met des bâtons dans les roues pour les brebis perdues qui souhaiteraient rejoindre leur beau modèle (que ce soit pour les CPGE, les écoles d'ingénieur, etc.), alors que le contraire (passerelles université > grandes écoles publiques ou privées) est relativement facile et en développement constant.
    Arrêtons de promouvoir un enseignement bicéphale vecteur d'inégalités.

    La lutte contre les inégalités n'est pas la vocation de l'université, dont la tâche est la production et la transmission de connaissances. Cela ne saurait être qu'au plus un objectif secondaire.
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