Joutes poétiques

Bonjour tout le monde !

Comme nous sommes quelques uns sur le forum à composer des vers à nos heures perdues, il semble intéressant d'organiser des petits "concours" de poésie à thème.

Le principe est simple : quelqu'un soumet une proposition de poème avec un thème — qui peut être résumé en un mot ou en une (courte) phrase. La personne peut également imposer ou non une forme poétique fixe/une strophe particulière et la métrique du vers. Il serait également possible de fixer une échéance. On obtiendrait donc quelque chose de la forme :
Thème : La Nature bafouée par l'Homme
Forme poétique : Libre
Strophe : Alternance quintil/tercet
Métrique du vers : Alexandrin ou octosyllabe
Echéance : Pour le 15 décembre


Voilà, s'il faut rajouter quelques précisions, je laisse le soin aux modérateurs de le faire. ;)

Edit.Voici quelques règles :
fandixhuit a écrit:
1/ Un thème et un seul bien entendu jusqu'à une date-butoir.
2/ La personne qui propose le thème est reine : elle propose la date-butoir et le thème. Si celui-ci ne nous plaît pas, tant pis. La date-butoir est également impérative.
3/ Nous proposons nos poèmes sur ce topic, sans que qui que ce soit intervienne avant la date fatidique.
4/ Ensuite, nous commentons, critiquons, etc. Il n'y a pas forcément de vainqueur : nous écrivons pour notre plaisir avant tout.
5/ Un volontaire propose un nouveau thème avec une nouvelle date, etc.
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Réponses

  • C'est une très bonne idée, mais il faudrait s'attacher à un seul thème à la fois.
    Un seul d'entre nous composerait les règles - en l’occurrence toi :)
    Autrement, je crains un déluge de sujets divers, une espèce de chaos qui ruinerait l'ensemble de l'exercice.
    La première formule est intéressante. Qu'en penses-tu ?
  • Si vous êtes tous d'accord, je n'ai pas d'objection. :)
  • Joutes poétiques, que voilà une joli topic !

    Voici mes propositions :

    1/ Un thème et un seul bien entendu jusqu'à une date-butoir.
    2/ La personne qui propose le thème est reine : elle propose la date-butoir et le thème. Si celui-ci ne nous plaît pas, tant pis. La date-butoir est également impérative.
    3/ Nous proposons nos poèmes sur ce topic, sans que qui que ce soit intervienne avant la date fatidique.
    4/ Ensuite, nous commentons, critiquons, etc. Il n'y a pas forcément de vainqueur : nous écrivons pour notre plaisir avant tout.
    5/ Un volontaire propose un nouveau thème avec une nouvelle date, etc.

    Il faudrait que tous les gens qui se sont exprimés sur le topic "Aurora" de Mithridate viennent donner leur avis ici. Voilà en tout cas le mien. Qu'en pensez-vous ?

    PS : Anikètos a fait une proposition. C'était un exemple, je suppose, mais on peut commencer par ça.

    A vous de voir.
  • En fait c'était réellement un exemple, un truc que j'ai jeté comme ça sans réfléchir, mais si ça vous plaît... Sinon j'avais pensé à autre chose de plus mûri. :) C'est vraiment comme vous voulez.
  • L'intérêt de la chose, précisément, c'est que ça ne nous plaise pas forcément :) . Mais attendons de voir les réactions.
  • Le sujet est intéressant, mais me parle peu. Néanmoins, je ne suis pas contre.
    Je vous laisse le choix ++
  • Bon, vu que c'est le premier thème, je propose un autre sujet, assez bateau :
    Thème : La mythologie gréco-romaine
    Forme poétique : Libre
    Strophe : Libre
    Métrique du vers : Alexandrin ou décasyllabe
    Echéance : Pour le 13 décembre
  • Le Maître a parlé ! On part comme ça. Chic ! ;)
  • J'arrive avec un peu (trop) de retard, mais je ne vais faire qu'agréer tout ce qui a été dit précédemment.
    À nos plumes ! :)
  • J'ai choisi la forme rigoureuse et rassurante à la fois du sonnet. Je ne suis pas une grande technicienne, ne comptez pas sur moi pour les diérèses et autres synérèses. J'ai fait au mieux. Ne riez pas ! :D

    Je rappelle qu'on ne ne dit rien avant le 13 décembre.
    _ _ _

    Elémentaux

    Cybèle née du Ciel eut pour amant Saturne
    Enfanta Jupiter et son frère Neptune
    Rêva de fille encor' et l'appela Junon
    Exigea le dernier et son nom fut Pluton

    Pluton gagna l'Enfer un antre souterrain
    [ou : Pluton gagna son antre un Enfer souterrain ?]
    Junon se distingua elle épousa son frère
    Bel homme avec l'éclair au tranchant de la main
    Neptune et ses coursiers sur la mer chevauchèrent

    Pierre noire Cybèl' pierre philosophale
    Creuset divin de l'Air et souffle d'Ouranos
    Rouge le Feu de vie qui toujours sera mâle

    Terre ardente en attente et languissant Eros
    De la fureur des Eaux ô vague triomphale
    Pierre noire Cybèl' vaincras-tu Thanatos ?
    _ _ _
  • J'ai choisi un sujet plus léger - Aphrodite et les jeux de l'amour. Ce sonnet demandera quelque effort afin de déterminer la seconde et véritable nature des illustrations, sachant que je m'abandonnasse (peu ou prou) aux feux de mes concupiscences naturelles de légitime époux. La mythologie pure ne m'évoque malheureusement pas grand chose - je lui préfère quelque rapprochement amoureux. Je parsème alors mon texte de références multiples que vous aurez soin de découvrir par vous-même. J'imagine déjà le prochain débat. Merci à tous pour votre bonté ++

    Aphrodite

    Ton ventre est un bassin en lequel mon esprit
    Cueille la nymphéa et l’orchidée sauvage
    – Tant il est radieux cet exotique rivage,
    Mon être au vent oscille tels les joncs fleuris.

    Sur des coteaux si proches, je me suis épris
    Du raisin rubicond d’un couronné cépage
    – Chaque perle vineuse ajoute à mon ouvrage
    Un peu d’aplomb et encore la fantaisie.

    Fol j’ai poursuivi cette étonnante odyssée,
    Voguant au-delà des fleuves Styx et Léthé.

    J’ai convoyé serein jusqu’au bord de l’abîme
    Fixant l’horizon céruléen dans tes yeux.
    Ayant convenu que cet instant fût sublime,
    J’ai fait un dernier pas en l’Éther merveilleux.
  • Puisque je suis assez occupé la semaine prochaine, je préfère poster mon poème maintenant. C'est une longue pièce, que j'ai beaucoup relu, mais il se peut qu'il y ait encore quelques licences.

    Dido

    Misera Regina

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

    Pourtant tu triomphas de la vile Tyché,
    Cette harpie aigrie, dévoreuse d'espoir,
    Et qui lassée de voir dans tes mains le pouvoir,
    Te chassa loin de Tyr en tuant ton Sychée.

    Infortunée tu fus, mais cessa ton malheur
    Lorsque Chypre donna à tes hommes des femmes,
    Indispensable appui pour défier les flammes
    Du roi Pygmalion, régnant par la terreur.

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

    Les dunes de l'Afrique accueillirent ta suite
    Et Minerve t'aida à ruser d'Iarbas
    Qui en t'offrant sa peau croyait faire un coup bas.
    Carthage en un instant par ton peuple construite

    Illumina l'éther de ses brillantes tours,
    Et fit trembler la Parque aux gestes implacables.
    La Renommée chanta ta ville née des sables,
    Et tu repris ta gloire ainsi que tes atours.

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

    Ton empire a grandi, et ton nom est connu
    De toutes les contrées que l'Hélios arrose
    De ses rayons dorés ; ô éclatante rose,
    Fleur de la Phénicie, au corps lisse et charnu !

    De Grèce et de l'Atlas, rois illustres et princes
    Viennent pour t'honorer et demander ton cœur.
    Fidèle au Tyrien, tu glisses la rancœur
    Dans ces prétentieux aux bras puissants et minces.

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea dans tes enfants dans le chagrin amer ?

    Ton serment fut brisé quand la mort d'Ilion
    Envoya dans ta baie la terrible vengeance
    Du Destin sous les traits de la noble prestance.
    L'enfant de Vénus vint ; alors la passion

    Du petit Cupidon te fit perdre la tête,
    Et ton tendre mari de choir dans les tréfonds
    De ton ancienne vie. Ravivée par les fonts
    Du mystère amoureux, tu pris goût à la fête,

    Aux parfums, aux bijoux, à la séduction ;
    Mais l'âme de Sychée revint hanter ton âme.
    Tu fus écartelée par ton désir infâme
    Et ta fidélité, mais la Tentation

    Triompha de tes vœux : tu t'emparas d'Énée,
    Telle lionne folle, et tu fondis en lui.
    "Vivre, je le peux bien tant qu'il est mon appui",
    Dit-elle sans savoir son destin de damnée.

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

    Tu sais qu'il doit partir, mais tu n'y peux survivre
    Les génisses en nombre égorgées pour Junon,
    Et les libations pour l'astre d'Apollon
    Ne peuvent exaucer le vœu dont tu t'enivres.

    Mercure va porter ses ordres au Troyen,
    Et Mors s'en vient quérir le souffle de la reine.
    La haine fait bouillir et palpiter sa veine,
    Elle s'écroule en pleurs sur le Dardanien.

    Mais il n'a pas le choix : il doit engendrer Rome.
    Par des mots rassurants, il la veut consoler ;
    Mais Elissa s'enfuit, préfère s'isoler,
    Abandonnant sa vie qu'elle offrit à cet homme.

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

    Accablée de chagrin, fuyant l'astre solaire,
    Elle sent l'agonie s'immiscer dans ses chairs
    Tel un serpent glacé, et les parfums des airs
    La blessent. Elle veut retourner à sa Mère.

    "Vengeance" hurle-t-elle, insensée, écumant.
    Elle veut enflammer toutes les nefs troyennes,
    Et retrouver ses joies, quiétudes anciennes ;
    Hélas ! Elle ne voit fuir au loin son amant.

    Neptune porte Énée vers sa vraie destinée.
    Emporté par l'Auster, la flotte fend les eaux
    De la mer azurée, et les lointains créneaux
    De la nouvelle Tyr tombent dans la nuée.

    Infortuné héros ! Tu n'imagines pas
    Que ta chère Elissa, dévorée par les larmes,
    Rassemble en un bûcher tes habits et tes armes,
    Pensant secrètement à son futur trépas.

    Car Anna Perenna, la cause des tortures
    De sa sœur bien-aimée, prépare sans savoir
    Son propre désespoir. Elle habille de noir
    L'Etat Carthaginois pour ses douleurs futures.

    Les portes du palais s'ouvrent violemment :
    Voici venir Didon ; mais est-ce vraiment elle ?
    Les yeux tournent, sanglants, et son faciès frêle
    S'agite, traversé d'effrayants tremblements.

    Elle rampe au sommet du haut bûcher funeste,
    Et se jette en pleurant sur les habits aimés,
    De souvenirs heureux teintés et parsemés ;
    Son souci est chassé par la Mort au bras leste.

    Pour la dernière fois, elle pose les yeux
    Sur l'illustre cité, son enfant glorieux,
    Et dans une oraison elle supplie les cieux
    De venger son affront, son sort injurieux.

    Tout d'un coup elle choit sur l'épée du perfide,
    Et du sillon jaillit son esprit libéré.
    Une marée de sang du sein désespéré
    Coule et clame partout le royal suicide.

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

    Meurtrie tu vis pourtant, car aux Parques savantes
    Tu as pris ton destin, gagné ton propre fil.
    Des larmes d'agonie perlent à tes sourcils.
    Iris fend l'empyrée, par ta voix suppliante

    Émue au plus haut point, et d'un coup de la main
    Elle tranche ton souffle, arrête la souffrance.
    Létus t'a emportée : voici ta délivrance.
    Tu cours trouver Sychée, dès lors esprit serein.

    Ô reine abandonnée, pourquoi pris-tu le fer
    Qui plongea tes enfants dans le chagrin amer ?

    Ils sont tous éplorés, et de l'Atlas au Pont
    Les nations de geindre et de pleurer la Reine.
    Apollon en personne, assombri par la peine,
    Refuse de guider dans l'Uranus sans fond

    Le char ardent du jour. Tellus porte le deuil
    De son enfant chérie, et Carthage blessée
    Réclame l'assassin d'Elissa trépassée.
    Hélas ! Chère Didon, assise sur le seuil

    Des enfers tu connais le tragique futur
    Qu'attend ta nation : mais cela ne t'importe :
    Dans les bras de Sychée, tu es heureuse morte.
    Tu entrevois le Temps filer à toute allure.

    Ô reine abandonnée, de quel amour blessée
    Tu mourus sur le bord où tu fus délaissée !
  • Remarque importante :

    Il a été décidé que la date-butoir était le 12 décembre au soir (et non le 13) à minuit.
  • Empyrès

    Prenez donc pour témoins ces quelques millénaires
    Qui n’ont rien effacé de la grandeur d’Arès,
    Lorsque tremblaient de peur tous les légionnaires
    À l’entente d’un nom que fuit toujours Cérès.

    Voici la nécropole où gisent les victimes
    D’un fer rouge et divin qui n’a rien épargné ;
    Arès leur assénait les coups de grâce ultimes,
    Et ils étaient tous morts avant d’avoir saigné.

    L’Empyrée le respecte, et les mortels l’adorent.
    Si forte est son aura que tous la subodorent !
    Celui dont l’épée seule écrasait tout raffut,
    On n’oubliera jamais la personne qu’il fut !
  • JehanJehan Modérateur
    Le mien n'est pas vraiment de la poésie, sans doute.
    En tout cas, ce sont des décasyllabes, c'est toujours ça !
    Comme La Chasse aux papillons... ;)


    NUIT BLANCHE

    Depuis bien longtemps, mon cher, vous omîtes
    De naphtaliner votre vieux placard.
    Alors là-dedans pullulent les mythes...
    Pour mes insomnies, c'est pas rêvé, car

    Les luttes y sont très gréco-romaines:
    Crimes passionnels, combats de Titans...
    Métamorphosés, des énergumènes
    Y font un raffut des plus embêtants !

    Mais soudain, je songe au pauvre Pégase
    Qui, c'est bien certain, manque d'air au fond
    Du tiroir. Alors, je saisis l'occase
    De me prendre un peu pour Bellérophon.

    Et je le libère afin qu'il m'inspire,
    Faisant de mon mieux pour mirlitonner.
    Là... Plus que deux vers. Ça y est, je respire.
    Allez, au dodo... Ouf, c'est terminé ! :P
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