Prépa littéraire Licence lettres modernes
Capes lettres modernes

2»

Réponses

  • Je tiens juste à préciser que mon propos n'était pas :
    «Passe l'agrégation POUR faire autre chose que de l'enseignement» mais plutôt
    «Repose-toi puis passe l'agrégation pour devenir MdC et si tu n'y arrives pas, elle te servira quand même ».

    Il me semble qu'il serait dommage de ne pas tenter d'aller jusqu'au bout d'un projet qui a l'air pas trop mal engagé à cause de la peur. À faire ses choix en n'écoutant que la peur, on s'expose aux regrets ; d'un autre côté, quels remords l'obtention de l'agrégation peut-elle susciter ?
  • Je vois que je ne l'ai pas directement signalé dans mes précédents messages : je suis un peu "spécial", "différent", ou comment dire... Je ne suis pas diagnostiqué, mais en terme de symptômes, je navigue entre le syndrome d'Asperger et la personnalité schizoïde ; en tout cas, je suis fortement introverti, pas très fort en matière de contact humain, et assez éloigné de la "normalité". J'aurais dû le préciser d'emblée : c'est capital pour me comprendre et cela explique mes doutes, et aussi le fait que je n'arrive pas à me convaincre moi-même que certaines voies qui m'intéressent (dont le fait d'être maître de conférences lui-même) me correspondent vraiment. En y réfléchissant, j'ai l'impression d'avoir consciemment sous-évalué l'impact de mes différences de tempérament et de personnalité, qui (je m'en rend compte à présent) est plus sévère que je ne le pensais, alors que, plus inconsciemment, je sais que ma situation est plus compliquée que ce qu'en pense mon entourage, par exemple.
    Autant en regardant les possibilités sur le papier, diverses voies me paraissent possibles, autant en approfondissant et en considérant le caractère pratique et réel de la chose, l'affaire se gâte et je "re-découvre" ce qu'une partie de moi-même essaie peut-être d'oublier, d'occulter, à savoir la difficulté de m'insérer dans une société où les personnes comme moi sont minoritaires, et en quelque sorte des anomalies. S'il y a une part de "peur" dans mes doutes, elle s'appuie du moins sur des faits, je crois. Je commence à penser que mon "échec" de ces derniers mois est lié au fait que, sans avoir d'avis extérieur et compétent sur mes problèmes profonds (donc un psy), je vais rester bloqué dans mon état actuel, pas recommandable (surtout si je retente l'agrégation l'an prochain)... Autant j'ai conscience de mes problèmes, autant je crois que ma conscience et mon intelligence jouent peut-être à l'Héautontimorouménos en allant à l'encontre de mes capacités réelles dans certains domaines. Le problème, c'est que tout cela produit des cercles vicieux et une certaine souffrance, et que je suis relativement faible (physiquement et moralement parlant). L'autre problème, c'est qu'en disant cela, je vais sembler être en train de me plaindre et de présenter un portrait apitoyant, peut-être peureux ou démissionnaire, alors que je pense qu'il s'agit d'une question de constitution, de ma constitution bizarre et paradoxale...
    Enfin, bon, désolé de m'épancher et de porter ce sujet vers les territoires de la psychanalyse et de la psychiatrie qui en sont éloignés ! Si cela ne tenait à moi, et si c'était rentable et possible, je m'essayerais sans doute à la traduction, tout en écrivant, et en étant une sorte d'independant scholar comme on peut en rencontrer (même en humanités, je crois) outre-Atlantique ! Mais il y a les rêves et la réalité.

    Il est donc clair que pour moi, le secondaire n'est pas envisageable, mais je ne suis même pas sûr à propos du supérieur... Et je doute pour un certain nombre de choses, étant donné que mon "profil" présente toujours au moins quelques dissonances importantes avec ce qui est attendu.
    partir en voyage

    Peut-être ce qui suit sera-t-il plus révélateur que mon charabia précédent : il y a une partie de moi qui aimerait bien faire un long séjour à l'étranger, mais une autre (et plus "fondamentale") qui ne s'en sent et n'en est peut-être pas vraiment capable. J'ai honte de l'écrire, mais je ne crois pas pouvoir être à 100% indépendant, notamment par rapport à mon entourage (dont je dépend sur le plan relationnel bien plus qu'une personne "normale" de mon âge, voire que de personnes ayant un certain nombre d'années en moins que moi). Évidemment, vous voyez ce qu'une telle constatation a de problématique aussi en ce qui concerne mon futur professionnel.
  • Mairon,
    Les dernières remarques sur ce sujet concernaient peut-être plus Aelfwine que vous. J'avais bien noté, pour ma part, les éléments de personnalité que vous développez ici (et dont vous aviez fait part ailleurs sur ce forum, il y a un certain temps).
    Vous comprendrez qu'il est difficile de vous conseiller, dans la mesure où, comme vous le soulignez, ces aspects de votre personnalité expliquent vos angoisses actuelles, et réclameraient comme vous le dites l'aide d'un professionnel (quoique la prise en charge de ce genre de "problème" en France soit à mon avis complètement "à côté de la plaque" mais c'est une autre histoire), ce que nous ne pouvons vous offrir ici.
    Les "Asperger" (en tout cas ceux qui sont capables de mener à bien des études, ce qui est votre cas) sont des personnes en général hautement compétentes dans un domaine particulier (souvent très spécialisé), mais dominées par une angoisse totale (phobique !), qui les tétanise souvent lorsqu'elles abordent un domaine moins familier et les bloque dans leurs relations au monde extérieur, ce que vous exprimez fort bien. On en déduira que cette hyperspécialisation et ce "retrait" du monde qui sont des attributs du chercheur, pourraient faire de vous un bon "professionnel" dans ce domaine. Cependant, la Recherche exige aujourd'hui de sortir de chez soi, de se "montrer" pour exister dans ce monde (les publications, c'est bien, mais la participation à des colloques est aussi importante, tout comme la constitution d'un réseau tant réel que virtuel), ainsi que, peut-être, la communication avec d'autres chercheurs et une forme de travail en équipe. D'autres que moi pourraient sans doute développer plus ces aspects. C'est pourtant par ce biais qu'il faut à mon avis vous "extirper" de votre monde : la relation privilégiée et de confiance avec certains professeurs et/ou avec un directeur de thèse pourrait vous y aider, ainsi qu'un cercle d'abord restreint et progressivement élargi avec des personnes qui partagent vos centres d'intérêt et d' "hypercompétence" (en laquelle il ne faudrait surtout pas se mettre à douter).

    P.S Quant à l'enseignement, oubliez en effet la profession qui consiste à faire la classe à des groupes trop importants. Des corrections à distance ou des communications à de petits groupes d'étudiants plus âgés conviendraient mieux...
  • Bonjour Mairon,

    Vu l'état de la situation, il serait peut-être avisé de consulter un psychologue/psychiatre pour en avoir le cœur net et voir si 1. tu es effectivement Asperger 2. tu as effectivement une personnalité schizoïde 3. cela constitue une entrave majeure au développement d'une vie professionnelle normale, épanouissante, etc.

    L'auto-diagnostique n'est pas, en général, une bonne solution, pour ce qui touche au psychologique en particulier (cf l'étymologie même du terme). Quoi qu'il en soit, il semble qu'il y ait un problème quelque part et le simple fait de consulter permettrait de savoir s'il s'agit vraiment d'un état de fait ou s'il ne s'agit « que » d'un conditionnement développé sur de nombreuses années, auquel cas le professionnel peut apporter des réponses.

    En dehors de cela, je me pose des questions par rapport au métier de MdC, qui inclut une part de cours lui-même. Penses-tu que la partie enseignement / colloques / organisation de séminaires soit réalisable ?

    Bon courage dans tous les cas.
  • Bonjour,
    Je me permets de répondre, car je n'ai pu m'empêcher de voir dans votre situation des ressemblances avec la mienne. Bien que toujours en licence, je me pose moi aussi la question : Que vais-je faire plus tard?. J'hésite toujours entre professeur, et, plus par dépit, bibliothécaire... Je dis par dépit car j'ai longtemps pensé que je ne pouvais pas exercer une profession qui impliquait autant de contacts avec les autres. J'ai moi aussi développé un certain nombre de troubles ( obsessionnel-compulsif, phobie sociale...) qui m'ont fait penser que certains métiers n'étaient pas envisageables pour moi. Néanmoins, grâce aux travaux d'un psychiatre, j'ai pu comprendre exactement ce dont je souffrais. Le seul fait de comprendre certains mécanismes de l'esprit m'a permis d'atténuer les angoisses d'une manière spectaculaire. Je peux dire aujourd'hui que je suis en mesure de choisir un métier en fonction de mes envies, et non en pensant à ce que je suis en mesure de faire dans ma situation. Tout ça pour dire qu'il faudrait d'abord connaître exactement votre diagnostic avant toute chose. Si c'est quelque chose d'incurable ou de trop profond, il faudra faire avec et trouver un métier en accord avec "votre constitution".
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.