Grammaire française Participe passé

Depuis ce matin, une question (probablement stupide) me turlupine. On peut clairement dire "Il y avait sur la colline une forêt", mais peut-on dire "Il y y (c'est-à-dire sur la colline) avait une forêt" ?
Si oui, lequel des deux "y" indique-t-il le complément circonstanciel de lieu ?
Merci d'avance !

Réponses

  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Bien que le "y" de "il y a" soit aujourd'hui non analysable, il s'agit bien à l'origine d'indiquer un circonstanciel de lieu et il me paraît difficile de le doubler par un autre identique de sens différent. Je ne vois pas d'exemple de français correct où cela aurait été employé : les très nombreux exemples qu'on peut trouver sur Google Livres sont, d'après ce que je peux voir, des fautes de l'imprimeur qui a repris en début de ligne un "y" déjà présent à la fin de la ligne précédente.
  • JehanJehan Modérateur
    Même si c'était le cas à l'origine, le y du présentatif il y a n'est plus perçu comme un CC de lieu. Il a perdu cette fonction.
    La preuve, c'est qu'il permet de rajouter un "vrai" CC pour plus de précision :
    Il y avait sur la colline...
    Mais ce "vrai" CC de lieu ne saurait à mon sens être un second y... trop peu esthétique à l'œil comme à l'oreille. On utilisera un autre adverbe :
    Il y avait ... Il y avait ici...
  • Merci beaucoup pour vos réponses rapides, concises et claires. Toujours au top ! :D
  • Ce n'est certes pas esthétique, mais est-ce pour autant faux?
  • JehanJehan Modérateur
    Non seulement c'est inesthétique, mais c'est peu fonctionnel.
    Utiliser un second y antéposé noie le CC de lieu dans un magma indifférencié et le CC passe inaperçu à l'oreille.
    L'utilisation d'un autre adverbe postposé portant l'accent tonique permet de mieux souligner la présence du CC de lieu. Beaucoup plus fonctionnel.
    Ce n'est sans doute pas par hasard que Lamaneur n'a trouvé aucune occurrence valable avec ce double y.
  • À mon avis, Mithridate a bu un petit coup de trop et voit double... :P

    Non, non, je plaisante bien sûr ! ;)
  • À mon avis, tu as raison, Spalding ! L'alcool et la littérature ne font pas bon ménage. :lol:
  • Si, si ! Je bois à la santé de Baudelaire, Verlaine et tant d'autres ! Tenez ! emo_181.gif

    Euh, Mithridate, ton "mélange" me barbouille l'estomac. Je préfère le "ménage". Humour de ta part, je suppose ? Ou bien, décidément, un abus toxique de mélanges détonants !
  • Il est en effet connu que le roi Mithridate abusait des poisons pour s'en prémunir.

    Attention, cher adhérent, ne suivez pas trop votre illustre prédécesseur... ;)
  • Tiens, j'ai quand même pu modifier mon message (et vous faire passer pour deux fous ! :D). Plaisanterie à part, je m'étais simplement baigné fort longtemps dans un bain rempli de ce "mélange" toxique et, comme Spalding l'a indiqué, j'avais (et j'ai ?) l'air d'en avoir trop abusé. J'ai juste un peu (trop) foiré mon jeu de mots.
    Bref, santé !

    (Décidément, j'ai dû rééditer ce message une centaine de fois pour en corriger les fautes. C'est vrai que les risques d'en faire en trois lignes sont faramineux, n'est-ce pas ?)
  • Oh oui, Mithridate ! Ici, en été, nous tapotons furieusement au bord de la piscine et, forcément, vu que notre attention n'est pas au top, on aligne les fautes et on dit n'importe quoi, surtout quand c'est l'heure de l'apéro, précisément 19h01 m'informe l'ordi. Allez, trois glaçons pour mon rosé. Décidément, il y y avait m'enchante ! :D
  • Pour en revenir à la question initiale de Mithridate, cela me fait penser au principe qui veut que l'on dise J'irai au lieu de J'y irai afin d'éviter le frottement des i, alors que l'on dit couramment J'y vais.
  • Et que penser du double en, comme dans la phrase "J'ai rapporté des fleurs de mon jardin, en en perdant la moitié en route". A mon avis c'est admis, puisqu'on le voit de temps en temps dans les livres. Peut-être le double y sera lui aussi admis, à la longue, qui sait ?
  • Il me semble que ce n'est pas pareil. Dans l'exemple de Noël, le premier en est une préposition, le second en un pronom.

    Le mot y possède aussi deux fonctions, mais pas exactement les mêmes que dans l'exemple de Noël : adverbe ou pronom selon le cas.

    A) Comme adverbe, y indique le lieu : Allez-y ! -- J'y suis, j'y reste. -- Il y a constitue un cas un peu spécial, mais on peut penser que y désigne alors ici ou .

    B) Comme pronom, y se trouve dans des phrases très diverses : J'y renonce ! -- Ne vous y fiez pas. -- etc.

    Ces deux fonctions peuvent apparaitre dans deux propositions d'une phrase, mais pas dans la même proposition. En dehors de la question esthétique, je ne vois donc pas très bien comment deux y pourraient être accolés... :rolleyes:
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