Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • Oui.
  • Bonjour.

    Voici une phrase qui est longue et très difficile pour moi :
    De Saint-Aignan était chargé d’une mission pressée ; c’est dire que de Saint-Aignan allait faire tout son possible pour tirer bon parti de son temps.

    C’était un homme rare que(1) celui que(2) nous avons introduit comme l’ami du roi ; un de ces courtisans précieux dont la vigilance et la netteté d’intention faisaient dès cette époque ombrage à tout favori passé ou futur, et balançait par son exactitude la servilité de Dangeau.

    Aussi Dangeau n’était-il pas le favori, c’était le complaisant du roi.

    J'ai analysé comme ceci :
    - homme : de Saint-Aignan
    - que(2) : pronom relatif, objet direct de 'avons introduit'

    Mais je n'arrive pas à analyser :
    - que(1) : quelles sont sa nature, sa fonction et sa nuance ?
    - celui : qui est-ce ? homme(Saint-Aignan) ou un autre homme(l'ami du roi) ?
    - un : qui est-ce ? homme(Saint-Aignan) ou un autre homme(l'ami du roi) ?
    -balançait : quel est le sujet de ce verbe ? si c'est un, pourquoi et devant ?

    Il se peut que mes questions vous soient gênante.
    Mais, aidez-moi, s'il vous plait.
  • Ici homme et l'ami du roi sont une seule et même personne : de Saint-Aignan
    ce faisant un désigne de Saint-Aignan.

    Le sujet de balançait est donc de Saint-Aignan.
    Pour et j'aurais tendance à penser qu'il est là parce qu'une virgule et non un point précède. avec un point on aurait il ou de Saint-Aignant balançait...

    que celui que dépasse ma compétence.

    Attendre des avis plus autorisés.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Tes questions, cher Hwang, ne sont nullement gênantes et elles montrent une fois de plus avec quel sérieux tu étudies notre langue et essaies d'en déjouer les pièges !
    Tu as bien analysé "homme" et "que(2)".
    La phrase
    C’était un homme rare que(1) celui que(2) nous avons introduit comme l’ami du roi.
    équivaut à la phrase plus simple :
    Celui que(2) nous avons introduit comme l’ami du roi était un homme rare.
    mais avec une "mise en relief" par "que(1)" qui n'est généralement pas analysable.
    Autres exemples de cette mise en relief :
    Je vais au cinéma demain avec Marie pour me distraire.
    donne quatre possibilités de mise en relief d'un élément particulier
    C'est au cinéma que(1) je vais demain avec Marie pour me distraire
    C'est demain que(1) je vais au cinéma avec Marie pour me distraire
    C'est avec Marie(1) que je vais au cinéma demain pour me distraire
    C'est pour me distraire que(1) je vais au cinéma demain avec Marie.

    Autre exemple plus proche de la phrase de Dumas :
    Dumas est un bon écrivain.
    C'est un bon écrivain que(1) Dumas.


    Revenons au sens de la phrase
    Celui que(2) nous avons introduit comme l’ami du roi était un homme rare.
    Celui que = l'homme que
    L'homme que(2) nous avons introduit comme l’ami du roi était un homme rare.

    Le "un de ces courtisans", après le point-virgule, continue la phrase et illustre ce qui vient d'être dit, en quoi c'est un homme rare. C'est un homme rare parce que c'est un de ces courtisans précieux qui... Il me semble qu'aujourd'hui, on n'emploierait peut-être pas un point-virgule mais une simple virgule.

    Arrive maintenant ta dernière question et là, tu as levé un sacré lièvre !
    un de ces courtisans précieux dont la vigilance et la netteté d’intention faisaient dès cette époque ombrage à tout favori passé ou futur, et balançait par son exactitude la servilité de Dangeau.
    Quel peut bien être le sujet de "balançait" ?
    Eh bien Dumas qui écrivait trop et trop vite s'est emmêlé les pinceaux et sa phrase n'est pas correcte. Ça ne colle pas.
    Je suis allé voir une édition ancienne de l'ouvrage (1847) où j'observe l'orthographe suivante :
    un de ces courtisans précieux dont la vigilance et la netteté d’intention faisait dès cette époque ombrage à tout favori passé ou futur, et balançait par son exactitude la servilité de Dangeau.
    On voit que "faisait" et "balançait" étaient tous deux au singulier. Mais seul "faisait" a été corrigé en "faisaient" dans les éditions ultérieures. Faudrait-il aussi corriger "balançait" en "balançaient" ?
    un de ces courtisans précieux dont la vigilance et la netteté d’intention faisaient dès cette époque ombrage à tout favori passé ou futur, et balançaient par son exactitude la servilité de Dangeau.
    Ça n'aurait pas non plus beaucoup de sens. Certes on peut penser que la vigilance et la netteté d'intention de Saint-Aignan balancent la servilité de Dangeau, mais le "par son exactitude" pose problème, car il ne peut se rapporter à ces deux sujets.
    En fait "par son exactitude" doit se rapporter à Saint-Aignan et il faut à mon avis modifier la phrase de la manière suivante :
    un de ces courtisans précieux dont la vigilance et la netteté d’intention faisaient dès cette époque ombrage à tout favori passé ou futur, et qui balançait par son exactitude la servilité de Dangeau.
    Ce "qui" permet de rétablir le sujet de "balançait", à savoir Saint-Aignan ("un de ces courtisans dont ... et qui ...).
    Je suis cependant surpris que la plupart des éditions se sont contentées de reproduire la phrase fautive sans la corriger.
    Bravo, Hwang, pour avoir attiré notre attention sur ce point.

    edit 12:18 J'ai trouvé sur Gallica une édition de 1852 qui a fait la correction que je propose :
    [lien invalide]604470Capture.png][lien invalide]/604470Capture.png[/img][/url]
    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6570978d/f230.image.r=favori%20pass%C3%A9.langFR
  • Lamaneur, paulang, votre bienveillance... m'est vraiment touchante.

    C'est grâce à vous qu'un jour j'arrive à lire mes romans français préférés.

    Merci, lamaneur et paulang. :)
  • Bonjour,

    Pour ne pas ouvrir un topic je répond directement sur celui là.

    Je prépare une présentation, dans mon texte je prévoie de m'excuser auprès de certaines personnes si j'utilise des termes archaïques, inconvenantes, non professionnelles etc. car je parlerai d'un domaine qui n'est pas le mien.

    Pour l'instant j'ai ceci:

    "J'aimerai préalablement m'excuser auprès des [ personnes concernées ] si je bafouille quelques termes techniques"

    Mais je trouve "Bafouille" hors contexte. Du moins on pourrait trouver mieux.

    Une proposition? Merci.
  • On ne s'excuse pas soi-même.

    Proposition : "Je prie X, Y Z de bien vouloir m'excuser si j'utilise des termes techniques qui ne relèvent pas de ma compétence."
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    "J'aimerais préalablement m'excuser auprès des [personnes concernées] si j'utilise parfois, en tant que profane en la matière, un vocabulaire inapproprié qui peut surprendre un spécialiste.
    ... si c'est bien ce que vous voulez dire !

    Note : je crois que le temps où l'on tenait "s'excuser" pour fautif est révolu, fort heureusement.
    [lien invalide]234585Capture.png][lien invalide]/234585Capture.png[/img][/url]
    Néanmoins, l'Académie conserve un avertissement à ce sujet, obsolète à mon avis.
  • "Je m'excuse" est encore considéré comme à éviter par des spécialistes de la langue française : cf., notamment, Cl. Kannas, Le dictionnaire des difficultés Bescherelle, 2014, p. 181 ; M. Grevisse et M. Lenoble-Pinson, Le français correct, 2011, p. 66.

    Et, de ce fait, l'avertissement de l'Académie française ne peut pas être regardé comme dépassé.

    Il convient donc de ne pas laisser accroire que l'on peut employer "s'excuser" à la première personne du singulier sans aucunement prêter le flanc à la critique.

    Dict. de l'Ac., 9e éd. :
    "Cet emploi, qui s'est répandu à la troisième personne, risque d'être ambigu à la première personne. Il vaudra mieux dire : Je vous prie de m'excuser ou : Excusez-moi, plutôt que : Je m'excuse."
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    l'avertissement de l'Académie française ne peut pas être regardé comme dépassé.
    Il l'est, et depuis longtemps ! Moi aussi, j'ai connu le temps où l'on se faisait systématiquement reprendre quand on disait "je m'excuse" ; c'était un schibboleth social, puisque, comme l'écrit Girodet pourtant non suspecté de laxisme : « Le bon usage mondain condamne "je m'excuse". » On passait pour un impertinent, un insolent qui prétendait se donner des excuses à soi-même !
    Donc prions madame la Duchesse douairière ou nos collègues du Jockey Club de bien vouloir nous excuser, mais de grâce, grandissons un peu et cessons d'observer, devant des auditoires normaux, des usages qui n'ont plus cours et qui n'ont plus aucun fondement. Voici d'ailleurs quelques points de vue sur la question qui montrent combien la position de l'Académie est dépassée, bien que les auteurs cités ne soient pas des révolutionnaires ni des perdreaux de l'année :
    Hanse :
    [lien invalide]783895PhotoScan.jpg/783895PhotoScan.jpg[/img][/url]
    Colin :
    [lien invalide]703608PhotoScan2.jpg/703608PhotoScan2.jpg[/img][/url]
    Georgin :
    [lien invalide]140014Georgin.jpg/140014Georgin.jpg[/img][/url]
    Le Bidois
    [lien invalide]692485LeBidois1.jpg/692485LeBidois1.jpg[/img][/url]
    [lien invalide]150535LeBidois2.jpg/150535LeBidois2.jpg[/img][/url]
    Thérive :
    [lien invalide]225203Therive.jpg/225203Therive.jpg[/img][/url]
    Dupré :
    [lien invalide]437333Dupr.jpg/437333Dupr.jpg[/img][/url]
  • Dans les faits, je ne vais pas utiliser de termes techniques puisque je les ignore. Je vais utiliser des termes d'amateurs.

    Que dites vous de : "Tout d'abord, je prie les [Personnes concernées] de bien vouloir m'excuser de ne pas utiliser les bons termes techniques, ou si je détourne quelques uns"
  • JehanJehan Modérateur
    Ceci, peut-être ?

    "Tout d'abord, je prie les [Personnes concernées] de bien vouloir m'excuser de ne pas maîtriser parfaitement les termes techniques."
  • Ah oui, "maîtriser" est bien placé ici. J'utiliserai ce verbe au lieu de "utiliser".
  • BayardBayard Membre
    Bonsoir,

    Pouvez vous m'aider à analyser la phrase suivante?

    je suis heureux que tu sois là

    C'est notamment la proposition introduite par "que" qui me pose problème .

    Merci d'avance!
  • Complétive complément de l'adjectif heureux.
  • MucetiMuceti Membre
    "L'homme que j'ai rencontré."

    "L'homme" est-il une proposition ?
  • JehanJehan Modérateur
    Bien sûr que non... "homme" n'est pas un verbe.
    L'homme que j'ai rencontré est un groupe nominal : un nom (homme) précédé d'un déterminant (l') et complété par une subordonnée relative (que j'ai rencontré).
  • MucetiMuceti Membre
    Merci. Je pensais qu'une subordonnée était nécessairement subordonné à une autre proposition
  • JehanJehan Modérateur
    Mais pour avoir une proposition, il aurait fallu un verbe conjugué...
    Pas de verbe conjugué dans "l'homme".
    Avec une phrase complète, on aurait eu par exemple :

    Je te présente l'homme que j'ai rencontré.
    Proposition principale + proposition subordonnée.
  • MucetiMuceti Membre
    Mais pour avoir une proposition, il aurait fallu un verbe conjugué...

    Oui, bien sûr, je le sais. Mais je pensais qu'il y avait ici un trait grammatical que je ne connaissais pas, et qui faisait qu'ici il y avait une proposition sans verbe ; bon, c'était un peu farfelu :/
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