Montaigne, Essais, I, chapitre 20

Bonsoir :)

Alors voila étant en 1er S ,je passe mon oral de français mardi mais le problème est que dans mes cours il me manque une lecture analytique , les essais de Montaigne livre I chapitre XX qui commence par " Ils vont, ils viennent, ils trottent,ils dansent, de mort point de nouvelles ..." et avec la chance que j'ai, j'ai peur que l'examinateur me pose LA question dessus
Donc je demande votre aide pour avoir au moins un plan correct avec quelques idées principales, histoire d'avoir la moyenne au cas ou..... car je ne comprend vraiment pas ce texte !
220767montaigneessais.png

Réponses

  • Pourquoi ne pas contacter quelqu'un de ta classe ? Si tu as révisé tout le reste, il ne faut effectivement pas rester avec un seul texte mal connu, car si tu es interrogé dessus tu t'en voudras pendant très longtemps....
    Essaie de commencer le travail seul avec ton texte, en t'aidant du reste de ta séquence qui doit te fournir des pistes, et contacte quelqu'un de ta classe.
    Il y a peu de chance pour qu'entre aujourd'hui et demain quelqu'un puisse te mettre en ligne des explications sur ce passage précis.
  • Le sens du passage est assez clair : l'homme agit, s'amuse sans se soucier de la mort "Ils vont, ils viennent ... de mort nulles nouvelles." Mais quand celle-ci survient ou frappe un de leurs proches, ils sont complètement dépourvus face à elle "quels tourments, quels cris, quel désespoir les accable ?" Cette "nonchalance bestiale" se fait trop cher payer, il faut avoir une autre attitude. Si la mort était un ennemi ordinaire, on pourrait le fuir "je conseillerais d'emprunter les armes de la couardise". Mais puisque ce n'est pas le cas, "apprenons à le soutenir de pied ferme". Pour cela, il faut apprivoiser l'idée de la mort et penser qu'elle peut survenir d'un moment à l'autre, sous des formes diverses, "au broncher d'un cheval, à la chute d'une tuile...". Même au milieu de nos joies, pensons qu'elle peut nous "cueillir" ; "Il est incertain où la mort nous attende, attendons-la partout". Cette préparation nous libère de l'angoisse, nous confère une liberté authentique ; "Le savoir mourir nous affranchit de toute sujétion et contrainte".
    Je suppose que ton extrait s'arrête ici ?
    Le plan, très simple, pourrait être le suivant
    1° La mauvaise attitude des hommes face à la mort
    2° La bonne attitude : apprivoiser la mort
    3° Le paradoxe de l'esclavage et de la liberté : celui qui se croit libre (l'homme insouciant) est en fait esclave (la mort le terrasse)

    Conclusion : belle leçon de stoïcisme. Montaigne évoluera et, au livre III, il se départira de cette attitude qui peut amener à faire de la vie l'antichambre de la mort. Il aura une belle formule : "la mort est le bout, non le but de la vie".
  • "Ils vont, ils viennent, ils trottent, ils dansent, de mort nulles nouvelles. Tout cela est beau : mais aussi quand elle arrive, ou à eux ou à leurs femmes, enfants et amis, les surprenant en dessoude et au découvert, quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accable ? Vîtes vous jamais rien si rabaissé, si changé, si confus ? Il y faut pourvoir de meilleure heure : Et cette nonchalance bestiale, quand elle pourrait loger en la tête d'un homme d'entendement (ce que je trouve entièrement impossible) nous vend trop cher ses denrées. Si c'était ennemi qui se pût éviter, je conseillerais d'emprunter les armes de la couardise : mais puis qu'il ne se peut ; puis qu'il vous attrape fuyant et poltron aussi bien qu'honnête homme […],et que nulle trempe de cuirasse vous couvre […] apprenons à le soutenir de pied ferme, et à le combattre : Et pour commencer à lui ôter son plus grand avantage contre nous, prenons voie toute contraire à la commune. Ôtons- lui l'étrangeté, pratiquons le, accoutumons- le, n'ayons rien si souvent en la tête que la mort : à tous instants représentons- la à notre imagination et en tous visages. Au broncher d'un cheval, à la chute d'une tuile, à la moindre piqûre d'épingle, remâchons soudain : « Et bien quand ce serait la mort même ? » et là dessus, raidissons- nous, et efforçons-nous. Parmi les fêtes et la joie, ayons toujours ce refrain de la souvenance de notre condition, et ne nous laissons pas si fort emporter au plaisir, que par fois il ne nous repasse en la mémoire, en combien de sortes cette nôtre allégresse est en butte à la mort, et de combien de princes elle la menace. Ainsi faisaient les Egyptiens, qui au milieu de leurs festins et parmi leur meilleure chère, faisaient apporter l'Anatomie sèche d'un homme, pour servir d'avertissement aux conviés.

    Omnem crede diem tibi diluxisse supremum,
    Grata superveniet, quæ non sperabitur hora.[1]

    Il est incertain où la mort nous attende, attendons- la par tout. La préméditation de la mort, est préméditation de la liberté. Qui a appris à mourir, il a désappris à servir. Il n'y a rien de mal en la vie, pour celui qui a bien compris, que la privation de la vie n'est pas mal. Le savoir mourir nous affranchit de toute subjection et contrainte."


    C'est ce texte la donc oui tu avais raison jacquesvaissier ^^ merci pour ton aide !
  • Je pense que tu peux faire la suite du travail toute seule ?
  • Je vais essayer, il le faut bien :)
  • Si tu as des difficultés, n'hésite pas.
  • Juste pour l'intro
    Montaigne est un philosophe de la Renaissance, auteur d'un livre qui a influencé toute la culture occidentale : les Essais.

    ensuite je dois parler de l'extrait mais je ne sais pas comment l'abordé ( avant de passer a la lecture du texte ). un petit conseil?
  • Le sens propre du mot essai est "expérience". Les Essais sont donc la relation des expériences de leur auteur face à tous les problèmes intéressants que la vie peut nous poser. Ce regard réflexif est celui d'un philosophe, mais Montaigne n'a pas de "système" a nous proposer (et heureusement). Pour moi, c'est d'ailleurs plus un sage qu'un philosophe dans la mesure où il ne conclut pas et où il ne rend guère compte de sa propre sagesse. Pétri de culture antique, Montaigne nous communique aussi ses expériences de lecteur !
    La forme brève de l'essai, le fait qu'ils apparaissent de façon désordonnée, l'évolution de Montaigne correspondent bien à l'idée que Montaigne se fait du monde, "ondoyant et divers".
  • Bonjour,

    J'ai quelques questions auxquelles je dois répondre sur le chapitre XX du livre I des Essais de Montaigne. Le chapitre "Que philosopher c'est apprendre à mourir" commençant par la phrase suivante "Cicéron dit que philosopher ce n'est pas autre chose que s'apprêter à la mort".

    Les questions sont les suivantes:

    I) Mettre en évidence les différents mouvements du texte en justifiant.
    II) Etudier la structure argumentative de ce texte.
    II) Montrez comment la pensée de Montaigne évolue au fil du chapitre.

    J'ai commencé la question II) qui me paraît plus simple que les deux autres.

    Je vous remercie pour le temps que vous m'accorderiez.
  • Bonjour,
    I) Mettre en évidence les différents mouvements du texte en justifiant.
    Il s'agit de distinguer les différentes parties du texte, de montrer comment il est composé.
    II) Montrez comment la pensée de Montaigne évolue au fil du chapitre.
    C'est dire comment l'écrivain fait part d'une réflexion qui avance, au fil de son raisonnement.
  • Les questions sont les suivantes:

    I) Mettre en évidence les différents mouvements du texte en justifiant.
    II) Etudier la structure argumentative de ce texte.
    II) Montrez comment la pensée de Montaigne évolue au fil du chapitre.

    Les questions ?
    C'est une seule et même question formulée sous trois formes différentes :


    Mettre en évidence les différents mouvements du texte donne la structure argumentative et l'évolution de la pensée.
  • J'ai du mal à comprendre le texte, c'est pour ça que je n'arrive à répondre aux questions...
  • voici une proposition rédigée:
    Introduction :
    Montaigne est un homme littéraire du 16eme siècle. (1533-1592).Il rédigea Essais, œuvre de sa vie, durant 20 années. Dans cet extrait il nous invite à nous pencher sur la question de la mort.
    Problématique : Pourquoi Montaigne nous invite-t-il à reconsidérer l’approche commune de la mort ?
    1) L’approche commune de la mort que Montaigne donne à voir :
    a) une mort occultée
    -Une description de l’approche commue tout en s’excluant
    -Il donne à voir péjorativement une agitation humaine perpétuelle mais uniquement physique, bestiale. Les hommes ne voient pas la mort car ils ne sont plus que des animaux.
    b) une mort surprenante
    -nuance ironique derrière le « tout cela est bien beau » qui laisse sous entendre qu’il y a un revers différant. L’opposition entre la réalité et l’apparence est marquée par le « mais » .La mort reste une réalité même si elle a été occultée.
    -« elle arrive », mais elle les « surprend » : « en dessoudre » c'est-à-dire à l’improviste, à découvert c'est-à-dire sans défance ; On à l’impression que ces hommes ont été joué par un être tout puissant et qu’à la mort ils découvrent cette réalité si commune : « Quels tourments, quels cris, quelle rage et quel désespoir les accable ? ».Cette gradation de la souffrance s’oppose à leur attitude antérieur : « rabaissé, changé, confus ».
    2) Les conseils de Montaigne quand à l’appréhension de la mort
    a)Mort ennemi particulier :
    Montaigne voit dans la mort un « ennemi »inévitable qu’il faut se préparer à affronter. Les citations latines donnent une autorité aux conseils de l’auteur. Horace dans ces épitres traite fréquemment de ce thème de la mort. Celle-ci est un ennemi particulier à chaque homme. Chacun doit la combattre tout en sachant qu’i va finalement perdre. Montaigne nous expose explicitement ce paradoxe.
    b) la mort doit être présente à l’esprit nécessairement.
    -Montaigne s’intègre par la 1ere personne du pluriel. Il utilise l’impératif à valeur d’exhortation.
    -Il montre que le principal force de la mort provient de son effet de « surprise ».Il faut donc premièrement « lui ôter son étrangeté » en y pensant. Le combat est donc purement intellectuel, il faut s’accoutumer à cette chose comme étant naturelle en se l’imaginant à la suite de tout évènement : « broncher d’un cheval, chute d’une tuile, moindre piqure d’épingle »et même dans les « fêtes » et les « plaisirs ».
    -si le « broncher d’un cheval, (la) chute d’une tuile, (la) moindre piqure d’épingle » sont des évènements qui nous surprennent, combien plus nous surprendra la mort.
    -Il faut prendre le risque de troubler sa vie pour ne plus être troublé par la mort. En effet pour tout homme la joie ne peut être parfaite si elle n’est pas tranquille. Cela est soutenu par l’exemple des Egyptiens.
    -La tranquillité face à la mort est cause de tranquillité et de plaisir: citation d’Horace.
    3) Le but précis de l’auteur dans cette démarche philosophique
    A) La conquête d’une véritable liberté
    -A la fin du texte Montaigne nous révèle que ce n’est pas une simple quête du plaisir qui motive ce comportement mais surtout une quête de liberté : « qui à apprit à mourir à désapprit à servir », « la préméditation de la mort est la préméditation de la liberté ».Savoir mourir c’est savoir faire face à un ennemi surhumain.
    -Montaigne explique que si la mort semble toujours vainqueur, « la privation de la vie n’est pas un mal » si elle n’est plus un esclavage. Ce « savoir mourir » est bénéfique pour la vie de l’homme.
    B) « La mort n’est rien pour nous »
    -C’est une réflexion antique qui est partagé par choix et conviction par l’auteur. Montaigne, tant par son mode de raisonnement que par le sujet de celui-ci présente une réflexion stoïcienne. En effet si Sénèque définit bien la mort comme un mal il conseil dans sa lettre 4 du livre 1 Sur la crainte de la mort de la méditer chaque jour : « Hoc cotidie meditare,ut possis aequo animo vitam relinquere, » ;
    -De plus le Stoïcien préfaire le suicide au déshonneur de la servitude. Montaigne a les mêmes « motivation ».
    -Ce texte cherche à plaira émouvoir et instruire. Cela fait sa force de persuasion.
    Rq de conclusion : Si « philosopher c’est apprendre à mourir », apprendre à mourir c’est apprendre à être libre et à être heureux.




    Et voila j'espère que cela sera utile
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.