Le compte des syllabes dans un sonnet composé de 14 alexandrins

Bonjour,

Je suis en 1ère S et je dois réaliser une écriture d'invention.
Il s'agit d'écrire un sonnet composé de 2 quatrains (ABBA et ABBA) et de 2 tercets (CCD et EDE).
Un des vers doit commencer par "Là tout n'est que..." à la façon de Baudelaire.
Il faut écrire ce poème en alexandrins pour décrire un lieu idéal de voyage imaginaire.
J'ai terminé ce travail mais j'ai de gros doutes sur le nombre de syllabes (12) de chaque vers.
Ma prof met une pénalité de -1 point pour chaque vers qui ne ferait pas 12 syllabes.
Pouvez-vous me dire s'il y a des erreurs dans le compte des syllabes?
N'hésitez pas aussi à donner votre avis!

Merci d'avance

En quête d'idéal

Je songe à toi, ô âme qui m'a tant blessée,
Qui m'a montrée mille et une merveilles éphémères!
Blottie contre toi, la douce mer solidaire
M'emporte vers l'univers pur et enchanté

Où se dégustent les plus exquises subtilités.
L'abondance éblouie tes grands yeux sagittaires,
La senteur sublime des brumes passagères
M'enivre, ainsi que cette rosâtre clarté.

Je m'épanouie enfin en ce rêve extatique!
Là, tout n'est qu'inscouciance et danses mystiques,
Bienveillance, symbiose et belle anamorphose

Emmene-moi dans ce morose paradis,
Pour que le corps et l'esprit en parfaite osmose
Trouvent le beau sentier tortueux de la vie
«1

Réponses

  • DeliaDelia Membre
    Il s'agit d'écrire un sonnet composé de 2 quatrains (ABBA et ABBA) et de 2 tercets (CCD et EDE).

    Un sonnet régulier, quoi. Le mot sonnet suffit largement.
    Je/ son/ge à /toi,/ ô/ â/me /qui /m'a /tant/ bles/sée,
    Les douze syllabes y sont bien, mais que dire de l'hiatus central :a/o/a ?
    Le hiatus est prohibé par les règles classiques.
    Qui/ m'a/ mon/tré(e)/mil/le et /u/ne /mer/veill/es /é/phé/mè/res!

    Celui-ci fait 15 syllabes après correction de la faute d'orthographe. Avec la faute, cela ferait 16...
    Encore un hiatus : é/u. On peut l'éviter en prononçant etune, mais qui dirait etune ?
    Blot/ti/e /con/tre /toi, /la /dou/ce/ mer /so/li/daire
    13 syllabes, à cause du e caduc de blottie.
    En versification régulière, le e caduc compte s'il est suivi d'une consonne.

    M'em/por/te/ vers /l'u/ni/vers /pur/ et /en/chan/té
    12 syllabes.
    On pourrait contester la rime charmées/enchanté. Etes-vous sûre que votre professeur l'accepte ?
    Où /se /dé/gus/tent/ les/ plus/ ex/qui/ses /sub/ti/li/tés.
    14 !


    L'a/bon/dan/ce é/blou/i/e /tes /grands/ yeux /sa/git/taires,
    13 si l'on admet que le e de sagittaires est caduc.
    12 si l'on corrige éblouie en éblouit et si l'on fait la diérèse.
    La/ sen/teur /sub/li/me/ des/ bru/mes/ pas/sa/gères
    12.
    M'e/ni/vre, ain/si /que /cet/te/ ro/sâ/tre /clar/té.
    12.
    Je/ m'é/pa/noui/e en/fin/ en /ce/ rê/ve ex/ta/tique!
    12 si l'on fait la synérése. Il est impératif de corriger l'orthographe : m'épanouis enfin, car la liaison iznfin évite le hiatus i/an.
    Léger inconvénient : diérèse pour éblouie, synérèse pour épanouis, cela manque de cohérence.

    Là,/ tout/ n'est /qu'in/sou/cian/ce et/ dan/ses/ mys/tiques,
    11 avec la synéerèse, 12 avec la diérèse.
    Bien/veil/lan/ce,/ sym/bio/se et /bel/le a/na/mor/phose
    12.
    Em/me/ne/-moi/ dans/ ce/ mo/ro/se /pa/ra/dis,
    12 Bel oxymore que ce morose paradis. Est-ce volontaire, la césure entre le déterminant ce et le groupe ?
    Pour/ que/ le /corps/ et/ l'es/prit /en /par/fai/te os/mose
    12. Si vous ne faites pas la liaison, vous avez encore un i/an du plus mauvais effet.
    Trou/vent /le/ beau/ sen/tier /tor/tu/eux/ de /la/ vie
    12.

    Le secret : le poète choisit les mots en fonction de leur nombre de syllabes. Vous, vous avez cherché l'idée d'abord et les mots ensuite.
  • MurielMuriel Membre
    Delia a écrit:
    Il s'agit d'écrire un sonnet composé de 2 quatrains (ABBA et ABBA) et de 2 tercets (CCD et EDE).

    Un sonnet régulier, quoi. Le mot sonnet suffit largement. [...]

    Le sonnet marotique (abba abba ccd eed) est, lui aussi, régulier : la précision de la disposition des rimes du second tercet n'était donc pas inutile.

    Muriel
  • DeliaDelia Membre
    Par contre, préciser qu'il fallait quatorze vers disposés en deux quatrains et deux tercets était parfaitement oiseux.
    Les deux précisions indispensables :alexandrins, sonnet français.
  • Bonjour,

    Merci pour votre réponse Delia. Vous l'avez surement constaté, je ne suis pas poète et pas habituée à compter des syllabes. Votre réponse est d'une grande aide et d'une grande précision. Aussi j'ai tenté de modifié mon sonnet pour le faire correspondre, enfin, aux différentes exigences.

    Ô/mon/ âme, /si/ dou/ce et/ qui /m'a /tant/ a/ffec/tée,

    "Les douze syllabes y sont bien, mais que dire de l'hiatus central :a/o/a ?
    Le hiatus est prohibé par les règles classiques"
    J'ai supprimé l'hiatus, je pense qu'il y a toujours 12 syllabes

    Vois/mil/le et /u/ne /mer/veill/es /é/phé/mè/res!
    "Celui-ci fait 15 syllabes après correction de la faute d'orthographe. Avec la faute, cela ferait 16...
    Encore un hiatus : é/u. On peut l'éviter en prononçant etune, mais qui dirait etune ?"
    Je crois qu'il y a 12 syllabes par contre comment cela se fait-il que l'on compte la syllabe es à la fin de merveille? Je n'ai pas supprimé l'hiatus car je tenais à conserver mille et une une.

    Blot/ti/e /tout /con/tre /toi, /la / mer /so/li/daire
    "13 syllabes, à cause du e caduc de blottie.
    En versification régulière, le e caduc compte s'il est suivi d'une consonne."
    J'ai cherché sur internet mais je n'ai pas vraiment compris ce qu'est un e caduc, pouvez-vous m'éclairer? Les règles m'ont parues assez compliquées à son sujet. ceci dit je crois qu'il y a maintenant 12 syllabes.


    M'em/por/te/ vers /l'u/ni/vers /pur/ et /en/chan/té
    12 syllabes.
    "On pourrait contester la rime charmées/enchanté. Etes-vous sûre que votre professeur l'accepte ?"
    Je n'ai pas mis de charmées dans mon poème?


    Où /se /dé/gus/tent/ d’ ex/qui/ses /sub/ti/li/tés.
    "14 !"
    En simplifiant le vers voici 12 syllabes

    L'a/bon/dan/ce é/blou/it /tes /grands/ yeux /sa/git/taires,
    "13 si l'on admet que le e de sagittaires est caduc.
    12 si l'on corrige éblouie en éblouit et si l'on fait la diérèse."
    En quoi le e de sagittaires est-il caduc? Est-ce au poète de décider s'il y a 12 ou 13 syllabes dans ce vers?

    La/ sen/teur /sub/li/me/ des/ bru/mes/ pas/sa/gères
    "12."

    M'e/ni/vre, ain/si /que /cet/te/ ro/sâ/tre /clar/té.
    "12."

    Je/ m'é/pa/noui/s en/fin/ en /ce/ rê/ve ex/ta/tique!
    "12 si l'on fait la synérése. Il est impératif de corriger l'orthographe : m'épanouis enfin, car la liaison iznfin évite le hiatus i/an.
    Léger inconvénient : diérèse pour éblouie, synérèse pour épanouis, cela manque de cohérence."
    Effectivement, vous avez raison, cela manque de cohérence. Mais à l'heure actuelle je n'ai pas trouvé d'autres idées.

    Là,/ tout/ n'est /qu'in/sou/ci/an/ce et/ dan/ses/ mys/tiques,
    "11 avec la synéerèse, 12 avec la diérèse."
    Est-ce au poète de décider s'il y a synérèse ou diérèse?

    Bien/veil/lan/ce,/ sym/bio/se et /bel/le a/na/mor/phose
    "12."

    Em/me/ne/-moi/ dans/ ce/ mo/ro/se /pa/ra/dis,
    "12 Bel oxymore que ce morose paradis. Est-ce volontaire, la césure entre le déterminant ce et le groupe ?"
    La césure n'est pas volontaire, je suppose que ce n'est donc pas un endroit stratégique?

    Pour/ que/ l’es/prit/ et/ le/corps /en /par/fai/te os/mose
    "12. Si vous ne faites pas la liaison, vous avez encore un i/an du plus mauvais effet."
    En inversant l'esprit et le corps le i/an diparaît

    Trou/vent /le/ beau/ sen/tier /tor/tu/eux/ de /la/ vie
    "12."

    "Le secret : le poète choisit les mots en fonction de leur nombre de syllabes. Vous, vous avez cherché l'idée d'abord et les mots ensuite."
    En réalité le sujet est imposé, il s'agit de décrire un lieu de voyage idéal. J'ai essayé de choisir d'abord les mots. Le problème est que je ne parviens pas à bien compter les syllabes; en particuler, vous l'avez vu, pour les e caduc (je n'ai pas compris la règle, peux on choisir de temps à autre comme pour yeux sagittaires?) et pour les diérèse et synérèse (je n'ai pas compris si c'est le poète qui choisit?).
    J'espère grâce à votre réponse progresser sur ces points là.
  • DeliaDelia Membre
    Revoyons cela :

    Ô/mon/ âme, /si/ dou/ce et/ qui /m'a /tant/ a/ffec/tée,

    "Les douze syllabes y sont bien, mais que dire de l'hiatus central :a/o/a ?
    Le hiatus est prohibé par les règles classiques"
    J'ai supprimé l'hiatus, je pense qu'il y a toujours 12 syllabes

    Maitenant, il y en a 13 !
    Le e caduc de âme ne s'élide pas, car il est suivi d'une consonne :
    â/me/si...
    La solution : supprimer le ô.



    Vois/mil/le et /u/ne /mer/veill/es /é/phé/mè/res!
    "Celui-ci fait 15 syllabes après correction de la faute d'orthographe. Avec la faute, cela ferait 16...
    Encore un hiatus : é/u. On peut l'éviter en prononçant etune, mais qui dirait etune ?"
    Je crois qu'il y a 12 syllabes par contre comment cela se fait-il que l'on compte la syllabe es à la fin de merveille? Je n'ai pas supprimé l'hiatus car je tenais à conserver mille et une.
    A la fin de merveilles le e caduc compte car il est suivi d'une consonne.
    La poésie moderne s'est quelque peu affranchie de ces règles, mais votre consigne est de composer un sonnet français régulier. Vous devez donc les appliquer, ces règles, y compris la prohibition du hiatus.
    Très simple ici : dites mille une, ce sera une licence poétique. Mais vous perdez une syllabe...

    Blot/ti/e /tout /con/tre /toi, /la / mer /so/li/daire
    "13 syllabes, à cause du e caduc de blottie.
    En versification régulière, le e caduc compte s'il est suivi d'une consonne."
    J'ai cherché sur internet mais je n'ai pas vraiment compris ce qu'est un e caduc, pouvez-vous m'éclairer? Les règles m'ont parues assez compliquées à son sujet. ceci dit je crois qu'il y a maintenant 12 syllabes.
    Le e caduc, que l'on dit aussi e muet, c'est le e qui s'écrit mais que les septentrionaux ne prononcent plus.
    En poésie régulière, il faut prendre l'accent du sud, sauf à la rime :
    Blot/ti/euh /tout /con/treuh /toi, /la / mer /so/li/dair'

    M'em/por/te/ vers /l'u/ni/vers /pur/ et /en/chan/té
    12 syllabes.
    "On pourrait contester la rime charmées/enchanté. Etes-vous sûre que votre professeur l'accepte ?"
    Je n'ai pas mis de charmées dans mon poème?

    Mais si, mais si, dans le premier quatrain.



    L'a/bon/dan/ce é/blou/it /tes /grands/ yeux /sa/git/taires,
    "13 si l'on admet que le e de sagittaires est caduc.
    12 si l'on corrige éblouie en éblouit et si l'on fait la diérèse."
    En quoi le e de sagittaires est-il caduc? Est-ce au poète de décider s'il y a 12 ou 13 syllabes dans ce vers?
    Selon les règles, le e de sagittaires compte, car il est suivi d'une consonne, le s.
    On peut faire preuve d'un peu de tolérance, et l'admettre caduc, selon la prononciation septentrionale : sagittair'. Mais en prononciation méridionale, il compte : sagittaireuh.

    Le poète a décidé, une fois pour toutes, que tous le vers auraient 12 syllabes.
    Il lui revient donc d'appliquer les règles pour aboutir à ce compte symbolique.


    Je/ m'é/pa/noui/s en/fin/ en /ce/ rê/ve ex/ta/tique!
    "12 si l'on fait la synérése. Il est impératif de corriger l'orthographe : m'épanouis enfin, car la liaison iznfin évite le hiatus i/an.
    Léger inconvénient : diérèse pour éblouie, synérèse pour épanouis, cela manque de cohérence."
    Effectivement, vous avez raison, cela manque de cohérence. Mais à l'heure actuelle je n'ai pas trouvé d'autres idées.

    Comme le disait Stéphane Mallarmé à Degas, qui voulait composer des sonnets mais se plaignait de n'avoir pas d'idées : « Mon cher Degas, un sonnet ne se fait pas avec des idées, mais avec des mots. »
    C'est une sorte de meccano : il faut ajuster des mots qui ont le compte voulu de syllabes.
    Ne cherchez pas d'idées, cherchez les mots qui tiennent dans le vers.
    Là,/ tout/ n'est /qu'in/sou/ci/an/ce et/ dan/ses/ mys/tiques,
    "11 avec la synérèse, 12 avec la diérèse."
    Est-ce au poète de décider s'il y a synérèse ou diérèse?
    Plutôt au lecteur de choisir.
    Un conseil : éviter ce type de mots..

    Em/me/ne/-moi/ dans/ ce/ mo/ro/se /pa/ra/dis,
    "12 Bel oxymore que ce morose paradis. Est-ce volontaire, la césure entre le déterminant ce et le groupe ?"
    La césure n'est pas volontaire, je suppose que ce n'est donc pas un endroit stratégique?

    Dans l'alexandrin régulier, la césure intervient après la syllabe 6.
    Mais il est préférable qu'elle ne passe pas entre un déterminant et un nom, sauf si vous faites du slam :
    emmène-moi dans ce.... morose paradis.
    Pour/ que/ l’es/prit/ et/ le/corps /en /par/fai/te os/mose
    "12. Si vous ne faites pas la liaison, vous avez encore un i/an du plus mauvais effet."
    En inversant l'esprit et le corps le i/an diparaît
    Oui, mais il vous reste i/et, y est !
    Sauf si vous faites la liaison : l'espritet le corps.
    "Le secret : le poète choisit les mots en fonction de leur nombre de syllabes. Vous, vous avez cherché l'idée d'abord et les mots ensuite."
    En réalité le sujet est imposé, il s'agit de décrire un lieu de voyage idéal. J'ai essayé de choisir d'abord les mots. Le problème est que je ne parviens pas à bien compter les syllabes; en particuler, vous l'avez vu, pour les e caduc (je n'ai pas compris la règle, peux on choisir de temps à autre comme pour yeux sagittaires?) et pour les diérèse et synérèse (je n'ai pas compris si c'est le poète qui choisit?).


    décrire un lieu de voyage idéal., donc réécrire l'Invitation au voyage de Baudelaire.
    Mais Baudelaire utilise tout de même des termes concrets :

    Les soleils mouillés/De ces ciels brouillés...
    Des meubles luisants...
    Les plus rares fleurs...
    Les riches plafonds,...
    Les miroirs profonds,...
    Vois sur ces canaux
    Dormir ces vaisseaux...
    — Les soleils couchants
    Revêtent les champs,
    Les canaux, la ville entière...

    Il vous fallait commencer par faire une liste de mots évocateurs d'un paysage, en vous aidant d'une brochure d'agence de voyage, pourquoi pas ?
    Puis trier votre liste par rimes, disposer les rimes, et remplir les intervalles avec des mots ayant le bon compte de syllabe.

    Enfin le poète ne choisit pas s'il y a diérèse ou synérèse : il sait que certains mots imposent la diérèse, l'autre la synérèse, et le dictionnaire les lui indique.

    Pour le e caduc, il comptes'il est suivi d'une consonne, il ne compte pas s'il est suivi d'une consonne, et il n'y a aucun choix. Dans sagittaires, il compte, à cause du s, qui en fait une rime masculine.
    La poésie contemporaine prend et laisse de ces règles. Vous avez cependant intérêt à les respecter stricement, pour votre note.
  • JehanJehan Modérateur
    - Je n'ai pas mis de charmées dans mon poème?
    - Mais si, mais si, dans le premier quatrain.
    Non : pas "charmées", mais "blessée". ;)
    Cela dit le problème reste le même : "blessée" (rime féminine, à e muet) ne peut en poésis classique rimer avec "enchanté" (rime masculine, sans e muet).
    Selon les règles, le e de sagittaires compte, car il est suivi d'une consonne, le s.
    Pas d'accord. En fin de vers, une syllabe consonne + e muet ne compte jamais, même si le e muet est suivi d'un s ou d'un nt muet.
    « Et les siècles obscurs devant moi se découvr(ent). » Racine, Athalie
    Donc ici en fin de vers : é / phé /mèr(es) : 3 syllabes.
    Du fait de la présence d'un e muet, ce sont des rimes féminines,
    les consonnes suivant le e muet étant également muettes.
    dites mille une, ce sera une licence poétique
    En prononçant mill'une, il manquera deux syllabes au vers : 10 syllabes
    En prononçant milleu une, on a un hiatus. Mais on n'a que 11 syllabes.
    Dans l'alexandrin régulier, la césure intervient après la syllabe 6.
    Mais il est préférable qu'elle ne passe pas entre un déterminant et un nom, sauf si vous faites du slam
    On trouve aussi des alexandrins classiques à rythme ternaire.
    Toujours aimer,/ toujours souffrir,/ toujours mourir. (Corneille)
  • DeliaDelia Membre
    Comme la modération m'interdit de modifier le message, une fois que j'eus cliqué sur modifier qu'il se fut rouvert et que j'y eus apporté des corrections, je poste un post scriptum :
    Non : pas "charmées", mais "blessée".
    C'est précisément ce pourquoi je voulais rectifier mon message.
    J'avais même écrit : à moi, touchée ! (mais évidemment, on n'est pas obligé de m'en croire...)
    dites mille une, ce sera une licence poétique
    En prononçant mill'une, il manquera deux syllabes au vers : 10 syllabes
    En prononçant milleu une, on a un hiatus. Mais on n'a que 11 syllabes.


    C'est exactement ce que je disais :
    Très simple ici : dites mille une, ce sera une licence poétique. Mais vous perdez une syllabe...

    En réalité, deux...
    Et je n'aurais jamais suggéré de prononcer milleu-une !
    Le e de mille est caduc, donc s'élide, on n'a pas le choix.

    J'avais rouvert pour proposer la modification suivante :
    mille merveilles plus une..
    Ce qui impose de réécrire tout le vers, et même tout le quatrain.
    Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage...
  • JehanJehan Modérateur
    J'aimerais aussi vos commentaires sur cette remarque :
    Vous aviez écrit :
    Pour le e caduc, il compte s'il est suivi d'une consonne, il ne compte pas s'il est suivi d'une consonne, et il n'y a aucun choix. Dans sagittaires, il compte, à cause du s, qui en fait une rime masculine.
    Et je vous ai répondu :
    Pas d'accord. En fin de vers, une syllabe "consonne + e muet" ne compte jamais, même si le e muet est suivi d'un s ou d'un nt muet.
    « Et les siècles obscurs devant moi se découvr(ent). » Racine, Athalie
    Donc ici en fin de vers : sa/ gi/ttair(es) : 3 syllabes; é / phé /mèr(es) : 3 syllabes.
    Du fait de la présence d'un e muet, ce sont des rimes féminines,
    les consonnes suivant le e muet étant également muettes.
  • Voici la version finale, en essayant de tenir compte de vos remarques.
    Dites-moi si j'ai mal compté, normalement il n'y a QUE des alexandrins!
    Ce sonnet est assez laborieux mais j'espère être arrivée dans la dernière ligne droite!!!

    V.1 J'ai mis heurtée pour faire 12 syllabes Ecrit-on heurtée ou heurté? Etes vous certain(e) que l'on compte â/me sachant qu'il y a une virgule entre âme et la consonne de si?
    V.2 J'ai pris l'option license poétique, très utile ici. Ecrit-on montrée ou montré? Je pense qu'il y a donc 12 syllabes si on compte é/phé/mères Est-ce le cas?
    V.3 12 syllabes si on dit Blo/tti/e et So/li/daire Est-ce le cas?
    V.4 12 syllabes
    V.5 12 syllabes
    V.6 12 syllabes si on fait la synérèse pour Ré/jouis et que l'on compte Sa/gi/ttaires Est-ce le cas?
    V.7 12 syllabes
    V.8 12 syllabes
    V.9 12 syllabes si on fait la synérèse pour E/pa/noui/s (comme por ré/jouis) Est-ce le cas?
    V.10 12 syllabes si on fait la diérèse pour in/sou/ci/an/ce Est-ce le cas?
    V.11 12 syllabes
    V.12 12 syllabes
    V.13 J'ai remplacé et par puis pour supprimer ce fameux hiatus
    V.14 12 syllabes Est-ce grave que la rime soit /i/ entre vie et paradis?

    Ô mon âme, si douce et qui m'a tant heurtée,
    Qui m'a montrée mille une merveilles éphémères!
    Blottie tout contre toi, la mer solidaire
    M'emporte vers l'univers pur et enchanté

    Où se dégustent d’exquises subtilités.
    L'abondance réjouis tes grands yeux sagittaires,
    La senteur sublime des brumes passagères
    M'enivre, ainsi que cette rosâtre clarté.

    Je m'épanouis enfin en ce rêve extatique!
    Là, tout n'est qu'insouciance et danses mystiques,
    Bienveillance, symbiose et belle anamorphose.

    Emmène-moi dans ce morose paradis
    Pour que le corps, puis l'esprit, en parfaite osmose,
    Trouvent le beau sentier tortueux de la vie
  • JehanJehan Modérateur
    Ô mon âme, si douce et qui m'a tant heurtée,
    Il est dommage que tu ne sois pas un garçon, tu aurais écrit "heurté" (rime masculine)
    pour rimer avec "enchanté" (rime masculine).
    Qui m'a montré mille une merveilles éphémères !
    J'ai corrigé la faute : pas de e muet à "montré".
    Mais maintenant, pour avoir 12 syllabes, il faudrait élider le e de "un(e)", ce qu'on ne peut pas faire avant consonne.
    Il est dommage que tu veuilles garder "mille une", alors qu'il suffirait d'écrire :
    Qui m'a montré tant de merveilles éphémères !
    Mais à dire sur rythme 4 + 8 et non 6 + 6.
    Blottie tout contre toi, la mer solidaire
    Pour que le vers ait le bon compte, il faudrait prononcer "blotiheu", ce qui est peu naturel.
    Et ne parlons pas de la césure et du rythme du vers...
    Ceci conviendrait mieux, avec rythme 6 + 6 :
    Blottie auprès de toi, l'océan solidaire

    Je corrigerais ainsi les strophes suivantes :
    Où se dégustent d’exquises subtilités.
    L'abondance réjouit tes grands yeux sagittaires,
    La sublime senteur des brumes passagères
    M'enivre et me revêt de rosâtre clarté.


    Je m'épanouis enfin dans ce rêve extatique!
    Là, tout n'est qu'insouciance et que danses mystiques,
    Bienveillance, symbiose et belle anamorphose.

    Emmène-moi dans ce morose paradis
    Pour que le corps, l'esprit, en si parfaite osmose,
    Trouvent le beau sentier tortueux de la vie.
    Je n'ai pas réussi à remplacer "vie" par une rime masculine...
    Mais le prof sera peut-être indulgent ?
  • Merci beaucoup pour vos modifications qui sont parfaites !!!
    Voici, je l'espère, la version finale du sonnet. J'ai utilisé toutes vos propositions.
    En espérant, grâce à vous, avoir un sonnet régulier de 12 alexandrins.
    Je suis partie du principe que la prof ne serait pas choqué par la rime de vie avec paradis :)

    En quête d'idéal

    Ô mon âme, si douce et qui m'a tant heurtée,
    Qui m'a montré tant de merveilles éphémères !
    Blottie auprès de toi, l'océan solidaire
    M'emporte vers l'univers pur et enchanté

    Où se dégustent d’exquises subtilités.
    L'abondance réjouit tes grands yeux sagittaires,
    La sublime senteur des brumes passagères
    M'enivre et me revêt de rosâtre clarté.

    Je m'épanouis enfin dans ce rêve extatique!
    Là, tout n'est qu'insouciance et que danses mystiques,
    Bienveillance, symbiose et belle anamorphose.

    Emmène-moi dans ce morose paradis
    Pour que le corps, l'esprit, en si parfaite osmose,
    Trouvent le beau sentier tortueux de la vie.
  • JehanJehan Modérateur
    En espérant, grâce à vous, avoir un sonnet régulier de 12 alexandrins.
    Tu veux plutôt dire 14 ! ;)
    Heureux que cela t'ait aidée...
  • Bonjour,

    Désolé de déterrer un vieux sujet mais j'aurais une question.
    Je suis en train de développer un outils web de compteur de syllabes tout en respectant les règles de la poésie française.

    J'en suis aux (milliers) d'exceptions et concernant la phrase :
    Trouvent le beau sentier tortueux de la vie.

    Le fait de compter 3 syllabes pour tortueux est un "choix autorisé" pour arriver à 12 ?
    J'ai du mal à trouver des références concernant la diérèse et synérèse du "u".

    J'ai trouvé (cas général, hors son liquide) :
    Avec [ɥ], l’usage est un peu flottant, car par son articulation, il résiste davantage. Aujourd’hui, on fait pratiquement toujours la synérèse:

    Suède (1 syllabe)
    nuage (1 syllabe)
    puer (1 syllabe)
    puanteur (2 syllabes)

    mais il y a des gens qui font la diérèse

    Est ce toujours d'actualité ?

    Merci

    Jonathan
  • En poésie, on peut pratiquer la diérèse avec tortueux parce que l'étymon latin est tortuos(um) (3 syllabes, u est une voyelle)
    On ne le pourrait pas avec le mot Suède parce qu'il vient du suédois Sverige (3 syllabes, v est une consonne). Avec tous les autres mots cités, on le pourrait. Par contre, pas avec nuit, qui vient de noct(em) (1 syllabe).
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.