Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour,

Je dois rédiger mon premier commentaire composé sur le poème "Langage" d'Albert Ayguesparse. Je dois avouer que j'ai un peu de mal à trouver des axes de lecture, et je voulais savoir si vous êtiez suceptible de m'aider... Ce poème est plutôt dur...
J'ai trouvé quelques pistes, mais je ne suis pas du tout sûre de leur validité... Si vous pouviez me dire ce qui ne va pas, les choses incorrectes à rectifier... ou quelques pistes...?


Langage

Je dis : nuit, et le fleuve des étoiles coule sans bruit, se tord comme le bras du laboureur autour d’une belle taille vivante.
Je dis : neige, et les tisons noircissent le bois des skis.
Je dis : mer, et l’ouragan fume au-dessus des vagues, troue les falaises où le soleil accroche des colliers de varechs.
Je dis : ciel, quand l’ombre de l’aigle suspendue dans le vide ouvre les ailes pour mourir.
Je dis : vent, et la poussière s’amoncelle sur les ailes, ensevelit les bouquets de perles, ferme les paupières encore mouillées d’images de feu.
Je dis : sang, et mon cœur s’emplit de violence et de glaçons flous.
Je dis : encre, et les larmes se mettent à bruire toutes ensemble.
Je dis : feu sur les orties, et il pousse des roses sur l’encolure des chalets.
Je dis : pluie, pour noyer les bûchers qui s’allument chaque jour.
Je dis : terre, comme le naufragé dit terre quand son radeau oscille au sommet de la plus haute vague et les oiseaux effrayés par mes cris abandonnent les îles qui regardent de leurs prunelles mortes les merveilles des nuages.


Ayguesparse
QUESTIONS

1° Sur quel procédé d'écriture repose la composition de poème ? Voyez-vous une progression dans le texte ? Expliquez et justifiez votre réponse.

2° Dans les lignes 1-2, étudiez comment le mot "nuit" devient une image, en nommant et en analysant les figures de styles utilisées.

3° Relevez et commentez le lexique des sensations utilisées par le poème.

.Voilà ce que j'ai trouvé, un peu dans le désordre
:- prose poétique
- je= poète
- les 4 éléments : feu, eau, terre, air- "je dis: nuit, et le fleuve des étoiles coule sans bruit, se tord comme le bras du laboureur autout d'une belle taille vivante." ?
→ "fleuve des étoiles" : métaphore, "se tord comme le bras du laboureur" : comparaison, "belle taille vivante" : périphrase
- de nombreuses figures de style : assonnance, allitération, comparaison, personnification, périphrase.
- anaphore ou sorte de refrain ? : "je dis", X10- le poète choisit un mot simple, concret, puis le fait basculer subitement dans l'abstraction en exprimant ce qu'il évoque.
- sorte de glissement vers l'ailleurs du mot- lien homme / nature?le temps passe sur la nature, qui ne vieillit presque pas ou qui renait chaque printemps. Le poète, l'homme subissent les effets dévastateurs de la fuite du temps; ils passent et ils meurent.
- la magie du langage. Peut-on en parler ? Ici, un simple mot peut suggérer de nombreuses choses..
.- sa forme :Je dis : …, et…Je dis : …, et…Je dis : …, et…Je dis : …, quand…Je dis : …, pour…Je dis : …, comme…→ "et", valeur additive→ "quand", valeur temporelle→ "pour", but
? "comme", comparaison
Les images que j'ai trouvées (pour chaque strophe) :- douceur, atmosphère paisible- puissance- mort, vertige- résurrection, renaissance- colère, haine- souffrance morale- bonification, effacement- délivrance, soulagement- espérance, angoisse, peur, planitude.
enfin: glissement vers l'ailleurs du mot
on bascule d'un mot simple a une image inattendue
choix d'un mot simple, concret, pour le faire basculer subitement dans l'abstraction en exprimant ce qu'il évoque
"L'image est une création pure de l'esprit" Reverdy

Dites-moi ce que vous en pensez...
Merci beaucoup.

Manon

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Manon,

    Tes remarques sont justes. Tu perçois bien les choses.
    Il te manque simplement un fil conducteur pour ordonner ton commentaire.
    Il y a deux aspects importants que tu ne cites pas : le vers libre, comme un verset à la mode claudélienne ; l'écriture qui repose sur les associations d'idées, un peu comme chez les surréalistes : le poète ne se situe pas dans une sphère rationnelle, mais bien dans une relation affective primordiale.
    Ce fil conducteur pourrait être la nature anthropomorphique, ou le poète sorcier voix des sans voix, ou encore l'illustration de cet aphorisme : "Poète tu n'écris ni le monde ni le moi, tu écris l'isthme entre les deux".
  • Merci de votre aide Jean-Luc, vos réflexions m'ont beaucoup fait avancer...
    Bonne soirée
    :)
    Manon
  • Tiens, toi aussi tu galères....
  • :lol: , bienvenue sur ce forum alex...
    Ralala, les galériens...
  • choupychoupy Membre
    Moi aussi je galère !! ralala...
  • Bravo à vous...
  • oui mais qu'elle lien le poète construit entre l'homme et la nature
    comment peut on comprendre le titre "langage"
    merci de répondre
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Anne so,

    Quel lien le poète construit-il entre l'homme et la nature ?

    J'aurais mis liens au pluriel.
    - En effet, le premier lien est celui du poète démiurge qui à la manière de l'Esprit de la Genèse planant sur les eaux, nomme les êtres et les choses pour les faire accéder à l'existence. "Je dis"...
    - La deuxième sorte de liens est ce réseau de complicité qui se tisse entre l'homme et l'univers. Tout se passe come si l'univers était un prolongement de l'esprit humain. Nous serions alors ici dans une mentalité magique qui consiste à prendre le pouvoir sur la nature par les mots sortilèges. "Je dis : pluie, pour noyer les bûchers qui s’allument chaque jour".
    - Enfin il existe une troisième voie : celle de la connaissance intime des êtres et des choses par le pouvoir des mots qui procèdent par association d'idées et connotation. Par ex. "Je dis : neige, et les tisons noircissent le bois des skis" où se mélangent les évocations de l'hiver, du feu de cheminée, le bois des spatules, les sports d'hiver, le mélange des contraires : la blancheur du manteau neigeux et le bois charbonnant...

    Le langage est donc le support, le media de ces liens.
  • Bonjour, je voudrais avoir un peu d'aide! Je dois faire une petite introduction sur ce poème afin de le présenter à quelqu'un qui ne le connaît pas! Mais je ne sais pas comment m'y prendre! Merci
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Sativa,

    Il faudrait présenter l'auteur dans son époque, puis l'oeuvre et enfin les traits caractéristiques du poème. Tu peux t'aider des éléments énoncés plus haut.
  • Je vous remercie Jean Luc :) Il est 22ho1 et je n'arrive pas à commencer mon introduction ... Quel élément prendre pour le tout début et la mise en place. :S
  • Méthode de l'introduction:
    -une ou deux phrases générales qui situent l'auteur, le genre , l'époque ou le mvt littéraire dont relève le texte ;
    -une phrase qui présente le texte: situation dans l'oeuvre, thème... ;
    -une phrase qui formule la problématique ;
    -une dernière phrase qui annonce dans l'ordre les différentes parties du plan ;
  • Jean luc , votre savoir et très agréable a lire , bien que je soit tres jeune vos explications donner a toutes ses personne quelques ligne auparavant , me permetrons de travailler sur les points difficiles de se poème !

    Il me reste quand même une question : Dans se vers : " quand l'ombre de l'aigle suspendue dans le vide ouvre les ailes pour mourrir " Pourquoi l'aigle ouvre t-il les ailes pour mourrir ? Bien que je comprenne qu'il s'envole , l'auteur aurez-t'il formuler se mot de manière a se qu'il reflete une image ? Ou un sentiment ? Ou même autre chose de plus ou moin rationnel ?

    J'attend votre explication ! Merci d'avance !
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Maeva,

    Je suis un peu embarrassé pour te répondre.
    Essayer d'expliquer rationnellement une image qui fuse est toujours périlleux.
    La première certitude est que le poète ne construit pas son image à partir de l'aigle, mais de son ombre.
    Pourquoi l'ouverture des ailes fait-elle mourir l'ombre portée ?
    Est-ce le début d'un envol ? ou d'une lente glissade en vol plané ? ce qui, dans les deux cas, fait disparaître la silhouette projetée au sol.
    Pour moi, cette image fait naître un espoir et une déception.
    Le ciel connote l'élévation, la spiritualité ; mais quand l'aigle fait usage de sa liberté souveraine, il meurt pour les yeux ici-bas.
    Aussi l'image évoque-t-elle autant le désir d'absolu que la finitude humaine empêtrée dans ses lourdeurs terrestres.
    Enfin il faudrait peut-être y voir une allusion déguisée à l'évangéliste du "Verbe" (de la parole inspirée) et auteur de l'Apocalypse, Jean, représenté symboliquement sous l'apparence de l'aigle. Il pourrait s'agir alors de l'effort du poète qui s'envole à la poursuite des secrets du monde au prix d'une rupture avec ses frères.
    Livre de l'Apocalypse 4,1-11.

    Moi, Jean, j'ai vu une porte ouverte dans le ciel. Et la voix, que j'avais déjà entendue, pareille au son de la trompette, me disait : " Monte jusqu'ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver par la suite." Aussitôt je fus saisi par l'Esprit. [...] Devant le Trône, il y a comme une mer, aussi transparente que du cristal. En face du Trône et autour de lui, quatre Vivants, ayant des yeux innombrables en avant et en arrière. Le premier Vivant ressemble à un lion, le deuxième à un jeune taureau, la figure du troisième est comme celle d'un homme, le quatrième ressemble à un aigle en plein vol.

    Ces impressions ne sauraient constituer des preuves, seulement une tentative d'interprétation très subjective.
  • Merci Jean luc ,


    Votre explication m'aide a enrichir ma conaissance pour se texte , bien que le vers dont vous vener de m'expliquer la sinification est un peu compliquer , je pense avoir bien compri .



    L'auteur de se poème fait allusion a l'encolure des chalets , pourquoi ne se contente t'il pas de dire l'avant toit des chalets ? Veut t'il exprimer la beauté de l'encolure du chalet ou c'est plutôt une manière plus agréable de dire l' "avant toit " ?


    Merci d'avance .
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    L'encolure est ce qui entoure le cou.
    Le poète désigne ainsi la parcelle de terre qui entoure le chalet, lequel sort la "tête" de son vêtement agreste.
  • Je vous remercie , je crois bien que j'avais mal compris le terme encolure , bien que je ne soit pas stupide , personne ne sait tout , sinon nous inventerions des vaccins contre le sida , et toutes les autres maladies !
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