Racine, Phèdre, acte V, scène 6

Bonjour,

Je suis une élève de seconde, et j'ai beaucoup de mal à faire mon commentaire composé sur Phèdre ! Avant de commencer le commentaire, j'avais des questions préparatoires au commentaire composé mais je n'arrive pas à rédiger l'intro, la première partie et la deuxième du commentaire... Je suis vraiment nulle !

Commentaire composé sur Phèdre de Racine - V, 6 (vers 1498 à 1570)
Scène 6
Thésée, Théramène
THÉSÉE
Théramène, est-ce toi ? Qu’as-tu fait de mon fils ?
Je te l’ai confié dès l’âge le plus tendre.
Mais d’où naissent les pleurs que je te vois répandre ?
Que fait mon fils ?
THÉRAMÈNE
Ô soins tardifs et superflus !
Inutile tendresse ! Hippolyte n’est plus.
THÉSÉE
Dieux !
THÉRAMÈNE
J’ai vu des mortels périr le plus aimable,
Et j’ose dire encor, seigneur, le moins coupable.
THÉSÉE
Mon fils n’est plus ! Eh quoi ! quand je lui tends les bras,
Les dieux impatients ont hâté son trépas !
Quel coup me l’a ravi, quelle foudre soudaine ?
THÉRAMÈNE
À peine nous sortions des portes de Trézène,
Il était sur son char ; ses gardes affligés
Imitaient son silence, autour de lui rangés ;
Il suivait tout pensif le chemin de Mycènes ;
Sa main sur les chevaux laissait flotter les rênes ;
Ses superbes coursiers qu’on voyait autrefois
Pleins d’une ardeur si noble obéir à sa voix,
L’œil morne maintenant, et la tête baissée,
Semblaient se conformer à sa triste pensée.
Un effroyable cri, sorti du fond des flots,
Des airs en ce moment a troublé le repos ;
Et du sein de la terre une voix formidable
Répond en gémissant à ce cri redoutable.
Jusqu’au fond de nos cœurs notre sang s’est glacé ;
Des coursiers attentifs le crin s’est hérissé.
Cependant sur le dos de la plaine liquide,
S’élève à gros bouillons une montagne humide ;
L’onde approche, se brise, et vomit à nos yeux,
Parmi des flots d’écume, un monstre furieux.
Son front large est armé de cornes menaçantes ;
Tout son corps est couvert d’écailles jaunissantes,
Indomptable taureau, dragon impétueux,
Sa croupe se recourbe en replis tortueux ;
Ses longs mugissements font trembler le rivage.
Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage ;
La terre s’en émeut, l’air en est infecté ;
Le flot qui l’apporta recule épouvanté.
Tout fuit ; et sans s’armer d’un courage inutile,
Dans le temple voisin chacun cherche un asile.
Hippolyte lui seul, digne fils d’un héros,
Arrête ses coursiers, saisit ses javelots,
Pousse au monstre, et d’un dard lancé d’une main sûre,
Il lui fait dans le flanc une large blessure.
De rage et de douleur le monstre bondissant
Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant,
Se roule, et leur présente une gueule enflammée
Qui les couvre de feu, de sang et de fumée.
La frayeur les emporte ; et, sourds à cette fois,
Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix ;
En efforts impuissants leur maître se consume ;
Ils rougissent le mors d’une sanglante écume.
On dit qu’on a vu même, en ce désordre affreux,
Un dieu qui d’aiguillons pressait leur flanc poudreux.
À travers les rochers la peur les précipite ;
L’essieu crie et se rompt : l’intrépide Hippolyte
Voit voler en éclats tout son char fracassé ;
Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé.
Excusez ma douleur : cette image cruelle
Sera pour moi de pleurs une source éternelle.
J’ai vu, seigneur, j’ai vu votre malheureux fils
Traîné par les chevaux que sa main a nourris.
Il veut les rappeler, et sa voix les effraie ;
Ils courent : tout son corps n’est bientôt qu’une plaie.
De nos cris douloureux la plaine retentit.
Leur fougue impétueuse enfin se ralentit :
Ils s’arrêtent non loin de ces tombeaux antiques
Où des rois ses aïeux sont les froides reliques.
J’y cours en soupirant, et sa garde me suit :
De son généreux sang la trace nous conduit ;
Les rochers en sont teints ; les ronces dégouttantes
Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes.
J’arrive, je l’appelle ; et me tendant la main,
Il ouvre un œil mourant qu’il referme soudain :
« Le ciel, dit-il, m’arrache une innocente vie.
« Prends soin après ma mort de la triste Aricie.
« Cher ami, si mon père un jour désabusé
« Plaint le malheur d’un fils faussement accusé,
« Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive,
« Dis-lui qu’avec douceur il traite sa captive ;
« Qu’il lui rende... » À ce mot, ce héros expiré
N’a laissé dans mes bras qu’un corps défiguré :
Triste objet où des dieux triomphe la colère,
Et que méconnaîtrait l’œil même de son père.
THÉSÉE
Ô mon fils ! cher espoir que je me suis ravi !
Inexorables dieux, qui m’avez trop servi !
À quels mortels regrets ma vie est réservée !
THÉRAMÈNE
La timide Aricie est alors arrivée :
Elle venait, seigneur, fuyant votre courroux,
À la face des dieux l’accepter pour époux.
Elle approche ; elle voit l’herbe rouge et fumante ;
Elle voit (quel objet pour les yeux d’une amante ! )
Hippolyte étendu, sans forme et sans couleur…
Elle veut quelque temps douter de son malheur ;
Et, ne connaissant plus ce héros qu’elle adore,
Elle voit Hippolyte, et le demande encore.
Mais trop sûre à la fin qu’il est devant ses yeux,
Par un triste regard elle accuse les dieux ;
Et froide, gémissante, et presque inanimée,
Aux pieds de son amant elle tombe pâmée.
Ismène est auprès d’elle ; Ismène, tout en pleurs,
La rappelle à la vie, ou plutôt aux douleurs.
Et moi, je suis venu, détestant la lumière,
Vous dire d’un héros la volonté dernière,
Et m’acquitter, seigneur, du malheureux emploi
Dont son cœur expirant s’est reposé sur moi.
Mais j’aperçois venir sa mortelle ennemie.
«13456

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Ne te dévalorise pas !

    Le dénouement tragique de la pièce se met en place.
    Phèdre, dépitée de n'avoir pu faire partager sa passion par son beau-fils se venge en laissant croire à son époux, Thésée, que son fils nourrit pour elle un désir coupable. Le père demande aux dieux le châtiment du fils indigne.
    Le récit de Théramène s'inscrit dans les règles de la bienséance : en effet la tragédie classique interdit de montrer directement sur scène des actions violentes. Aussi doivent-elles être rapportées dans un récit. Cette narration doit donc se révéler suggestive pour rendre présente la réalité. Ici, Racine déploie des ressources propres à faire naître l'horreur et la pitié chez les spectateurs. On peut noter un mouvement général en pic : abattement et tristesse au début, fureur de l'apparition monstrueuse et déchaînement du combat, retour à une paix funèbre.
    Cette scène raconte la fin horrible de l'innocent.

    Essaie d'organiser tes axes de lecture à partir de l'évocation du héros réveillé par cette rencontre extraordinaire et terrifiante, à moins que tu ne préfères suivre le déroulement chronologique de la scène.

    L'horreur de cette fin prochaine et imméritée est destinée à mettre en valeur l'étendue de la faute de Phèdre qui se révèle aux yeux de tous un personnage scandaleux.
  • Phèdre coupable ? elle est aussi victime de la passion
    C'est Vénus toute entière à sa proie attachée
    et d'un tragique destin
    La fille de Minos et de Pasiphaë
  • bonjour,
    merci beaucoup pour toutes ces informations, j'ai demandé à mon père de m'aider donc ça va un peu mieux...c'est pour demain matin et j'espère vraiment que ça ira! :/
    encore un grand merci à vous
  • Bonjour!
    J' ai un petit commentaire (juste avec une introduction, 3 paragraphes, et une conclusion) à faire sur l' acte V scène 6, j' ai trouvé mon plan, mais déjà, je ne suis pas sur que ça va, et de plus, je ne sais pas trop quoi dire dans mes 3 paragraphes...

    1) La fonction des personnages et ce qu’ils incarnent
    2) En quoi cet extrait représente le théâtre classique dramatique
    3) La langue classique, et le rôle des alexandrins, les images qui s’en dégagent.

    Merci!!! :)
  • Bonjour !!
    je suis à bout cela fait 1h que je cherche mes sous parties je désaspère ....:S
    Je vais dans google tape : Commentaire de texte sur phèdre et je tombe sur ce site :D Génial !

    Je suis en Seconde SES

    J'ai un commentaire de texte à faire sur les vers 10 à 33
    Scène 6
    Thésée, Théramène
    THÉSÉE
    Théramène, est-ce toi ? Qu’as-tu fait de mon fils ?
    Je te l’ai confié dès l’âge le plus tendre.
    Mais d’où naissent les pleurs que je te vois répandre ?
    Que fait mon fils ?
    THÉRAMÈNE
    Ô soins tardifs et superflus !
    Inutile tendresse ! Hippolyte n’est plus.
    THÉSÉE
    Dieux !
    THÉRAMÈNE
    J’ai vu des mortels périr le plus aimable,
    Et j’ose dire encor, seigneur, le moins coupable.
    THÉSÉE
    Mon fils n’est plus ! Eh quoi ! quand je lui tends les bras,
    Les dieux impatients ont hâté son trépas !
    Quel coup me l’a ravi, quelle foudre soudaine ?
    THÉRAMÈNE
    À peine nous sortions des portes de Trézène,
    Il était sur son char ; ses gardes affligés
    Imitaient son silence, autour de lui rangés ;
    Il suivait tout pensif le chemin de Mycènes ;
    Sa main sur les chevaux laissait flotter les rênes ;
    Ses superbes coursiers qu’on voyait autrefois
    Pleins d’une ardeur si noble obéir à sa voix,
    L’œil morne maintenant, et la tête baissée,
    Semblaient se conformer à sa triste pensée.
    Un effroyable cri, sorti du fond des flots,
    Des airs en ce moment a troublé le repos ;
    Et du sein de la terre une voix formidable
    Répond en gémissant à ce cri redoutable.
    Jusqu’au fond de nos cœurs notre sang s’est glacé ;
    Des coursiers attentifs le crin s’est hérissé.
    Cependant sur le dos de la plaine liquide,
    S’élève à gros bouillons une montagne humide ;
    L’onde approche, se brise, et vomit à nos yeux,
    Parmi des flots d’écume, un monstre furieux.
    Son front large est armé de cornes menaçantes ;
    Tout son corps est couvert d’écailles jaunissantes,
    Indomptable taureau, dragon impétueux,
    Sa croupe se recourbe en replis tortueux ;
    Ses longs mugissements font trembler le rivage.
    Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage ;
    La terre s’en émeut, l’air en est infecté ;
    Le flot qui l’apporta recule épouvanté.
    Tout fuit ; et sans s’armer d’un courage inutile,
    Dans le temple voisin chacun cherche un asile.
    Hippolyte lui seul, digne fils d’un héros,
    Arrête ses coursiers, saisit ses javelots,
    Pousse au monstre, et d’un dard lancé d’une main sûre,
    Il lui fait dans le flanc une large blessure.
    De rage et de douleur le monstre bondissant
    Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant,
    Se roule, et leur présente une gueule enflammée
    Qui les couvre de feu, de sang et de fumée.
    La frayeur les emporte ; et, sourds à cette fois,
    Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix ;
    En efforts impuissants leur maître se consume ;
    Ils rougissent le mors d’une sanglante écume.
    On dit qu’on a vu même, en ce désordre affreux,
    Un dieu qui d’aiguillons pressait leur flanc poudreux.
    À travers les rochers la peur les précipite ;
    L’essieu crie et se rompt : l’intrépide Hippolyte
    Voit voler en éclats tout son char fracassé ;
    Dans les rênes lui-même il tombe embarrassé.
    Excusez ma douleur : cette image cruelle
    Sera pour moi de pleurs une source éternelle.
    J’ai vu, seigneur, j’ai vu votre malheureux fils
    Traîné par les chevaux que sa main a nourris.
    Il veut les rappeler, et sa voix les effraie ;
    Ils courent : tout son corps n’est bientôt qu’une plaie.
    De nos cris douloureux la plaine retentit.
    Leur fougue impétueuse enfin se ralentit :
    Ils s’arrêtent non loin de ces tombeaux antiques
    Où des rois ses aïeux sont les froides reliques.
    J’y cours en soupirant, et sa garde me suit :
    De son généreux sang la trace nous conduit ;
    Les rochers en sont teints ; les ronces dégouttantes
    Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes.
    J’arrive, je l’appelle ; et me tendant la main,
    Il ouvre un œil mourant qu’il referme soudain :
    « Le ciel, dit-il, m’arrache une innocente vie.
    « Prends soin après ma mort de la triste Aricie.
    « Cher ami, si mon père un jour désabusé
    « Plaint le malheur d’un fils faussement accusé,
    « Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive,
    « Dis-lui qu’avec douceur il traite sa captive ;
    « Qu’il lui rende... » À ce mot, ce héros expiré
    N’a laissé dans mes bras qu’un corps défiguré :
    Triste objet où des dieux triomphe la colère,
    Et que méconnaîtrait l’œil même de son père.
    THÉSÉE
    Ô mon fils ! cher espoir que je me suis ravi !
    Inexorables dieux, qui m’avez trop servi !
    À quels mortels regrets ma vie est réservée !
    THÉRAMÈNE
    La timide Aricie est alors arrivée :
    Elle venait, seigneur, fuyant votre courroux,
    À la face des dieux l’accepter pour époux.
    Elle approche ; elle voit l’herbe rouge et fumante ;
    Elle voit (quel objet pour les yeux d’une amante ! )
    Hippolyte étendu, sans forme et sans couleur…
    Elle veut quelque temps douter de son malheur ;
    Et, ne connaissant plus ce héros qu’elle adore,
    Elle voit Hippolyte, et le demande encore.
    Mais trop sûre à la fin qu’il est devant ses yeux,
    Par un triste regard elle accuse les dieux ;
    Et froide, gémissante, et presque inanimée,
    Aux pieds de son amant elle tombe pâmée.
    Ismène est auprès d’elle ; Ismène, tout en pleurs,
    La rappelle à la vie, ou plutôt aux douleurs.
    Et moi, je suis venu, détestant la lumière,
    Vous dire d’un héros la volonté dernière,
    Et m’acquitter, seigneur, du malheureux emploi
    Dont son cœur expirant s’est reposé sur moi.
    Mais j’aperçois venir sa mortelle ennemie.
    J'ai les trois grands axes

    I/ Un récit au théatre, une nécessité dramatique
    II/ Un récit fantastique, l'ombre du monstre, une nécessité esthétique,
    III/ Un récit épique, la gloire ultime d'Hippolyte dont le nom signifie "celui qui délie les chevaux"

    VoilI voila ...

    Toute aide est la bienvenue :D
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    1 = la réponse des dieux à la malédiction de Thésée. Que penser de ces dieux qui punissent aveuglément l'innocent ?
    2 = l'irruption de l'irrationnel dans la réalité censée produire l'effroi.
    3 = le héros s'apprécie à l'obstacle qu'il affronte et à sa manière de l'affronter.
  • Merci de votre réponse Jean-Luc !!

    Mais je ne comprend pas .... Car j'ai déjà mes 3 grandes parties !!

    I/ Un récit au thé^tre, une nécessité dramatique

    1) La compasition du récit théâtrale
    - alexandrins
    - actes et scènes
    - monologue
    - rimes plates

    2) ?

    3) Le drame ....?

    II/ UN récit fantastique, l'ombre du monstre, une necessité esthétique

    1) Le monstre
    - Description d'un monstre fantastique
    - champ lexical du fantastique

    2) ?

    3) ?

    III/ Un récit épique, la gloire ultime d'Hippolyte dont le nom signifie "celui qui délie les chevaux"

    1) Combat → Hippolyte blesse le monstre

    2) ?

    3) ?
  • Jean-Luc a écrit:
    Bonsoir,

    1 = la réponse des dieux à la malédiction de Thésée. Que penser de ces dieux qui punissent aveuglément l'innocent ?
    2 = l'irruption de l'irrationnel dans la réalité censée produire l'effroi.
    3 = le héros s'apprécie à l'obstacle qu'il affronte et à sa manière de l'affronter.
    Dsl pour le double poste !!
    Mais je viens d'inclure vos idées dans mon plan !!
    Et ça me donne plus d'idées !! :D

    Merci encore !
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour saladenicoise,

    Il s'agissait de pistes pour découvrir des sous-parties.

    I/ Un récit au théâtre, une nécessité dramatique
    1) un récit exigé par la règle de la bienséance
    2) la réponse des dieux aux prières de Thésée
    3) des dieux aveugles ou cruels qui punissent l'innocent
    II/ UN récit fantastique, l'ombre du monstre, une nécessité esthétique
    1) Le monstre
    - Description d'un monstre fantastique
    - champ lexical du fantastique
    2) une intervention surnaturelle, signe de l'origine divine
    3) cette apparition est censée créer l'effroi, la terreur, un des ressorts de la tragédie.
    III/ Un récit épique, la gloire ultime d'Hippolyte dont le nom signifie "celui qui délie les chevaux"
    1) Combat → Hippolyte blesse le monstre
    2) le héros s'apprécie à l'obstacle qu'il affronte et à sa manière de l'affronter.
    3) Nous savons que, malgré son courage, Hippolyte ne pourra vaincre ce messager des dieux. La fatalité ou la mort inéluctable sont un autre signe de l'univers tragique.
  • C'est très gentil à vous !!
    OUii je n'avais pas réaliser que c'était des pistes ...Enfin....Il y a à peine 5 min ! :X

    Je ne suis pas douée !! lol

    SinOn ....je vous remercie infiniment pour votre aide !!
    Je vais le mettre un peu à ma sauce et plus qu'a dévellopper !!

    Même si il me dise des vers 10 à 33 je peux quand même dire Que la fin est tragique non ? et que c'est une malédiction des dieux ?
    Je ne pense pas que ça fasse du hors-sujet !!

    Encore MERci !
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Oui, tu dis simplement "nous nous doutons que..." au lieu de "nous savons que...". En effet rien ne t'interdit de lire la pièce en entier et de faire part de tes connaissances.

    Essaie quand même d'avoir confiance en toi. Tu ne te fais pas du bien en te dénigrant.
  • Merci pour tout !! Je vous ferais part de ma note à la rentrée ! :p

    PS : J'espère juste que vous n'êtes pas mon prof de Français Xd !! LOL
  • Bonjour
    en lisant cette réplique de Thèramène .. ça m'a fait pensé au genre baroque ..à cause de la fatalité .. La présence des élements .. le mouvement .. les courbes (du monstre .. ) ...
    est ce que quelqu'un est daccord avec moi .. ? (et pourquoi biensur ..:) )
    voilà la réplique :

    THERAMENE
    A peine nous sortions des portes de Trézène,
    Il était sur son char. Ses gardes affligés
    Imitaient son silence, autour de lui rangés ;
    Il suivait tout pensif le chemin de Mycènes ;
    Sa main sur ses chevaux laissait flotter les rênes ;
    Ses superbes coursiers, qu'on voyait autrefois
    Pleins d'une ardeur si noble obéir à sa voix,
    L'oeil morne maintenant et la tête baissée,
    Semblaient se conformer à sa triste pensée.
    Un effroyable cri, sorti du fond des flots,
    Des airs en ce moment a troublé le repos ;
    Et du sein de la terre, une voix formidable
    Répond en gémissant à ce cri redoutable.
    Jusqu'au fond de nos coeurs notre sang s'est glacé ;
    Des coursiers attentifs le crin s'est hérissé.
    Cependant, sur le dos de la plaine liquide,
    S'élève à gros bouillons une montagne humide ;
    L'onde approche, se brise, et vomit à nos yeux,
    Parmi des flots d'écume, un monstre furieux.
    Son front large est armé de cornes menaçantes ;
    Tout son corps est couvert d'écailles jaunissantes ;
    Indomptable taureau, dragon impétueux,
    Sa croupe se recourbe en replis tortueux.
    Ses longs mugissements font trembler le rivage.
    Le ciel avec horreur voit ce monstre sauvage,
    La terre s'en émeut, l'air en est infecté ;
    Le flot qui l'apporta recule épouvanté.
    Tout fuit ; et sans s'armer d'un courage inutile,
    Dans le temple voisin chacun cherche un asile.
    Hippolyte lui seul, digne fils d'un héros,
    Arrête ses coursiers, saisit ses javelots,
    Pousse au monstre, et d'un dard lancé d'une main sûre,
    Il lui fait dans le flanc une large blessure.
    De rage et de douleur le monstre bondissant
    Vient aux pieds des chevaux tomber en mugissant,
    Se roule, et leur présente une gueule enflammée
    Qui les couvre de feu, de sang et de fumée.
    La frayeur les emporte, et sourds à cette fois,
    Ils ne connaissent plus ni le frein ni la voix ;
    En efforts impuissants leur maître se consume ;
    Ils rougissent le mors d'une sanglante écume.
    On dit qu'on a vu même, en ce désordre affreux,
    Un dieu qui d'aiguillons pressait leur flanc poudreux.
    A travers des rochers la peur les précipite.
    L'essieu crie et se rompt : l'intrépide Hippolyte
    Voit voler en éclats tout son char fracassé ;
    Dans les rênes lui?même, il tombe embarrassé.
    Excusez ma douleur. Cette image cruelle
    Sera pour moi de pleurs une source éternelle.
    J'ai vu, Seigneur, j'ai vu votre malheureux fils
    Traîné par les chevaux que sa main a nourris.
    Il veut les rappeler, et sa voix les effraie ;
    Ils courent ; tout son corps n'est bientôt qu'une plaie.
    De nos cris douloureux la plaine retentit.
    Leur fougue impétueuse enfin se ralentit ;
    Ils s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques
    Où des rois ses aïeux sont les froides reliques,
    J'y cours en soupirant, et sa garde me suit.
    De son généreux sang la trace nous conduit,
    Les rochers en sont teints, les ronces dégouttantes
    Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes.
    J'arrive, je l'appelle, et me tendant la main,
    Il ouvre un oeil mourant qu'il referme soudain :
    "Le ciel, dit?il, m'arrache une innocente vie.
    Prends soin après ma mort de la triste Aricie.
    Cher ami, si mon père un jour désabusé
    Plaint le malheur d'un fils faussement accusé,
    Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive,
    Dis?lui qu'avec douceur il traite sa captive,
    Qu'il lui rende..." A ce mot, ce héros expiré
    N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré,
    Triste objet, où des dieux triomphe la colère.
    Et que méconnaîtrait l'oeil même de son père.
  • Alors ce récit de la mort d'Hippolyte par Théramène est représentée avec des détails concrets à travers une vision macabre qui est différent de l'idéal de mesure et de bienséance propre au théâtre classique, en gros une tirade qui brise les canons de l'esthétique classique.
    Le baroque désigne dans le vocabulaire technique de la joaillerie une perle irrégulière.
    La description du monstre prend un aspect serpentin avec le qualificatif "croupe"... C'est un véritable éloge funèbre qui montre l'héroisme du fils de l'amazone.
    Tu as donc tout à fait raison. :)
  • Mais .. euh .. y a autre chose que je ne comprend pas (Veuillez excuser mon ignorance XD ) :
    le baroque et le classicisme sont deux mouvements litteraires opposés .. non ?
    Alors comment ça se fait qu'il y ai cette tirade qui appartient au baroque dans une tragédie classique ?
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