Baudelaire, Tristesses de la lune

Je suis en 3eme jai se poeme a étudier je dois trouver les figures de style pourriez vous maider svp ou m'orienter je suis vraiment perdus !
Merci d'avance

Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,

Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poëte pieux, ennemi du sommeil,

Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.Baudelaire, Les Fleurs du mal
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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Tu as des personnifications, plusieurs figures d'image et un attelage...
    A toi de les repérer !
  • Bonjour je dois analyse un poème de Baudelaire qui est Tristesse de la lune
    Si j'ai bien compris, Baudelaire personnifie la lune, la lune devient une femme. La femme pleurs et le poète ramasse une de ses larmes et la garde pour lui car il est amoureux d'elle. Mais pourquoi cette larme, a cause de quoi la femme est-elle triste ? (J'en dégage les choses romantiques, la lune, l'amour ...)
    Ce soir, la Lune rêve avec plus de paresse ;
    Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
    Qui, d’une main distraite et légère, caresse
    Avant de s’endormir le contour de ses seins,

    Sur le dos satiné des molles avalanches,
    Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
    Et promène ses yeux sur les visions blanches
    Qui montent dans l’azur comme des floraisons.

    Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
    Elle laisse filer une larme furtive,
    Un poëte pieux, ennemi du sommeil,

    Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
    Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
    Et la met dans son cœur loin des yeux du Soleil.
  • le premier vers c'est une personification ,car Baudelaire parle de la paresse de la lune.
    Je pourrais te donner les autres réponses mais je préfère te donner ce lien pour que tu connaisses toutes les figures de style,bonne chance! :

    https://www.google.gp/url?sa=t&rct=j&q=&esrc=s&source=web&cd=1&cad=rja&ved=0CCoQFjAA&url=http%3A%2F%2Fwww.francaisfacile.com%2Fcgi2%2Fmyexam%2Fvoir2.php%3Fid%3D42796&ei=pn6rUaCbPIWa1AWtuoD4Dw&usg=AFQjCNGfdpFcXNjVjdwqE_EBkGy6bAsYpQ
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Le poète est seul dans sa nuit.
    Le jour, il éprouve les affres du spleen.
    La nuit, il jouit d'une certaine paix parce que les aspérités douloureuses du réel s'estompent.
    La lune est la complice de sa rêverie triste dans un monde alangui proche de la mort.
  • Pourquoi la lune est-elle triste ?
  • JehanJehan Modérateur
    Si j'en crois la réponse de Jean-Luc, par complicité avec le poète triste...
  • D'accord, merci.
  • Bonjour, je prépare des textes pour les oraux à venir (Licence 2) et j'aimerais avoir quelques précisions, surtout techniques (mais pas que) sur ce poème de Baudelaire :
    Tristesses de la lune

    Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
    Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
    Qui d'une main distraite et légère caresse
    Avant de s'endormir le contour de ses seins,

    Sur le dos satiné des molles avalanches,
    Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
    Et promène ses yeux sur les visions blanches
    Qui montent dans l'azur comme des floraisons.

    Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
    Elle laisse filer une larme furtive,
    Un poète pieux, ennemi du sommeil,

    Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
    Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
    Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.


    En ce qui concerne l'analyse même, je pense que ce poème fait d'une certaine manière échos à celui des Correspondances. Pour résumer je dirais que cette lune personnifiée en une femme indolente et sensuelle(Mais aussi maternelle -> sein, larme(de lait? isotopie de la blancheur, rondeur etc.. s'opposant à la femme initiatrice)) laissant tomber du ciel un fragment précieux (que mécaniquement le poète récupère et assimile) représente le monde des idées. Cette larme, ce fragment représente le lien entre matière et idée, en somme c'est une chose concrète(mais fragmentée, partielle) permettant au poète (seulement au poète) d'atteindre le spirituel. Le mouvement se fait de la nature au poète, C'est la lune qui enclenche le processus des correspondances, pas l'inverse, le poète ne peut qu'attendre les signes, les « confuses paroles »(Correspondances) du monde spirituel. L'inspiration ne vient donc pas quand le poète le décide, il faut pour cela que le spirituel le guide de manière abstraite vers l'idéal au moyen d'éléments ou de procédés naturels permettant ce transport de l'esprit et des sens. Seulement cela n'est pas chose aisée, pour plusieurs raisons, et pas seulement à cause du caractère fragmenté de la possibilité de percevoir l'Idéal. : il y a l'idée de "Quand parfois", l'adverbe parfois employé seul a déjà une fréquence fleurtant avec la rareté mais postposé à la conjonction quand il y a volonté d'insister sur la rareté de l'évènement. Ensuite il y a l'idée d'une vision partielle, que permet la lumière de la lune, subtilement, en dissimulant une partie de la matière elle permet l'instauration d'une atmosphère spirituelle, elle livre un infime apercu du néant en conscillant sa lumière avec la nuit, le noir.. La lumière de la lune dévoile, tandis que celle du Soleil cache l'idée en ne rendant visible que la matière → « et la met dans son cœur loin des yeux du soleil » idée que ce fragment d'idéal pour rester idéal ne doit pas être vu à la lumière du jour, il y perdrait tous ses caractéristiques du Beau. Autrement dit pour appréhender l'écho du monde céleste il faut aller au delà des perceptions classiques et communes, la clarté de la lune permet de ressentir. Elle dissimule la matière mais ne dévoile pas pour autant l'idéal, elle ouvre simplement la voie pour la compréhension/perception de l'Idéal.

    Cette analyse ne suffit pas, il faut la lier à la musicalité du poème. Je dois donc maintenant voir si mon interprétation correspond à cette musicalité, le sens par le son.. Et là je manque beaucoup de pratique... pour commencer il faudrait au moins que je sois certain de la cadence prosodique du poème, pouvez-vous rectifier mes erreurs? :

    Ce soir / la lune rêv//e avec plus / de paresse ; 2/4//3/3
    Ainsi / qu'une beauté//, sur de nombreux / coussins, 2/4//4/2
    Qui/ d'une main distrai//te et légè/re caresse 1/5//3/3 -> Pouvons nous voir un 4/4/4?
    Avant / de s'endormir // le contour / de ses seins, 2/4//3/3

    Sur le dos / satiné // des mo/lles avalanches, 3/3//2/4
    Mouran/te, elle se li//vre aux lon/gues pâmoisons, 2/4//2/4
    Et promè/ne ses yeux// sur les vi/sions blanches ->3/3//3/3 Besoin d'aide avec ce vers, vision-> diérèse?
    Qui mon/tent dans l'azur// comme des/ floraisons.2/4//3/3

    Quand parfois/ sur ce globe//, en sa langueur/ oisive,3/3//4/2
    Elle lai/sse filer// une lar/me furtive,3/3//3/3
    Un poè/te pieux(diérèse)//, ennemi/ du sommeil,3/3//3/3

    Dans le creux/ de sa main// prend cette/ larme pâle,3/3//3/3
    Aux reflets/ irisés// comme un frag/ment d'opale,3/3//3/3
    Et la met/ dans son coeur// loin des yeux/ du soleil.3/3//3/3

    Il doit y avoir pas mal d'erreurs mais si je me réfère à ça on voit qu'il y a un jeu de reprise en chiasme de la cadence de chaque vers de fin de strophe dans le premier vers de la strophe suivante -> 2/4//3/3 donne 3/3//2/4 donc pas un chiasme total, mais c'est gradable puisqu'ensuite 2/4//3/3 donne 3/3//4/2 puis 3/3//3/3 bien sur reste identique.
    J'ai du mal à voir ce que cela pourrait représenter, pour valider mon interprétation je dois normalement retrouver des éléments me permettant de faire valoir la molesse, le caractère indolent, le caractère idéal de l'assimilation de l'idée, de l'inspiration, le caractère d'effort de la part du poète pour percevoir le monde céleste, ou encore le caractère subtil de la lumière lunaire..
    J'ai aussi des questions quant aux termes : "pieux", outre le sentiment de fervence donc d'effort, de rigueur, peut-on dire quelque chose ?
    "ennemi du sommeil"? faut-il le voir comme étranger à la beauté? dans la mesure où la déesse de la Lune Séléné aurait permis de Zeus que son amant (Endymion), au lieu d'être tué, soit plongé dans un sommeil éternel pour préserver sa beauté. Ennemi du sommeil → Ennemi de la beauté → étranger à la beauté. En tout cas qui ne peut en récupérer que des fragments laissés tombés au sol. La situation maudite du poète contraste avec la position céleste de la Lune. D'ailleurs Séléné va chaque nuit en passant au dessus de son amant endormi pleurer -> D'où l'idée de la larme? mais peut-on dire autre chose la dessus? cette larme doit avoir une signification, je ne trouve pas grand chose sur la lune.. J'ai lu un autre poème qui parle de la déesse des songes taillant une larme brillante pour créer la lune, serait-ce exact? En ce sens la lune qui a été faite à partir d'une larme verserait elle aussi une larme que le poète utiliserait pour lui aussi créer..
    En tout cas si vous avez des informations à me donner j'en serai trés reconnaissant, surtout des informations techniques (prosodie...). Merci à vous
    PS: peut-être auriez-vous des élements théoriques sur la poétique de Baudelaire : sur le fait que c'est la nature qui permet au poète de saisir un instant l'Idéal, que c'est le poète qui doit faire un effort de compréhension etc..
  • Tu connais sans doute les réactions de Flaubert et Sainte Beuve ...

    http://www.revue-texto.net/Inedits/Missire/Missire_th_chap3.pdf
  • Merci, une belle étude avec de nombreuses informations, malheureusement d'un niveau trop élevé pour que je l'assimile complètement.
    En ce qui concerne Sainte-Beuve, il parle d'un poème Shakespearien, Flaubert d'un rajeunissement du Romantisme..A part ça je ne sais rien d'autre. Je vois bien que ce poème n'a rien d'extrèmement moderne, qu'il joue avec des thèmes romantiques (muse, femme damnée et mère nourricière à travers la Lune et sa clarté, tristesse..) mais ce qui m'étonne c'est que notre cours de Poésie cible la "non-poésie" (Baudelaire,Rimbaud,Verlaine,Ponge...) et je ne vois guère dans la cadence prosodique que j'ai relevée la volonté de rendre boiteux ces alexandrins, au contraire il y a toute une partie en 3/3//3/3 (alexandrin classique). En fait ce poème présente un condensé des Fleurs du Mal avec les thèmes de l'amour/amant(e)/mère/muse/inspiration/Monde Idéal.... mais j'ai réellement du mal à élaborer une réflexion qui se base sur le son pour aller vers le sens..
    A la limite les seules choses particulières que je peux relever sont des échos à la césure du vers suivant ou précédent, ou bien des césures qui séparent noms et compléments.. Mais même pas de rejet externe :o Je ne vois pas de trimètre, est-ce normal?
  • Salut!
    Je peux essayer de te dire ce que j'aurais fait pour cette étude.

    Déjà, je ne serai pas parti sur la comparaison avec Correspondance. C'est très mystique, comme poème, et très théorique. Ici, je le vois beaucoup plus lyrique. Alors que les correspondances permettent d'atteindre les visions d'un idéal esthétique, on assiste ici à une réelle communion entre la lune et le poète. Je sais pas si je me fais bien comprendre ^^

    Il faut se demander si la lune existe par elle même, ou si elle n'est pas que l'inverse du soleil. D'ailleurs, ce dernier est cité. Le soleil, c'est le faste, la gloire, la chaleur - > on est loin du poète romantique. Baudelaire voit en la lune une confidente parce qu'elle appartient au monde froid de la nuit, elle est secrète tout comme le poète. Elle n'éclaire pas, elle ne chauffe pas. Elle est seule dans la nuit, comme le poète.

    La nuit est aussi le moment du plaisir et de la luxure, c'est en cela qu'elle est comparée à une femme. Imagine le poète seul dans la nuit, quand les gens normaux ont quitté les rues... Il cherche du plaisir (on sait combien il aimait les bordels) mais la seule présence féminine qu'il rencontre, c'est la lune -> son imagination est alors prise à partie. La lune est considérée dans plusieurs civilisations (mais lesquelles?) comme la figure de la femme.

    Concernant la larme, je dirais que c'est parce qu'elle est comme le poète, et en voyant son double sur terre, elle devient triste. Or cette tristesse est la base de la poétique de Baudelaire et des poètes romantiques (je ressortirais Musset) alors le poète ne veut pas laisser tomber cette froide larme qu'il cachera aux yeux de tous, fier de son trésor.

    Bon, je pars peut être un peu loin... :rolleyes:

    Concernant la stylistique, je soulèverais trois choses:
    - Le dernier vers, qui est parfait: 3/3//3/3
    - La description picturale -> tu peux tenter un rapprochement avec les symbolistes comme Hérédia (Antoine et Cléopâtre), la fadeur de Verlaine (la fameuse!)
    - L'assonance en dans le premier quatrain...

    Ce sont des idées, qui peuvent être fausses... Je suis loin d'être un pro du commentaire :)
  • Merci pour ton aide :) A vrai dire si je compare ce poème à Correspondances c'est parce que lui aussi ressemble à une réflexion métapoétique, certes ils sont trés différents, mais on retrouve quelques principes des Correspondances : le fait que ce soit la nature le déclencheur, que le poète doit être dans l'effort pour parvenir à saisir l'écho céleste qui lui permettra l'inspiration.
  • C'est mon premier passage sur ce site, et j'aimerais avoir votre avis. Je suis en premier ES et je dois faire un commentaire du poème Tristesse de Lune, de Baudelaire. Depuis quelque jour, je fais des recherches et travail sur le poème. Je n'arrive pas à comprendre le poème ... Alors si vous pouviez m'éclairer, ce serait sympa ;)
    Tristesses de la lune

    Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse ;
    Ainsi qu'une beauté, sur de nombreux coussins,
    Qui d'une main distraite et légère caresse
    Avant de s'endormir le contour de ses seins,

    Sur le dos satiné des molles avalanches,
    Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
    Et promène ses yeux sur les visions blanches
    Qui montent dans l'azur comme des floraisons.


    Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
    Elle laisse filer une larme furtive,
    Un poète pieux, ennemi du sommeil,

    Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
    Aux reflets irisés comme un fragment d'opale,
    Et la met dans son coeur loin des yeux du soleil.

    J'hésite fortement ... J'ai pensé à la recherche de l'idéal du poète, qui profite de la tristesse de la lune pour essayer de l'attendre, mais je ne comprends pas pourquoi il cacherait la larme de la lune ?
    Si vous pouvez m'aider, j'en serais fortement reconnaissance, merci d'avance !
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Lis les messages précédents de la présente discussion, où j'ai déplacé ton message.
    Tu devrais y trouver déjà des éléments de réponse.
  • Merci, ça m'a aidé, je pense être sur la bonne voie pour mon plan, mais je n'arrive pas à savoir pourquoi la lune est triste ... Parce qu'elle est seul ? Parce qu'elles voit monter les morts au ciel ou par rapport à la déesse Séléne ?
    Pouvez-vous me donner votre avis ? J'ai peur de faire un contre-sens ... :/
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