Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour,

Je suis élève de Première S et j'ai vraiment un problème avec une question de corpus et un commentaire. Je planche dessus depuis une semaine déjà... J'ai réellement besoin d'aide svp.

Voilà le corpus de 3 textes :

Marivaux, La Vie de Marianne :
Parmi les jeunes gens dont j'attirais les regards, il y en eut un que je distinguai moi-même, et sur qui mes yeux tombaient plus volontiers que sur les autres. J'aimais à le voir, sans me douter du plaisir que j'y trouvais; j'étais coquette pour les autres, et je ne l'étais pas pour lui; j'oubliais à lui plaire, et ne songeais qu'à le regarder. Apparemment que l'amour, la première fois qu'on en prend, commence avec cette bonne foi-là, et peut-être que la douceur d'aimer interrompt le soin d'être aimable. Ce jeune homme, à son tour, m'examinait d'une façon toute différente de celle des autres : il y avait quelque chose de plus sérieux qui se passait entre lui et moi. Les autres applaudissaient ouvertement à mes charmes, il me semblait que celui-ci les sentait; du moins je le soupçonnais quelquefois, mais si confusément, que je n'aurais pu dire ce que je pensais de lui, non plus que ce que je pensais de moi. Tout ce que je sais, c'est que ses regards m'embarrassaient, que j'hésitais de les lui rendre, et que je les lui rendais toujours; que je ne voulais pas qu'il me vît y répondre, et que je n'étais pas fâchée qu'il l'eût vu. Enfin on sortit de l'église, et je me souviens que j'en sortis lentement, que je retardais mes pas; que je regrettais la place que je quittais; et que je m'en allais avec un coeur à qui il manquait quelque chose, et qui ne savait pas ce que c'était. Je dis qu'il ne le savait pas; c'est peut-être trop dire, car, en m'en allant, je retournais souvent la tête pour revoir encore le jeune homme que je laissais derrière moi.

Flaubert, L'Education Sentimentale :
Ce fut comme une apparition.

Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu’il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda. Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses, qui palpitaient au vent, derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l’ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait en plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpaient sur le fond de l’air bleu. Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manoeuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d’observer une chaloupe sur la rivière. Jamais il n’avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait... Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu’elle avait portées, les gens qu’elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n’avait pas de limites.

et Le Clézio, Désert :
Puis elle danse, à son tour dans l'arène, au milieu des gens. Elle danse comme elle a appris autrefois, seule au milieu des gens, pour cacher sa peur, parce qu'il y a trop de bruit, trop de lumière. Le photographe reste assis sur la marche, sans bouger, sans même penser à la photographier. Au début, les gens ne font pas attention à Hawa, parce que la lumière les aveugle. Puis, c'est comme s'ils sentaient que quelque chose d'extraordinaire était arrivé, sans qu'ils s'en doutent. Ils s'écartent, ils s'arrêtent de danser, les uns après les autres, pour regarder Lalla Hawa. Elle est toute seule dans le cercle de lumière, elle ne voit personne. Elle danse sur le rythme lent de la musique électronique, et c'est comme si la musique était à l'intérieur de son corps. La lumière brille sur le tissu noir de sa robe, sur sa peau couleur de cuivre, sur ses cheveux. On ne voit pas ses yeux à cause de l'ombre, mais son regard passe sur les gens, emplit la salle, de toute sa force, de toute sa beauté. Hawa danse pieds nus sur le sol lisse, ses pieds longs et plats frappent au rythme des tambours, ou plutôt, c'est elle qui semble dicter avec la plante de ses pieds et ses talons le rythme de la musique. Son corps souple ondoie, ses hanches, ses épaules et ses bras sont légèrement écartés comme des ailes. La lumière des projecteurs rebondit sur elle, l'enveloppe, crée des tourbillons autour de ses pas. Elle est absolument seule dans la grande salle, seule comme au milieu d'une esplanade, seule comme au milieu d'un plateau de pierres, et la musique joue pour elle seule, de son rythme lent et lourd.

La question à laquelle je bloque consiste à analyser l'évolution de la représentation des femmes au fil du temps dans le roman. Quant au commentaire, je dois commenter le texte de Le Clézio.
Pour le commentaire, puisque la première question était sur les points de vues et les focalisations, ça doit être un des points à développer, non ? J'ai peut-être noté un allitération en [l] tout au long du texte, peut-être pour représenter la fluidité des gestes de la danse de Lalla... Mais ce ne sont que des à-priori, donc rien de bien concert.
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Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Les trois textes mettent en scène trois jeunes femmes qui paraissent en public, mais chacune à sa manière :
    - les minauderies du XVIIe siècle, (bien que le roman ait été écrit au XVIIIe)
    - la réserve du XIXe siècle, l'apparition romantique foudroyante d'une madone,
    - la sensualité de la danseuse du XXe siècle...

    Pour analyser ton texte, cherche d'abord quel effet veut produire Le Clézio sur son lecteur : une transformation, une révélation sous l'effet de la musique...
  • je suis aussi en première s et j'arrive vraiment pas pour le commentaire si quelqu'un peux m'aider svp. je vois vraiment pas quoi mettre pour le commentaire de le clézio
  • Je ne suis pas réellement sûr d'avancer en demandant cela mais combien de grandes parties discerneriez-vous pour un tel commentaire ? C'est-à-dire que que j'ai essayé de faire la lecture à travers les grilles de lectures (méthode pour le commentaire composé) et il se trouve que je répète la même idée assez souvent dans plusieurs points. En conséquence, je n'ai toujours pas de plan en tête. Je pense avoir saisi l'idée de révélation mais ne sais pas du tout comment la développer en plusieurs parties.
  • Quelle idée répètes-tu souvent ? Quelles pistes as-tu pour un plan ? Et qu'entends-tu par "révélation" ?
    On ne peut dire "c'est un texte à commenter en deux parties" ou "en trois parties". Il n'y a pas de plan tout fait qui soit le seul possible. Tout dépend de ce qu'on trouve en analysant le texte : ensuite on voit si on parvient à l'organiser en deux ou trois parties.
  • Lalla est comme une révélation quand elle danse. Elle est comparé à "quelque chose d'extraordinaire". Toutes les lumières de salle sont projetés vers elle ce qui donne comme un effet d'apparition. Et un peu avant la fin, l'auteur nous dit que "ses hanches, ses épaules et ses bras sont légèrement écartés comme des ailes" : ailes qui a une certaine connotation divine. C'est pour cela que je parle de révélation, d'apparition.
    C'est ce que j'ai noté, après j'ai peut-être largement faux ! Je n'espère pas, en tout cas...
  • Bonjour,
    Je suis comme les autres en première S et j'ai quelques questions à poser concernant le corpus ci-dessus. J'ai déjà trouver quelques procédés et relever les champs lexicaux des différents textes. Je constate que les femmes ont ici une valeur symbolique (divine) avec une métaphore à un ange pour Le clézio " bras [...] comme des ailes" ainsi que la référence à une "apparition" dans le texte de Flaubert. Hormis ces points, je distingue un champ lexical du corps et de la vue. Pour résumer, j'ai des doutes quant à la justesse de ces procédés (s'ils correspondent bien à la représentation de la femme dans ces textes).
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    La difficulté que vous éprouvez tous à l'égard de la question est de ne pas avoir cherché le ou les sens du mot représentation :
    Littré a écrit:
    1° Action de représenter, de mettre devant les yeux.
    3° Image, figure.
    5° Objet exprimé par la peinture, le dessin, ou par quelque opération de la nature.
    7° Image fournie par la sensation.
    8° Action de jouer des pièces de théâtre.
    9° Manière de vivre appartenant à une personne distinguée par son rang, sa dignité, sa fortune, et aussi manière de vivre où l'on se tient comme dans une représentation théâtrale, soumis aux regards du public.
    Je n'ai retenu que les sens qui ont un lien avec la question.
    Vous devez non seulement déterminer comment sont décrites les femmes, mais aussi l'effet qu'elles produisent sur les regards masculins, et leur propre manière de se comporter sous les regards du public. Ce travail d'analyse préalable effectué, examinez l'évolution de la manière dont sont perçues ces femmes.
  • J'ai remarqué l'évolution produite : la femme reste avec Marivaux assez timide mais démontre une certaine liberté intérieure et nous fait part de ses confidences. Avec Flaubert, la femme est encore plus renfermée ( il l'a démunie de la parole) et enfin avec Le Clézio on a, au contraire, une liberté dans l'expression de la femme qui, même si elle ne parle, nous témoigne en dansant devant tout le monde de sa liberté. Après je ne suis pas sûr que ce soit ça '. Faut-il évoquer la connotation divine ou pas ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    As-tu lu ma réponse n° 2 ?
    L'évolution est sans doute dans la réserve du comportement féminin en public. En contrepartie le regard masculin évolue lui aussi du désir esquissé au désir sublimé pour s'achever dans le désir sensuel.
    Je ne perçois pas de connotation divine dans le 3e texte. Si la jeune femme se libère, exprime son âme profonde au travers de la danse, les spectateurs perçoivent un corps ensorcelant.
  • J'ai lu la réponse 2 je concède qu'il existe une réserve dans les personnages féminins. Néanmoins, les lumières ne donnent-elles pas un côté divin? Et le fait que l'on "ne voit pas ses yeux" et donc qu'elle n'est pas accessible aux autres personnages secondaires, ne se rapprocherait-t-il pas de cette idée là ?
  • je suis d'accord avec allen il y a un coté divins dans le texte de le clézio. jean-luc vous répondez à coté en nous citant votre dictionnaire. ce genre de réponse ne sert à rien à part vous occupez et vous donnez un air supérieur
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Le Clézio montre surtout le rôle libérateur du rythme. Lalla est au début une bête captive du monde occidental, les lumières sont crues, brutales, elles isolent la jeune femme... Malgré ces conditions déprimantes, elle va se détacher de ses peurs...

    Pour Luffix, il vaudrait mieux argumenter.
  • La musique et les ailes représenterait donc la liberté tandis que la lumière qui l'isole serait synonyme de prison ?
    Il est vrai que la lumière peut être vue de deux façons différentes dans ce cas si c'est bien ça.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    C'est une appréciation beaucoup plus juste. Lalla se retrouve par miracle transportée dans le pays qu'elle a quitté; Regarde sur wikipedia le sujet de Désert, tu comprendras mieux.
  • C'est vrai que votre interprétation à l'air plus juste. Le problème dans le français c'est qu'il y a une multitudes de visions possibles et j'ai justement dû mal de toutes les discerner '. Sinon je dois faire un sujet d'invention dont l'énoncé est : En vous appuyant sur l'extrait du texte A de Marivaux, vous raconterez la scène mais en adoptant le point de vue du personnage masculin que Marianne rencontre. Vous conserverez le cadre de la scène; et le ton de l'auteur, mais pourrez imaginer des détails descriptifs ou narratifs supplémentaires."
    Et j'ai des doutes car je ne sais pas si je dois faire une introduction au récit du personnage masculin présentant les causes de ses souvenirs ou juste ce qu'il se passe dans la tête de ce même personnage.
    Merci d'avance :D
  • J'ai une question autre au sujet des commentaires littéraires en général. J'ai pu constaté que le commentaire servant d'exemple sur le site n'est pas constitué de problématique contrairement à ce que nous apprennent nos profs. Est-ce normal ? C'est peut-être une contrainte en moins du bac due aux nouvelles réformes ?
  • Kthulhuk a écrit:
    Lalla est comme une révélation quand elle danse. Elle est comparé à "quelque chose d'extraordinaire". Toutes les lumières de salle sont projetés vers elle ce qui donne comme un effet d'apparition. Et un peu avant la fin, l'auteur nous dit que "ses hanches, ses épaules et ses bras sont légèrement écartés comme des ailes" : ailes qui a une certaine connotation divine. C'est pour cela que je parle de révélation, d'apparition.
    C'est ce que j'ai noté, après j'ai peut-être largement faux ! Je n'espère pas, en tout cas...

    Non, tout cela n'est pas faux, mais le terme "révélation" n'était pas le plus clair pour dire cela. "Apparition" est bien plus adapté, et tu peux parler de magie, d'extraordinaire effectivement.... Tout ce que tu dis constitue une partie, à organiser.
    Comme le dit Jean-Luc, intéresse-toi aussi au regard porté sur elle.
  • C'est pour les dissertations que t'as des problématiques.
  • Non, en commentaire aussi on se fixe une problématique, disons un parcours de lecture, un questionnement qui va guider notre travail. La réforme n'a rien changé aux épreuves et à leur nature
  • Ben moi dans mes annales il me dise pas de mettre de problématique pour les commentaires composés et pour mes profs c'est pareil. Il faut juste trouver les idées directrices grâce auquels on pourra établir son plan.
    PS : Quelqu'un peut répondre à ma question aussi svp
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