Fiches méthode Bac de français 2021

Bonjour,
j'ai une explication de texte sur le chapitre 10 de la partie 2 de Madame Bovary de Flaubert voici le texte :
C’était l’époque où le père Rouault envoyait son dinde, en souvenir de sa jambe remise. Le cadeau arrivait toujours avec une lettre. Emma coupa la corde qui la retenait au panier, et lut les lignes suivantes :
« Mes chers enfants,
« J’espère que la présente vous trouvera en bonne santé et que celui-là vaudra bien les autres ; car il me semble un peu plus mollet, si j’ose dire, et plus massif. Mais, la prochaine fois, par changement, je vous donnerai un coq, à moins que vous ne teniez de préférence aux picots ; et renvoyez-moi la bourriche, s’il vous plaît, avec les deux anciennes. J’ai eu un malheur à ma charreterie, dont la couverture, une nuit qu’il ventait fort, s’est envolée dans les arbres. La récolte non plus n’a pas été trop fameuse. Enfin, je ne sais pas quand j’irai vous voir. Ça m’est tellement difficile de quitter maintenant la maison, depuis que je suis seul, ma pauvre Emma !
« Et il y avait ici un intervalle entre les lignes, comme si le bonhomme eût laissé tomber sa plume pour rêver quelque temps.
« Quant à moi, je vais bien, sauf un rhume que j’ai attrapé l’autre jour à la foire d’Yvetot, où j’étais parti pour retenir un berger, ayant mis le mien dehors, par suite de sa trop grande délicatesse de bouche. Comme on est à plaindre avec tous ces brigands-là ! Du reste, c’était aussi un malhonnête.
« J’ai appris d’un colporteur qui, voyageant cet hiver par votre pays, s’est fait arracher une dent, que Bovary travaillait toujours dur. Ça ne m’étonne pas, et il m’a montré sa dent ; nous avons pris un café ensemble. Je lui ai demandé s’il t’avait vue, il m’a dit que non, mais qu’il avait vu dans l’écurie deux animaux, d’où je conclus que le métier roule. Tant mieux, mes chers enfants, et que le bon Dieu vous envoie tout le bonheur imaginable.
« Il me fait deuil de ne pas connaître encore ma bien-aimée petite-fille Berthe Bovary. J’ai planté pour elle, dans le jardin, sous ta chambre, un prunier de prunes d’avoine, et je ne veux pas qu’on y touche, si ce n’est pour lui faire plus tard des compotes, que je garderai dans l’armoire, à son intention, quand elle viendra.
« Adieu, mes chers enfants. Je t’embrasse, ma fille ; vous aussi, mon gendre, et la petite, sur les deux joues.
« Je suis, avec bien des compliments,
« Votre tendre père,
« THEODORE ROUAULT. »
Elle resta quelques minutes à tenir entre ses doigts ce gros papier. Les fautes d’orthographe s’y enlaçaient les unes aux autres, et Emma poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une haie d’épines. On avait séché l’écriture avec les cendres du foyer, car un peu de poussière grise glissa de la lettre sur sa robe, et elle crut presque apercevoir son père se courbant vers l’âtre pour saisir les pincettes.
Comme il y avait longtemps qu’elle n’était plus auprès de lui, sur l’escabeau, dans la cheminée, quand elle faisait brûler le bout d’un bâton à la grande flamme des joncs marins qui pétillaient !…

J'ai déjà des idées, concernant le réalisme, le provincialisme du père d'Emma, la remontée des souvenirs d'Emma.
Cependant j'ai des difficultés à trouver les figures de style dans ce texte, alors si vous pouviez m'aider ca serait génial ! :D
Merci d'avance.
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Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Pour t'aider, quelques passages en gras.
    Tu devrais trouver de quelles figures de style il s'agit...
    Elle resta quelques minutes à tenir entre ses doigts ce gros papier. Les fautes d’orthographe s’y enlaçaient les unes aux autres, et Emma poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une haie d’épines
  • Cette comparaison, qu'apporte t-lle réellement au texte général ?
    Je suis désolée de demander tout ça mais c'est vrai que je suis en difficulté sur ce texte. Si c'est trop demandé, dites-le moi :)
  • Peut être que le terme de figure de style n'est pas le plus idoine à justifié tes propos.Peut être ton prof veut-il que tu t'appuies sur le texte pour justifier ton explication.ainsi pour illustrer le provincialisme du père d'Emma tu pourrais citer sa façon élliptique de s'exprimer ("du reste c'était aussi un malhonnête")qui ressemble un peu au langage parlé.Beaucoup de polysindètes (multiplication des liens logiques (coordination "mais,et,etc).Tu devrais trouver ces figures syntaxiques sur ce site ou sur internet.
  • Le cadeau arrivait toujours avec une lettre. Emma coupa la corde qui la retenait au panier, et lut les lignes suivantes :
    « Mes chers enfants,
    « J’espère que la présente vous trouvera en bonne santé et que celui-là vaudra bien les autres ; car il me semble un peu plus mollet, si j’ose dire, et plus massif. Mais, la prochaine fois, par changement, je vous donnerai un coq, à moins que vous ne teniez de préférence aux picots ; et renvoyez-moi la bourriche, s’il vous plaît, avec les deux anciennes. J’ai eu un malheur à ma charreterie, dont la couverture, une nuit qu’il ventait fort, s’est envolée dans les arbres. La récolte non plus n’a pas été trop fameuse. Enfin, je ne sais pas quand j’irai vous voir. Ça m’est tellement difficile de quitter maintenant la maison, depuis que je suis seul, ma pauvre Emma !
    « Et il y avait ici un intervalle entre les lignes, comme si le bonhomme eût laissé tomber sa plume pour rêver quelque temps.
    « Quant à moi, je vais bien, sauf un rhume que j’ai attrapé l’autre jour à la foire d’Yvetot, où j’étais parti pour retenir un berger, ayant mis le mien dehors, par suite de sa trop grande délicatesse de bouche. Comme on est à plaindre avec tous ces brigands-là ! Du reste, c’était aussi un malhonnête.
    « J’ai appris d’un colporteur qui, voyageant cet hiver par votre pays, s’est fait arracher une dent, que Bovary travaillait toujours dur. Ça ne m’étonne pas, et il m’a montré sa dent ; nous avons pris un café ensemble. Je lui ai demandé s’il t’avait vue, il m’a dit que non, mais qu’il avait vu dans l’écurie deux animaux, d’où je conclus que le métier roule. Tant mieux, mes chers enfants, et que le bon Dieu vous envoie tout le bonheur imaginable.
    « Il me fait deuil de ne pas connaître encore ma bien-aimée petite-fille Berthe Bovary. J’ai planté pour elle, dans le jardin, sous ta chambre, un prunier de prunes d’avoine, et je ne veux pas qu’on y touche, si ce n’est pour lui faire plus tard des compotes, que je garderai dans l’armoire, à son intention, quand elle viendra.
    « Adieu, mes chers enfants. Je t’embrasse, ma fille ; vous aussi, mon gendre, et la petite, sur les deux joues.
    « Je suis, avec bien des compliments,
    « Votre tendre père,
    « THEODORE ROUAULT. »
    Elle resta quelques minutes à tenir entre ses doigts ce gros papier. Les fautes d’orthographe s’y enlaçaient les unes aux autres, et Emma poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une haie d’épines. On avait séché l’écriture avec les cendres du foyer, car un peu de poussière grise glissa de la lettre sur sa robe, et elle crut presque apercevoir son père se courbant vers l’âtre pour saisir les pincettes.
    Comme il y avait longtemps qu’elle n’était plus auprès de lui, sur l’escabeau, dans la cheminée, quand elle faisait brûler le bout d’un bâton à la grande flamme des joncs marins qui pétillaient !…

    Bonjour j'ai enormement besoin d'aide je suis en 2nd et j'ai un commentaire a faire sur ce texte si quelqu'un peut m'aider je dois le faire avec 2 axes donc intro (5 phrases) , les 2 axes puis la conclusion merci d'avance !!!
  • Bonjour à tous ! J'ai l'explication de texte ( que je devrais lire à l'oral ) à faire d'un extrait du chapitre 10 de la deuxième partie de " Madame Bovary ", de Flaubert.

    Voici l'extrait :
    « Mes chers enfants,
    « J’espère que la présente vous trouvera en bonne santé et que celui-là vaudra bien les autres ; car il me semble un peu plus mollet, si j’ose dire, et plus massif. Mais, la prochaine fois, par changement, je vous donnerai un coq, à moins que vous ne teniez de préférence aux picots ; et renvoyez-moi la bourriche, s’il vous plaît, avec les deux anciennes. J’ai eu un malheur à ma charreterie, dont la couverture, une nuit qu’il ventait fort, s’est envolée dans les arbres. La récolte non plus n’a pas été trop fameuse. Enfin, je ne sais pas quand j’irai vous voir. Ça m’est tellement difficile de quitter maintenant la maison, depuis que je suis seul, ma pauvre Emma !
    « Et il y avait ici un intervalle entre les lignes, comme si le bonhomme eût laissé tomber sa plume pour rêver quelque temps.
    « Quant à moi, je vais bien, sauf un rhume que j’ai attrapé l’autre jour à la foire d’Yvetot, où j’étais parti pour retenir un berger, ayant mis le mien dehors, par suite de sa trop grande délicatesse de bouche. Comme on est à plaindre avec tous ces brigands-là ! Du reste, c’était aussi un malhonnête.
    « J’ai appris d’un colporteur qui, voyageant cet hiver par votre pays, s’est fait arracher une dent, que Bovary travaillait toujours dur. Ça ne m’étonne pas, et il m’a montré sa dent ; nous avons pris un café ensemble. Je lui ai demandé s’il t’avait vue, il m’a dit que non, mais qu’il avait vu dans l’écurie deux animaux, d’où je conclus que le métier roule. Tant mieux, mes chers enfants, et que le bon Dieu vous envoie tout le bonheur imaginable.
    « Il me fait deuil de ne pas connaître encore ma bien-aimée petite-fille Berthe Bovary. J’ai planté pour elle, dans le jardin, sous ta chambre, un prunier de prunes d’avoine, et je ne veux pas qu’on y touche, si ce n’est pour lui faire plus tard des compotes, que je garderai dans l’armoire, à son intention, quand elle viendra.
    « Adieu, mes chers enfants. Je t’embrasse, ma fille ; vous aussi, mon gendre, et la petite, sur les deux joues.
    « Je suis, avec bien des compliments,
    « Votre tendre père,
    « THEODORE ROUAULT. »
    Elle resta quelques minutes à tenir entre ses doigts ce gros papier. Les fautes d’orthographe s’y enlaçaient les unes aux autres, et Emma poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une haie d’épines. On avait séché l’écriture avec les cendres du foyer, car un peu de poussière grise glissa de la lettre sur sa robe, et elle crut presque apercevoir son père se courbant vers l’âtre pour saisir les pincettes.
    Comme il y avait longtemps qu’elle n’était plus auprès de lui, sur l’escabeau, dans la cheminée, quand elle faisait brûler le bout d’un bâton à la grande flamme des joncs marins qui pétillaient !…


    Je n'arrive pas à trouver un plan...
    Je pense parler du provincialisme du père, que l'on peut voir par sa façon de parler et peut être aussi du réalisme de cette extrait.

    Si quelqu'un a une idée pour les partie de ce texte, n'hésitez pas !

    Merci d'avance.
  • Une explication de texte ou un commentaire de texte ? Ce n'est pas la même chose.
  • Désolé, je me suis mal exprimée. C'est un commentaire que j'ai à faire.
  • Dans ce cas, avant le plan, il te faut trouver une problématique.
  • ...et étudier le texte en détail. Le plan en découlera.
  • Provincialisme ne s'applique pas vraiment au Père Rouault : oui, il vit en province, mais sa fille et son gendre également !
    D'autre part, Flaubert, né à Rouen et qui a vécu toute sa vie à Croissy est aussi un provincial. La différence, c'est qu'il est un grand bourgeois (sa mère était amie avec une dame d'honneur de l'impératrice Eugénie, et voilà pourquoi Madame Bovary n'a pas été condamné...) et il surplombe de toute sa hauteur de fils de mandarin ses personnages, l'obscur officier de santé et le fermier qui fait des fautes d'orthographe.
    Flaubert n'éprouve aucune empathie pour ses personnages qu'il tient à distance avec ironie. Je me demande si le roman n'est pas un plaidoyer contre le fameux ascenseur social : Charles était fait pour courir en plein air et garder les vaches, Emma, dont la mère portait la coiffe pour être une de ces maitresses femmes que Maupassant met en scène dans ses contes normands. Mais voilà, les parents leur ont fait faire des études, à l'un et à l'autre, ce qui les a perdus tous deux : n'instruisez pas le peuple, comme disait déjà Voltaire.

    Deux moitiés inégales dans l'extrait : la lettre de Rouault, maladroite, pleine de fautes d'orthographe épargnées au lecteur, et de janotismes ; la réaction d'Emma.
    Emma, déformée par son éducation, remarque les fautes de français commises par son père, ce qui le dévalorise à ses yeux, mais elle est aussi sensible à l'affection qui s'exprime ainsi, et elle éprouve de la nostalgie.
  • Devrais-je donc faire une partie sur le père Rouault et une autre sur Emma ?
  • Oui et non. Ce que le commentaire doit mettre en valeur, c'est la technique romanesque de Flaubert.
    Il nous montre un personnage en focalisation interne : la lettre, où s'exprime le personnage, et l'autre en focalisation zéro. C'est sur cette variation de présentation qu'il faut s'interroger : quel est l'effet produit.
  • L'effet produit peut être l'insistance sur la différence de " culture " entre le père et sa fille ? Puisque malgré qu'ils soient de la même famille, ils n'ont pas la même culture, ne parle pas le même langage..
  • Oui. A noter, pour une ouverture, puisque vous tenez tant aux ouvertures, que cette différence est au cœur du livre d'une autre normande, notre contemporaine, la Place d'Annie Ernaux.
    Quel éclairage cela donne-t-il au personnage d'Emma ?
  • Merci beaucoup pour votre aide. J'ai réussi à trouver à peu près un plan grâce à toutes vos pistes. Si certains pourraient me donner leurs avis, ça serait gentil.

    Alors pour la problématique, j'ai mis : " Quelle effet a voulu produire Flaubert par cette variation de présentation ? "

    Ensuite le plan :

    I - Le personnage du père Rouault ( Sa lettre )

    1) La tendresse qu'il éprouve pour sa famille
    2) Sa personnalité
    3) ? ( Je n'en ai pas encore trouvé )

    II - Le personnage d'Emma

    1) L'obstacle de la culture
    2) La nostalgie
    3) Le réalisme de ses souvenirs


    Si vous avez des modification à apporter, je vous en remercie d'avance.
  • S'il vous plait pouvez vous m'aidez à faire mon français j'y arrive pas
    1.Relevez ce qui caractérise les souvenirs d'Emma BOVARY. A quels termes les associe-t-elle dans la série d'exclamations qui exprime ses pensées?
    2. Analysez la métaphore des lignes 15-17. De quelle manière le narrateur souligne-t-il la perte par Emma de ses illusions?
    3. A travers quelle technique d'écriture le désarroi du personnage s'exprime-t-il dans les deux derniers paragraphes? Analysez le contraste qui existe entre l'état d'âme du personnage et la réalité qui l'entoure.
    Le cadeau arrivait toujours avec une lettre. Emma coupa la corde qui la retenait au panier, et lut les lignes suivantes :

    « Mes chèrs Enfants,
    « J’espère que la présente vous trouvera en bonne santé et que celui-là vaudra bien les autres ; car il me semble un peu plus mollet, si j’ose dire, et plus massif. Mais, la prochaine fois, par changement, je vous donnerai un coq, à moins que vous ne teniez de préférence aux picots ; et renvoyez-moi la bourriche, s’il vous plaît, avec les deux anciennes. J’ai eu un malheur à ma charretterie, dont la couverture, une nuit qu’il ventait fort, s’est envolée dans les arbres. La récolte non plus n’a pas été trop fameuse. Enfin ; je ne sais pas quand j’irai vous voir. Ça m’est tellement difficile de quitter maintenant la maison, depuis que je suis seul, ma pauvre Emma ! »

    Et il y avait ici un intervalle entre les lignes, comme si le bonhomme eût laissé tomber sa plume pour rêver quelque temps.

    « Quant à moi, je vais bien, sauf un rhume que j’ai attrapé l’autre jour à la foire d’Yvetot, où j’étais parti pour retenir un berger, ayant mis le mien dehors, par suite de sa trop grande délicatesse de bouche. Comme on est à plaindre avec tous ces brigands-là ! Du reste, c’était aussi un malhonnête.

    « J’ai appris d’un colporteur qui, voyageant cet hiver par votre pays, s’est fait arracher une dent, que Bovary travaillait toujours dur. Ça ne m’étonne pas, et il m’a montré sa dent ; nous avons pris un café ensemble. Je lui ai demandé s’il t’avait vue, il m’a dit que non, mais qu’il avait vu dans l’écurie deux animaux, d’où je conclus que le métier roule. Tant mieux, mes chers enfants, et que le bon Dieu vous envoie tout le bonheur imaginable.

    « Il me fait deuil de ne pas connaître encore ma bien-aimée petite-fille Berthe Bovary. J’ai planté pour elle, dans le jardin, sous ta chambre, un prunier de prunes d’avoine, et je ne veux pas qu’on y touche, si ce n’est pour lui faire plus tard des compotes, que je garderai dans l’armoire, à son intention, quand elle viendra.

    « Adieu, mes chers enfants. Je t’embrasse, ma fille ; vous aussi, mon gendre, et la petite, sur les deux joues.

    « Je suis, avec bien des compliments,
    « Votre tendre père,
    « Théodore Rouault. »
    Elle resta quelques minutes à tenir entre ses doigts ce gros papier. Les fautes d’orthographe s’y enlaçaient les unes aux autres, et Emma poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une haie d’épines. On avait séché l’écriture avec les cendres du foyer, car un peu de poussière grise glissa de la lettre sur sa robe, et elle crut presque apercevoir son père se courbant vers l’âtre pour saisir les pincettes. Comme il y avait longtemps qu’elle n’était plus auprès de lui, sur l’escabeau, dans la cheminée, quand elle faisait brûler le bout d’un bâton à la grande flamme des joncs marins qui pétillaient !… Elle se rappela des soirs d’été tout pleins de soleil. Les poulains hennissaient quand on passait, et galopaient, galopaient… Il y avait sous sa fenêtre une ruche à miel, et quelquefois les abeilles, tournoyant dans la lumière, frappaient contre les carreaux comme des balles d’or rebondissantes. Quel bonheur dans ce temps-là ! quelle liberté ! quel espoir ! quelle abondance d’illusions ! Il n’en restait plus maintenant ! Elle en avait dépensé à toutes les aventures de son âme, par toutes les conditions successives, dans la virginité, dans le mariage et dans l’amour ; — les perdant ainsi continuellement le long de sa vie, comme un voyageur qui laisse quelque chose de sa richesse à toutes les auberges de la route.

    Mais qui donc la rendait si malheureuse ? où était la catastrophe extraordinaire qui l’avait bouleversée ? Et elle releva la tête, regardant autour d’elle, comme pour chercher la cause de ce qui la faisait souffrir.

    Un rayon d’avril chatoyait sur les porcelaines de l’étagère ; le feu brûlait ; elle sentait sous ses pantoufles la douceur du tapis ; le jour était blanc, l’atmosphère tiède, et elle entendit son enfant qui poussait des éclats de rire.
  • Je ne pense pas que tu trouveras quelqu'un pour te faire ton travail ...
    Il faut que tu essaies de répondre toute seule.
    Si tu me soumets tes idées, je veux bien t'aider.

    Tout du moins, explique ce que tu ne comprends pas !


    Une série d'exclamation est l'ensemble des phrases exclamatives (qui sont ponctuées par un point d'exclamation) dans le texte. Il faut que tu cherches le passage dans lequel Emma s'exclame et que tu trouves à quoi ces exclamations sont associées.
  • CDelCDel Membre
    Bonjour, Je dois rediger un commentaire de texte sur un extrait de Madame Bovary pour demain

    J'ai fait en partie la lecture analytique mais j'arrive pas a trouver les 2 grandes axes de parties qu'on peut faire avec cette consigne.

    Voici l'extrait du texte parite 2 chapitre 10.
    «J’espère que la présente vous trouvera en bonne santé (...). Il me fait deuil de ne pas connaître encore ma bien-aimée petite-fille Berthe Bovary. J’ai planté pour elle, dans le jardin, sous ta chambre, un prunier de prunes d’avoine, et je ne veux pas qu’on y touche, si ce n’est pour lui faire plus tard des compotes, que je garderai dans l’armoire, à son intention, quand elle viendra.

    Adieu, mes chers enfants. Je t’embrasse, ma fille ; vous aussi, mon gendre, et la petite, sur les deux joues.

    Je suis, avec bien des compliments,

    Votre tendre père,

    THEODORE ROUAULT. »


    Elle resta quelques minutes à tenir entre ses doigts ce gros papier. Les fautes d’orthographe s’y enlaçaient les unes aux autres, et Emma poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers comme une poule à demi cachée dans une haie d’épines. On avait séché l’écriture avec les cendres du foyer, car un peu de poussière grise glissa de la lettre sur sa robe, et elle crut presque apercevoir son père se courbant vers l’âtre pour saisir les pincettes.
    Comme il y avait longtemps qu’elle n’était plus auprès de lui, sur l’escabeau, dans la cheminée, quand elle faisait brûler le bout d’un bâton à la grande flamme des joncs marins qui pétillaient !…

    Elle se rappela des soirs d’été tout pleins de soleil. Les poulains hennissaient quand on passait, et galopaient, galopaient… Il y avait sous sa fenêtre une ruche à miel, et quelquefois les abeilles, tournoyant dans la lumière, frappaient contre les carreaux comme des balles d’or rebondissantes. Quel bonheur dans ce temps-là ! quelle liberté ! quel espoir ! quelle abondance d’illusions ! Il n’en restait plus maintenant ! Elle en avait dépensé à toutes les aventures de son âme, par toutes les conditions successives, dans la virginité, dans le mariage et dans l’amour ; – les perdant ainsi continuellement le long de sa vie, comme un voyageur qui laisse quelque chose de sa richesse à toutes les auberges de la route.

    Mais qui donc la rendait si malheureuse ? où était la catastrophe extraordinaire qui l’avait bouleversée ? Et elle releva la tête, regardant autour d’elle, comme pour chercher la cause de ce qui la faisait souffrir.

    Un rayon d’avril chatoyait sur les porcelaines de l’étagère ; le feu brûlait ; elle sentait sous ses pantoufles la douceur du tapis ; le jour était blanc, l’atmosphère tiède, et elle entendit son enfant qui poussait des éclats de rire.

    La problematique est: Montrez que ce texte presente toutes les caracteristiques du roman realiste.

    Mes recherches:
    - point de vue omnicient
    - narrateur utilise la 3eme personne
    - le pere qui s'exprime de facon orale
    - Malgré « les fautes d’orthographe », Emma « poursuivait la pensée douce qui caquetait tout au travers, comme une poule a demi-cachée dans une haie d’épines ». Le langage est alors vu comme un obstacle : « une haie d’épines » que la pensée arrive péniblement à surmonter.
    - Cette lettre plonge Emma dans une nostalgie
    -souvenirs sont très précis et cohérents
    -L’emploie d’un article défini dans « les carreaux », « les pincettes », « les poulains » montre qu’elle se rappelle de chaque élément très précisément.

    Je pensait faire une partie sur le realisme des souvenirs mais je ne sait pas si cela tiens la route.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Pour l'essentiel, le caractère réaliste de l'extrait réside dans
    - la précision des détails, l'intérêt pour le quotidien, voire la trivialité,
    - le comportement emprunté et direct du Père Rouault,
    - et surtout les désillusions d'Emma.
    La focalisation n'est pas omnisciente, mais interne. Tout les effets reposent sur la perception contrastée d'Emma.
  • En complément :
    Le réalisme dans la construction du récit : une lettre à l'image du Père Rouault qui fait le lien entre hier et aujourd'hui.
    Le réalisme dans les réactions d'Emma : la focalisation interne qui donne les nuances et les contradictions des sentiments d'Emma.
    Le réalisme dans le statut du narrateur : masqué sans doute mais présent dans la force redoutable des contrastes entre la lettre prosaïque et ce qu'Emma relève d'ordinaire chez cette héroïne pétrie de sentiments mièvres et romanesques. Contraste encore entre l'image de l'âtre du père Rouault et "le feu brûlait". Cendres et exaltation. Le réalisme encore dans les évocations embellies des souvenirs et le mot "pantoufles". Un style qui se veut impersonnel ?

    Il est où le bonheur ?
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