L'inertie seule est menaçante. Poète est celui qui rompt pour nous l'accoutumance.

Bonjour à tous,
J'ai une dissertation sur la poésie ayant pour sujet :
Lors de l'attribution du prix Nobel en 1960, Saint-John Perse déclarait : "L'inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous avec l'accoutumance".
À partir des textes poétiques que vous connaissez, vous direz dans quelle mesure cette affirmation vous paraît convaincante.
J'ai bien une idée pour le plan mais la citation de Saint-John Perse me désarçonne complètement : de quelle accoutumance parle-t-il ? et de quelle inertie ?

Voilà, j'espère que vous pourrez m'aider car je suis complètement bloqué à cause de cela.

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Shindara,

    Ce que Saint John Perse dénonce repose sur une analyse qui remonte à Mallarmé.

    Pour te le faire mieux comprendre, je te joins un poème de Mallarmé assorti de quelques explications.
    Hommage

    Toute l'âme résumée
    Quand lente nous l'expirons
    Dans plusieurs ronds de fumée
    Aboli en autres ronds

    Atteste quelque cigare
    Brûlant savamment pour peu
    Que la cendre se sépare
    De son clair baiser de feu

    Ainsi le choeur des romances
    A ta lèvre vole-t-il
    Exclus-en si tu commences

    Le réel parce que vil
    Le sens trop précis rature
    Ta vague littérature

    Stéphane Mallarmé
    Stéphane Mallarmé comme Baudelaire était un fumeur. À la différence de Baudelaire qui fumait la pipe, Mallarmé fumait plutôt le cigare. [...]
    Mallarmé, « Hommage »

    L'accoutumance est en fait la fonction utilitaire du langage qui nous enferme dans la réalité et ses évidences. Pour les poètes, depuis Baudelaire et surtout Apollinaire, la poésie réside dans la nouveauté. Il appartient donc au poète d'inventer un langage nouveau, une "sorcellerie évocatoire" qui soit à la fois un moyen d'aller au-delà des apparences, la capacité à renouveler le sens de l'univers et l'instrument pour rendre compte de ces expériences.
    C'est sans doute aussi l'expression artistique conventionnelle ou cliché. Le poète doit là aussi renouveler la forme.
  • Bonsoir Shindara,

    La citation qui constitue ton sujet de dissertation est une phrase très célèbre, brillant révélateur de la remise en cause fondamentale des formes traditionnelles de la poésie qui est opérée au XXe siècle. Elle appelle à une redéfinition des thématiques usuelles de la poésie. Phrase iconoclaste donc, mais qui n'entend pas faire de la contestation de la poésie "établie" une fin en soi ; elle suggère une ré-orientation de l'activité du poète : en vrac, extraire l'image des associations convenues, laisser une place au hasard et à l'automatisme ; mais aussi, s'astreindre à des contraintes formelles inédites (cf. l'Oulipo) ; briser la logique courante ; disloquer le langage, éclater le mot, "sonoriser" la langue. Paradoxalement, Saint-John Perse se fait le grand prêtre de l'ultra-modernisme poétique, de l'avant-garde sans cesse à dépasser, alors que cette pratique poétique lui était assez étrangère...
  • Bonjour, j'ai une dissertation en français sur la citation de Saint-John Perse : "poete est celui-là qui rompt avec l'accoutumance"
    Je compte montrer que oui il rompt avec l'accoutumance dans le grand 1 et non dans le grande 2 mais je n'est pas d'idée de sous partie ni d'exemple
    J'ai penser a montrer comment les poètes peuvent transformer qu'elque chose d'ordinaire en qu'elque chose de magique comme dans "le buffet" de Rimbaud mais pour le grand 1 je ne sais pas comment montrer que le poete ne rompt pas avec l'accoutumance car de mon point dévié c'est ce qu'il fait
  • « Un poète n’est pas plus utile à la société qu’un bon joueur de quilles »
    Malherbe
    « Celui qui vient au monde pour ne rien troubler
    ne mérite ni égards ni patience. »
    René Char
    "La poésie est une insurrection".
    Pablo Neruda
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