Grammaire française Participe passé

Bonjour à tous !

En préparant des exercices de grammaire pour des étudiants, je suis tombé sur la phrase suivante : "Nous savons tous comment tu as fait", avec pour analyse "comment tu as fait = proposition interrogative indirecte".

Or, le verbe introducteur "savoir" n'est pas de ceux qui introduisent une interrogative indirecte (il s'agit en général de verbes d'interrogation ou de manque de connaissance comme "ignorer ou ne pas savoir".

Ma question est donc : comment analyser le "comment tu as fait" ? Subordonnée complétive, complétant le verbe transitif direct "savoir" ? Mais les complétives ne sont-elles pas de trois sortes : par que, infinitives et interrogatives indirectes ?

Merci par avance pour vos réponse !

Antoine

Réponses

  • [Comment sert à interroger sur la manière]
    [En interr. dir.] La maison religieuse est jetée par terre. Il faut la relever. Comment? (BARRÈS, Mes cahiers, t. 5, 1906-07, p. 137) :18. Et bien! Tant pis, il faut se débrouiller. Comment? Je ne sais pas très bien, mais il faut se débrouiller.J. RIVIÈRE, Correspondance [avec Alain-Fournier], 1905, p. 40.

    b]En interr. indir. avec des verbes du type dire, savoir, sentir[/b Je sens que le feu brûle, mais je ne sais ni comment ni pourquoi (A. FRANCE, Thaïs, 1890, p. 36). Je me trouvai dehors sans trop savoir comment (A. FRANCE, Sur la pierre blanche, 1905, p. 249).
    (Tlfi
  • Merci pour cette réponse rapide !

    Mais vous voyez bien que dans les deux derniers exemples, il s'agit toujours du verbe "savoir" employé dans le sens négatif d'ignorer, ce qui est caractéristique de l'interrogative indirecte.

    Or, dans l'exemple que je donne, ce n'est pas du tout le cas ! D'où ma perplexité...
  • Support des propositions.
    a) Le support de l’interrogation indirecte peut être un verbe de sens nettement interrogatif, comme demander, mais ce n’est pas toujours le cas.

    Si le verbe support implique l’incertitude par son sens (ignorer) ou par sa construction négative ou interrogative, ou si le verbe support est à l’impératif ou au futur, il s’agit de quelque chose qu’on ignore et dont on s’enquiert ; la nuance interrogative est donc perceptible :

    J’ignore ou Je ne sais s’il viendra (ou … quand il viendra). — Il ne m’a pas dit s’il venait. — Savez-vous s’il viendra ? — Dites-moi s’il viendra. — Il vous dira s’il viendra. (Comp. : Il m’a dit qu’il venait.)
    La nuance interrogative est peu sensible quand les conditions données ci-dessus sont absentes . C’est seulement la présence d’un mot interrogatif qui permet de reconnaître une interrogation indirecte : Je sais quelle est la réponse. Je vous dirai quand il partira, s’il partira. — Mais certains mots peuvent être interrogatifs ou relatifs : Il m’a dit où il allait. (Comp. : Il va où il veut.)
    (Grevisse)
  • JehanJehan Modérateur
    Riegel dit bien que les verbes pouvant se construire avec une interrogative indirecte sont très nombreux (un auteur en a dénombré plus de 80), et que cette liste comporte, outre des verbes de sens strictement interrogatif, des verbes déclaratifs comme dire, expliquer, raconter... et des verbes de connaissance comme savoir, ignorer, comprendre, étudier, vérifier, découvrir...

    Comment as-tu fait ?
    Nous savons comment tu as fait...
    Nous découvrons comment tu as fait...
    Nous comprenons comment tu as fait...
    Nous expliquons comment tu as fait...
  • Merci à vous, je vais donc trancher de cette manière !

    Je sais ce que tu veux : subordonnée relative
    Je ne sais pas ce que tu veux : subordonnée interrogative indirecte

    Mais

    Je sais comment il est : subordonnée interrogative indirecte
    Je ne sais pas comment il est : subordonnée interrogative indirecte
  • Bonsoir,

    Je me rallie au côté de Medisupopof (son premier message). Pour moi, quand « savoir » n'est ni à l'interrogatif, ni au négatif, j'ai le plus grand mal à trouver ensuite une interrogative indirecte.

    Ex. : Je sais comment tu as fait. ► Je ne me pose aucune question puisque je le sais...

    Sinon, on aurait ce dialogue :D :
    — Je sais comment tu as fait : peux-tu me le dire, s'il te plaît ?
    — Bah ça sert à rien puisque tu le sais !

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    Je sais ce que tu veux : subordonnée relative
    Je ne sais pas ce que tu veux : subordonnée interrogative indirecte

    Pourquoi pas "interrogative indirecte" dans les deux cas ?
    La négation ne fait pas changer de nature le pronom "ce que", équivalent en discours indirect des pronoms interrogatifs "que" ou "qu'est-ce que" du discours direct.

    Pour répondre à Muriel, et comme dit plus haut, les propositions dites interrogatives indirectes n'expriment pas forcément et seulement une interrogation au sens strict.
  • Selon https://www.etudes-litteraires.com/analyse-logique.php les propositions introduites pas "ce que" sont des conjonctives pures.
    Les propositions interrogatives indirectes sont introduites par "si", un déterminant interrogatif , un pronom interrogatif ou un adverbe interrogatif.
  • JehanJehan Modérateur
    Oui, mais comme dit Grevisse...
    certains mots peuvent être interrogatifs ou relatifs
    Et cela varie selon le sémantisme du verbe de la principale :
    Il se rendait j'habitais (pronom relatif, d'où subordonnée relative)
    Il demandait j'habitais (pronom interrogatif, d'où interrogative indirecte : habitais-je ? Il le demandait.)
    Alors, pourquoi pas la même distinction entre :
    Je lui donnais ce qu'il voulait. (pronom relatif)
    Je demandais ce qu'il voulait. (pronom interrogatif : Que voulait-il ? Qu'est-ce qu'il voulait ? Je le demandais.)
  • "ce que" peut être soit :
    -un pronom démonstratif neutre "ce" (qu'on appelle aussi pronom décumulatif) + la conjonction "que" (qui introduit généralement une complétive : par exemple, "Je m'attends à ce qu'il range un jour sa chambre".) Dans cet exemple "que" n'a pas d'autre rôle que celui d'un translateur qui marque la subordination. La subordonnée est une complétive dont le verbe opérateur est généralement en construction indirecte : s'attendre à quelque chose, veiller à quelque chose etc. (La subordonnée occupe donc la fonction de COI du verbe opérateur.)

    "ce que" peut être aussi :
    un pronom démonstratif neutre "ce"+ le pronom relatif "que" (qui introduit une subordonnée relative OU une interrogative indirecte).
    Dans les deux cas, le verbe de la proposition subordonnée donne au pronom relatif "que" une fonction de COD ou d’attribut.
    Le problème est ensuite de distinguer :
    1. relative substantive périphrastique (qui occupera en général une fonction de COI
    du verbe opérateur)
    2. l'interrogative indirecte, qui utilise des pronoms qui introduisent habituellement les relatives substantives.

    A cette étape là, seul le sémantisme du verbe opérateur permet de les distinguer et il faut essayer de voir si l'on peut rétablir ou non une interrogation directe :
    Ex 1 : Je m’attendais à [ce qu’il m’a dit]
    que COD de dire + verbe opérateur « m'attendais » non interrogatif => relative
    substantive dite périphrastique, COI de « s'opposer à ».

    Je m'oppose à [ce que tu viens de dire].
    que COD de dire + verbe opérateur « m'attendais » non interrogatif => relative
    substantive dite périphrastique, COI de « s'opposer à ».
    Ex 2 : Je me demande [ce qu'il t'a dit.]
    que COD de dire + verbe opérateur « se demander » interrogatif => interrogative
    indirecte (complétive non conjonctive COD de « se demander »).
  • JehanJehan Modérateur
    Merci...
    Je rectifie une petite interversion :
    Ex 1 : Je m’attendais à [ce qu’il m’a dit]
    que COD de dire + verbe opérateur « m'attendais » non interrogatif => relative
    substantive dite périphrastique, COI de « s'opposer à ». "s'attendre à"
    Je m'oppose à [ce que tu viens de dire].
    que COD de dire + verbe opérateur « m'attendais » 'm'oppose" non interrogatif => relative
    substantive dite périphrastique, COI de « s'opposer à ».
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