Grammaire française Participe passé

Bonjour,

J’espère que ma demande n’est pas déplacée…
Dans le texte Si un jour, de Robert Cogoi, doit-on mettre les verbes suivants au futur simple ou au conditionnel présent ?
http://www.paroles.net/chansons/21931.htm

Quand je vous verrais tous deux partir,
Je verrais s'éloigner vos deux ombres,
Je me cacherais dans la pénombre.

Pour moi, il s’agit du mode conditionnel (Si…) et non de l’indicatif futur simple.
Mon contradicteur propose ceci :
« Je ne suis pas d'accord : on a "la pluie battra" et "vous serez heureux" juste avant.
Ce passage est forcément au futur - c'est un futur historique, comme on peut avoir dans d'autres circonstances un présent historique, c'est à dire un présent qui raconte des événements passés en les actualisant.
Ici, c'est la même chose.
Ce futur actualise des événements il est vrai conditionnels... »

Je vous remercie de votre réponse que je souhaite(rais) détaillée.

lumouni
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Réponses

  • Bonsoir,

    non, Lumouni, ta demande n'est pas déplacée, elle est juste un peu surprenante : l'action (les actions) décrites dans ton exemple ne se situent-elles pas dans le futur ?

    => tu peux changer la personne de la conjugaison : Quand vous partirez tous deux ... / Quand il vous verra tous deux partir ...
    => tu peux changer de temps : quand je vous voyais partir ... / quand je vous vis partir ...

    Il n'y a pas trace de conditionnel ici, et pourquoi y en aurait-il ? La phrase exprime-t-elle une hypothèse ou une condition ? non.

    Prenons trois exemples :
    G. Bécaud a chanté :

    « Le jour où la plus viendra, nous serons, toi et moi ... »
    C. Trenet a écrit:
    « Je t'attendrai à la porte du garage ... »
    Lumouni aurait pu écrire:

    « J'attendrai votre réponse que je souhaiterais / que j'aimerais / que j'attendrais (!) détaillée. »
    Dans des phrases de ce type (la dernière), le futur exprime une attente réelle, et le conditionnel une demande atténuée, un souhait.
    => Pour toute phrase exprimant le doute, le souhait, l'incertitude, le conditionnel s'impose.

    En fait, la seule hésitation qu'on puisse avoir, ce sera dans des phrases exprimant une volonté et où l'un ou l'autre mode introduit une nuance de sens ou de civilité :

    * Je souhaiterai(s) vous entretenir de ... Je serai(s) heureux que vous puissiez ... : ici, le futur représente un engagement à effectuer l'action, le conditionnel un souhait, une demande formulée de manière souple.
    La nuance ? elle disparaît quand on met la phrase au présent de l'indicatif : Je souhaite vous entretenir ... Je suis heureux que ...

    Enfin, cerise sur le gâteau, quelques exemples encore de l'emploi du futur vs conditionnel :

    * Je viendrai volontiers à votre repas => futur = certitude : j'y serai.
    * je viendrais volontiers à votre repas, si je peux me libérer => incertitude, condition : conditionnel.
    * je viendrais volontiers à votre repas, mais ... => expression d'un souhait ou d'un regret => conditionnel : mais je regrette, je suis pris ailleurs.
  • Bonjour, Pierrot11,

    Merci de m’avoir répondu. Je me sens très mal à l’aise de devoir insister et préciser certains points.
    Le début de la chanson, (lien ci-dessous) dont tu ne sembles pas tenir compte dit :
    http://www.paroles.net/chansons/21931.htm

    Si un jour cela devait m'arriver
    Que tu viennes à me quitter
    Pour moi ce serait la fin du monde. (Il s’agit bien d’un conditionnel !)

    Quand je vous verrai tous deux partir…

    Il me serait agréable que tu revoies ta position à la lueur du texte complet. J’aurais peut-être dû insister sur l’utilisation de ce lien.
    Je suis assez perturbé par ce petit problème.

    Cordialement et avec mes remerciements,

    Lumouni
  • Bonjour Lumouni,

    Pour moi aussi, il s’agit là effectivement d’un futur simple à valeur temporelle de base. Par contre, je crois comprendre votre perplexité face à ce changement de mode. L’auteur a choisi de commencer la chanson par une hypothèse (ou une éventualité si vous voulez) mais tout en la considérant comme une potentialité plutôt qu’une réalité dans l'avenir. Il a en effet pris sa réserve en la faisant glisser plus ou moins vers l'irréalité par l'emploi du conditionnel.
    Si un jour cela devait m'arriver
    Que tu viennes à me quitter
    Pour moi ce serait la fin du monde
    Jusque là, tout est clair, puis le changement de conjonction (un changement que perso j’apprécie énormement) l’a contraint de passer au futur simple, « quand » signifiant ici « jamais, dans le futur ».
    Quand je vous verrai tous deux partir
    […]
    Je me cacherai dans la pénombre
    Pour moi ce sera la fin de ma vie
    Tout d’un coup, on sort de l’hypothèse pour se trouver devant quelque chose de certain, devant cette peur si réelle qu’elle pousse le monsieur à faire appel au Dieu…
    De toute façon, le choix du conditionnel me semble impossible après ce « quand », même s’il s’agit d’un fait envisagé comme improbable (rappelez-vous le « Quand les poules auront des dents » !)

    Que Pierrot ou d’autres me corrigent (plutôt corrigent mes propos :)) !
  • Bonjour !

    Les quatre premiers vers ont une structure conditionnelle et hypothétique : la subordonnée exprime un irréel ; non pas un irréel du présent (à cause de « un jour »), mais un irréel du futur ou potentiel. L’auteur envisage donc la séparation comme une éventualité.
    Les treize derniers vers sont construits de la même manière : l’éventualité.

    ENTRE LES DEUX, les subordonnées sont sur le mode temporel. L’auteur n’est plus dans le potentiel (conditionnel) , mais dans l’actuel (indicatif) ; il est en train de vivre le drame de la séparation comme s’il y était ; il le vit en actualisant la séparation : ce n’est plus « si tu me quittais », mais « quand tu me quitteras ». Ce temps futur, malgré l’incertitude qu’il comporte, est ressenti comme un présent.

    Il suffit d’avoir vécu pour savoir que des craintes peuvent être telles (par l’intensité de l’imagination et de la souffrance, ou encore par la faiblesse psychologique du sujet) qu’elles peuvent s’exprimer par un quasi-vécu.

    L’auteur passe par cette phase d’actualisation et, en finale, après une prière à Dieu, prière apaisante, revient à l’irréel du futur.
    Ce n’est pas le cas ici (puisque l’auteur utilise le futur), mais la conjonction de subordination « quand » peut être utilisée pour introduire une HYPOTHÈSE.
    Voyez le Petit Robert :
    * Un ancien intellectuel, quand il SERAIT devenu maçon, est toujours un aristo. (Péguy)
    * Quand elle l’EÛT voulu, elle n’aurait pas pu. (Stendhal)
    La forme « quand (bien) même » + conditionnel = même si.
    * Quand même vous AURIEZ arraché les canines du tigre. (Flaubert)
    A mon avis, on ne peut pas parler ici de FUTUR HISTORIQUE. Celui-ci, d’un niveau littéraire, est en effet employé, dans une narration, à l’égard d’événements qui se sont DÉJÀ PRODUITS et qui sont connus.
    * Jean XXII fut élu pape (1316) parce qu’on le croyait mourant. Il VIVRA encore dix-huit ans.
    Dans notre situation, les événements sont à venir, le cas échéant.
  • Bonsoir,

    Je remercie les différents intervenants pour leur gentillesse et la qualité de leurs propos et de leurs réflexions.
    Je perçois que vous avez raison, mais il va falloir que je m’imprègne de cette idée.
    J’ai survolé ce forum, que je viens de trouver par hasard, et je me propose de m’y rendre souvent.
    Je suis ravi de cette découverte : c’est cela la sérendipité. ?

    Cordialement,

    Lumouni
  • On a dans L'hymne à l'amour

    Si un jour la vie t'arrache à moi
    Si suivi de l'affirmatif
    Si tu meurs que tu sois loin de moi
    Si suivi du conditionnel
  • lumouni a écrit:
    c’est cela la sérendipité.
    Voilà un mot savant qu'il est utilisé ici à très bon escient ! Ce n'est pas si fréquent ; où donc as-tu déniché cette rareté ?
    On a dans L'hymne à l'amour
    Il y a beaucoup plus que ça dans L'hymne à l'amour :

    « On peut bien rire de moi,
    Je ferais n'importe quoi
    Si tu me le demandais
    . »
    * si + indic. imparfait => principale au conditionnel : irréel / potentiel (= qui peut arriver).

    « Si un jour la vie t'arrache à moi [...]
    Peu m'importe, car moi je mourrai aussi. »
    * si + indic. présent => principale au futur : certitude / éventuel (= qui va arriver).

    « Si tu meurs que tu sois loin de moi ... »
    * si + indicatif, que + subjonctif ?
    C'est plus difficile à expliquer simplement ; je pense qu'il y a ici une ellipse majeure : "Si tu meurs, [s'il arrive] que tu sois loin de moi ... »
    On retrouve ici une expression du genre "que tu meures [subj.] et je meurs [indic.] à l'instant", mise pour "s'il advient que ... + subjonctif".

    On m'objectera peut-être que "car moi je mourrais aussi" est au conditionnel (sur paroles.net) ; mais non, et pour trois raisons :
    * la grammaire ;
    * la diction dans la chanson (réécoutez-la) : Piaf chante "car moi je mourrai haussi" et non pas "car moi je mourrai zaussi" ;
    * le texte lui-même : le vers suivant est "nous aurons l'éternité" et non "nous aurions l'éternité".

    Ce ne sera pas la première fois qu'un site de paroles se sera planté dans l'orthographe d'un texte (et non pas "ce ne serait pas la première fois ..." : il est sûr qu'il se sont plantés).
  • Bonjour

    Hésitation entre:

    Une faute que je n'oserai jamais avouer

    Une faute que je n'oserais jamais avouer

    Merci
  • Tout dépend si tu as un SI ou pas dans la phrase
    Une faute que je n'oserai jamais avouer à personne
    Une faute que je n'oserais jamais avouer, si l'occasion se présentait
  • Bonjour Léah

    Non, pas de Si

    Un contexte:
    J'étais en train de réfléchir, non plus à l'erreur faite hier seulement, mais à toutes celles que j'avais pu faire, dans une consternation dont je n'oserai jamais t'avouer un seul mot.

    J'étais en train de réfléchir, non plus à l'erreur faite hier seulement, mais à toutes celles que j'avais pu faire, dans une consternation dont je n'oserais jamais t'avouer un seul mot.

    Merci
  • Eh bien c'est un fait avéré, je n'oserai jamais ; l'indicatif sans hésitation
    Mais on ne peut pas avouer un seul mot d'une consternation !
  • Merci Léah.
    Il s'agit d'une phrase équivalente sur la forme, sans aucun sens voulu, construite ici pour la question uniquement.
  • Bonsoir,

    Tout ceci me remet en mémoire l'opéra Carmen :
    * Si tu ne m'aimes pas, je t'aime,
    Mais, si je t'aime, prends-garde à toi.

    Le premier SI ouvre une subordonnée concessive d'opposition :
    → Quoique tu ne m'aimes pas, je t'aime.
    → Tu ne m'aimes pas, je t'aime quand même.

    Le second SI est seul conditionnel :
    → Dans l'hypothèse où tu m'aimes, prends garde à toi.
  • J'aimerais savoir quel temps utiliser dans la phrase suivante :

    "j'ai la chance d'avoir un superbe ordinateur et pour rien au monde j'en changerai (ou j'en changerais ?)"

    J'hésite entre le conditionnel présent et le futur, sachant qu'à présent j'en suis satisfaite mais il n'est pas impossible que j'en change dans l'avenir.... :rolleyes:
  • je N'en changerai ; tu es affirmative, donc indicatif
  • Là chère Léah je ne suis pas aussi affirmatif que toi ! Pour moi c'est toujours une question irrésolue! Je n'en changerai peut tout aussi bien être une affirmation instantanée: au moment même ou l'on parle, et qui n'engage l'avenir que d'une manière hypothétique !

    Pour rien au monde je n'en changerai Cela exprime, on peut légitimement le penser une condition ! Même si on me donnais tout l'or du monde , je ne changerais pas ! Qu'en pensent d'éminents spécialistes ! Il serait bon de le savoir ? Edy à ton clavier !
  • Même si.... là effectivement on a le conditionnel obligatoire dans la principale ; ce qui n'est pas le cas dans “pour rien au monde je ne changerai de PC”
  • Ah non, pas d'accord Léah : pour rien au monde je ne changerais de PC, cela ne me viendrait même pas à l'idée : le sens est bien celui d'un conditionnel, et la grammaire suit le sens.
  • Bonsoir !

    * J'ai la chance d'avoir un superbe ordinateur et pour rien au monde je N'en CHANGERAI / je N’en CHANGERAIS.

    Instinctivement, j’aurais écrit : « je n’en CHANGERAIS ».

    Mon corpus le confirme :
    * Tel homme qui n’éprouve aucun scrupule à tromper sa femme ne SÉDUIRAIT pour rien au monde la femme d’un ami. (JEAN DUTOURD. LES PENSÉES)
    * Ma femme a les cheveux bruns et n’en CHANGERAIT la couleur pour rien au monde : ils sont si bien assortis avec sa moustache. (ANONYME)
    * Par exemple, il n'AURAIT pas, pour un boulet de canon, ACHETÉ un timbre-poste ailleurs qu'à la Civette du Théâtre-Français. (A propos d’Alphonse Allais)

    L’explication se trouve non pas dans une subordonnée conditionnelle, ici absente, mais dans le fait que le conditionnel marque un fait CONJECTURAL dans l’avenir.
    * Les seuls traités qui COMPTERAIENT sont ceux qui se CONCLURAIENT entre les arrière-pensées. (Valéry)
    Le conditionnel, à l’inverse du futur, exprime ici le caractère UTOPIQUE de la situation.

    Je ne pense pas devoir pour autant jeter l’anathème sur « je n’en CHANGERAI ».
    En effet, en raison de la part d’incertitude qu’il contient, le futur est tout aussi conjectural.
    * Pour rien au monde, je ne me remarierai. (Alors que je suis déjà marié. J’anticipe…)
    L’énoncé se paraphrase facilement en :
    * EN AUCUN CAS, je ne me remarierai.
    * Il est exclu que je me remarie.
    * Le privilège de l’Anglais est de ne comprendre aucune autre langue que la sienne. Et même s’il comprend, il ne doit EN AUCUN CAS s’abaisser à le laisser croire. (PIERRE DANINOS. LES CARNETS DU MAJOR THOMPSON)

    → Pour rien au monde, je n’en CHANGERAI. (Alors que j’ai déjà un ordinateur superbe.)
  • Bonjour,
    je crois que mon problème est du même style. Mon CV vu par différentes personnes avec des avis contraires.
    "...je souhaite m'investir à vos côtés. De par mes connaissances dans ce domaine, je serai (s?) capable d'intégrer votre équipe."
    Au départ j'avais mis le conditionnel, mais on m'a dit que comme toute ma lettre est au présent qu'il fallait mieux mettre le futur. Qu'en pensez-vous ? Merci.
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