Fiches méthode Bac de français 2021

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Réponses

  • Pour la première question j'ai répondu : Oui la femme permet au poète d'échapper au spleen et d'atteindre l'idéal car la femme est une beauté inaccessible et une allégorie absolu.
    Je ne suis pas sur que c'est juste.
    Pour la deuxième question je n'en ai aucune idées.
  • JehanJehan Modérateur
    Pour la deuxième question je n'en ai aucune idée
    Tu ne vois pas quel est le rôle du poète selon Baudelaire ?
    Tu n'as donc compris aucun des poèmes de la liste, alors ?
    Il faudrait tout de même essayer de les relire en réfléchissant.
  • Bonjour,

    J'ai un DM à faire en français, je dois lire dans Les Fleurs du mal la section Spleen et idéal et dire en une vingtaine de lignes : En quoi les femmes sont-elles des fleurs du mal ?
    Alors la je bloque totalement aucune idée ne me viens à l'esprit :( cela fait 3 jours que je cherche mais rien n'abouti. Si vous avez des idées à me donner, comment m'y prendre je suis preneur sachant que je dois rendre mon DM mardi donc après demain et que je suis en classe 2nd.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Les femmes dans les Fleurs du mal suivent la ligne de fracture entre spleen et idéal.
    A part la Madone et la muse de l' "Invitation au voyage", elles sont des "muses vénales". Leur amour est décevant, il ne console pas, il ramène à terre, il détourne le poète de son art... La sensualité est leur malédiction, les femmes sont des dévoreuses des vampires, Baudelaire est misogyne et, comme beaucoup d'écrivains de son temps, il a été frappé à mort par la syphilis...
  • Merci pour ta réponse je tâcherai de développer cela. Si quelqu'un d'autre a des idées allez y ;)
  • Bonjour,
    j'ai a faire un Dm sur ce livre je ne devais pas le livre entièrement mais seulement quelque texte. Il y a seulement deux questions auquel je n'arrive pas a trouver de réponse.
    1. Lisez la dédicace: trouver une expression qui rappelle le titre
    => quel autre sens permet-elle de donner au titre?

    L'expression que j'ai trouvais est: "ces fleurs maladives" seulement je ne vois pas quel autre sens elle peut donner. J'avais penser a dire que "maladive" est un terme qui se rapproche de "mal" et qu'ainsi il insiste sur c'est "fleurs du mal"

    2. En lisant :
    Bénédiction :

    Lorsque, par un décret des puissances suprêmes,
    Le Poète apparaît en ce monde ennuyé,
    Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes
    Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié:

    — «Ah! que n'ai-je mis bas tout un noeud de vipères,
    Plutôt que de nourrir cette dérision!
    Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères
    Où mon ventre a conçu mon expiation!

    Puisque tu m'as choisie entre toutes les femmes
    Pour être le dégoût de mon triste mari,
    Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes,
    Comme un billet d'amour, ce monstre rabougri,

    Je ferai rejaillir ta haine qui m'accable
    Sur l'instrument maudit de tes méchancetés,
    Et je tordrai si bien cet arbre misérable,
    Qu'il ne pourra pousser ses boutons empestés!»

    Elle ravale ainsi l'écume de sa haine,
    Et, ne comprenant pas les desseins éternels,
    Elle-même prépare au fond de la Géhenne
    Les bûchers consacrés aux crimes maternels.

    Pourtant, sous la tutelle invisible d'un Ange,
    L'Enfant déshérité s'enivre de soleil
    Et dans tout ce qu'il boit et dans tout ce qu'il mange
    Retrouve l'ambroisie et le nectar vermeil.

    II joue avec le vent, cause avec le nuage,
    Et s'enivre en chantant du chemin de la croix;
    Et l'Esprit qui le suit dans son pèlerinage
    Pleure de le voir gai comme un oiseau des bois.

    Tous ceux qu'il veut aimer l'observent avec crainte,
    Ou bien, s'enhardissant de sa tranquillité,
    Cherchent à qui saura lui tirer une plainte,
    Et font sur lui l'essai de leur férocité.

    Dans le pain et le vin destinés à sa bouche
    Ils mêlent de la cendre avec d'impurs crachats;
    Avec hypocrisie ils jettent ce qu'il touche,
    Et s'accusent d'avoir mis leurs pieds dans ses pas.

    Sa femme va criant sur les places publiques:
    «Puisqu'il me trouve assez belle pour m'adorer,
    Je ferai le métier des idoles antiques,
    Et comme elles je veux me faire redorer;

    Et je me soûlerai de nard, d'encens, de myrrhe,
    De génuflexions, de viandes et de vins,
    Pour savoir si je puis dans un coeur qui m'admire
    Usurper en riant les hommages divins!

    Et, quand je m'ennuierai de ces farces impies,
    Je poserai sur lui ma frêle et forte main;
    Et mes ongles, pareils aux ongles des harpies,
    Sauront jusqu'à son coeur se frayer un chemin.

    Comme un tout jeune oiseau qui tremble et qui palpite,
    J'arracherai ce coeur tout rouge de son sein,
    Et, pour rassasier ma bête favorite
    Je le lui jetterai par terre avec dédain!»

    Vers le Ciel, où son oeil voit un trône splendide,
    Le Poète serein lève ses bras pieux
    Et les vastes éclairs de son esprit lucide
    Lui dérobent l'aspect des peuples furieux:

    — «Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
    Comme un divin remède à nos impuretés
    Et comme la meilleure et la plus pure essence
    Qui prépare les forts aux saintes voluptés!

    Je sais que vous gardez une place au Poète
    Dans les rangs bienheureux des saintes Légions,
    Et que vous l'invitez à l'éternelle fête
    Des Trônes, des Vertus, des Dominations.

    Je sais que la douleur est la noblesse unique
    Où ne mordront jamais la terre et les enfers,
    Et qu'il faut pour tresser ma couronne mystique
    Imposer tous les temps et tous les univers.

    Mais les bijoux perdus de l'antique Palmyre,
    Les métaux inconnus, les perles de la mer,
    Par votre main montés, ne pourraient pas suffire
    A ce beau diadème éblouissant et clair;

    Car il ne sera fait que de pure lumière,
    Puisée au foyer saint des rayons primitifs,
    Et dont les yeux mortels, dans leur splendeur entière,
    Ne sont que des miroirs obscurcis et plaintifs!»

    L'albatros :


    Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

    A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
    Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
    L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
    L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

    Le Poète est semblable au prince des nuées
    Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
    Exilé sur le sol au milieu des huées,
    Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.


    et , l'élévation :

    Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
    Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
    Par delà le soleil, par delà les éthers,
    Par delà les confins des sphères étoilées,

    Mon esprit, tu te meus avec agilité,
    Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
    Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
    Avec une indicible et mâle volupté.

    Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides;
    Va te purifier dans l'air supérieur,
    Et bois, comme une pure et divine liqueur,
    Le feu clair qui remplit les espaces limpides.

    Derrière les ennuis et les vastes chagrins
    Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
    Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
    S'élancer vers les champs lumineux et sereins;

    Celui dont les pensers, comme les alouettes,
    Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
    - Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
    Le language des fleurs et des choses muettes!

    il fallait trouver quelle premières images du poète on peut voir à travers cette lecture, comment on le perçois? ( relevez quelque expressions)

    j'ai trouver seulement 3 expressions qui montre son romantisme
    On peut peut etre trouver qu'il est joyeux, amusant, dépressif ect ...

    Voila, merci a tous ce qui lirons et qui pourrons du mieux qu'ils peuvent m'aider a trouver certaine réponse.
    Merci d'avance à vous!

    ( en m'excusant pour les milliers de fautes d'orthographe qu'il doit y avoir)
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    "Maladives" renvoie à maladie, une autre forme du mal.
    Baudelaire souffre de maladie, il a eu faim, froid, il était syphilitique. Il souffre aussi de mal de vivre, une forme de la dépression. Sa poésie exprime le plus souvent ses inconforts et sa défaite, voire sa déchéance...
  • Bonjour,
    J'entre en 1ère L en septembre, une liste de livres nous a été conseillé. Ma prof de français a bien insisté sur les poèmes, j'ai donc décidé de lire Les Fleurs du Mal de Baudelaire, seulement je ne sais pas comment m'y prendre... Je veut dire, en terme de méthodes et de choses à retenir, qu'est-ce que je dois chercher à comprendre dans le texte? Quels questions me poser? Que retenir? Je me pose d'ailleurs la question pour tout les autres livres (Romans, pièces de théâtre, autobiographies...), j'imagine bien qu'on ne peut pas se contenter de les lire pour les avoir lus, ça n'a aucun intérêt (à part le plaisir de lire :D plaisir que je ne trouve pas vraiment dans les poèmes en générale.. peut-être qu'une meilleure compréhension m'aiderai à les apprécier tout autant que les romans).

    Voilà, j'espère qu'une bonne âme pourra me venir en aide!
  • Si tu abordes des études de lettres, il faut lire les grandes œuvres, lentement, patiemment, aller un peu au hasard (tu parles des Fleurs du Mal : ouvre le recueil à n'importe quelle page, lis le poème jusqu'au bout et recommence...) Cherche à comprendre, mais surtout à apprécier, à te laisser bercer par la forme des mots, par leur sonorité, leur musique. C'est quand tu auras acquis une expérience suffisante que tu pourras avoir recours à des analyses et à des critiques. Il ne faut pas faire l'inverse et se dire (ce que tu sembles faire) : que dois-je comprendre ? et vérifier par la lecture une réponse préfabriquée, que de surcroît tu auras peut-être mal comprise... Cette méthode, c'est la mort de l'esprit critique, de la pensée vivante et, pire, du plaisir de lire...
  • Si je puis me permettre...
    Baudelaire a insisté sur le fait que son recueil était construit, avait une architecture interne et n'était pas un album.
    Il faut donc le lire en suivant, en commençant pas le premier poème, et puis le second... D'un poème à l'autre, chercher les ressemblances et les différences... en attendant une étude approfondie en classe.
  • Certes, mais, mais il s'agit ici de déclencher l'envie de lire de la poésie ; curieusement, vous semblez déjà vous placer dans la perspective d'une étude... Lire un recueil poétique du début à la fin peut s'avérer lassant, et personnellement, je n'ai jamais procédé ainsi.
  • Dites-le à Baudelaire !
    C'est lui qui voulait être lu en continu, du début à la fin... Même si c'est austère et parfois lassant, c'est la seule façon d'entrer en contact avec le texte.
    Diriez-vous d'ouvrir le Rouge et le Noir au hasard, de lire deux pages, et de passer à autre chose ? Ce traitement convient aux Misérables, mais pas aux Fleurs du Mal.
    il s'agit ici de déclencher l'envie de lire de la poésie ;

    C'est juste, et il semble bien que le professeur n'a pas expressément conseillé les Fleurs du Mal, austère pour un début. Il vaudrait mieux tâter des Contemplations,que leur aspect narratif rend d'abord facile, ou les increvables Trophées de Hérédia...
    On ne peut pas entrer bille en tête dans les Fleurs du Mal si l'on n'aime pas la poésie.
  • Loin de moi l'idée de trancher entre Délia et Jacques. Je pense qu'ils ont tous les deux raison et que ça dépend surtout de la sensibilité de chacun.
    J'ai cru comprendre qu'il s'agissait surtout de faire des lectures efficaces des poèmes (ou autres d'ailleurs) pour pouvoir réutiliser tes savoirs dans le cadre de la classe de 1ere. Et je suis bien d'accord avec toi que la simple lecture, en dehors d'y prendre du plaisir ne va servir à rien si tu ne fixes pas ton attention sur certains points. Tu peux déjà te renseigner sur la vie de Baudelaire, ce qui devrait te donner des pistes de lecture. (Par exemple de savoir que Baudelaire a traduit Edgar Poe, ça a du sens et tu peux te demander quelles sont les influences de Poe dans l'écriture de Baudelaire et ce qui le différencie aussi d'ailleurs) => se renseigner sur la vie de l'auteur avant de lire le livre me paraît être la base.
    Tu peux aussi lire des ouvrages sur l'oeuvre de Baudelaire avant de lire le livre ou certains poèmes, ce qui te permettra de lire intelligemment. Il faut cependant bien choisir l'analyse pour qu'elle ne soit pas rébarbative, il en existe qui ne sont pas compliquées (personnellement je suis favorable à cette démarche même si ce n'est pas du tout proné au lycée, c'est un vrai gain de temps et moi j'y trouvais plus de plaisir après pour lire le livre. Ca évite de tâtonner puis de se lasser du coup et ça ouvre vraiment des portes même si tu ne retiens pas tout).
    Sinon, autre solution plus difficile cependant seul et qui est adoptée en cours (entre autres). Tu ne te concentres pas sur une oeuvre mais tu lis des poèmes sur un thème. Ex : l'art poétique/le romantisme/le sonnet. Et tu regardes en fonction des siècles, des mouvements littéraires, des auteurs, les évolutions, les différences, les similitudes. Tu peux trouver des corpus bien construits sur internet.
    Pour être vraiment efficace dans tes lectures, je te conseille de repérer des citations à apprendre par coeur et que tu pourras utiliser dans tes disserts pour illustrer ton propos. Il ne faut pas en avoir des tonnes mais bien les choisir.
    Si tu as quelqu'un pour t'aider dans ton entourage demande lui, ce sera moins difficile. Sinon le forum est là si des questions émergent.
    Mais surtout commence modestement pour ne pas être noyé puis dégoutté.
  • Bonjour à tous !

    J'aimerais savoir, a quoi aboutit le parcours du recueil? Et en quoi peut on dire que ce recueil est le récit d'un échec?

    Merci d'avance :)
  • Bonsoir,
    Je dois rendre un devoir maison demain et j'ai des soucis :

    C'est sur Les Fleurs du mal de Baudelaire.

    Pour le poème "Semper eadem", je dois relever les oppositions et les images.

    Pour "Harmonie du soir", je dois relever les correspondances verticales et horizontales, expliquer le titre du poème, et relever un champs lexical du spleen.

    Pour "le poison", je dois dire quels sont les pouvoirs des drogues et classer les indices, dire comment est évoquer la femme et de qui il s'agit, et dire quelle est l'influence du poète.

    Et pour "a une passante", je dois dire où le carde est présenté, quelles sont les caractéristiques, et quel rôle il joue, quelles sont les caractéristiques de la femme qui attire Baudelaire et quel effet produit sur le poète par cette rencontre ?

    Si vous avez les réponse sça serait super gentil de m'aider, je suis sur ce DM depuis lundi.. Merci beaucoup !!! :(
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.


    Puisque tu "es dessus" depuis lundi, quelles sont les premières réponses que tu as trouvées ?
  • bonsoir,
    je suis face à une question que je ne parviens pas à résoudre.
    Je lis tout et son contraire sur les sonnets de baudelaire.
    je sais que le sonnet est une forme fixe de 14 vers en deux quatrains et deux tercets ou 1 sizain
    en octosyllabes ou en alexandrins.
    Mais sur certains sites, je lis qu'ALBATROS est un sonnet, que Baudelaire a adapté le sonnet classique à sa poésie et qu'il a écrit plus de 30 sortes de sonnets.
    Pouvez vous m'expliquer si L'ALBATROS composé de 4 quatrains en alexandrins et un poème ou un sonnet.
    Merci à vous
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    "L'Albatros" n'est pas un sonnet, mais un poème en alexandrins composé de quatre quatrains.
    Même si Baudelaire a renouvelé la forme classique du sonnet, il a toujours gardé la succession de deux quatrains et deux tercets.
  • Bonjour,
    Je vous remercie infiniment pour votre très gentille réponse.
    A bientot
  • Bonjour a tous, je vous remercie déjà de votre attention et de votre aide :rolleyes: . Alors j'ai un petit questionnaire de français qui porte sur Les Fleurs Du Mal de Baudelaire mais je bloque sur trois question ! :| .

    Les questions sont :

    1. L'imprévu constitue un principe esthétique dans les "Tableaux parisien". Montrez-le en vous appuyant sur le poème "Les sept vieillards".
    A Victor Hugo

    Fourmillante cité, cité pleine de rêves,
    Où le spectre en plein jour raccroche le passant !
    Les mystères partout coulent comme des sèves
    Dans les canaux étroits du colosse puissant.

    Un matin, cependant que dans la triste rue
    Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur,
    Simulaient les deux quais d'une rivière accrue,
    Et que, décor semblable à l'âme de l'acteur,

    Un brouillard sale et jaune inondait tout l'espace,
    Je suivais, roidissant mes nerfs comme un héros
    Et discutant avec mon âme déjà lasse,
    Le faubourg secoué par les lourds tombereaux.

    Tout à coup, un vieillard dont les guenilles jaunes,
    Imitaient la couleur de ce ciel pluvieux,
    Et dont l'aspect aurait fait pleuvoir les aumônes,
    Sans la méchanceté qui luisait dans ses yeux,

    M'apparut. On eût dit sa prunelle trempée
    Dans le fiel ; son regard aiguisait les frimas,
    Et sa barbe à longs poils, roide comme une épée,
    Se projetait, pareille à celle de Judas.

    Il n'était pas voûté, mais cassé, son échine
    Faisant avec sa jambe un parfait angle droit,
    Si bien que son bâton, parachevant sa mine,
    Lui donnait la tournure et le pas maladroit

    D'un quadrupède infirme ou d'un juif à trois pattes.
    Dans la neige et la boue il allait s'empêtrant,
    Comme s'il écrasait des morts sous ses savates,
    Hostile à l'univers plutôt qu'indifférent.

    Son pareil le suivait : barbe, œil, dos, bâton, loques,
    Nul trait ne distinguait, du même enfer venu,
    Ce jumeau centenaire, et ces spectres baroques
    Marchaient du même pas vers un but inconnu.

    A quel complot infâme étais-je donc en butte,
    Ou quel méchant hasard ainsi m'humiliait ?
    Car je comptai sept fois, de minute en minute,
    Ce sinistre vieillard qui se multipliait !

    Que celui-là qui rit de mon inquiétude,
    Et qui n'est pas saisi d'un frisson fraternel,
    Songe bien que malgré tant de décrépitude
    Ces sept monstres hideux avaient l'air éternel !

    Aurais-je, sans mourir, contemplé le huitième.
    Sosie inexorable, ironique et fatal,
    Dégoûtant Phénix, fils et père de lui-même ?
    - Mais je tournai le dos au cortège infernal.

    Exaspéré comme un ivrogne qui voit double,
    Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté,
    Malade et morfondu, l'esprit fiévreux et trouble,
    Blessé par le mystère et par l'absurdité !

    Vainement ma raison voulait prendre la barre ;
    La tempête en jouant déroutait ses efforts,
    Et mon âme dansait, dansait, vieille gabarre
    Sans mâts, sur une mer monstrueuse et sans bords !

    2. Baudelaire entreprend de peindre les déshérités de tous ordres ("mendiante rousse", vieillards en guenilles, petites vielles cassées, aveugles, femmes de plaisir et débauchés). Analysez la relation que le je-poète entretient avec les êtres enlisés dans la souffrance, les marginaux, les exclus, qu'il fait défiler sous nos yeux.
    Blanche fille aux cheveux roux,
    Dont la robe par ses trous
    Laisse voir la pauvreté
    Et la beauté,

    Pour moi, poète chétif,
    Ton jeune corps maladif,
    Plein de taches de rousseur,
    A sa douceur.

    Tu portes plus galamment
    Qu'une reine de roman
    Ses cothurnes de velours
    Tes sabots lourds.

    Au lieu d'un haillon trop court,
    Qu'un superbe habit de cour
    Traîne à plis bruyants et longs
    Sur tes talons ;

    En place de bas troués,
    Que pour les yeux des roués
    Sur ta jambe un poignard d'or
    Reluise encore ;

    Que des nœuds mal attachés
    Dévoilent pour nos péchés
    Tes deux beaux seins, radieux
    Comme des yeux ;

    Que pour te déshabiller
    Tes bras se fassent prier
    Et chassent à coups mutins
    Les doigts lutins,

    Perles de la plus belle eau,
    Sonnets de maître Belleau
    Par tes galants mis aux fers
    Sans cesse offerts,

    Valetaille de rimeurs
    Te dédiant leurs primeurs
    Et contemplant ton soulier
    Sous l'escalier,

    Maint page épris du hasard,
    Maint seigneur et maint Ronsard
    Épieraient pour le déduit
    Ton frais réduit !

    Tu compterais dans tes lits
    Plus de baisers que de lis
    Et rangerais sous tes lois
    Plus d'un Valois !

    - Cependant tu vas gueusant
    Quelque vieux débris gisant
    Au seuil de quelque Véfour
    De carrefour ;

    Tu vas lorgnant en dessous
    Des bijoux de vingt-neuf sous
    Dont je ne puis, oh ! pardon !
    Te faire don.

    Va donc ! sans autre ornement,
    Parfum, perles, diamant,
    Que ta maigre nudité,
    Ô ma beauté !

    3. "Tout pour moi devient allégorie" écrit le poète dans "cygne". Relisez ce poème dédié à Victor Hugo et mettez en évidence ce que représente ou symbolise cet oiseau "évadé de sa cage.
    Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
    Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
    L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
    Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,

    A fécondé soudain ma mémoire fertile,
    Comme je traversais le nouveau Carrousel.
    Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
    Change plus vite, hélas ! que le cœur d'un mortel) ;

    Je ne vois qu'en esprit, tout ce camp de baraques,
    Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
    Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
    Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.

    Là s'étalait jadis une ménagerie ;
    Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
    Froids et clairs le travail s'éveille, où la voirie
    Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,

    Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
    Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
    Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
    Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec

    Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
    Et disait, le cœur plein de son beau lac natal :
    " Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? "
    Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,

    Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide,
    Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
    Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
    Comme s'il adressait des reproches à Dieu !

    II

    Paris change ! mais rien dans ma mélancolie
    N'a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
    Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
    Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.

    Aussi devant ce Louvre une image m'opprime :
    Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
    Comme les exilés, ridicule et sublime,
    Et rongé d'un, désir sans trêve ! et puis à vous,

    Andromaque, des bras d'un grand époux tombée,
    Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
    Auprès d'un tombeau vide en extase courbée ;
    Veuve d'Hector, hélas ! et femme d'Hélénus !

    Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
    Piétinant dans la boue, et cherchant, l’œil hagard,
    Les cocotiers absents de la superbe Afrique
    Derrière la muraille immense du brouillard ;

    A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
    Jamais, jamais ! à ceux qui s'abreuvent de pleurs
    Et tètent la douleur comme une bonne louve !
    Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !

    Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
    Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
    Je pense aux matelots oubliés dans une île,
    Aux captifs, aux vaincus !... à bien d'autres encore !
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