Grammaire française Participe passé

Bonjour à tous,
dans la phrase "Il n'y a rien à quoi je ne m'attende." le deuxième ne ( je ne m'attende) est négatif ou explétif?
merci d'avance!
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Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    La négation étant déjà exprimée dans la principale (Il n'y a rien...) le ne de la subordonnée n'est ici qu'explétif.
  • Sûr ?
    Je m'imagine qu'elle est à présent plus occupée que jamais; mais je ne m'en effraye pas, et, après avoir reçu d'elle des vers charmants le lendemain d'une victoire, il n'y a rien à quoi je ne m'attende. J'espère toujours que je serai assez heureux pour avoir une relation de ses campagnes, comme j'en ai une du voyage de Strasbourg...
  • JehanJehan Modérateur
    Merci, Anne... Au temps pour moi. Effectivement, tout dépend si l'on veut dire qu'on n'attend rien (dans ce cas le ne est bien explétif) ou si l'on veut dire au contraire que l'on s'attend à tout (ne négatif, ce qui est le cas dans cet extrait).

    Négatif aussi dans cet exemple "cacophonique" de Voltaire, qui veut dire que Nanine honore tout :
    Non, il n'est rien que Nanine n'honore..
  • Titania91Titania91 Modérateur
    Bonjour,

    Pour confirmation, dans la phrase "à force d'être anxieuse sans que rien arrive, le jour où la foudre tombe, on se sent presque calme" (Montherlant, T, 119-120.) dans "sans que rien arrive", l'absence de "ne" est-elle une faute ou s'agit-il d'un "ne" explétif? (si je transpose avec un autre verbe cela me semble curieux)
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Ce n'est pas une faute mais au contraire la bonne façon de l'écrire. Ici, rien a son sens positif étymologique de "quelque chose". La formule équivaut à "sans que quelque chose arrive". Toute la négation est contenue dans "sans que". Il n'en faut pas d'autre.
  • B. [Apr. sans et sans que] Synon. quoi que ce soit. Pièce sévère, chef-d'œuvre viril, sans rien qui délasse ou qui émeuve (BRASILLACH, Corneille, 1938, p. 279). À force d'être anxieuse sans que rien arrive, le jour où la foudre tombe on se trouve presque calme (MONTHERL., Reine morte, 1942, I, 2e tabl., 4, p. 154).
    Rem. Apr. sans que, se rencontre fréq. avec ne explétif, quoique considéré comme incorrect par les puristes: On apprenait tantôt des victoires, tantôt des défaites, sans que rien n'avançât, ne bougeât (VAN DER MEERSCH, Invas. 14, 1935, p. 206).
    (Tlfi)
  • Il n'y a pas de faute, rien ayant ici son sens (étymologique) positif : = sans que quelque chose arrive. Mais on peut aussi adjoindre à sans que un ne explétif...
  • Titania91Titania91 Modérateur
    lamaneur a écrit:
    Ce n'est pas une faute mais au contraire la bonne façon de l'écrire. Ici, rien a son sens positif étymologique de "quelque chose". La formule équivaut à "sans que quelque chose arrive". Toute la négation est contenue dans "sans que". Il n'en faut pas d'autre.

    -> "sans que que rien n' arrive" ou "sans que rien ne se passe" est donc une faute?
    (la liaison du "rien + voyelle" m'induit souvent en erreur)

    Merci à tous pour vos réponses :)
  • JehanJehan Modérateur
    Si dans ce cas l'on met malgré tout le ne, ce n'est pas vraiment une faute...
    Cela se rencontre parfois chez de bons écrivains.
    Disons que c'est un ne explétif dont on peut se passer.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Titania91 a écrit:
    "sans que que rien n' arrive" ou "sans que rien ne se passe" est donc une faute?
    C'est très courant. Il n'en demeure pas moins que c'est considéré comme incorrect par les puristes, ainsi que le rappelle le TLFi cité par Anne. Je ne suis généralement pas puriste, mais je trouve que ce "ne" inutile complique la compréhension de la tournure, les gens s'emmêlant devant toutes les marques apparentes de négation. Je conseille donc de ne pas l'utiliser ; on s'y fait très bien !
    Mais paradoxalement, employer la formule correcte vous expose parfois à être corrigé par des tenants du "ne" qui, ignorant qu'il est explétif, le croient obligatoire et vous jugent fautif !
  • Titania91Titania91 Modérateur
    je le croyais aussi :)
    merci
  • De préférence on dit:
    "C'est le crime le plus horrible qu'on n'ait jamais commis"
    ou bien:
    "C'est le crime le plus horrible qu'on ait jamais commis"
    SVP éclairez ma lanterne
  • C'est votre seconde phrase qui est la bonne. Si vous rajoutiez l'adverbe NE (N'), on pourrait alors supposer que le crime n'a pas été commis.

    Le NE explétif s'emploie seul sans idée de négation dans les propositions subordonnées comparatives ou dans celles qui dépendent d'un verbe exprimant la crainte, le doute, etc. : "Il est plus riche que vous ne pensez", "Je crains qu'il ne vienne"... Je me contente ici de recopier bêtement mon Petit Larousse ! :rolleyes:

    Dans "le plus horrible", il n'y a pas de comparaison à proprement parler, tout au plus l'indication d'un degré. C'est comme si l'on disait : "La magnitude de ce séisme est 9 (maximum) sur l'échelle de Richter" ! ;)
  • JehanJehan Modérateur
    Pas besoin de négation, effectivement, puisque l'adverbe jamais a ici son sens positif originel de "à un moment quelconque, à n'importe quel moment".

    Tandis qu'avec la négation (n'... jamais) , cela donnerait le sens de "à aucun moment", ce qui ne conviendrait pas ici.
  • Puisque je suis toujours dans les Mille et une nuits, je trébuche sur une phrase du merveilleux mais parfois difficile français de Galland : "J'y fus toujours fort bien traité, et il ne déjeunait, ne dinait ni ne soupait pas que j'eusse ma part à suffisance."

    Ma question est-celle-ci : Cette phrase est-elle l'équivalent, en français moderne, de : J'y fus toujours fort bien traité, et il ne déjeunait, ne dinait ni ne soupait que je n'eusse ma part à suffisance ?

    Question subsidiaire : s'il n'y a pas équivalence absolue, quelle est la nuance entre les deux façons d'exprimer, en somme, la même chose ?
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Ici, le que est l'équivalent en français moderne de sans que :

    J'y fus toujours fort bien traité, et il ne déjeunait, ne dinait ni ne soupait sans que j'eusse ma part à suffisance.

    Et le "ne" explétif après "sans que" est toujours inutile, même si on en trouve des exemples chez certains écrivains. Il n'apporte aucune nuance de sens.
  • J’y fus toujours fort bien traité ; et il ne déjeûnoit, dînoit et soupoit pas, que je n’eusse ma part à suffisance.

    De cette phrase à celle présentée par Ponthieu, on a laissé tomber une virgule et un ''n'''.
  • JehanJehan Modérateur
    Et la phrase que tu présentes, d'où vient-elle ?
    De l'édition originale ?
  • JehanJehan Modérateur
    Intéressant... Mais quelle que soit la phrase originale, la version moderne que j'en ai donnée me semble valable. Je ne crois pas en avoir altéré le sens.
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