Baudelaire, Les Hiboux

Bonjour à toutes et à tous !

Je tente avec difficulté d'analyser "Les hiboux" de Charles Baudelaire, j'ai franchement du mal. Je dois fournir une analyse de type Problématique, axe 1, axe 2, conclusion. Voici pour commencer le texte en question :
Sous les ifs noirs qui les abritent
Les hiboux se tiennent rangés
Ainsi que des dieux étrangers
Dardant leur oeil rouge. Ils méditent.

Sans remuer ils se tiendront
Jusqu'à l'heure mélancolique
Où, poussant le soleil oblique,
Les ténèbres s'établiront.

Leur attitude au sage enseigne
Qu'il faut en ce monde qu'il craigne
Le tumulte et le mouvement;

L'homme ivre d'une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D'avoir voulu changer de place.

Pour ce qui est des caractéristiques techniques, on peut dire que

- Le poème est formé de 2 quatrains et de 3 tercets
- qu'il est écrit sous forme d'octosyllabes
- Rimes ABBA puis AAB CBC

→ Que faire avec ça ?! Bref passons.

Symboliques :

If : arbre funéraire par excellence, symbolise la mort et l'éternité (feuille persistante) mais aussi la sorcellerie
noir : mort, obscurité, ténèbres etc.
hiboux : sorcellerie/sagesse
rouge : diable/sang etc.
heure mélancolique : le soir je suppose ?
soleil oblique : inquiétant ?
ivre : ivre de quoi ?

Voilà, j'ai quelques éléments épars mais je ne comprends déjà pas le sens premier du poème. Si quelqu'un avait l'amabilité de m'aider :) Merci d'avance :D

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Baudelaire utilise la forme du sonnet dont les règles obligent à une présentation du sujet par opposition entre les quatrains et les tercets, mais dont l'élément le plus pertinent reste la chute qui doit surprendre.

    Si tu ne te sens pas d'analyser ce poème par cet angle d'attaque, essaie au moins d'expliquer le sens général du poème.

    Baudelaire évoque la malédiction de l'homme enfermé dans une condition qui est une prison. Voyager, c'est se divertir, mais, au bout du compte, l'homme fera toujours en tout lieu l'expérience de sa finitude (du spleen), la désillusion en plus, si bien qu'il éprouvera avec plus de cruauté encore son mal de vivre.

    En contrepoint, le hibou est l'image de la sagesse. N'oublie pas que la chouette était l'animal d’Athéna.
  • AmmyAmmy Membre
    Avec ce que tu as relevé, tu peux étudier l'ambiance générale, ce calme et ce passage au crépuscule puis aux ténèbres.

    Sinon pour compléter de façon concrète ce qu'a dit Jean-Luc, dans les premières strophes les hiboux sont comparés ("ainsi que") à des dieux qui méditent, ils sont valorisés à cause de leur aspect sage et de leur attitude méditative.

    Les deux tercets établissent alors le lien avec l'homme qui devrait prendre exemle sur cette attitude pour parvenir à la sagesse : "leur attitude au sage enseigne..." et ainsi fuir le "tumulte et le mouvement".
    "Ivre d'une ombre qui passe" pour moi cela signifie que l'homme se laisse griser, berner par des illusions de plaisir, il se divertit et "s'agite" mais n'échappe pas à sa condition.
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