Je reste avec vous




Je vous livre le secret des secrets. Les miroirs sont les portes par lesquelles la mort vient et va. Du reste, regardez-vous toute votre vie dans un miroir, et vous verrez la mort travailler, comme des abeilles dans une ruche de verre.
J. Cocteau, Orphée.




Je suis le spectateur qui arrache à tes rêves
Leur clameur incertaine ainsi que leurs couleurs;
Comme une épaisse veine embastillant ton coeur,
Je presse chaque songe et j'en suce la sève.

Dans mon pays la lune est un long cimeterre
Dont on voit le sang blanc couler dans l'air du soir,
Et la mort va et vient à travers les miroirs
Comme une abeille à l'oeuvre en sa ruche de verre.

Chaque homme au crépuscule, en voyant son reflet,
Voudrait du bout des doigts saisir l'éternité
Et trouver dans la nuit sa secrète serrure...

Toi qui fus insouciant au gré de tes bonheurs,
L'as-tu donc oublié, compagnon de douleur?
Le ciel ne peut qu'offrir sa lente déchirure.



Avril 2011


Aurélien Clause

Réponses

  • Labyrinthe de glace, minimaliste mort

    car de chacun le sort
    à sa saison
    revient

    faire de tristes victimes
    des illusions
    de rien

    Abeille besogneuse, dans sa ruche de verre

    Un faisceau de lumière
    en collisions
    s'éteint

    et entreprend l'ultime
    répétition
    sans fin




    Arsène





    Cher Aurélien,
    ton travail m'a touché,

    et je me suis dit qu'il pourrait être intéressant que plusieurs autres se donnent comme exercice d'écriture de rédiger un poème sur cette citation de Cocteau, sans prétendre, bien sûr, égaler ton travail en qualité, mais comme petit exercice... il pourrait en sortir des choses intéressantes!
    J'ai donc ouvert la danse! J'espère que d'autres vont suivre!
  • C'est une excellente idée; je vous remercie, Arsène :)
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