Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour,

j'ai un commentaire de texte à faire sur un texte de Chateaubriand, "Campagne romaine".
Je viens de commencer et j'ai beaucoup de mal, alors si vous pourriez me donner des exemples d'impressions ressenties sur quelques mots clés, cela m'aiderait vraiment!

voilà le texte:
Je ne me lassais point de voir à la villa Borghèse le soleil se coucher sur les cyprès du mont Marius, et sur les pins de la villa Pamphili plantés par Le Nôtre. J'ai souvent aussi remonté le Tibre à Ponte-Mole, pour jouir de cette grande scène de la fin du jour. Les sommets des montagnes de la Sabine apparaissent alors de lapis-lazuli et d'opale, tandis que leurs bases et leurs flancs sont noyés dans une vapeur d'une teinte violette et purpurine. Quelquefois de beaux nuages, comme des chars légers, portés sur le vent du soir avec une grâce inimitable, font comprendre l'apparition des habitants de l'Olympe sous ce ciel mythologique ; quelquefois l'antique Rome semble avoir étendu dans l'occident toute la pourpre de ses consuls et de ses Césars, sous les derniers pas du dieu du jour. Cette riche décoration ne se retire pas aussi vite que dans nos climats : lorsque vous croyez que ses teintes vont s'effacer, elle se ranime sur quelque autre point de l'horizon ; un crépuscule succède à un crépuscule, et la magie du couchant se prolonge. Il est vrai qu'à cette heure du repos des campagnes, l'air ne retentit plus de chants bucoliques ; les bergers n'y sont plus, Dulcia linquimus arva (Nous quittons nos douces campagnes) ! mais on voit encore les grandes victimes du Clitumne , des boeufs blancs ou des troupeaux de cavales demi-sauvages qui descendent au bord du Tibre et viennent s'abreuver dans ses eaux. Vous vous croiriez transporté au temps des vieux Sabins ou au siècle de l'Arcadien Evandre, (pasteurs de peuples) alors que le Tibre s'appelait Albula, et que le pieux Enée remonta ses ondes inconnues.

j'aimerais savoir si "sur les cyprès du mont Marius" et "sur les pins de la villa Pamphili" était une structure binaire et donc s'il fallait la commenter.
Sinon je pensais également à la répétition de "quelquefois". On comprend que l'auteur se rappelle de faits passés et donc nous ressentons sa mélancolie.
Il y a aussi la métaphore "leurs bases et leurs flancs sont noyés dans une vapeur"
J'ai également trouvé ceci: "Les sommets des montagnes de la Sabine apparaissent alors de lapis-lazuli et d'opale" mai je ne sais pas si c'est une comparaison à l'aide d'un verbe d'état "apparaissent" ou alors une métaphore.

Merci d'avance pour votre aide!

Réponses

  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Une des caractéristiques de ce texte est la contamination du présent par le passé.
    Recherche les déclencheurs.
    C'est une description de peintre, c'est aussi une description littéraire savante au prix de quelques distorsions : Chateaubriand, aidé par l'heure crépusculaire, gomme implicitement les détails trop actuels du panorama, recherche ses souvenirs de lecture...
    Classe les notations, relève les images, l'intertextualité avec Virgile notamment.
    Ce paysage évoque deux séries d'impression : majesté et gloire, paix et harmonie bucoliques...
    etrexia a écrit:
    j'aimerais savoir si "sur les cyprès du mont Marius" et "sur les pins de la villa Pamphili" était une structure binaire et donc s'il fallait la commenter.

    J'ai également trouvé ceci: "Les sommets des montagnes de la Sabine apparaissent alors de lapis-lazuli et d'opale" mai je ne sais pas si c'est une comparaison à l'aide d'un verbe d'état "apparaissent" ou alors une métaphore.

    C'est une structure binaire à valeur affective donc, mais ce sont surtout les toponymes qui méritent d'être relevés comme support de la rêverie, comme caractérisation de la couleur locale.
    La dernière expression est une métaphore.
  • Je viens en effet de relever de nombreuses expressions portant sur le passé: "la grande scène de la fin du jour" ; "le soleil se coucher" ; "l'antique Rome" ; "les derniers pas" ; "couchant" ; "temps des vieux Sabins" ; "siècle de l'Arcadien". Je dois à chaque fois commenter la structure, puis en m'appuyant sur ces mots dire que l'on ressent des faits passés, le temps qui passe ?

    Pour la couleur locale je dois alors m'appuyer sur: "l'antique Rome" ; "Albula" ; "Evandre", "Enée" ; "villa Pamphili"...
    Le problème est que je ne vois pas quelles sont les impressions qui peuvent être ressenties. Dois-je expliquer que l'on ressent une impressions de précision, de lieux réels (ce qui renvoie au romantisme) ?

    Dois-je aussi m'intéresser au champs lexical des couleurs ? "lapis-lazuli" ; "opales" ; "violette et purpurine" ; "pourpre" ; "teintes". Cela permet alors de faire un lien avec l'harmonie bucolique et la paix?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir Etrexia,

    Il te sera difficile de commenter ce texte si tu ne possèdes pas un minimum de culture latine.
    Chateaubriand superpose sans arrêt ses lectures classiques sur la civilisation romaine antique à sa vision de la ville actuelle. Il regarde au travers de ses lunettes de latiniste distingué.
    Le passé, c'est l'évocation de ce qui est suggéré par les ruines ou les descriptions des poètes latins. La toponymie y joue un rôle essentiel par son pouvoir d'évocation propre.
    Ce qui est romantique, ce n'est pas la réalité, mais cette rêverie qui déforme la réalité et essaie de faire revivre un passé mort.
    Le champ lexical des couleurs est fondamental, c'est lui qui souvent permet le voyage dans le passé : la pourpre évoque le pouvoir, la Rome conquérante... le lapis-lazuli, l'opale, la douceur du ciel italien chanté par Virgile...
  • Bonsoir!
    Je crois avoir compris. Je dois, pour commenter, m'appuyer sur des épisodes clés de la mythologie. Par exemple l'enlèvement des Sabines, le fondation légendaire de Rome par Enée, ou encore la fondation d'une colonie grecque sur l'emplacement de la future Rome par Evandre.
    En ce qui concerne les "chants bucoliques" je dois encore m'appuyer sur la mythologie ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonsoir,

    Non, non !
    Il faut te contenter de ce qu'évoque le texte, des allusions intertextuelles à la culture latine.
    Les chants bucoliques renvoient aux descriptions virgiliennes dans l’œuvre du même nom.
    Ce qu'il faut montrer, c'est comment ces références cultivées renforcent la description par la nostalgie.
    Il faut toute la puissance de l'artiste pour faire revivre les temps qui ne sont plus.
  • Donc l'auteur est mélancolique devant ce paysage qu'il se remémore grâce à ses souvenirs ?
    Et pour "ses ondes inconnues" on parle des ondes du Tibre qu'Enée parcourt ? Donc ce sont des ondes dont Enée n'a pas la connaissance ?
  • JehanJehan Modérateur
    Quand Énée a débarqué pour la première fois, il ne connaissait évidemment pas encore le Tibre et ses eaux... Il découvrait la contrée !
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