Fiches méthode Bac de français 2021

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Réponses

  • d'autres impressions de latinistes ? :D
  • Bonsoir à tous,

    J'ai passé le concours général de composition française (2011) lundi dernier. J'ai gardé mon brouillon pour faire part de mes idées à ma prof... qui n'a rien trouvé de mieux à dire que "ce n'est pas mal du tout, mais tout dépend du niveau des autres participants.". :/

    J'aimerais vous donner mon plan détaillé et mes exemples pour savoir ce que vous en pensez.

    I) "En littérature, il ne faut pas faire le beau"...
    A) Faire le beau : une expression triviale qui nous révèle quelle doit être la posture de l'auteur face à son texte.
    -D'après la définition de "faire le beau", érudition démonstrative et pédantisme sont à bannir
    -Faire le beau, c'est désolidariser le lecteur de l'auteur (Mémoires d'outre-Tombe)
    -Faire le beau, c'est montrer l'échec de la réévaluation de son ego, de son surmoi (cf Freud) + "Je livre une entreprise qui n'eut jamais d'exemple", le Confessions, Rousseau

    B) Faire le beau : une expression polysémique. Faire le beau au sens de créer le beau comporte des risques.
    -Réinterpréter la beauté du monde : un écueil de taille (C. Simon, La route des Flandres et sa syntaxe sibylline)
    -Les dérives du beau : le romantisme (mièvre ?) (cf dénouement et monologue dans Chatterton de Vigny)
    -"Lancer" le beau : la création de l'esthétique nouvelle ne rallie pas forcément un public large (Incipit du Père Goriot)

    C) On peut faire de la littérature sans faire le beau
    -La beauté n'est pas un but de la littérature : syntaxe blanche (L'Etranger)
    -Argument de Saint John Perse : "pourquoi écrire ? pour mieux vivre"
    -Ne pas faire le beau, c'est vivre l'engagement et en délivrer ses propres conceptions (dialogues Tarrou-Rieux dans La Peste)
    -Faire le laid, c'est rendre ce monde plus beau (A. Huxley, Le meilleur des Mondes)
    -Peindre la réalité telle qu'elle est : un modèle du beau tout proche ? (Les idées de Levine dans Anna Karénine de Tolstoi)

    II) L'injonction de Joubert n'est pas formelle
    A)C'est un état de fait : la beauté est utile pour la postérité de l'oeuvre
    -L'utilité de la beauté : un fait philosophique reconnu (participe au maintien de l'ataraxie chez les hédonistes, source de joie car objetde création chez Bergson, expression de la puissance chez Nietzsche)
    -Le beau captive le lecteur : (Germinal : la masse humaine crie : du pain ! du pain !)
    -Les oeuvres héroïques (Eneide, Odyssée, Iliade) ont connu la postérité car elles mettent en scène des héros qui ne sont pas médiocres... qui sont, en quelque sorte, beaux. (+ cf tragédies type Andromaque)

    B) Ne pas faire le beau est une bien rude épreuve car la beauté est subbjective.
    -Le beau : un état donné par l'homme à une oeuvre (diversité de visions de l'agonie de Madame Bovary)
    -Plusieurs procédés d'écriture nouveaux diversifient les visions que l'on peut avoir du beau (Oulipo, La Disparition de Perec...)

    C) La littérature, pour être reconnue, doit jouer sur les principes de son temps ; et, par exemple, sur la vision manichéenne (vraie de tous temps, réactivée aujourd'hui)
    -Beau et bien : un couple idéal (Lettres de Gargantua à Pantagruel)
    -L'art médiéval et ses réutilisations dans la littérature : C Brontë, Jane Eyre et Victorine Taillefer chez Balzac en tant que représentations de "saintes"
    -Un autre "couple" : littérature laide et littérature maléfique (Les Chants de Maldoror, Justine de Sade)

    III)L'écrivain ne fait pas le beau, il tend vers un beau universel tout en délivrant une expérience de soi
    A)Le beau : un vécu à retranscrire, un héritage à donner
    -Une expérience de soi : Baudelaire, La Chevelure
    -Délivrer le beau comme délivrer du laid, c'est donner l'espoir d'un monde meilleur (1984 et au cinéma Orange Mécanique)

    B) Tendre vers une beauté universelle : une expérience transcendante
    -Créer un beau personnel est infructueux car il n'est pas source de pouvoir au sens de Nietzsche (cf hermétisme chez Mallarmé
    -La recherche du beau est un retour aux sources de la littérature, le beau ne se fait pas, il s'atteint (cf Icebergs de Michaux)

    C) Le beau humaniste : l'esthétique du chef d'oeuvre
    -Un beau réaliste, clé du bonheur humain ? (épilogue de Au bonheur des Dames)
    -La représentation humaine permet de tendre vers la beauté universelle ( Dostoïevsky : les Frères Karamazov)
    -Le chef d'oeuvre ne fait pas le beau, il l'effleure tant dans ses idées que dans les procédés utilisés pour les faire passer



    A savoir que tout cela couvre 11 pages de copie EN.

    Ai-je mes chances?:P
  • AmarylAmaryl Membre
    Bonjour !

    Tous vos plans me semblent fabuleux, dans la mesure que je serais bien incapable de les faire moi-même (par ailleurs, je n'ai pas vraiment les connaissances nécessaires pour juger s'ils sont cohérents, ou justes).
    Surtout que je n'ai pas du tout, mais alors pas du tout fait la même chose que vous tous. En effet, j'ai consacré ma copie à la laideur en littérature. Cela vous paraît-il complètement hors sujet ?

    Enfin, ce n'est pas vraiment si je croyais avoir une chance de gagner quoi que ce soit !
    En tout cas bravo pour vos dissertations !
  • Amaryl a écrit:
    Bonjour !

    Tous vos plans me semblent fabuleux, dans la mesure que je serais bien incapable de les faire moi-même

    Et moi aussi!
  • Alors les latinistes ? :p
  • Et les historiens, comment vous etes vous debrouilles?
  • Amaryl a écrit:
    Bonjour !

    Tous vos plans me semblent fabuleux, dans la mesure que je serais bien incapable de les faire moi-même

    Et moi aussi!
    Hum, vous êtes bien modeste, voire ironique, monsieur l'agrégé :P Le plan d'OuLiPo me semble plutôt...excellent, bravo à toi ! :)
  • Merci beaucoup Freeze !! :) @ Plume11 :

    J'ai passé le cg d'Histoire également ; j'ai vraiment aimé le sujet (Les oppositions à la République en France entre 1870 et 1940) et je me suis fait plaisir... quitte à citer beaucoup sans que ce soit absolument nécessaire...!

    Qu'en as-tu pensé ?

    Si d'autres historiens passent par là, pouvez-vous poster votre plan ?

    Merci d'avance et bonne soirée à tous :)
  • oulipo62 a écrit:
    Merci beaucoup Freeze !! :) @ Plume11 :

    J'ai passé le cg d'Histoire également ; j'ai vraiment aimé le sujet (Les oppositions à la République en France entre 1870 et 1940) et je me suis fait plaisir... quitte à citer beaucoup sans que ce soit absolument nécessaire...!

    Qu'en as-tu pensé ?

    Si d'autres historiens passent par là, pouvez-vous poster votre plan ?

    Merci d'avance et bonne soirée à tous :)

    Personellement, j'avais pas mal d'idees mais je n'ai malheureusement pas reussi a construire un plan organise.
    En gros j'ai parle de :
    -Communards
    -loi de 1905 : eglise/etat
    -affaire dreyffus 1898
    -extreme-droite : manifestations : 6 fevrier 1934. renversement du gouvernement de Daladier.
    -Oppositions au Front Populaire.

    Et toi ? Au fait, quelqu'un aurait une idee de la date des resultats ?
  • Les résultats du cg tombent le 7 juillet 2011 mais si tu obtiens un prix, je crois que tu reçois une lettre avant (pour te prévenir qu'il faut te préparer pour la Sorbonne :) ).


    Alors mon plan (grosso modo) :

    I) République naissante, République fragile et contestée

    A) Rapport de forces de 1871, Commune, ordre moral (1873) : obstacles à la République

    B) Une République de crises (antiparlementarisme, scandale de Panama, scandale Wilson, anticolonialisme et boulangisme + Dreyfus)

    C)République radicale, République qui divise (1905, Combes, Clémenceau...)

    transition sur l'Union Sacrée

    II) La république dans une guerre dont elle sort exsangue

    A)Le Volksgeist : une conception de la nation venue d'Allemagne aux dérives antirépublicaines

    B)Une république d'état-major qui fait des mécontents (mutineries et grèves de 1917 par ex.)

    C) La république des années folles : une République sans rigueur ? (cf nouveaux rôles hommes-femmes et oisiveté)

    III) La république en crise sombre dans la collaboration

    A) Les répercussions de la crise de 1929 : de nombreux mécontents

    B) le 06/02/1934 : symptôme d'une rép. en crise ?

    C) Le FPop : une politique d'espoirs déçus ? (cf antimunichois et ext-droite...)


    ...tout en sachant que le contenu de la 3ème partie est moins précis (pas traité en cours...) !

    Enfin, nos plans se ressemblent pas mal je trouve ;)
  • Merci pour l'info!
    Oui ils se ressemblent en effet. Je crois que le plan chronologique etait le plus pertinent pour traiter ce sujet.
  • Oui, le plan analytique était complexe à traiter sur une aussi longue période (bien qu'il soit plus ambitieux !) :)
  • kliaklia Membre
    Bonjour!
    J'ai aussi passé Français et histoire, en Français, j'ai foncé tête baissée sur l'esthétisme, et la polysémie m'a juste servie pour faire la transition entre des parties Pas top donc je pense...
    J'ai fait un plan du type "plus-bateau-et-stupide-tu-meurs":

    I. La littérature ne doit pas faire le beau
    1) Elle doit faire passer un message à la réalité
    2) Elle doit donc pour cela décrire la réalité
    3) Les horreurs qu'elle raconte peuvent ainsi servir de repoussoir

    II.La littérature doit faire le Beau
    1) Elle doit permettre l'évasion
    2) Elle doit fournir une image de la Beauté Idéale

    III. Elle doit concilier ces deux pôles
    1) Elle sublime la réalité
    2) Elle se sert de cela pour faire passer des messages.

    Quand je vois les vôtres, j'ai franchement honte...
    Quant à l'histoire, première partie sur les trouble des débuts, notamment les royalistes, deuxième sur le milieu dont la crise Boulanger et une troisième sur le fascisme et la fin de la IIIe République. Avec un ENORME oubli sur l'extrême-gauche...

    Voilà. Bonne chance à tous (enfin, au bout d'un certain moment, ça n'est plus vraiment de la chance... )!
  • net78net78 Membre
    Bonjour à tous,

    J'ai aussi passé le cg en Français et en Histoire.

    Pour ma part, en Français, je me suis uniquement orienté sur le fait de "faire le beau" (càd de se mettre en avant)
    en m'interrogeant dans un premier temps en quoi cette réflexion pouvait concerner l'auteur, puis en quoi elle pouvait concerner le lecteur.

    En Histoire, rien d'extraordinaire, j'ai adopté en plan chronologique : I] Une république naissante et qui doit faire face à des "crises perlées" (période charnière entre le 19ème et le 20ème) et II] Les opp. à la rép sous le Front Populaire + le paroxysme de l'antirépublicanisme avec la France des années noires.

    Des commentaires, suggestions... ? Je suis preneur...
  • NENE Membre
    "Il ne faut pas": un impératif catégorique qui renvoie incontestablement à la dimension esthétique (ce qui n'interdit pas d'exploiter le double sens de la citation, au contraire).

    Je me serais interrogé sur le sens de "faire" le beau: si la visée de la littérature est avant tout esthétique, comment peut-elle atteindre le but qu'elle se fixe sans passer par un procédé de fabrication (par un emploi spécifique du langage, notamment)? - puisque, contrairement au beau que l'on observe dans la nature, qui est de toute évidence naturel, celui qui est convoqué dans la littérature est par essence artificiel. Cela permettait, en outre, de conjuguer les deux sens perçus de la citation.

    C'aurait pu être une belle problématique, celle que j'aurais traitée, mais je suis quand même impressionné par les connaissances déployées dans les plans ici postés... :)
  • net78net78 Membre
    "Incontestablement à la dimension esthétique ", en es-tu sûr ?
  • NENE Membre
    A propos de l'impératif esthétique: cet impératif « n'est pas un “tu dois”, dit Nietzsche, mais un “il faut que je” de l'hyperpuissant-créateur.

    J'en suis assez sûr oui, même si ma parole ne fait pas autorité :p
  • net78net78 Membre
    Gide en parle également de l'"impératif catégorique" dans les Faux-Monnayeurs...

    Je me demande s'il fallait développer sur la notion d'esthétique, mon prof émet également quelques réserves.
    Après tt, on verra bien.
  • Bonjour !
    J'ai de même passé la composition française et ma problématique tournait autour de l'esthétisme :
    "La littérature se limite t-elle a atteindre un idéal esthétique ?" → J'ai pu donc m'interroger sur ce "devoir" de faire le beau et non prendre un parti.

    J'ai donc beaucoup évoquer des conceptions suivant les auteurs, critiques, et bien sûr, mouvements ( à travers leurs idéaux esthétiques... )

    Qu'en pensez-vous ? :)
  • Bonjour alice,

    Je trouve ta problématique plutôt pertinente, et ta réponse à celle-ci ne peut être qu'intéressante si tu t'es référée à des critiques.


    @NE et net78 :

    Je trouve étrange de chercher à limiter le sujet à "il ne faut pas créer le beau" OU "il faut avoir une posture modeste".

    L’ambiguïté du sujet m'a plutôt incité à exploiter ces deux aspects ; je ne dis pas que ce soit LA solution, mais se concentrer sur un "visage" du sujet passait sous silence la moitié de son contenu !
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