Flaubert, Madame Bovary, I, 8 - Le bal à Vaubyessard

J'aimerais que vous m'aidiez en me donnant des pistes de travail, des outils, des idées sur ce sujet de commentaire composé. J'ai beaucoup de mal à commencer. Merci d'avance...

P.S. : le début de mon commentaire "un instant de bonheur".
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Réponses

  • bonjour,
    je suis en seconde général, et mon prof de français nous a donné un commentaire composé a faire sur Madame Bovary de Flaubert.
    l'extrait du texte est celui ci:
    "L'air du bal était lourd ; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres ; au bruit des éclats de verre, Mme Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l'heure présente, sa vie passée, si nette jusqu'alors, s'évanouissait tout entière, et elle doutait presque de l'avoir vécue. Elle était là ; puis autour du bal, il n'y avait plus que de l'ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu'elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents.

    Une dame, près d'elle, laissa tomber son éventail. Un danseur passait.

    - Que vous seriez bon, monsieur, dit la dame, de vouloir bien ramasser mon éventail, qui est derrière ce canapé !

    Le monsieur s'inclina, et, pendant qu'il faisait le mouvement d'étendre son bras, Emma vit la main de la jeune dame qui jetait dans son chapeau quelque chose de blanc, plié en triangle. Le monsieur, ramenant l'éventail, l'offrit à la dame, respectueusement ; elle le remercia d'un signe de tête et se mit à respirer son bouquet.

    Après le souper, où il y eut beaucoup de vins d'Espagne et de vins du Rhin, des potages à la bisque et au lait d'amandes, des puddings à la Trafalgar et toutes sortes de viandes froides avec des gelées alentour qui tremblaient dans les plats, les voitures, les unes après les autres, commencèrent à s'en aller. En écartant du coin le rideau de mousseline, on voyait glisser dans l'ombre la lumière de leurs lanternes. Les banquettes s'éclaircirent ; quelques joueurs restaient encore ; les musiciens rafraîchissaient, sur leur langue, le bout de leurs doigts ; Charles dormait à demi, le dos appuyé contre une porte."
    j'ai déjà fait un introduction et un plan, et j aimerai savoir si je pars dans une bonne voie ou pas?

    introduction:Vers la deuxième moitié du XIX ème siècle, pendant/durant le mouvement littéraire du réalisme. Gustave Flaubert écrit « Madame de Bovary » en 1856, ce roman relate la vie d'Emma, une jeune femme de province influencée par ses lectures romantiques. Celle-ci se lasse très vite de la vie monotone qu'elle mène avec son mari, Charles, médecin de campagne
    et cherche de nouvelles aspirations. Dans cet extrait Emma découvre le monde aristocratique dont elle a toujours rêvé. Elle repense à sa vie passée et admire ce bal, qui lui semble exceptionnel. Dans une première partie je parlerai de la vision d’ensemble du bal, de la liaison cachée. D’une part nous étudierons comment Flaubert exprime le genre littéraire du réalisme puis d’autre part le personnage de Madame Bovary, ces sentiments, ces pensées.
    pour le plan j'ai mis: - vision d'ensemble(avec le bal,la liaison caché,le retour au réel)
    - le registre(réalisme)
    - le personnage d'emma Bovary

    je vous remercie d'avance pour vos conseil et votre aide.
  • Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d’une actrice à son début. Elle disposa ses cheveux d’après les recommandations du coiffeur, et elle entra dans sa robe de barège, étalée sur le lit. Le pantalon de Charles le serrait au ventre.

    — Les sous-pieds vont me gêner pour danser, dit-il.

    — Danser ? reprit Emma.

    — Oui !

    — Mais tu as perdu la tête ! on se moquerait de toi, reste à ta place. D’ailleurs, c’est plus convenable pour un médecin, ajouta-t-elle.

    Charles se tut. Il marchait de long en large, attendant qu’Emma fût habillée.

    Il la voyait par derrière, dans la glace, entre deux flambeaux. Ses yeux noirs semblaient plus noirs. Ses bandeaux, doucement bombés vers les oreilles, luisaient d’un éclat bleu ; une rose à son chignon tremblait sur une tige mobile, avec des gouttes d’eau factices au bout de ses feuilles. Elle avait une robe de safran pâle, relevée par trois bouquets de roses pompon mêlées de verdure.

    Charles vint l’embrasser sur l’épaule.

    — Laisse-moi ! dit-elle, tu me chiffonnes.

    On entendit une ritournelle de violon et les sons d’un cor. Elle descendit l’escalier, se retenant de courir.

    Les quadrilles étaient commencés. Il arrivait du monde. On se poussait. Elle se plaça près de la porte, sur une banquette.

    Quand la contredanse fut finie, le parquet resta libre pour les groupes d’hommes causant debout et les domestiques en livrée qui apportaient de grands plateaux. Sur la ligne des femmes assises, les éventails peints s’agitaient, les bouquets cachaient à demi le sourire des visages, et les flacons à bouchon d’or tournaient dans des mains entr’ouvertes dont les gants blancs marquaient la forme des ongles et serraient la chair au poignet. Les garnitures de dentelles, les broches de diamants, les bracelets à médaillon frissonnaient aux corsages, scintillaient aux poitrines, bruissaient sur les bras nus. Les chevelures, bien collées sur les fronts et tordues à la nuque, avaient, en couronnes, en grappes ou en rameaux, des myosotis, du jasmin, des fleurs de grenadier, des épis ou des bluets. Pacifiques à leurs places, des mères à figure renfrognée portaient des turbans rouges.

    Le cœur d’Emma lui battit un peu lorsque son cavalier la tenant par le bout des doigts, elle vint se mettre en ligne et attendit le coup d’archet pour partir. Mais bientôt l’émotion disparut ; et, se balançant au rythme de l’orchestre, elle glissait en avant, avec des mouvements légers du cou. Un sourire lui montait aux lèvres à certaines délicatesses du violon, qui jouait seul, quelquefois, quand les autres instruments se taisaient ; on entendait le bruit clair des louis d’or qui se versaient à côté, sur le tapis des tables ; puis tout reprenait à la fois, le cornet à piston lançait un éclat sonore, les pieds retombaient en mesure, les jupes se bouffaient et frôlaient, les mains se donnaient, se quittaient ; les mêmes yeux, s’abaissant devant vous, revenaient se fixer sur les vôtres.

    Quelques hommes (une quinzaine) de vingt-cinq à quarante ans, disséminés parmi les danseurs ou causant à l’entrée des portes, se distinguaient de la foule par un air de famille, quelles que fussent leurs différences d’âge, de toilette ou de figure.

    Leurs habits, mieux faits, semblaient d’un drap plus souple, et leurs cheveux, ramenés en boucles vers les tempes, lustrés par des pommades plus fines. Ils avaient le teint de la richesse, ce teint blanc que rehaussent la pâleur des porcelaines, les moires du satin, le vernis des beaux meubles, et qu’entretient dans sa santé un régime discret de nourritures exquises. Leur cou tournait à l’aise sur des cravates basses ; leurs favoris longs tombaient sur des cols rabattus ; ils s’essuyaient les lèvres à des mouchoirs brodés d’un large chiffre, d’où sortait une odeur suave. Ceux qui commençaient à vieillir avaient l’air jeune, tandis que quelque chose de mûr s’étendait sur le visage des jeunes. Dans leurs regards indifférents flottait la quiétude de passions journellement assouvies ; et, à travers leurs manières douces, perçait cette brutalité particulière que communique la domination de choses à demi faciles, dans lesquelles la force s’exerce et où la vanité s’amuse, le maniement des chevaux de race et la société des femmes perdues.

    À trois pas d’Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu’elle ne comprenait pas. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d’avant, Miss Arabelle et Romulus, et gagné deux mille louis à sauter un fossé en Angleterre. L’un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient ; un autre, des fautes d’impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval.

    L’air du bal était lourd ; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres ; au bruit des éclats de verre, Mme Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l’heure présente, sa vie passée, si nette jusqu’alors, s’évanouissait tout entière, et elle doutait presque de l’avoir vécue. Elle était là ; puis autour du bal, il n’y avait plus que de l’ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu’elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents.

    Une dame, près d’elle, laissa tomber son éventail. Un danseur passait.

    — Que vous seriez bon, monsieur, dit la dame, de vouloir bien ramasser mon éventail, qui est derrière ce canapé !

    Le monsieur s’inclina, et, pendant qu’il faisait le mouvement d’étendre son bras, Emma vit la main de la jeune dame qui jetait dans son chapeau quelque chose de blanc, plié en triangle. Le monsieur, ramenant l’éventail, l’offrit à la dame, respectueusement ; elle le remercia d’un signe de tête et se mit à respirer son bouquet.

    Après le souper, où il y eut beaucoup de vins d’Espagne et de vins du Rhin, des potages à la bisque et au lait d’amandes, des puddings à la Trafalgar et toutes sortes de viandes froides avec des gelées alentour qui tremblaient dans les plats, les voitures, les unes après les autres, commencèrent à s’en aller. En écartant du coin le rideau de mousseline, on voyait glisser dans l’ombre la lumière de leurs lanternes. Les banquettes s’éclaircirent ; quelques joueurs restaient encore ; les musiciens rafraîchissaient, sur leur langue, le bout de leurs doigts ; Charles dormait à demi, le dos appuyé contre une porte.

    À trois heures du matin, le cotillon commença. Emma ne savait pas valser. Tout le monde valsait, Mlle d’Andervilliers elle-même et la marquise ; il n’y avait plus que les hôtes du château, une douzaine de personnes à peu près.

    Cependant, un des valseurs, qu’on appelait familièrement vicomte, et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur la poitrine, vint une seconde fois encore inviter Mme Bovary, l’assurant qu’il la guiderait et qu’elle s’en tirerait bien.

    Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient : tout tournait autour d’eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d’Emma, par le bas, s’ériflait au pantalon ; leurs jambes entraient l’une dans l’autre ; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s’arrêta. Ils repartirent ; et, d’un mouvement plus rapide, le vicomte, l’entraînant, disparut avec elle jusqu’au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s’appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place ; elle se renversa contre la muraille et mit la main devant ses yeux.

    Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le vicomte, et le violon recommença.

    On les regardait. Ils passaient et revenaient, elle immobile du corps et le menton baissé, et lui toujours dans sa même pose, la taille cambrée, le coude arrondi, la bouche en avant. Elle savait valser, celle-là ! Ils continuèrent longtemps et fatiguèrent tous les autres.

    On causa quelques minutes encore et, après les adieux ou plutôt le bonjour, les hôtes du château s’allèrent coucher.

    Charles se traînait à la rampe, les genoux lui rentraient dans le corps. Il avait passé cinq heures de suite, tout debout devant les tables, à regarder jouer au whist sans y rien comprendre. Aussi poussa-t-il un grand soupir de satisfaction lorsqu’il eut retiré ses bottes.

    Emma mit un châle sur ses épaules, ouvrit la fenêtre et s’accouda.

    La nuit était noire. Quelques gouttes de pluie tombaient. Elle aspira le vent humide qui lui rafraîchissait les paupières. La musique du bal bourdonnait encore à ses oreilles, et elle faisait des efforts pour se tenir éveillée, afin de prolonger l’illusion de cette vie luxueuse qu’il lui faudrait tout à l’heure abandonner.

    Le petit jour parut. Elle regarda les fenêtres du château, longuement, tâchant de deviner quelles étaient les chambres de tous ceux qu’elle avait remarqués la veille. Elle aurait voulu savoir leurs existences, y pénétrer, s’y confondre.

    Mais elle grelottait de froid. Elle se déshabilla et se blottit entre les draps, contre Charles qui dormait.
    en quoi cet extrait a-t-il une dimension symbolique?
  • Bonjour à tous !

    J'ai le plan d'un commentaire à rédiger pour Lundi 22/02. (je sais je m'y prend tard mais j'ai beaucoup de devoirs).
    Il porte sur un extrait du Bal à la Vaubyessard du roman de Flaubert, Madame Bovary, précisément le moment de la valse entre Emma et le Vicomte.
    Cependant, un des valseurs, qu’on appelait familièrement vicomte, et dont le gilet très ouvert semblait moulé sur la poitrine, vint une seconde fois encore inviter madame Bovary, l’assurant qu’il la guiderait et qu’elle s’en tirerait bien.

    Ils commencèrent lentement, puis allèrent plus vite. Ils tournaient : tout tournait autour d’eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet, comme un disque sur un pivot. En passant auprès des portes, la robe d’Emma, par le bas, s’éraflait au pantalon ; leurs jambes entraient l’une dans l’autre ; il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui ; une torpeur la prenait, elle s’arrêta. Ils repartirent ; et, d’un mouvement plus rapide, le vicomte, l’entraînant, disparut avec elle jusqu’au bout de la galerie, où, haletante, elle faillit tomber, et, un instant, s’appuya la tête sur sa poitrine. Et puis, tournant toujours, mais plus doucement, il la reconduisit à sa place ; elle se renversa contre la muraille et mit la main devant ses yeux.
    J'ai trouvé une problématique : Comment le personnage de Flaubert s'échappe de la réalité ? .. enfin je voulais simplement savoir si elle est appropriée.

    Ensuite j'ai pu faire ces observations : Il y a souvent des virgules, comme si le texte était rythmé (saccadé ?) par cette ponctuation.Il y a aussi une répétition de points-virgules, qui semblent faire une pause entre chaque mouvement des personnages pour faire durer le moment. Ensuite, je vois une énumération. Les mots proviennent du même champ lexical du décor(mot peu approprié mais je ne trouve pas de meilleur): "les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet.". Il y a après cela une comparaison : Emma et le Vicomte valsant sont comparés à un disque sur un pivot. Il représente les héros de ses livres. J'ai l'impression que le rythme s'accélère au fur et a mesure de la danse. Les deux personnages s'effleurent. Emma est visiblement gênée, elle est prise d'une torpeur. Ensuite elle se cache les yeux (je n'ai pas compris la raison de cet acte).

    Je trouve le texte trop court ce que fait que je n'arrive pas à trouver les axes , je ne trouve pas assez d'arguments ni d'exemples.
    Bref : Je galère .

    Si vous pouviez m'aider ce serait vraiment gentil .
  • Bonsoir PlicPlacPloc,

    Je comprends ta détresse. Voici quelques éléments qui pourraient te permettre d'avancer.

    PROBLEMATIQUE: Comment le personnage de Flaubert s'échappe-t-il de la réalité ?

    I/ Deux univers contrastés, incompatibles mais une échappée momentanée envisageable
    Cet extrait rend compte de la difference sociale entre les deux personnages que nous considérons: Mme Bovary et le "vicomte". L'écrivain nous fait part alors d'un monde de la séduction, de l'amour où les disproportions sociales ne sont pas prises en compte. Le temps d'une danse, le monde s'échappe autour d'eux: "tout tournait autour d’eux", les deux individus se comprennent instinctivement: "il baissait ses regards vers elle, elle levait les siens vers lui.". Nous pénétrons quasiment dans l'univers de l'inconscience où rien n'est concret, où la magie prend place et où toutes les valeurs matérielles sont remplacées:"tout tournait autour d’eux, les lampes, les meubles, les lambris, et le parquet".

    II/ Le point de vue adopté
    Mais on sent néanmoins une gêne chez Emma:"une torpeur la prenait" visible au fait que Flaubert a décidé de placer le lecteur constamment aux côtés d'Emma, de percevoir tout à travers elle, de s'identifier à son personnage. Le lecteur ne sait rien du "vicomte": il ne partage que la perception d'Emma. Emma, qui dans son étourdissement entraîne le lecteur.

    III/ La valeur brève attribuée à ce passage
    De plus, nous pouvons observer que l'écrivain a choisi de saccader ses phrases afin d'accélérer le temps de l'histoire et donc,de ce fait, de donner à ce passage une valeur brève, momentanée. Et, Flaubert amplifie cet effet de rapidité en associant les deux héros à un disque: le disque s'associant implicitement à une musique, une musique qui s'arrête. Enfin, le romancier ponctue son passage en faisant agir Emma:"mit la main devant ses yeux" ce qui stoppe toute la scène brusquement. En se voilant les yeux, Mme Bovary tire un trait sur cet état d'inconscience dont elle était prise et fait un brusque retour dans le monde réel.
  • Bonsoir Charlotte,
    Tu dis : En se voilant les yeux, Mme Bovary tire un trait sur cet état d'inconscience dont elle était prise et fait un brusque retour dans le monde réel.
    Je ne suis pas de ton avis. J'ai plutôt l'impression qu'Emma, en faisant ce geste, manifeste l'envie de garder vivantes toutes les sensations éprouvées ; les intérioriser pour longtemps...

    Muriel
  • Si je pouvais te prendre dans mes bras , je le ferais :lol:

    Je te dois une fière chandelle, merci de me comprendre. Je suis contente que ma problématique était juste. Tu m'as éclairé , notamment sur le fait qu'elle se cache les yeux à la fin. Je vais pouvoir utiliser tes observations en plus des miennes pour faire mon plan. Merci beaucoup encore une fois ! C'est adorable d'avoir pris de ton temps pour m'aider. Bonne soirée Charlotte :D
  • Muriel a écrit:
    Je ne suis pas de ton avis. J'ai plutôt l'impression qu'Emma, en faisant ce geste, manifeste l'envie de garder vivantes toutes les sensations éprouvées ; les intérioriser pour longtemps...
    Pourtant, après lorqu'elle ouvre les yeux, elle aperçoit une femme qui est en train de danser avec le "vicomte". Il me semble donc que le fait qu'Emma ferme les yeux marque un arrêt brutal de son rêve engendrant de ce fait un retour à la réalité.
    Je cite:"Quand elle les rouvrit, au milieu du salon, une dame assise sur un tabouret avait devant elle trois valseurs agenouillés. Elle choisit le Vicomte, et le violon recommença.". On observe nettement que le vicomte est a présent choisi par une autre femme symbolisant probablement que le tour de Emma est "passé". Dans tous les cas, le geste qu'effectue Emma dans ce passage me fait penser à cela.
  • Charlotte a écrit :
    Pourtant, après lorqu'elle ouvre les yeux, elle aperçoit une femme qui est en train de danser avec le "vicomte". Il me semble donc que le fait qu'Emma ferme les yeux marque un arrêt brutal de son rêve engendrant de ce fait un retour à la réalité.
    Je continue à penser que c'est quand elle les rouvre qu'elle s'aperçoit qu'elle n'est pas un objet unique, spécial. Une autre femme va vivre les mêmes choses qu'elle... probablement avec la même intensité, les mêmes regards du viconte.

    En a-t-elle conscience ?
  • Muriel a écrit:
    Je continue à penser que c'est quand elle les rouvre qu'elle s'aperçoit qu'elle n'est pas un objet unique, spécial. Une autre femme va vivre les mêmes choses qu'elle... probablement avec la même intensité, les mêmes regards du viconte.

    En a-t-elle conscience ?
    C'est bien pquoi je pense que son geste symbolise un retour à la réalité brutal. Elle admet donc le fait que ce n'était qu'un bref passage d'étourdissement puisqu'elle se rend compte comme vous l'avez dit qu'elle n'est pas unique, spéciale !
  • Bonjours j'aurais besoins d'aide pour m'a dissertation, je n'est pas encore le sujet, mais on peut facilement le savoir vue que dans le chap. 8 il est question des détails du chateau chez Barthes. J'ai beaucoup de misère à trouver ou à commencer mon Introduction. Si quelqu'un pouvais m'aider sa serais gentil

    Merci d'avance.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour, j'aurais besoin d'aide pour ma dissertation.
    Je n'ai pas le sujet mais on peut facilement le savoir.
    Bonsoir.
    Tu veux plutôt dire que tu ne peux pas afficher le texte...
    Parce que si tu n'avais pas de sujet, il serait difficile de rédiger quelque chose.
    Tu aurais pu au moins nous donner la première et la dernière phrase de l'extrait...
    Et nous indiquer le sujet de ta dissertation.
    J'ai beaucoup de misère à trouver ou à commencer mon introduction.
    Tu ne dois pas commencer par l'introduction.
    L'introduction se rédige en dernier, quand on a trouvé le plan.

    De plus :
  • Je pense que tu te trompes : on ne fait pas une dissertation sur un extrait de roman. Soit tu dois faire un commentaire composé sur un extrait précis, soit tu dois faire une dissertation, mais dans ce cas ce n'est pas sur un seul extrait..
  • J'ai reçu tout les détails pour ma dissertaion,

    SUJET : Dans la scène du bal au Château de la Vaubyessard, l'expèrience d'Emma est guidée par ses illusions de la vie idéale.Montrez.

    Texte:
    Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l’odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d’argent ; les cristaux à facettes, couverts d’une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles ; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table, et, dans les assiettes à large bordure, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d’évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale. Les pattes rouges des homards dépassaient les plats ; de gros fruits dans des corbeilles à jour s’étageaient sur la mousse ; les cailles avaient leurs plumes, des fumées montaient ; et, en bas de soie, en culotte courte, en cravate blanche, en jabot, grave comme un juge, le maître d’hôtel, passant entre les épaules des convives les plats tout découpés, faisait d’un coup de sa cuiller sauter pour vous le morceau qu’on choisissait. Sur le grand poêle de porcelaine à baguette de cuivre, une statue de femme drapée jusqu’au menton regardait immobile la salle pleine de monde.

    Madame Bovary remarqua que plusieurs dames n’avaient pas mis leurs gants dans leur verre. Cependant, au haut bout de la table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie, et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d’un ruban noir. C’était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdière, l’ancien favori du comte d’Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil, chez le marquis de Conflans, et qui avait été, disait-on, l’amant de la reine Marie-Antoinette entre MM. de Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, pleine de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique, derrière sa chaise, lui nommait tout haut, dans l’oreille, les plats qu’il désignait du doigt en bégayant ; et sans cesse les yeux d’Emma revenaient d’eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes comme sur quelque chose d’extraordinaire et d’auguste. Il avait vécu à la Cour et couché dans le lit des reines !

    On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau en sentant ce froid dans sa bouche Elle n’avait jamais vu de grenades ni mangé d’ananas. Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu’ailleurs.

    Les dames, ensuite, montèrent dans leurs chambres s’apprêter pour le bal.
    Emma fit sa toilette avec la conscience méticuleuse d’une actrice à son début. Elle disposa ses cheveux d’après les recommandations du coiffeur, et elle entra dans sa robe de barège, étalée sur le lit. Le pantalon de Charles le serrait au ventre.

    – Les sous-pieds vont me gêner pour danser, dit-il.
    – Danser ? reprit Emma.
    – Oui !
    – Mais tu as perdu la tête ! on se moquerait de toi, reste à ta place. D’ailleurs, c’est plus convenable pour un médecin, ajouta-t-elle.

    Charles se tut. Il marchait de long en large, attendant qu’Emma fût habillée.
    Il la voyait par derrière, dans la glace, entre deux flambeaux. Ses yeux noirs semblaient plus noirs. Ses bandeaux, doucement bombés vers les oreilles, luisaient d’un éclat bleu ; une rose à son chignon tremblait sur une tige mobile, avec des gouttes d’eau factices au bout de ses feuilles. Elle avait une robe de safran pâle, relevée par trois bouquets de roses pompon mêlées de verdure.
    Charles vint l’embrasser sur l’épaule.

    – Laisse-moi ! dit-elle, tu me chiffonnes.
    On entendit une ritournelle de violon et les sons d’un cor. Elle descendit l’escalier, se retenant de courir.
    Les quadrilles étaient commencés. Il arrivait du monde. On se poussait. Elle se plaça près de la porte, sur une banquette.
    Quand la contredanse fut finie, le parquet resta libre pour les groupes d’hommes causant debout et les domestiques en livrée qui apportaient de grands plateaux. Sur la ligne des femmes assises, les éventails peints s’agitaient, les bouquets cachaient à demi le sourire des visages, et les flacons à bouchon d’or tournaient dans des mains entrouvertes dont les gants blancs marquaient la forme des ongles et serraient la chair au poignet. Les garnitures de dentelles, les broches de diamants, les bracelets à médaillon frissonnaient aux corsages, scintillaient aux poitrines, bruissaient sur les bras nus. Les chevelures, bien collées sur les fronts et tordues à la nuque, avaient, en couronnes, en grappes ou en rameaux, des myosotis, du jasmin, des fleurs de grenadier, des épis ou des bleuets. Pacifiques à leurs places, des mères à figure renfrognée portaient des turbans rouges.

    Le cœur d’Emma lui battit un peu lorsque, son cavalier la tenant par le bout des doigts, elle vint se mettre en ligne et attendit le coup d’archet pour partir. Mais bientôt l’émotion disparut ; et, se balançant au rythme de l’orchestre, elle glissait en avant, avec des mouvements légers du cou. Un sourire lui montait aux lèvres à certaines délicatesses du violon, qui jouait seul, quelquefois, quand les autres instruments se taisaient ; on entendait le bruit clair des louis d’or qui se versaient à côté, sur le tapis des tables ; puis tout reprenait à la fois, le cornet à pistons lançait un éclat sonore, les pieds retombaient en mesure, les jupes se bouffaient et frôlaient, les mains se donnaient, se quittaient ; les mêmes yeux, s’abaissant devant vous, revenaient se fixer sur les vôtres.

    Quelques hommes (une quinzaine) de vingt-cinq à quarante ans, disséminés parmi les danseurs ou causant à l’entrée des portes, se distinguaient de la foule par un air de famille, quelles que fussent leurs différences d’âge, de toilette ou de figure.

    Leurs habits, mieux faits, semblaient d’un drap plus souple, et leurs cheveux, ramenés en boucles vers les tempes, lustrés par des pommades plus fines. Ils avaient le teint de la richesse, ce teint blanc que rehaussent la pâleur des porcelaines, les moires du satin, le vernis des beaux meubles, et qu’entretient dans sa santé un régime discret de nourritures exquises. Leur cou tournait à l’aise sur des cravates basses ; leurs favoris longs tombaient sur des cols rabattus ; ils s’essuyaient les lèvres à des mouchoirs brodés d’un large chiffre, d’où sortait une odeur suave. Ceux qui commençaient à vieillir avaient l’air jeune, tandis que quelque chose de mûr s’étendait sur le visage des jeunes. Dans leurs regards indifférents flottait la quiétude de passions journellement assouvies ; et, à travers leurs manières douces, perçait cette brutalité particulière que communique la domination de choses à demi faciles, dans lesquelles la force s’exerce et où la vanité s’amuse, le maniement des chevaux de race et la société des femmes perdues.

    À trois pas d’Emma, un cavalier en habit bleu causait Italie avec une jeune femme pâle, portant une parure de perles. Ils vantaient la grosseur des piliers de Saint-Pierre, Tivoli, le Vésuve, Castellamare et les Cassines, les roses de Gênes, le Colisée au clair de lune. Emma écoutait de son autre oreille une conversation pleine de mots qu’elle ne comprenait pas. On entourait un tout jeune homme qui avait battu, la semaine d’avant, Miss Arabelle et Romulus, et gagné deux mille louis à sauter un fossé, en Angleterre. L’un se plaignait de ses coureurs qui engraissaient ; un autre, des fautes d’impression qui avaient dénaturé le nom de son cheval.

    L’air du bal était lourd ; les lampes pâlissaient. On refluait dans la salle de billard. Un domestique monta sur une chaise et cassa deux vitres ; au bruit des éclats de verre, madame Bovary tourna la tête et aperçut dans le jardin, contre les carreaux, des faces de paysans qui regardaient. Alors le souvenir des Bertaux lui arriva. Elle revit la ferme, la mare bourbeuse, son père en blouse sous les pommiers, et elle se revit elle-même, comme autrefois, écrémant avec son doigt les terrines de lait dans la laiterie. Mais, aux fulgurations de l’heure présente, sa vie passée, si nette jusqu’alors, s’évanouissait tout entière, et elle doutait presque de l’avoir vécue. Elle était là ; puis autour du bal, il n’y avait plus que de l’ombre, étalée sur tout le reste. Elle mangeait alors une glace au marasquin, qu’elle tenait de la main gauche dans une coquille de vermeil, et fermait à demi les yeux, la cuiller entre les dents.

    J'ai présentement mes deux idées principale pour mon texte qui doit contenir deux idées
    - Emma découvre une partie de la noblesse
    - Emma éprouve toute la fantaisie qu'il y a au bal

    J'ai déja toutes mes citations pour mon texte le problème est toujours le même, mon introduction et ma conclusion.
    Si vous avez des suggestions sur mes idées principale ou pour d'autres suggestions n'hésiter pas.
    Merci
  • Fiou30Fiou30 Membre
    Bonjour , alors voilà je dois rendre un dossier de français pour mon examen de fin d'année mais je galère un peu. Je suis au texte de Flaubert " Madame Bovary" l'extrait est celui du bal au château de la Vaubyessar. J'ai cette question à laquelle je n'arrive pas à répondre : du point de vue de l'exploration de l'énigme du moi, quels avantages Flaubert tire-t-il de cette combinaison , de cette alternance des 3 points de vue ( celui du narrateur , d'Emma et de Charles) ? Si quelqu'un peut m'aider je lui en serai reconnaissant :)
  • Bonjour alors voilà j'ai un commentaire à faire et je suis bloqué.

    Le commentaire porte sur cette extrait où Emma est à un bal:
    Emma se sentit, en entrant, enveloppée par un air chaud, mélange du parfum des fleurs et du beau linge, du fumet des viandes et de l'odeur des truffes. Les bougies des candélabres allongeaient des flammes sur les cloches d'argent ; les cristaux à facettes, couverts d'une buée mate, se renvoyaient des rayons pâles ; des bouquets étaient en ligne sur toute la longueur de la table, et, dans les assiettes à large bordure, les serviettes, arrangées en manière de bonnet d'évêque, tenaient entre le bâillement de leurs deux plis chacune un petit pain de forme ovale.
    Madame Bovary remarqua que plusieurs dames n'avaient pas mis leurs gants dans leur verre.
    Cependant, au haut bout de la table, seul parmi toutes ces femmes, courbé sur son assiette remplie, et la serviette nouée dans le dos comme un enfant, un vieillard mangeait, laissant tomber de sa bouche des gouttes de sauce. Il avait les yeux éraillés et portait une petite queue enroulée d'un ruban noir. C'était le beau-père du marquis, le vieux duc de Laverdière, l'ancien favori du comte d'Artois, dans le temps des parties de chasse au Vaudreuil, chez le marquis de Conflans, et qui avait été, disait-on, l'amant de la reine Marie-Antoinette entre MM. de Coigny et de Lauzun. Il avait mené une vie bruyante de débauches, pleine de duels, de paris, de femmes enlevées, avait dévoré sa fortune et effrayé toute sa famille. Un domestique, derrière sa chaise, lui nommait tout haut, dans l'oreille, les plats qu'il désignait du doigt en bégayant ; et sans cesse les yeux d'Emma revenaient d'eux-mêmes sur ce vieil homme à lèvres pendantes, comme sur quelque chose d'extraordinaire et d'auguste. Il avait vécu à la Cour et couché dans le lit des reines !
    On versa du vin de Champagne à la glace. Emma frissonna de toute sa peau en sentant ce froid dans sa bouche. Elle n'avait jamais vu de grenades ni mangé d'ananas. Le sucre en poudre même lui parut plus blanc et plus fin qu'ailleurs.

    Alors j'ai fait mon introduction où je présente rapidement l'auteur, l'extrait, la problématique et le plan

    problématique :Comment cette scène de bal permet-elle de saisir la psychologie du personnage et son aliénation sociale ?
    le plan: 1/L'aspect psychologique du personnage et 2/ Son aliénation
    (je tiens à préciser que c'est mon prof qui m'a donner la problématique)

    et voilà là je suis en plein bloque je ne sais pas quoi dire.
    Merci de vos différentes aides d'avances
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