Grammaire française Participe passé

Bonjour

Quelle différence faut-il voir entre "une photo d'un chat" et "une photo de chat" ?

Dans "une photo de chat", a-t-on affaire à un complément de caractérisation non actualisé (comme dans "un couteau de boucher") ? Ce n'est pas mon avis car le chat (qui figure sur la photo) existe bel et bien.

Les deux tournures "une photo de chat" et "une photo d'un chat" sont - elles strictement équivalentes ?

Merci d'avance aux experts qui pourront me répondre.
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Réponses

  • JehanJehan Modérateur
    "Une photo de chat" sert bien à caractériser la photo en précisant son sujet : ce n'est ni une photo de fleur, ni une photo de paysage, ni une photo d'enfant, ni un autre sujet. L'existence réelle du chat précis qui est sur la photo n'a pas plus d'importance que pour "un dessin de chat", par exemple.

    "Une photo d'un chat" a un sens très proche, me semble-t-il...
    J'ai du mal à faire le distinguo.
    Attends d'autres avis.
  • J'ai cependant l'impression que dans "une photo de chat", le nom "chat" est davantage actualisé que dans "une démarche de chat", par exemple. Mais je me trompe peut-être.

    Ce qui est certain, c'est que la formule "une photo d'un chat" (où le nom "chat" est clairement actualisé) s'emploie peu, même si la formulation est correcte.

    En revanche, si nous considérons maintenant "une photo de chats" , "chats" au pluriel, le nom "chats" n'est-il pas incontestablement actualisé, "une photo de chats" équivalant à "une photo de (des) chats" (par la règle de non-cacophonie) ?
  • A mon humble avis, "une photo de chat" est la photo d'un chat en tant que représentant de l'espèce; "une photo d'un chat", par contre suppose une plus grande individualisation de l'animal, bien qu'on ne donne pas de précisions à son propos : il s'agit d'un individu et non d'un représentant de l'espèce.
  • Une photo de chat est tout bonnement une expression incorrecte, car ici la préposition qualifie la photo. Ce qui équivaut à énoncer : une photo de chat comme on énoncerait : une photo de m****. La photo d'un chat est la seule correcte parmi les deux. L'article indéfini qui précède le chat est prioritaire par rapport à l'article qui précède la photo. Si l'article est indéfini, comme ici, alors on utilise l'article défini pour désigner la photo, qu'on ne nomme pas pour elle-même, mais seulement en tant qu'elle est le support visuel sur lequel on peut voir un chat.

    Bref, la question à poser d'abord consiste à se demander de quoi on parle, quel est le thème principal ? Parle-t-on d'un chat ? Alors, s'il se trouve que ce chat particulier est visible sur une photo, on ne dira pas une photo de chat ; mais la photo d'un chat. Si le thème porte sur une photo, et s'il se trouve que cette photo représente un chat, eh bien ! on dit, par exemple : j'ai une photo sur laquelle on peut voir un chat..., etc.
  • Avez-vous des références grammaticales pour rejeter "une photo de chat" ?
    Il s'agit d'un complément de caractérisation :
    Absence de l’article
    586
    En rapport avec certaines fonctions syntaxiques.
    (...)
    d) Les noms compléments de noms.
    L’article est absent d’ordinaire dans les compléments de caractérisation (§ 348, c) :
    Une table de (ou en : cf. § 355, a, 1°) marbre, un poète de génie, un adverbe de lieu, une besogne de débutant, un chien de berger (comp. le chien du berger), la gravure sur verre, une mesure de longueur, les transports par eau, etc.
    (Grevisse, 14e édition)

    Et si on parle d'un chat identifié, on dira la/une photo du chat...
  • Une photo du chat, en effet, pas de chat. Le deuxième n'est pas, ici, l'équivalent du premier. Quant à la caractérisation, c'est une illusion ici. Il n'y a pas de caractérisation possible de la photo par un chat, lesquels n'entretiennent aucun rapport logique (tandis que parmi les adverbes, il y a nécessairement un adverbe de lieu ; parmi les poètes, des bons, des moins bons, et des génies, etc., etc., etc.) Le problème est de savoir à quelles conditions utiliser, dans une même proposition, un article défini et un article indéfini.
  • Ma seconde remarque concernait la deuxième partie de votre raisonnement, que je n‘ai donc sans doute pas comprise.
    Si vous ne considérez pas que dans photo de chat il s’agit d’un complément de caractérisation, dans quel type de complément de nom le classez-vous ?
    Je ne comprends pas quel problème il y a à mélanger les différents types d'articles dans une même proposition.
    Et j’attends toujours des références...
  • Une photo de chat n'est absolument pas incorrect, de même qu'un portrait de vedette ou qu'une dent de lion :)
  • Bonjour à tous

    je viens de prendre connaissance de la réponse faite par hemicycliste et je suis d'accord avec la thèse qu'il défend.

    "une démarche de chat" a en effet un sens, dans la mesure où le chat (le nom dans son sens générique, l'animal en général, l'espèce) est caractérisé par une démarche bien précise.

    En revanche, le syntagme "une photo de chat" , calqué sur le même modèle de structure grammaticale, n'aurait, lui, aucun sens, puisqu'il n'existe aucune relation générale entre une photo et le chat générique. A contrario, une "dent de chat" a un sens, puisque chaque chat possède des dents.

    De ce point de vue, je suis donc d'accord avec hemicycliste : la "photo de chat" ne relève pas à mes yeux de la structure du complément de caractérisation non actualisé.

    Ce que je n'affirme pas, c'est le caractère incorrect de la "photo de chat". J'observe que, dans le langage courant, tout le monde dit "une photo de chat" et non pas "une photo du chat" ou "la photo d'un chat". Mais peut-être s'agit-il là d'un abus consacré par l'usage ?

    Quoi qu'il en soit, ce qui m'a poussé à lancer cette discussion, c'est la certitude intuitive que dans "une photo de chat", le nom "chat" est implicitement actualisé.

    Au plaisir de vous lire.
  • marc145 a écrit:
    De ce point de vue, je suis donc d'accord avec hemicycliste : la "photo de chat" ne relève pas à mes yeux de la structure du complément de caractérisation non actualisé.

    C'est quoi alors ?
  • Il pourrait s'agir d'un complément de contenu, si ce n'est qu'en général, le complément dénombrable y est au pluriel (exemples : un paquet de cigarettes, un récit de combats, une histoire de vampires). Si le complément est au singulier, c'est que nous avons affaire à du contenu non-quantifiable : un verre d'eau, une tasse de café.

    Nous ne sommes donc pas exactement dans cette situation.

    Cependant, le chat en question constitue le contenu, l'objet de la photo.
  • Quelle(s) grammaire(s) utilise cette appellation de "complément de contenu" ?
    Quelles sont les autres dénominations quand ce n'est pas un complément de contenu ?

    Reconnaissez que c'est un complément de caractérisation avec son exemple de boites à chaussures.
    Le complément de nom prépositionnel peut être soit complément déterminatif, soit complément caractérisant. Lorsqu'il est complément déterminatif, le complément de nom prépositionnel est ordinairement actualisé par un déterminant, par conséquent, il possède un référent distinct de celui du nom noyau. Au contraire, lorsqu'il est complément caractérisant, le complément de nom prépositionnel n'est généralement pas actualisé, par conséquent, il ne possède pas de référent distinct de celui du nom noyau :
    Une boîte pour mes chaussures. Une boîte à chaussures.
    Le nom « chaussures », complément prépositionnel du nom « boîte », est un complément déterminatif dans le premier exemple (présence du déterminant possessif « mes »), et un complément caractérisant dans le second (absence de déterminant).
    (Wikipédia)
  • JehanJehan Modérateur
    Et un complément caractérisant construit avec de sans déterminant
    ne désigne pas forcément un contenu non nombrable.
    Cependant, le chat en question constitue le contenu, l'objet de la photo.
    Ici, "chat" n'est pas "le contenu" de la photo, mais bien l'objet, effectivement.
    une photo de chat : on a photographié un chat
    un portrait de femme : on décrit une femme.
    une explication de texte : on explique un texte.


    Le complément nombrable construit avec de sans article exprime aussi l'agent :
    un travail de professionnel (fait par un professionnel)
    un saut de grenouille (fait par une grenouille)

    Le complément nombrable construit avec de sans article exprime aussi le possesseur
    une dent de chat
    un chapeau de gendarme

    Et il y a rarement confusion quant au sens.
    On se doute bien qu'une photo de chat n'a pas été prise par un chat et n'appartient pas à un chat...
  • Jehan a écrit:
    Et un complément caractérisant construit avec de sans déterminant
    ne désigne pas forcément un contenu non nombrable.
    Cependant, le chat en question constitue le contenu, l'objet de la photo.
    Ici, "chat" n'est pas "le contenu" de la photo, mais bien l'objet, effectivement.
    une photo de chat : on a photographié un chat
    un portrait de femme : on décrit une femme.
    une explication de texte : on explique un texte.


    Le complément nombrable construit avec de sans article exprime aussi l'agent :
    un travail de professionnel (fait par un professionnel)
    un saut de grenouille (fait par une grenouille)

    Le complément nombrable construit avec de sans article exprime aussi le possesseur
    une dent de chat
    un chapeau de gendarme
    Votre exemple ne me semble pas convenir. On peut compter les chats, on peut compter les gendarmes, les grenouilles, etc., tout ce que vous voudrez. Il n'empêche, si on peut le faire dans l'absolu, en l'occurrence, on ne dénombre ni le professionnel, ni la grenouille, ni le reste. « Un travail de professionnel » ne désigne pas le professionnel en tant qu'on peut dénombrer les professionnels, mais en tant que tel ou tel travail particulier a cette caractéristique d'être d'une qualité professionnelle, quel que soit le professionnel (Pierre, Paul, Jacques, etc.). « Un saut de grenouille » ne désigne pas non plus des grenouilles que l'on pourrait nombrer ou quantifier, mais désigne un type de saut, dont la caractéristique est d'être celui de la grenouille en général, quelle qu'elle soit. Dans ces deux exemples, le complément n'est donc ni nombrable, ni ne désigne un agent (on se doute bien que pour un travail de professionnel, c'est quelqu'un qui a réalisé le travail ; que pour le saut d'une grenouille, il faut une grenouille ou quelqu'un qui l'imite, pour sauter).

    En outre, vos exemples choisis pour un complément exprimant le possesseur ne conviennent pas. La dent du chat, oui, pas une dent de chat, qui indique l'origine ; le chapeau du gendarme, oui, pas un chapeau de gendarme, qui indique la destination. Là encore, pas de complément nombrable ou quantifiable : une dent de chat désigne une dent qui provient d'un chat, quel qu'il soit ; un chapeau de gendarme désigne un chapeau destiné à tous les gendarmes, quels qu'ils soient. On ne dénombre que du particulier, pas du général.
    Jehan a écrit:
    Et il y a rarement confusion quant au sens.
    On se doute bien qu'une photo de chat n'a pas été prise par un chat et n'appartient pas à un chat...
    C'est précisément parce que peu sont susceptibles de faire la confusion que vos exemples ne conviennent pas. Seul l'exemple suivant convient : une explication de texte, puisqu'un texte peut bien faire l'objet d'une explication. Ici, donc, le texte n'est pas nombrable mais désigne tous les textes possibles, tous ceux qu'on peut ou pourrait expliquer. De sorte qu'on peut nommer un exercice : explication de texte, expression générique appliquée à tel ou tel texte qu'on étudie en classe ; mais, à propos de ce texte particulier actuellement étudié en classe, on dira : « vous expliquerez ce texte ».

    Pour le reste, on ne dit pas : un portrait de femme (sauf à considérer que l'espèce portrait se subdivise en sous-espèces : portrait d'homme, portrait d'enfant, portrait de mouche ; or, y a-t-il un "objet", une catégorie conceptuelle, en art, qui s'appelle portrait d'homme, portrait d'enfant, etc. ? Non). On dit : le portrait d'une femme (il n'en existe qu'un seul ; cette femme est inconnue et on ne connaît aucun autre portrait la figurant ; le peintre ou le dessinateur est connu pour avoir réalisé beaucoup de portraits, et parmi eux, on s'intéresse au portrait d'une femme ; etc., etc., etc.) ; un portrait de cette femme (un ou plusieurs peintres en ont fait plusieurs, etc.).
    Enfin, on ne dit pas une photo de chat. De deux choses l'une : ou bien on s'obstine à en faire une caractérisation, dans ce cas, il faut admettre que l'objet principal de cette expression est la photo, dès lors il va falloir trouver, parmi toutes les caractérisations possibles d'une photo, cette caractérisation d'une photo qui autoriserait à la caractériser par le complément de chat ; ou bien on admet que quand quelqu'un énonce une telle expression, certes courante mais absurde, l'objet de son propos n'est pas la photo (ni en général, ni en particulier), mais le chat ou un chat, qu'il désigne indirectement, en nommant d'abord le support dans lequel il est représenté, en l'occurrence la photo. Ce deuxième cas consiste à énoncer quelque chose qui n'est ni du français ni rien d'autre. Ça n'existe pas, dans aucune langue, parce que ça ne dit rien. Il ne viendrait à l'idée de personne, j'espère, parlant de son chat, et voyant son reflet dans une vitre, de dire : « Regardez ! Un reflet de chat ! ». On dira : le reflet du chat, le reflet d'un chat, ou encore un reflet dans lequel on peut apercevoir (ou reconnaître, ou identifier, etc.) un chat. Seules expressions dans lesquelles, comme avec notre photo de chat, le chat est bien le contenu, et non l'objet (la photographie est une représentation).

    Bref, on ne navigue pas comme on veut entre le particulier et le général, ni en faisant abstraction du réel ou plutôt des référents (concepts) qui constituent ce qu'on appelle le réel.
  • JehanJehan Modérateur
    Il n'empêche, si on peut le faire dans l'absolu, en l'occurrence, on ne dénombre ni le professionnel, ni la grenouille, ni le reste.
    Je concède que j'aurais dû écrire : virtuellement nombrables.
    Je voulais simplement montrer que cette absence d'article n'était pas l'apanage d'un "complément de contenu non quantifiable" comme l'a écrit Marc145.
    Enfin, on ne dit pas une photo de chat. De deux choses l'une : ou bien on s'obstine à en faire une caractérisation, dans ce cas, il faut admettre que l'objet principal de cette expression est la photo, dès lors il va falloir trouver, parmi toutes les caractérisations possibles d'une photo, cette caractérisation d'une photo qui autorisait à la caractériser par le complément de chat.
    Si, on le dit, bien sûr. Nous ne devons pas parler la même langue. :)
    Même si vous trouvez toujours cela absurde pour des raisons qui persistent à m'échapper.
    Je ne vois pas pourquoi le complément "de chat" ne pourrait pas caractériser une photo, à la façon d'un adjectif précisant objectivement, de façon générale, ce que la photo représente.
    Parmi un ensemble de photos représentant des sujets très divers, la caractérisation "de chat" permettra de retrouver la bonne photo.

    "Une photo de chat" peut s'employer quel que soit le chat représenté, et convient à toutes les photos représentant un chat. Tout comme "un travail de professionnel", ainsi que vous le dites, peut s'employer quel que soit le professionnel réel ou virtuel , soulignant la qualité du travail accompli. Tout comme "un saut de grenouille" caractérise le saut quelle que soit la grenouille, comme vous le dites encore vous-même.

    "Une dent de chat" dites-vous, indique l'origine, pas la possession. Voire.
    Mais cette expression suppose forcément que les chats en général possèdent des dents... Non ?
    C'est donc en l'occurrence un distinguo oiseux.
    C'est précisément parce que peu sont susceptibles de faire la confusion que vos exemples ne conviennent pas.
    Moralité : cette expression "photo de chat" est claire et comprise sans ambiguïté, donc elle ne convient pas. Comprenne qui pourra... :cool:

    Cela dit, si vous estimez que votre longue relative
    une photo sur laquelle on peut voir un chat
    est plus correcte et plus pratique...
    Elle ne montre pourtant pas, elle, que le sujet principal de la photo considérée est le chat.
    Mais c'est tout de même mieux, je vous l'accorde, que : "une photo sur laquelle on peut voir un chat en cherchant bien, là-bas, à l'arrière-plan, juste à côté de la poubelle"... ;)
  • Le débat est diablement intéressant...

    Je ne me prononce pas sur la correction du bloc "une photo de chat" : j'ai ouvert cette discussion parce que je considère de manière intuitive (mais peut-être fausse) que, dans le bloc "une photo de chat" , le nom chat est implicitement actualisé.

    A l'appui de cette thèse, j'ai déjà cité tout au début l'exemple de la "photo de chats" (chats au pluriel).

    J'ajouterai ces exemples de complément de """contenu""" (désolé pour ma terminologie non homologuée) :

    un paquet de cigarettes
    la narration de faits d'arme
    une compilation d'articles
    un parc de véhicules
    une collection de timbres
    un groupe de chercheurs

    Pensez-vous que les compléments de nom ci-dessus ne sont pas (implicitement) actualisés dans ces exemples ?

    Quant aux exemples de contenu non dénombrable, pour moi, l'actualisation implicite a également lieu. Lorsque vous considérez "un verre d'eau", vous voyez et le verre, et l'eau.
    De même, si vous regardez une photo de chat, vous voyez et la photo, et le chat photographié.

    En revanche, si vous vous déplacez dans un tunnel étroit "avec une démarche de chat", il n'y a dans cette affaire aucun chat nulle part.

    Je comprendrais que vous ne répondiez plus, si ce débat vous lasse. Je ne suis pas un expert ni même un linguiste et j'essaie d'analyser les choses avec mes moyens.

    Cordialement,
  • Jehan a écrit:
    Moralité : cette expression "photo de chat" est claire et comprise sans ambiguïté, donc elle ne convient pas. Comprenne qui pourra... :cool:
    Je ne fais que convenir avec vous qu'il paraît improbable de trouver quelqu'un pour qui, dans l'expression une photo de chat, le chat désigne le possesseur ou l'agent. Toutefois, vous maintenez l'hypothèse que, dans cette expression précisément, le chat désigne un complément de caractérisation, ce que je conteste. La photo et le chat n'entretiennent aucun rapport permettant de caractériser la première par le second, sauf dans le cas du contenu. Mais même dans ce cas, nous sommes face à une difficulté. Je m'explique.
    Pour ma part, j'établis un rapport de subsomption. Dans l'expression qui nous occupe, la photo est nommée en premier. On peut la nommer comme une photo particulière, ou comme une photo en général. On peut ensuite caractériser cette photo (son propriétaire, son auteur, sa date, etc.). Parmi les caractérisations possibles, celle du chat est impossible, sauf pour caractériser le contenu (la représentation de la photographie). Dans ce cas, si on a désigné la photo comme un objet particulier (une photo), et que l'on veut préciser ce qu'elle représente, on a le choix, comme d'habitude, entre désigner un objet en tant qu'objet particulier ou objet en général. Si c'est un objet en particulier, connu des interlocuteurs en présence, on dit : la photo du chat (tous les interlocuteurs savent de quel chat il s'agit) ou une photo du chat (tous les interlocuteurs savent de quel chat il s'agit, mais savent que plusieurs photos de ce même chat existent).
    Mais si c'est le chat en général ? Que pourrait-on bien dire d'autre que : la photo d'un chat ? (sachant que l'objet de la conversation porterait ici sur l'interprétation de ce que représente la photo : le chat, en tant qu'il représente ou peut représenter tous les chats). Même en formulant la chose après inversion de la position des termes : ce chat sur la photo, on se retrouve face au même problème. Pourquoi ? Parce que toute photo ne peut représenter que quelque chose en particulier, et que la question de savoir si ce qu'elle représente est métaphorique, symbolique, ou tout ce qu'on voudra qui consiste en une généralisation, ne peut être prédéterminé ou prévu. Pour le savoir, il nous faudrait la photo en question sous les yeux. Or, comme dans l'expression une photo de chat, chat est générique, cela impose de rejeter purement et simplement l'expression, puisque, je le répète, ce qu'une photo représente relève du particulier (plan dénotatif), tandis que la portée de sa représentation particulière (plan connotatif, sa plasticité, son iconicité, etc.) ne peut être contenue par avance dans aucune expression, a fortiori dans l'expression (sémantiquement et syntaxiquement rachitique) : une photo de chat, laquelle ne correspond à aucun référent identifiable, puisque le seul qu'on pouvait supposer (interprétation de la signification de la photo) est impossible.
  • Dans un tout autre registre, doit-on dire la forme ou la figure d'un chapeau? :D
  • JehanJehan Modérateur
    En tout cas, nonobstant votre vocabulaire technique - qui en jette un sacré jus, il faut le reconnaître - l'utilisation de l'expression "rachitique" une photo de chat ne semble causer aucun problème majeur de communication ou de compréhension à ses utilisateurs. Et tout le reste est donc du blablabla sans importance... :)

    Vous avez écrit plus haut :
    Seul l'exemple suivant convient : une explication de texte, puisqu'un texte peut bien faire l'objet d'une explication. Ici, donc, le texte n'est pas nombrable mais désigne tous les textes possibles, tous ceux qu'on peut ou pourrait expliquer.

    N'auriez-vous pas pu tout aussi bien écrire :
    Seul l'exemple suivant convient : une photo de chat, puisqu'un chat peut bien faire l'objet d'une photographie. Ici, donc, le chat n'est pas nombrable mais désigne tous les chats possibles, tous ceux qu'on a pu, qu'on peut ou pourrait photographier.

    Mais bon...
  • Jehan a écrit:
    Vous avez écrit plus haut :
    Seul l'exemple suivant convient : une explication de texte, puisqu'un texte peut bien faire l'objet d'une explication. Ici, donc, le texte n'est pas nombrable mais désigne tous les textes possibles, tous ceux qu'on peut ou pourrait expliquer.

    N'auriez-vous pas pu tout aussi bien écrire :
    Seul l'exemple suivant convient : une photo de chat, puisqu'un chat peut bien faire l'objet d'une photographie. Ici, donc, le chat n'est pas nombrable mais désigne tous les chats possibles, tous ceux qu'on a pu, qu'on peut ou pourrait photographier.

    Mais bon...

    Non, car dans l'explication, le suffixe désigne une action, laquelle est nécessairement rapportée à quelque chose. Le texte fait donc l'objet d'une action. Tandis que la photographie, dans l'expression une photo de chat, désigne un objet, non une action. (Ce qui me fait penser que, dans l'expression une explication de texte, texte n'est pas un complément de caractérisation.)
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