Grammaire française Participe passé

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Réponses

  • ''L'article est absent d'ordinaire devant les noms servant de complément de caractérisation et de destination.''

    Bonjour, tout le monde,

    Parfois l'article est absent devant les noms servant de complément, parfois il ne l'est pas. Pourtant ce sont dans des structures similaires.

    Quelques exemples--

    Place d'armes
    Place des arts

    armée de l'air
    armée de terre

    les jours de la semaine
    la fin de semaine

    garde du corps
    gilet de corps



    et dans les expressions ''L’ASSOCIATION DES CENTRES DE TRAITEMENT DES DÉPENDANCES''
    et ''la maison de retraite des gardiens de la paix''.

    Comment expliquer l'emploi et l'omission de l'article dans ces exemples?

    Merci!
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    gerardmontreal a écrit:
    les jours de la semaine
    la fin de semaine
    Les questions sur la présence et l'omission de l'article sont récurrentes. Une recherche dans le forum donne beaucoup d'autres fils où la question a été abordée :
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic11811-je-moccupe-dune-affaire-daffaires-omission-de-larticle.html
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic27521-omission-de-larticle-expressions-verbales.html
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic15022-omission-de-larticle-il-est-directeur-il-est-le-directeur.html
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/topic37715-quai-de-seine-ou-quais-de-la-seine.html
    Abordée ... mais jamais résolue, car c'est une question sans réponse tranchée, où l'usage est prépondérant.

    Donc, en attendant que Jehan fasse la réponse qu'il s'est engagé à préparer ;) , juste une observation sur le couple :
    les jours de la semaine
    la fin de semaine

    En fait, on peut tout aussi bien avoir :
    les jours de semaine
    la fin de la semaine

    Les usages ne sont pas tout à fait semblables :
    Je ne travaille jamais en fin de semaine. Nous nous verrons à la fin de la semaine.
    Il y a souvent un peu plus de généralité avec l'omission de l'article, un peu plus de détermination avec l'article, mais on trouve de nombreux contrexemples qui montrent que ceci n'est qu'une distinction approximative.
  • ''Nous nous verrons à la fin de la semaine.''

    D'après moi, ''la semaine'' dans votre phrase peut se remplacer par cette semaine. Cela n'a rien à voir avec le sujet abordé.

    Et pouvez-vous donner des exemples avec ''les jours de semaine''?

    Merci!
  • JehanJehan Modérateur
    "Les jours de la semaine", c'est la liste des sept noms des jours : lundi, mardi, etc.
    "Les jours de semaine" ce sont les jours ouvrables, où l'on travaille, par opposition au dimanche et aux jours fériés.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    gerardmontreal a écrit:
    ''Nous nous verrons à la fin de la semaine.''

    D'après moi, ''la semaine'' dans votre phrase peut se remplacer par cette semaine. Cela n'a rien à voir avec le sujet abordé.
    Si ça n'a rien à voir, alors je ne suis pas compétent pour vous répondre. C'est hélas ce que je subodorais.
    gerardmontreal a écrit:
    'Et pouvez-vous donner des exemples avec ''les jours de semaine''?
    Oui, je le peux. Mais si vous avez accès à un ordinateur et à Google Livres (pour nous limiter à des formes écrites), vous le pouvez aussi :
    https://www.google.fr/search?q=%22les+jours+de+semaine%22&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=org.mozilla:fr:official&client=firefox-a&gfe_rd=cr&ei=D4C9Uq6OIoHb8QOJyYCoAQ
  • JehanJehan Modérateur
    Précision pour les intervenants.
    Gerardmontreal s'est présenté dans la rubrique "Sujets variés" :
    Je m'appelle Qiao, un immigrant d'origine chinoise qui vit à Montréal. J'ai commencé à apprendre cette belle langue dans un centre de francisation en 2005 , puis je n'ai jamais laissé tomber mon apprentissage. Je suis ravi d'avoir trouvé ce site parce que j'ai beaucoup de questions à poser.
  • "Les jours de semaine" ce sont les jours ouvrables, où l'on travaille, par opposition au dimanche et aux jours fériés.

    Merci pour votre rappel!

    Avec cette précision, j'ai une vague idée à ce sujet. ''les jours de semaine'' et 'la fin de semaine'', qui signifie ''le week-end'' au Québec, mettent l'accent sur ''les jours'' et ''la fin'', et 'de semaine'' sans l'article défini est un complément de nom dans le sens ''général''.

    Mais avec ''les jours de la semaine'' ou ''quel jour de la semaine'', on a peut-être l'intention d'énumérer ''lundi, ...''ou d'en choisir un par l'énumération.

    En employant les compléments de nom avec ''du-(de le), de la '', l'énonciateur pourrait chercher quelque chose de spécifique dans la généralité. '' l'armée de l'air'' par exemple, l'air, qui signifie l'aviation, n'est pas ''l'air ordinaire''.
  • JehanJehan Modérateur
    Mais avec ''les jours de la semaine'' ou ''quel jour de la semaine'', on a peut-être l'intention d'énumérer ''lundi, ...''ou d'en choisir un par l'énumération.
    Tout à fait... C'est ce que je voulais suggérer en parlant de "liste de noms".

    Quant à votre explication pour "armée de l'air", elle est ingénieuse.
    Mais ce qui a pu jouer aussi, c'est le calque sur le rythme de "armée de terre" : même nombre de syllabes prononcées et sons identiques, mis à part l'opposition l /t.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    gerardmontreal a écrit:
    En employant les compléments de nom avec ''du-(de le), de la '', l'énonciateur pourrait chercher quelque chose de spécifique dans la généralité. '' l'armée de l'air'' par exemple, l'air, qui signifie l'aviation, n'est pas ''l'air ordinaire''.
    Mais quand on dit "armée de terre", "terre" n'est pas plus la terre ordinaire que "l'air" n'est l'air ordinaire. La raison n'est donc pas suffisante.
    La question de l'article me paraît ici plus liée au même phénomène qui fait qu'on dit : sur terre, dans article, mais en l'air, avec l'article. Autrement dit, il y a une longue tradition d'utiliser terre sans article (à terre, par terre, en terre, sur terre), mais pas d'utiliser air sans article (en l'air, dans l'air).
  • La présence ou l'omission de l'article définitif dans les compléments de nom est un phénomène linguistique récurrent, dont beaucoup d'ouvrages de référence choisissent d'ignorer l'existence ou expliquent vaguement l'emploi. Cela ne pose pas de problèmes aux Français parce qu'elles passent déjà dans l'usage.

    Mais pour ceux qui apprennent le français comme une langue seconde, cela devient vraiment un casse-tête parce qu'ils font constamment face à un choix en écrivant ou en parlant.

    J'ai déjà avancé un hypothèse sur la présence ou l'omission de 'le'' ou de ''la'' dans les compléments de nom avec l'indice que Lehan m'a fourni avec ses explications.

    Maintenant je voudrais en émettre une autre sur la présence ou l'omission de ''les''.
    Avec ''des''-de les, le locuteur pourraient avoir une intention d'exagérer la quantité ou les sortes de ''complément du nom''. La Place des Arts par exemple, elle est le plus vaste complexe culturel et artistique au Canada, qui prétendrait présenter toutes les formes d'arts du monde. Par contre, ''place d'armes'', elle est le lieu de rassemblement d'une petite troupe.
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    gerardmontreal a écrit:
    Maintenant je voudrais en émettre une autre sur la présence ou l'omission de ''les''.
    Avec ''des''-de les, le locuteur pourraient avoir une intention d'exagérer la quantité ou les sortes de ''complément du nom''. La Place des Arts par exemple, elle est le plus vaste complexe culturel et artistique au Canada, qui prétendrait présenter toutes les formes d'arts du monde. Par contre, ''place d'armes'', elle est le lieu de rassemblement d'une petite troupe.
    Hum, c'est amusant, mais ça ne résiste pas à l'examen.
    Il faut aussi regarder à quelle époque ont été forgés les mots ; en effet, dans la langue ancienne, l'omission de l'article était fréquente, dans des situations où aujourd'hui l'on mettrait l'article.
    "Place d'armes" est une formation très ancienne dans la langue militaire, dans les deux sens de forteresse et de place pour la revue des troupes ou le maniement des armes (équivalente au "champ de Mars" ou au "champ de manœuvre" qu'on trouve aussi dans la nomenclature). Néanmoins, on a parfois aussi dit "place des Armes", mais c'est le premier qui l'a emporté et s'est lexicalisé.
    La "Place des Arts" est une formation plus récente, qui utilise normalement l'article, comme d'ailleurs le "Pont des Arts" à Paris et les nombreux "Palais des Arts" qui existent. À vrai dire, on pourrait difficilement dire "place d'arts, pont d'arts, palais d'arts".
  • ''Il faut aussi regarder à quelle époque ont été forgés les mots ; en effet, dans la langue ancienne, l'omission de l'article était fréquente, dans des situations où aujourd'hui l'on mettrait l'article.''---de lamaneur.

    Il faut bien avoir une ou plusieurs raisons pour ajouter l'article défini. Il ne s'interpose pas entre ''de'' et son complément par hasard ou seulement pour une question de sonorité.


    ''Bonsoir.

    Dans "comptoir des fromages" ou "comptoir des viandes", on a utilisé l'article défini contracté des (= de les) parce qu'il ne s"agit pas de n'importe quels fromages ou de n'importe quelles viandes.
    Ce sont les fromages et les viandes du supermarché.


    Même chose pour "guichet de vente des (= de les) billets"
    Ce ne sont pas n'importe quels billets. Ce sont les billets bien précis connus des usagers du métro. Le complément "de vente", lui, concerne une action, et il a un sens beaucoup plus abstrait et général.


    Au "guichet de vente de friandises" : friandises variées, non précisément définies.''- de Lehan

    Comparé avec ''le'' ou ''la'' dans les compléments de nom(garde du corps, gardiens de la paix par exemple), qu'on ne peut pas supprimer, ''les'' dans la même position est facultatif, et son emploi dépend plutôt de l'intention de l'énonciateur.

    ex. association de consommateurs
    union des consommateurs
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    gerardmontreal a écrit:
    Il faut bien avoir une ou plusieurs raisons pour ajouter l'article défini. Il ne s'interpose pas entre ''de'' et son complément par hasard ou seulement pour une question de sonorité.
    Dans bon nombre de cas, ces raisons ne sont pas connues : on aurait pu tout aussi bien avoir ou ne pas avoir l'article ; seul l'usage a fait son choix dans le temps et cela peut parfois sembler arbitraire. La langue française n'a pas une logique purement mathématique.
    gerardmontreal a écrit:
    Comparé avec ''le'' ou ''la'' dans les compléments de nom(garde du corps, gardiens de la paix par exemple), qu'on ne peut pas supprimer,
    Mais si, on peut supprimer. Par exemple, on dit "juge de paix" et non "juge de la paix", alors qu'on dit effectivement "gardien de la paix" et non "gardien de paix". C'est l'usage !
  • ''Dans bon nombre de cas, ces raisons ne sont pas connues : on aurait pu tout aussi bien avoir ou ne pas avoir l'article ; seul l'usage a fait son choix dans le temps et cela peut parfois sembler arbitraire. ''-de lamaneur

    Il y tellement de recherches sur l'origine des mots, pourquoi personne ne s'intéresse à l'évolution de l'emploi de l'article défini?
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Probablement parce que c'est un sujet assez austère, qui ne concerne que les grammairiens. L'étymologie intéresse plus, c'est varié, ça nous parle souvent d'histoire, de géographie, de civilisation, en même temps que l'origine des mots ; le grand public s'y intéresse. Savoir pourquoi on met ou ne met pas l'article est quand même moins passionnant pour le grand public. Cela dit, je serais étonné qu'il n'y ait pas eu d'études sur ce sujet pour tenter de jeter un de clarté sur un usage qui paraît parfois déconcertant.
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