On ne compte plus les discussions sur la personne de Baudelaire mais je me posais cette question à laquelle je n'ai pas trouvé de réponse. Par quels auteurs (romancier, philosophe, poète) a-t-il été influencé?

Réponses

  • ComateenComateen Modérateur
    Théophile Gautier, essentiellement ;)
  • Et plus généralement par les Parnassiens :P.
  • Aloysius Bertrand aussi pour le poème en prose.
    Swedenborg pour les correspondances.
  • CeresCeres Membre
    Baudelaire a aussi hérité du pessimisme pascalien me semble-t-il.
  • Swedenborg, je ne savais pas ! Merci ma chère Polo :p

    (je suis navré que le Quignard t'ait déçue... Je ne l'ai pas lu, ceci dit)
  • 76man76man Membre
    La question est très intéressante.

    Baudelaire a été influencé par Sade. Entre les deux, il y a bien sûr Théophile Gautier, et plus largement les romantiques frénétiques, Pétrus Borel notamment, mais aussi, déjà cité, Aloysius Bertrand.

    Sur Borel, voici ce qu'a écrit Baudelaire : "Il y a des noms qui deviennent proverbes et adjectifs. Quand un petit journal veut, en 1859, exprimer tout le dégoût et le mépris que lui inspire une poésie ou un roman d’un caractère sombre et outré, il lance le mot: Pétrus Borel! et tout est dit. Le jugement est prononcé, l’auteur est foudroyé. Pétrus Borel, ou Champavert le Lycanthrope, auteur de Rhapsodies, de Contes immoraux et de Madame Putiphar, fut une des étoiles du sombre ciel romantique. [...] Sans Pétrus Borel, il y aurait une lacune dans le Romantisme. [...] Pour moi, j'avoue sincèrement, quand même j'y sentirais un ridicule, que j'ai toujours eu quelque sympathie pour ce malheureux écrivain dont le génie manqué, plein d'ambition et de maladresse, n'a su produire que des ébauches minutieuses, des éclairs orageux, des figures dont quelque chose de trop bizarre... altère la naïve grandeur."

    Cette frange du romantisme est souvent le lien que l'on ignore dans l'esthétique baudelairienne. On peut ajouter comme autres sources Swedenbog ou bien encore un illuminé comme William Blake.

    Quant aux Parnassiens, je ne suis pas certain, car seul Gautier était adoré par Baudelaire.
  • Baudelaire a subi, c'est certain, l'influence des poètes parnassiens, je pense en particulier à François Coppée (1842-1908), un grand poète complètement oublié de nos jours. Peut-être aussi a-t-il subi - pour l'aspect sarcastique de ses écrits, tels ses journaux - l'influence de ce poète à la personnalité pour le moins fantasque, Xavier Forneret (1809-1884), mais j'ignore s'il avait la possibilité de le lire en son temps car la postérité de Forneret doit pour l'essentiel aux surréalistes (André Breton entre autres), qui l'ont redécouvert, et je ne saurais dire à partir de quand son œuvre fût accessible.
  • PutakliPutakli Membre
    L'influence n'est pas la mode. Baudelaire a été très influencé par les poètes de la Pléiade qu'il possédait à fond.
  • J'avais cru comprendre que ses principaux maîtres à penser étaient Joseph de Maistre et Edgar Allan Poe.
  • Baudelaire a subi, c'est certain, l'influence des poètes parnassiens, je pense en particulier à François Coppée (1842-1908).
    Hum!

    Les Fleurs du mal sont publiées en 1857 (et largement composées encore avant cette date).
    L'influence parnassienne sur ce recueil n'a pu être, par force, qu'assez limitée. Peut-être avait-il alors lu les Poèmes antiques de Leconte de Lisle et les Emaux et Camées de Gautier (1852 l'un comme l'autre), mais c'est à peu près tout. L'oeuvre de Coppée est nettement postérieure: tout au plus a-t-elle pu influencer une partie des Petits poèmes en prose (parus posthumes en 1869, mais écrits aux dates les plus diverses dans les décennies précédentes).

    Ou alors, quelque chose m'échappe.
  • Je vous rejoins, Jean-Luc. Et cela d'autant plus que le Parnasse se développe majoritairement après la publication des Fleurs du mal.

    Quant à Gautier, il a assurément influencé Baudelaire, mais je ne pense pas que ce soit principalement par Émaux et Camées. J'avancerais plutôt l'influence des contes et nouvelles mais aussi de La Comédie de la mort (1838). C'est à mon avis l'esprit de Gautier qui a séduit Baudelaire.
  • Aurait-on oublié Hoffmann ?
  • Jérémy a écrit:
    Aurait-on oublié Hoffmann ?
    Ça va de soi :D
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