Grammaire française Participe passé

Bonjour,

Tout d'abord, je m'excuse si ce sujet a déjà été traité.

J'ai un petit problème...

Dans le Bescherelle de grammaire, on m'explique que :
Lorsque on signifie nous, l'attribut s'accorde en genre et en nombre avec les personnes ou les objets représentés : On était ravis qu'il soit reçu.
Lorsque on signifie tout le monde, n'importe qui, le verbe reste invariable (3e personne du singulier) et l'attribut ne s'accorde pas : On est toujours ravi d'avoir de l'argent.



Dans le dictionnaire des difficultés de la langue française (LAROUSSE), on m'explique que :
Le pronom indéfini on est normalement masculin singulier : On était resté bons camarades (Victor Hugo, Les Misérables). Néanmoins, dans certains cas, il est facile de déterminer de façon précise qu'on parle d'une femme ou de plusieurs personnes ; on est alors suivi du féminin ou du pluriel par syllepse. On est pincées, posées, méfiantes (Colette, Les Vrilles de la vigne).
L'académie considère toutefois que on, à la place d'un pronom personnel de la 1re ou de la 2e personne et suivi d'un participe féminin ou pluriel, appartient à la langue familière. Cette construction se rencontre pourtant chez de bons auteurs : On était perdus dans une espèce de ville (H. Barbusse, Le feu).



On accorde ou on n'accorde pas ?
«1345

Réponses

  • EdyEdy Membre
    Bonsoir à vous !

    Personnellement, je vois trois situations :

    1 ON est TOTALEMENT INDÉFINI en sexe et en nombre : toute personne quelconque.
    L'accord se fait OBLIGATOIREMENT AU MASCULIN SINGULIER.
    * Célébrons, mes amis, ce beau fruit que L'ON MANGE
    L'hiver pour son parfum, l'été pour sa fraîcheur
    Et que L'ON A bien fait de dénommer orange,
    Puisqu'il en a le goût, la forme et la couleur. (Tristan Bernard)
    * Le lit est une bonne chose. Si L'ON n'y DORT, L'ON s'y REPOSE. (Pierre Le Roux)
    * L'amour, c'est quand ON n'OBTIENT pas tout de suite ce qu'ON DÉSIRE. (Alfred Capus)
    * ON ne FAIT jamais d’erreur sans se tromper. (Jacques Prévert)
    * Autrefois, quand ON ÉTAIT LAS et DÉGOÛTÉ du monde, ON ENTRAIT au couvent ; et lorsqu’ON AVAIT du bon sens, ON y RESTAIT. Aujourd’hui, quand ON EST LAS et DÉGOÛTÉ du monde, ON ENTRE dans la révolution, et lorsqu’ON EST INTELLIGENT, ON en SORT. (Georges Darien)

    2 ON a pour référent UNE OU DES PERSONNES DÉTERMINÉES et équivaut à UN PRONOM PERSONNEL.
    * Est-ce que ça va ? – ON FAIT ce qu’on peut. (= Je)
    * Est-ce qu’ON A droit à tous les plats à la place où vous M’avez mis ? (= Je)
    * Où en êtes-vous avec la comtesse ? Vous REND-ON heureux ? (Hervieu) (= Elle)
    * Excusez-nous d’arriver en retard. ON A eu une panne sèche. (= Nous)
    (Horreur ! J’avais tapé « passe sèche ».)
    * Alors, ON FAIT la forte tête ? (= Tu. Vous)

    L’accord avec le référent est FRÉQUENT, mais UNIQUEMENT EN GENRE ; le nombre reste le singulier.
    * EST-ON CONTENTE, ma fille ? (= Tu)
    * ON DORT, ENTASSÉS dans une niche. (Loti) (= Nous)
    * SORTIS pour voir le roi, ON REGARDAIT le peuple. (Péguy) (= Nous)
    * Je me demande s’il a pris l’argent. ON SERAIT BEAUX. (Sartre) (= Nous)
    * Mon frère Simon et moi, ON EST MONTÉS dans la Ford américaine. (Jardin) (= Nous)
    * Pourquoi est-ce qu’ON A été CHOISIS pour ce métier-là ? (Druon) (= Nous)
    * Il y a combien de temps qu’ON n’EST pas ALLÉS au cinéma ensemble ? – Il y a un mois. – ON EST IDIOTS. (Curtis) (= Nous)
    * Personne ne nous aime. ON se SENT OPPRIMÉS, OPPRESSÉS. (Daninos) (= Nous)
    * Dites-moi un peu quels deux mois nous venons de vivre, quand ON n’A pas la chance d’être NÉS AVEUGLES. (Jules Romains) (Hanse fait remarquer qu’on aurait pu écrire « né aveugle » en raison du sens indéfini de ON.)

    Mais le refus de la syllepse (accord selon le sens) reste possible.
    * ON (= nous) EST bientôt RENDU, dit-il. (Gide)
    * ON (= tu) EST FÂCHÉ ? Elle est fâchée. (Sartre)

    L’Académie accepte le FÉMININ SINGULIER ; elle n’accepte le PLURIEL que familièrement et avec DES et un nom. Les grammairiens la trouvent trop timorée.
    * ON n’EST pas toujours JEUNE et BELLE.
    * ON n’EST pas DES ESCLAVES.
    * ON EST DES FOUS, et ON en EST FIER. (Queneau) (Respect ironique de l’Académie ?)

    3 Dans certains cas, L’ACCORD EN NOMBRE S’IMPOSE LOGIQUEMENT.
    * ON ne PEUT pas être AMOUREUSE de papa : maman a essayé. (Guy Bedos)
    * ON s’EST encore DISPUTÉS. (Réciprocité.)
    * ON se SERAIT QUITTÉS BONS AMIS. (Sartre) (Réciprocité)
    * Elle ne sera heureuse que lorsqu’ON SERA MARIÉS. (Duras) (Pluralité)

    Certains s’en écartent.
    * ON S’EST FÂCHÉ. (Flaubert)
    * ON S’EST DISPUTÉ. (Loti)
    * ON ne S’EST jamais AIMÉ. (S. de Beauvoir)
    * Tu crois qu’ON EST MALIN, tous les deux. (Salacrou)

    Comme a dit Léah, nous disposons d’une certaine marge de liberté, sauf si nous voulons suivre l’Académie.

    Personnellement, j’accorde, en 2 et 3, les adjectifs et les participes. J’essaye seulement de ne pas avoir, par exemple, nous et on dans une même phrase.
  • Merci pour vos réponses et vos précisions.

    A bientôt.
  • Bonjour,
    Je voudrai savoir le bon accord à faire lors de l'emploi de "on" à la place de "nous". Merci.
    - Nous parents, on n'a pas changé ou changés nos habitudes avec nos enfants.
    - Il est important qu'on prenne cette décission. (On représente les parents).
    - On se retrouve pardonné devant nos enfants.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    "Nous parents, on n'a pas changé nos habitudes avec nos enfants."
    Dans cette phrase, puisque le participe est conjugué avec l'auxiliaire avoir, il ne s'accorde pas avec le sujet (que ce soit "on" ou n'importe quel autre). Il ne s'accorderait qu'avec le COD ("nos habitudes") que si celui-ci était placé avant. Ce qui n'est pas le cas. On n'accorde pas ici.

    "Il est important qu'on prenne cette décision." (On représente les parents).
    Tout verbe conjugué ayant pour sujet "on" s'écrit toujours à la troisième personne du singulier.


    "On se retrouve pardonnés devant nos enfants."
    Le verbe conjugué "se retrouve" ayant pour sujet "on" reste au singulier. Quant au participe : puisque ce sont les parents (pluriel) QUI SONT pardonnés, on accorde comme si c'était un adjectif.
  • GRAZ71GRAZ71 Membre
    bonjour

    j'ai un doute sur un pluriel. "on veut pas être mêlé à tes affaires" le "on" se référant à 2 personnes. je ne mettrais pas de S à "mêlé" mais j'ai une amie qui me soutient le contraire, ma théorie étant que le sujet est "on", donc singulier.

    merci
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Certes, le pronom on est un pronom de la troisième personne du singulier.
    Le verbe conjugué s'écrit donc à cette personne. (ici "veut")
    Cependant, les éventuels participes passés ou adjectifs s'accordent, eux,
    en genre et nombre avec les personnes que représente ce on dans un contexte donné.

    Nous, les garçons, on est partis, on est contents.
    Nous, les filles, on est parties, on est contentes.


    Donc, ici : "On ne veut pas être mêlés à tes affaires."
    (si on désigne un groupe d'hommes ou un groupe mixte.)
    "On ne veut pas être mêlées à tes affaires."
    (si on désigne un groupe de femmes.)

    Mais si on avait un sens plus vague
    et désignait simplement "les gens", l'accord ne se ferait pas :

    "En général, on n'aime pas être mêlé à des affaires louches."
  • GRAZ71GRAZ71 Membre
    argh !!! chui encore battue à plates coutures ! merci pour les infos
  • C'est bon à savoir, j'ai toujours eu un doute à ce sujet. Merci Jehan.
  • JehanJehan Modérateur
    Comme tu dis souvent : pas de quoi ! ;)
  • polarispolaris Membre
    Bonjour,

    Pouvez-vous me confirmer qu'on écrit bien "on était" et non "on étaient" ?
  • AmmyAmmy Membre
    "on était", troisème personne du singulier (il, elle, on était)
  • JehanJehan Modérateur
    Le verbe ayant pour sujet on se conjugue certes au singulier, mais si le on a le sens collectif de "nous", le participe ou l'adjectif attribut qui suit se met au pluriel et peut s'accorder en genre :

    On était parti(e)s de bonne heure.
    On était content(e)s.
  • polarispolaris Membre
    Merci, Ammy et Jehan !
  • Jehan a écrit:
    Le verbe ayant pour sujet on se conjugue certes au singulier, mais si le on a le sens collectif de "nous", le participe ou l'adjectif attribut qui suit se met au pluriel et peut s'accorder en genre :

    On était parti(e)s de bonne heure.
    On était content(e)s.
    Cela se fait en effet. Mais j'y vois une contradiction. Logiquement, il faudrait alors conjuguer le verbe au pluriel : On étaient parti(e)s de bonne heure / On étaient content(e)s

    Mais dans ces exemples, je pense que le pronom indéfini On représente une collectivité indivisible. Le verbe et l'attribut devraient alors rester au masculin singulier.

    Simple opinion personnelle, bien sûr... ;)
  • JehanJehan Modérateur
    Dans ces exemples, on n'est pas pronom indéfini (=les gens en général) mais bien pronom omnipersonnel, ici équivalent du pronom personnel "nous".
    Dans cet emploi, la collectivité qu'il désigne n'est pas plus indivisible que la collectivité désignée par "nous".

    Emploi véritablement indéfini :
    On a souvent besoin d'un plus petit que soi.

    Pour l'accord du verbe , si l'on te suit, il faudrait logiquement écrire Il tombent des cordes et faire fi de la personne du pronom sujet ?
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.