Latin - Temps d'un verbe et équivalent français

Bonjour à tous!
Je prépare le bac de latin, et ai des difficultés à identifier la forme et le temps des verbes à traduire, ainsi que l'équivalent à utiliser dans la phrase française:

Par exemple:
Illo non validus subiit juga tempore taurus,
a été traduit en classe par : "A cette époque le taureau vigoureux ne supportait pas le joug" , cependant il me semble que subiit n'est pas un imparfait mais un parfait. Est-ce vrai?
la traduction " A cette époque le taureau vigoureux n'avait pas à supporter le joug" est-elle correcte? Quelle est la meilleure traduction?

Pourriez-vous m'expliquer cet exemple?
Merci d'avance!
«1

Réponses

  • Bonjour.

    Il vaut mieux respecter la syntaxe latine en traduction simultanée, surtout à l'oral.
    Aussi, le "A cette époque le taureau vigoureux n'avait pas à supporter le joug" n'est pas recommandé.

    Illo tempore - en ce temps / à cette époque
    taurus validus - le taureau vigoureux
    Non subiit (+acc) - n'alla pas sous
    juga - les attelages (généralité).

    Ça te va ?
  • Bonjour,

    Il s'agit bien d'un parfait.
    Mais il me semble que l'emploi de l'imparfait dans la traduction française se justifie, car le parfait latin est souvent employé dans les descriptions, alors qu'en français, on aurait plutôt tendance à utiliser l'imparfait pour décrire.
    Et puis je trouve que le "illo tempore" introduit une valeur d'habitude dans le passé, ce qui justifierait l'imparfait.

    Mais Sullyvan a tout à fait raison en disant qu'il faut rester proche du latin. En général, au bac, les profs préfèrent une traduction un peu lourde (enfin pas trop non plus ;)) qui respecte la syntaxe et témoigne de ta compréhension de la phrase plutôt qu'une traduction littéraire éloignée du texte.

    Bonnes révisions pour le bac de latin ! =)
  • Le contexte pourrait nous éclairer.
  • MeysiMeysi Membre
    Merci beaucoup pour vos réponses, qui me paraissent très claires.

    Notre professeur nous a donné une feuille de vocabulaire concernant l'extrait, sur laquelle apparaît jugum, i - le joug, et effectivement juga - les attelages est bien mieux approprié car juga n'est pas une forme de la seconde déclinaison, mais -me semble-t-il- un ablatif singulier de la première. Pensez-vous que je doive vérifier tout le vocabulaire donné en cours dans mon dictionnaire? Car je ne pense pas en avoir réellement le temps...

    Ce vers est extrait des Élégies de Tibulle (Elégies III vers 41),
    voici le bout de passage, des vers 37 à 46 :

    Nondum caeruleas pinus contempserat undas,
    effusum ventis praebueratque sinum,
    nec vagus ignotis repetens compendia terris
    presserat externa navita merce ratem.
    Illo non validus subiit juga tempore taurus,
    non domito frenos ore momordit equus,
    non domus ulla fores habuit, non fixus in agris,
    qui regeret certis finibus arva, lapis ;
    ipsae mella dabant quercus, ultroque ferebant
    obvia securis ubera lactis oves.


    Voici la traduction que nous en avons donné :

    Le navire (le pin) n’avait pas encore méprisé les flots bleu azur, et n’avait pas encore offert sa voile déployée au vent, le marin errant recherchant le gain sur des terres inconnues n’avait pas encore chargé son navire d’une marchandise étrangère.
    A cette époque le taureau vigoureux n'était pas allé sous les attelages, le cheval ne mordait pas le mors de sa bouche domptée, aucune maison n’avait de porte, la pierre n’a pas été enfoncée dans les champs pour délimiter par des limites certaines les terres labourées; d’eux-mêmes les chênes donnaient du miel, spontanément les brebis offraient aux hommes sans crainte leurs mamelles gonflées de lait d’elles même.


    repetens est une forme que je ne connais pas... Pourriez-vous m'éclairer?
    d'elles même me semble lourd dans cette phrase, est-ce vraiment la meilleure traduction?

    Encore merci pour vos réponses!


    PS: Tibulle dans ce texte fait référence au mythe de l'âge d'or, évoquant les contrastes âge d'or / âge de fer.
  • Sullyvan a écrit:
    Illo tempore - en ce temps / à cette époque
    La valeur du déictique d'éloignement ille doit être impérativement rendue. Traduisez par jadis.
  • JehanJehan Modérateur
    Dans "jadis", il n'y a pas la valeur de "désignation" du démonstratif...
    Pour marquer l'éloignement temporel, pourquoi pas tout simplement "en ce temps-là" ?
  • Jehan a écrit:
    Dans "jadis", il n'y a pas la valeur de "désignation" du démonstratif...
    Euh, je ne comprends pas bien... la désignation porte sur tempore, le tout me semble tout à fait équivalent à un adverbe.
    En ce temps-là convient parfaitement aussi.
  • JehanJehan Modérateur
    Mais l'adverbe "jadis", quoique proche, a un sens légèrement différent de "en ce temps-là".

    "Jadis" = "en un temps lointain indéterminé",
    "En ce temps-là" = "en ce temps lointain" (celui que je désigne )

    Je chipote un peu, là.
    Quoique...
  • Meysi a écrit:
    Merci beaucoup pour vos réponses, qui me paraissent très claires.

    Notre professeur nous a donné une feuille de vocabulaire concernant l'extrait, sur laquelle apparaît jugum, i - le joug, et effectivement juga - les attelages est bien mieux approprié car juga n'est pas une forme de la seconde déclinaison, mais -me semble-t-il- un ablatif singulier de la première. Pensez-vous que je doive vérifier tout le vocabulaire donné en cours dans mon dictionnaire? Car je ne pense pas en avoir réellement le temps...
    (...)
    • repetens est une forme que je ne connais pas... Pourriez-vous m'éclairer?
    génitif en i, c'est donc bien la 2ème déclinaison. Donc ici juga est accusatif pluriel.

    repetens : participe présent de repeto, is, ere, peti(v)i, petitum
  • Jehan a écrit:
    Dans "jadis", il n'y a pas la valeur de "désignation" du démonstratif...
    Pour marquer l'éloignement temporel, pourquoi pas tout simplement "en ce temps-là" ?
    C'est une coquille de ma part en effet .
    Merci, Arthur & Jehan !
  • MeysiMeysi Membre
    Donc au final: repetens est le participe présent de repeto (is, ere, peti(v)i, petitum), juga est un accusatif pluriel (merci Anne345, je vais réviser mes déclinaisons j'avais oublié l'existence du neutre... hum) et illo tempore admet "en ce temps-là" comme traduction la moins contestée.

    Merci beaucoup à vous tous! =)
  • De toute manière, si ton objectif en langues anciennes est purement et simplement le baccalauréat, tu n'as absolument pas besoin d'apprendre du vocabulaire pour traduire un texte ! N'oublie pas en effet que s'agissant d'une traduction littérale, il te faudra travailler par groupe de mots. Un exemple sur Lucrèce que les options ont étudié dans mon lycée :
    Luna potest solis radiis percussa nitere
    inque dies magis [id] lumen convertere nobis
    ad speciem, quantum solis secedit ab orbi,
    donique eum contra pleno bene lumine fulsit
    atque oriens obitus eius super edita vidit
    Luna potest - la Lune peut
    nitere - briller
    percussa - frappée
    solis radiis - par les rayons du soleil

    inque dies - et de jours en jours
    id lumen - sa lumière
    magis convertere nobis - pour nous se découvre davantage
    ad speciem - à la vue, etc.

    Et je peux t'assurer qu'aucun d'entre eux n'a appris un seul de ces mots par cœur. Il faut simplement exploiter les mécanismes de ta mémoire (jeux de couleur, de repérages), en travaillant régulièrement sur le texte (traduire de cette manière à voix haute, avec le seul texte latin sous les yeux).

    Conseils de mon professeur ;).
  • MeysiMeysi Membre
    Merci Sullyvan!
    Il est vrai qu'en ce moment je travaille principalement ces textes en vue du baccalauréat, et je sais déjà que je n'aurai aucune possibilité de continuer à suivre des cours de latin l'an prochain (terminale S plutôt orientée mathématiques-physique). Je prends donc note de vos conseils qui me seront sans doute très utiles étant donné un certain manque de temps.


    Je regrette toutefois ce qu'est devenu le latin au lycée, purement orienté vers le bac et le gain de points. L'intérêt porté à la langue -pour les élèves que je côtoie du moins- est minimal. Un simple exemple : Une majorité des élèves de ma classe apprend les traductions des textes par cœur, et si par hasard les personnes concernées se trouvent devant une phrase latine non vue en classe mais comportant exclusivement le vocabulaire des textes étudiés, elles ne sont pas en mesure de la traduire. Dommage non?
    Mais là n'est pas le sujet...

    Encore merci à vous pour vos réponses et vos conseils! =)
  • ... le parfait latin est souvent employé dans les descriptions, alors qu'en français, on aurait plutôt tendance à utiliser l'imparfait pour décrire.

    J'en ai trouvé un autre exemple, maintenant chez Cicéron :

    ... et hos libros tum scripsisse dicitur, quom a re publica remotus atque, id quod optumo cuique Athenis accidere solitum est, in exilium pulsus esset.

    Pourquoi Cicéron a-t-il préféré ce "parfait de description" à l'imparfait d'usage (c'est-à-dire qu'on utilise davantage), alors même que le sens du verbe apporte cette idée d'habitude, de coutume, de répétion... Peut-être s'agit-il d'un usage fréquent, mais dans un passé fini, terminé, clos... Vous vous en souvenez de quelques passages des grammaires de renommé ?
  • le parfait latin est souvent employé dans les descriptions, alors qu'en français, on aurait plutôt tendance à utiliser l'imparfait pour décrire.
    Oui, plus que souvent, très souvent. Et surtout dans les portraits. Je n'ai pas de référence sous le yeux, mais je pense par exemple au portrait de Catilina.
    Lucius Catilina, nobili genere natus, fuit magna vi et animi etcorporis, sed ingenio malo pravoque
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.