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Réponses

  • Très chic, l’impératif futur ;)
    Mais assez rare en latin classique, non ? A part pour Memini...
    Enfin notre sportif a le choix.
  • Rem vobis proponam, vos eam suo, non nominis pondere penditote.
    (Cicéron. début du de Signis, éd. Memoria mea)

    Le début du de Signis est un chef-d'œuvre de beauté et d'efficacité rhétorique, je ne résiste pas à le partager au cas où vous l'auriez oublié. Il s'agit, comme vous savez, de dénoncer le pillage d'œuvres d'art commis par Verrès, gouverneur de Sicile :

    Venio nunc ad istius, quemadmodum ipse appellat, studium, ut amici ejus, morbum et insaniam, ut Siculi, latrocinium. Ego, quo nomine appellem, nescio ; rem vobis proponam, vos eam suo, non nominis pondere penditote.
  • Je me souviens avoir lu ce passage et l'avoir trouvé très beau aussi, quoique difficile.
    A la relecture, je ne suis pas sûr de bien comprendre la dernière partie. Cela signifie-t-il bien quelque chose comme "je vous exposerai l'affaire, vous la mesurerez selon son poids propre et non selon le le poids du nom de l'accusé."?
  • Non : le crime de Verrès est diversement appelé suivant les points de vue : le sien (passion), celui de ses amis (folie), celui des Siciliens (brigandage).
    Cicéron ne va pas chercher à son tour à le qualifier : il propose les faits et demande aux auditeurs de les apprécier "suo (pondere) = par leur propre poids, non nominis pondere = non par le poids d'un nom" (traduction maladroite, mais littérale).
    Ce n'est pas du latin difficile du tout. Par contre, la phrase est malaisée à traduire.
  • je ne résiste pas à le partager au cas où vous l'auriez oublié.
    Je ne l'ai pas oublié, et pourtant, je n'ai pas le sentiment d'avoir rencontré souvent habeto.
    Il est vrai que ce passage est d'une vigueur remarquable, et que l'on ne saurait résister au pondere penditote. :)
  • ah! donc "proponere" signifie bien ici proposer! C'est ce que je pensais à la toute première lecture, mais je l'avais écarté à l'époque parce que j'arrivais pas en en faire une phrase qui ait du sens.
    Je supposer par ailleurs que "proponam" est un futur vu qu'il y a "penditote" après, mais ce n'est peut-être pas une bonne raison ^^'

    Je le remets parce que c'est sur la page précédente: Venio nunc ad istius, quemadmodum ipse appellat, studium, ut amici ejus, morbum et insaniam, ut Siculi, latrocinium. Ego, quo nomine appellem, nescio ; rem vobis proponam, vos eam suo, non nominis pondere penditote.

    Donc ça ferait "Je viens maintenant à sa passion, comme il l'appelle, à sa maladie et à sa folie, selon ses amis, à son pillage, selon les Siciliens. Pour ma part, je ne sais par quel nom l'appeler ; je vous proposerai "les faits", veuillez les apprécier selon leur propre poids et non selon le nom que je leur ai donné".

    J'ai développé un peu dans ma traduction des derniers mots parce que c'est justement en essayant de traduire que je crois avoir compris la fin. Je pensais que le "nomen" était celui de Verres, que Cicéron encourageait ses auditeurs à juger l'affaire en elle-même sans se laisser distraire par la une certaine renommée de l'accusé que je supposais. En fait, le "nomen" désigne simplement et en suite logique le mot qu'ils hésitent à employer pour qualifier l'affaire, n'est-ce pas?
  • Je crois plutôt : je vous exposerai ...veuillez les apprécier selon leur propre poids et non celui de leur nom. (Studium, insaniam, latrocinium ; Cicéron quant à lui dit ne savoir quel nom il doit utiliser.)
  • Ah oui, genre "Pour ma part, je ne sais par quel nom l'appeler ; je vais vous exposer les faits, veuillez les apprécier selon leur propre poids et non selon le nom que j'emploie."
  • Je l'avais expliqué dans la page précédente...

    par le poids d'un nom (quel qu'il soit). Cicéron se refuse à chercher un nom, justement !

    Évidemment, cette attitude relève de la rhétorique puisque pour lui, avocat des Siciliens, c'est évidemment un latrocinium et même pire.
    L'impératif futur n'est pas si rare : Rien que dans le Gaffiot, il y a deux occurences de habeto/habetote chez Cicéron.

    Il est aussi utilisé en latin médiéval :
    Spem habeto in Domino et recte facito, inquit vates, et terram incoles ejusque opibus pasceris.
    Thomas a Kempis, Imitation de J.-C. (vieille édition).
  • Tu l'avais expliqué mais moi j'étais toujours persuadé qu'il s'agissait u nom de Verrès ^^'
    Et merci pour le détail contextuel, le sens du passage entier me paraît à présent évident :)
  • Quant à Verrès, Cicéron s'en moquera ultérieurement en le traitant de... verrat !
    Le jeu de mots passe très bien en français, comme on le voit. En latin, Verres et verres (= verrat, porc mâle) sont homonymes.
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