Un adverbe modifiant un adjectif doit-il faire partie du groupe adjectival ou du groupe verbal ?

Bonjour,

Dans la phrase suivante :
Les gens de la campagne sont souvent robustes.
J'analyse en disant que le groupe verbal possède deux sous-groupes (distincts) :

* le groupe adverbial "souvent"
* le groupe adjectival "robustes"

Je considère que "souvent" ne fait pas partie du groupe adjectival.
Je me demande si je n'ai pas tord puisque "souvent" modifie l'adjectif "robustes".

Qu'en pensez-vous ?
«1

Réponses

  • MurielMuriel Membre
    Bonjour Franc,

    Je pense que « souvent », ici, modifie le verbe. Si nous avions :
    - Les gens de la campagne sont souvent très robustes
    « très » modifierait l'adjectif.

    Muriel
  • JehanJehan Modérateur
    D'ailleurs, l'adverbe de temps souvent est déplaçable, ce qui montre bien qu'il n'est pas solidaire du groupe adjectival. On pourrait même dire que c'est un complément de phrase.
    "Souvent, les gens de la campagne sont robustes."

    Alors qu'on ne pourrait pas dire :
    "Très, les gens de la campagne sont robustes."
    Ce qui montre qu'un adverbe comme très, lui, serait bien solidaire de l'adjectif.
  • FrancFranc Membre
    Oui, tout à fait d'accord avec vos réponses (ou presque) !

    Je m'interroge sur ceci :
    On pourrait même dire que c'est un complément de phrase.
    Quelle fonction exacte aurait ce complément ? Complément circonstanciel de ... ?

    Jusqu'ici, je croyais qu'un adverbe pouvait modifier soit un verbe, soit un adjectif, soit un autre adverbe.

    Je ne dis pas que Jehan à tord; au contraire, j'apprécie (j'étudie) sa réponse.

    Avant la réflexion de Jehan, si je m'étais corrigé, j'aurais dit que "souvent" modifie le sens du verbe "sont". En effet, le verbe "être" utilisé sans adverbe laisse la possibilité de croire qu'il n'y a pas d'exception. On vient donc modifié le sens du verbe "être" par l'adverbe "souvent".

    Les gens de la campagne sont robustes. (on peut sous-entendre "toujours" !)
    Les gens de la campagne sont souvent robustes.

    Le fait de pouvoir déplacer l'adverbe en début de phrase signifierait-il
    qu'il ne modifie pas le sens du verbe ?

    PS Merci Jehan pour l'astuce du déplacement de l'adverbe; cela peut-être bien utile !
  • JehanJehan Modérateur
    Comme souvent est un adverbe de temps (comme indiqué dans ma réponse) ce serait un CC de temps.

    Ici, ce n'est pas uniquement le verbe "sont" qui est modifié.
    Ce n'est pas seulement le fait d'être qui est fréquent.
    On voit mal à quoi cela correspondrait.
    Ce qui est fréquent, c'est le fait, pour les gens de la campagne, d'être robustes.
    C'est pour cela qu'ici l'on peut considérer que ce CC modifie en fait toute la phrase.
  • FrancFranc Membre
    D'accord !

    Merci pour vos réponses =) et bonne journée.
  • FrancFranc Membre
    Bonjour,

    Je me permets de compléter le sujet par un autre exemple.
    On marchait lentement dans les sentiers du bois.
    Lentement
    Nature - Adverbe de manière
    Fonction - Complément circonstanciel de manière du verbe "marchait".

    Remarque : il semble important de toujours préciser le verbe sur lequel s'applique le CC :
    en précisant le verbe, on précise la proposition (ou le groupe verbal ? ) sur laquelle s'applique le CC.

    Il semble que lorsqu'un adverbe modifie le sens d'un verbe il modifie également le sens de la proposition.
    Cela rejoint un peu ce que Jehan disait.

    Dites-moi ce que vous en pensez svp. Merci.
  • Les compléments circonstanciels, que l’on rattachait traditionnellement au verbe, sont « aujourd’hui » appelés compléments de phrase (sauf ceux qui sont essentiels : je vais à Paris…).
  • Bonjour à tous.

    Excusez-moi, Anne, de tarder dans mes remerciements !

    Notez-bien que Anne a bien fait de mettre "aujourd'hui" entre guillemets car ...

    dans le Bled 6e-5e 2009, je trouve uniquement des c.c.
    et jamais de complément de phrase
    !

    Je ne suis pas sûr de bien vous comprendre quand vous dites :
    sauf ceux qui sont essentiels : je vais à Paris…

    Vous voulez dire que, dans ce cas, "à Paris", dans la grammaire "d'aujourd'hui" :

    - ne peut-être simplement analyser comme "complément de phrase"
    - mais doit être analyser comme c.c. ?

    Merci de m'éclairer sur ce point.
  • Dans Je vais à Paris, "à Paris" n'est pas un complément circonstanciel, donc pas un complément de phrase. C'est un complément essentiel (non supprimable) du verbe.
    Si vous faites une recherche avec "complément essentiel" vous trouverez des tas de sites.
    Voir par exemple le Rapport de mission sur l'enseignement de la grammaire
    d'Alain Bentolila http://www.education.gouv.fr/cid4767/rapport-mission-sur-enseignement-grammaire.html et http://www.aidenet.eu/analyse10.htm

    Je ne sais pas àù en est la réforme proposée, et visiblement les éditeurs ne l'ont pas intégrée ce qui a provoqu" sur ce site des questions d'ensieignents déstabilisés, et aussi des échanges passionnés entre les tenants du CC et ceux du COI pour ce "Je vais à Paris" !
  • Merci Anne pour votre réponse.

    Dans ma grammaire traditionnelle, j'ai exactement cet exemple !
    "Je vais à Paris". C'est analysé comme un cc de lieu.

    J'apprécie beaucoup votre 2e lien et en particulier cette phrase :
    À la grammaire traditionnelle avec ses définitions et méthodes d'analyse, vient se superposer la nouvelle grammaire qui apporte à son tour un nouveau vocabulaire et une approche différente de l'analyse grammaticale des compléments.

    J'ai effectivement l'impression que la "nouvelle grammaire" ajoute des précisions
    non explicitées par le passé (dans les grammaires scolaires);
    je pense en particulier aux "déterminants". Qu'en pensez-vous ?

    "à Paris", un COI !
    Cela m'étonne car un co est l'objet ( ou l'être ! ) qui subit l'action exprimée par le verbe.
    Hors il me semble difficile d'exprimer une pensée qui serait que
    "Paris" subirait l'action de ... "aller" ... exercé par moi-même
  • JehanJehan Modérateur
    Or il me semble difficile d'exprimer une pensée qui serait que
    "Paris" subirait l'action de … "aller" … exercée par moi-même.

    Et dans "Je regagne Paris" ? Paris subit-il davantage l'action de "regagner" ?
    Paris est pourtant bien un CO... et même ici un COD.

    La notion d'objet est plus large que le fait de "subir"...
    C'est ce à quoi s'applique l'action exprimée par le verbe.
  • Bonjour Jehan.
    Paris subit-il davantage l'action de "regagner" ?

    Non. Mais plutôt ceci :
    Paris subit-il davantage l'action d'être "regagner" ?

    L'expression elle-même est un peu spéciale ...
    même si elle est couramment employée.

    Mon explication sera donc également une peu ... spéciale !

    On regagne ... ce que l'on a perdu.

    Le Parisien regagne ce qu'il a perdu* : sa chère ville !

    Cette ville subit donc l'action d'être regagner par cet homme.
    C'est ce à quoi s'applique l'action exprimée par le verbe.
    Oui : d'accord.

    Et peut-être aussi
    C'est ce sur quoi s'applique l'action exprimée par le verbe.

    * en la quittant.
  • JehanJehan Modérateur
    Le Parisien regagne ce qu'il a perdu* : sa chère ville !
    Cette ville subit donc l'action d'être regagnée par cet homme
    .
    Et pour "Il gagne Paris" ?
  • Cet homme gagne une chose qu'il n'a pas encore : un trésor (à ce qu'il paraît).

    La chose* subit l'action d'être gagnée par un homme.

    Vous le savez : c'est une expression française.
    C'est au "figuré", l'explication est donc encore ... spéciale.

    * ici une ville.
  • JehanJehan Modérateur
    Mis à part l'inadéquat verbe "subir", c'est bien ce que je voulais vous faire dire...
    Il gagne Paris, c'est un COD.
    Il rejoint Paris, c'est un COD.
    Il rallie Paris, c'est un COD.
    Un complément d'objet.
    Même s'il indique le lieu de destination.

    Il va à Paris, c'est aussi un complément essentiel d'objet (COI)
    Il indique aussi le lieu de destination.

    Il habite Paris, c'est un COD, un complément d'objet, même s'il indique le lieu.
    Il habite à Paris, c'est un COI, un complément d'objet, même s'il indique le lieu.

    Si l'action d'habiter est "subie" par Paris dans la première phrase, je ne vois pas pourquoi elle cesserait de l'être dans la seconde phrase, sinon par pur formalisme.
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.