Réécrire un texte en changeant le point de vue (Flaubert, L’Éducation sentimentale)

Bonjour à tous, je suis une nouvelle arrivant dans ce forum. Voila je vous expose mon problème, je n'arrive pas à changer le point de vue d'un texte.
Mon exercice consiste à réécrire un texte en gardant le même lieu, la même époque... à ne rien changer sauf le point de vue et à argumenter si il le faut. Mon texte est si dessous et j'aimerais que vous m'expliquiez comment je pourrais m'y prendre ou me donner un exemple. Je vous remercie d'avance pour votre aide et ce serez gentil de me répondre assez vite car c'est pour demain...
Ce fut comme une apparition :

Elle était assise, au milieu du banc, toute seule ; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête ; il fléchit involontairement les épaules ; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose ; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l'air bleu.

Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manoeuvre ; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.

Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé ? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle fréquentait ; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.

Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la prit sur ses genoux. " Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept ans bientôt ; sa mère ne l'aimerait plus ; on lui pardonnait trop ses caprices. " Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait une découverte, une acquisition.

Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être ; elle avait ramené des îles cette négresse avec elle ?

Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans ! Mais, entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l'eau ; Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit :

-- " Je vous remercie, monsieur. "

Leurs yeux se rencontrèrent.

-- " Ma femme, es-tu prête ? " cria le sieur Arnoux, apparaissant dans le capot de l'escalier.
Gustave flaubert, L'éducation sentimentale

Réponses

  • DelisaDelisa Membre
    Bonjour,
    Il faudrait que tu commences par identifier le point de vue de ce texte! Ensuite, tu y verras déjà plus clair. ;)
  • Bonjour,

    Peut-être devriez-vous commencer par penser ou définir l’opposition que le narrateur souhaiterait exprimer ; et ce par rapport à quoi ?
    - Est-il subjugué par la vision de cette femme apparemment évanescente, examinée et décrite avec cette abondance de détails chers à Flaubert, activant son imaginaire quant à la supposée pureté de la Dame ? <voudrait- il exprimer le mépris quant aux atours de la Dame, ce factice> ? Où bien veut-il dire, crier son désenchantement, quant au constat, rappel à l’ordre du mari, des conventions, de la société, dont apparemment il ne saurait être ?
    - Veut-il médire, détruire son rêve ; ou bien s’y inclure comme en un impossible devenir.

    C’est votre choix, celui du narrateur. Le voyez-vous moqueur, désenchanté, impuissant – par rapport à la situation, à la Dame, à cette fugacité instantanée consternante ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Anaisbret,

    Le texte est écrit selon une focalisation interne, c'est-à-dire que la scène est vue par les yeux de Frédéric Moreau qui confie ses impressions intimes.

    Tu peux choisir de réécrire la scène au moyen d'une focalisation externe (un pur témoin qui n'a pas accès à l'intériorité des personnages) ou d'une focalisation omnisciente (tu as alors accès à l'intériorité de tous les personnages). Cette dernière formule paraît la plus intéressante puisque tu pourras livrer les impressions de Mme Arnoux et de son mari.
  • Merci à vous tous pour votre aide il m'est de grande utilité.Bonjour, merci pour votre aide, en effet je pense utiliser un point de vue omniscient et faire un texte un peu déprimant, mais je ne sait pas comment faire pour faire entrer un nouveau personnage ou pour introduire mon point de vue omniscient. Désoler si je m'exprime mal et si vous ne voyez pas ce que je veut dire mais je n'arrive pas a expliquer plus correctement mon problème. :/ Merci d'avance.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Par exemple, lors de l'apparition de Mme Arnoux, tu dissocies bien les pensées et impressions de Frédéric : "Ce fut pour lui l'apparition d'une madone, il fut subjugué par ce visage angélique et gracieux qui le laissa interdit..." et celles de la femme "Pendant ce temps-là Mme Arnoux se demandait pourquoi ce jeune homme la regardait intensément, elle fut flattée des attentions muettes de l'étudiant..."
    Donne les impressions sur les vêtements, les attitudes, utilise des comparaisons ou des métaphores à valeur affective (comme madone), des adjectifs mélioratifs ou péjoratifs, regarde ce qu'est la modalisation. Tous ces moyens donneront des indices sur l'intériorité des personnages.
  • Merci beaucoup pour votre aide ! =) Vous m'avez beaucoup aidé
  • AmmyAmmy Membre
    Et n'introduis pas de nouveau personnage, garde ceux-là. Un point de vue omniscient renseigne sur les pensées de tous les personnages, mais fournit aussi des infos supplémentaires sur la situation : qui est cette femme, que fait-elle sur ce bateau, etc.
  • Bonsoir, je suis en première S et dans le cadre du lycée je dois rendre pour ce lundi une écriture d'invention dont voici le texte :
    Ce fut comme une apparition:

    Elle était assise, au milieu du banc, toute seule; ou du moins il ne distingua personne, dans l'éblouissement que lui envoyèrent ses yeux. En même temps qu'il passait, elle leva la tête; il fléchit involontairement les épaules; et, quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda.

    Elle avait un large chapeau de paille, avec des rubans roses qui palpitaient au vent, derrière elle. Ses bandeaux noirs, contournant la pointe de ses grands sourcils, descendaient très bas et semblaient presser amoureusement l'ovale de sa figure. Sa robe de mousseline claire, tachetée de petits pois, se répandait à plis nombreux. Elle était en train de broder quelque chose; et son nez droit, son menton, toute sa personne se découpait sur le fond de l'air bleu.

    Comme elle gardait la même attitude, il fit plusieurs tours de droite et de gauche pour dissimuler sa manoeuvre; puis il se planta tout près de son ombrelle, posée contre le banc, et il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière.

    Jamais il n'avait vu cette splendeur de sa peau brune, la séduction de sa taille, ni cette finesse des doigts que la lumière traversait. Il considérait son panier à ouvrage avec ébahissement, comme une chose extraordinaire. Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé? Il souhaitait connaître les meubles de sa chambre, toutes les robes qu'elle avait portées, les gens qu'elle fréquentait; et le désir de la possession physique même disparaissait sous une envie plus profonde, dans une curiosité douloureuse qui n'avait pas de limites.

    Une négresse, coiffée d'un foulard, se présenta, en tenant par la main une petite fille, déjà grande. L'enfant, dont les yeux roulaient des larmes, venait de s'éveiller. Elle la prit sur ses genoux. "Mademoiselle n'était pas sage, quoiqu'elle eût sept ans bientôt; sa mère ne l'aimerait plus; on lui pardonnait trop ses caprices." Et Frédéric se réjouissait d'entendre ces choses, comme s'il eût fait une découverte, une acquisition.

    Il la supposait d'origine andalouse, créole peut-être; elle avait ramené des îles cette négresse avec elle?

    Cependant, un long châle à bandes violettes était placé derrière son dos, sur le bordage de cuivre. Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans! Mais, entraîné par les franges, il glissait peu à peu, il allait tomber dans l'eau, Frédéric fit un bond et le rattrapa. Elle lui dit:

    - "Je vous remercie, monsieur."

    Leurs yeux se rencontrèrent.

    - "Ma femme, es-tu prête?" cria le sieur Arnoux, apparaissant dans le capot de l'escalier.

    On me demande :
    Ecrivez la scène de L'éducation sentimentale en adoptant le point de vue de Madame Arnoux
    Dans des méthodologies pour l'écriture d'invention, j'ai vus qu'il fallait se servir du corpus :
    "Un extrait de la princesse de Cleves ; Manon Lescaut de Abbé Prévost ; Le lys dans la vallée de H. de Balac et Aurélien de L. Aragon" Le lien que j'ai pus constater était le miracle, la curiosité/mystère et l'amour et à la fin il y a toujours une déception. Dans éducation sentimentale j'ai reconnu le registre lyrique et donc utiliser les caractéristiques de ce registre.
    Voici mon travail :
    J'étais, comme à mon habitude, seule en attendant la venue de mon mari, ma petite fille et Mrs Westmacott. Le banc me paraissait fort humide pour un jour de beau temps. Cela me dérangeait peu et la simple vue du fleuve me rendait extrêmement joyeuse! C'était une journée des plus banales mais j'avais particulièrement pris soin de mon apparence ce jour-là. En outre j'avais porté l'admirable collier familiale et ma robe de mousseline. Les rayons du Soleil était percent si bien que je n'apercevais que très peu l'individu passant. Je ne pus qu'entrevoir ses yeux . Un sentiment surprenant et curieux me traversa, pareil à la vue d'une peinture romantique. Je ne pûs decrire d'avantage ce sentiment. J'étais comme plongée dans son regard, je m'y sentais en sécurité et il avait l'air de n'y porter aucune attention. Mon sens de l'observation me permmetta de constater l'état de ses chaussures. Elles étaient crasseuse et loin d'être à mon goût et le fait d'observer ce jeune Monsieur me fit sourire. Sa tenue était extrêmement contradictoire à sa posture. Certes il se tenait très bien, quoique un peu courbé mais il portait un pantalon et ceci n'était pas encore très courant. La couleur de ce pantalon était à elle seule une véritable énigme, un mystère des plus totales pour m. C'était du « bleu roi » était-ce une couleur indescriptible vue sa beauté ? Son costume était tout aussi mystérieux et passionnant : un mélange de couleur créant une certaine harmonie et un sentiment de bien être. Il paraissait si rêveur à regarder le fleuve et il m’intriguait de plus en plus. J'étais semblable à ma petite fille souhaitant de tout cœur ce qu'elle désire. Et lui était tout excité, si bien qu'il fit plusieurs tours sur lui même. Impatient à l'attente d'un événement sans doute !
    Mes réflexions m'ont fait perdre mon attention et je n'entendais pas l'arrivée de Mrs Westmacott chargée de la garde de ma fille. Ma fille pleurais à chaude larmes car elle avait encore perdu son jeu de l'oie à l'école. J'étais triste de la voir comme ça et lui promis que je lui en racheterais un. En détournant mon regards une fraction de seconde je ne pus qu'admirais le ravissement du monsieur après quelques paroles de Mrs Westmacott. Selon moi, il n'aurait pas exprimé plus de ravissement s'il avait découvert une mine d'or ! Il ne fallut d'ailleurs que quelques instant d'inattention pour que mon châle s’envola en direction du fleuve. « Diantre ! » ressentis-je intérieurement pris d'un sentiment d 'étonnement. Mon admiration fût extrême lorsque ce mystérieux et étrange Monsieur n'accourut de toutes ses forces afin de récupérer mon châle qui me tenais à cœur. Prise par l'admiration et l'étonnement je ne prononça que ces quelques mots : « Je vous remercie, monsieur ».
    Et tout à coup je me retrouva plonger au plus profond des ses pupilles juste avant d'entendre la voix de mon mari tout en étant complétement ébahi !

    Pouvez-vous me conseiller ? Est ce que j'ai bien respecter la consigne ? Que ce qui est à améliorer etc ...
    Merci d'avance pour vos réponses !

    petit up svp c'est vraiment important pour ma moyenne :/
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.