Bonjour, je souhaite lire la "Divine comédie", et je ne sais pas quelle traduction choisir. J'ai entendu parler d'une traduction assez vieille, et en vers, d'un certain Louis Ratisbonne mais également de celle de Jacqueline Risset et d'autres mois connues.
Alors laquelle me conseilleriez-vous ?
Merci d'avance.

Réponses

  • J'ai de très bons échos de celle de Risset. Je n'ai lu que des extraits et c'était très poétique.
  • ArthurArthur Membre
    Je confirme, j'aime bien celle de Risset (d'autant que l'édition, GF, donne l'italien en vis-à-vis), même si je n'ai pas comparé avec d'autres. Je crois avoir entendu dire que la traduction publiée en Pléiade pèche par un goût trop grand de l'archaïsme.
  • Bonjour à tous,

    Il y a longtemps que je veux lire Dante mais, ne parlant pas italien et ne suivant pas d'études littéraires (je suis en philosophie), je ne sais pas vers quelle traduction me tourner. J'ai trouvé celle de Jean-Charles Vegliante sur une brocante mais je ne sais pas ce qu'elle vaut. Si l'un de vous est en mesure de me renseigner sur la qualité de cette traduction ou si je dois en trouver une autre, cela m'aiderait. Je vous remercie d'avance, et je vous souhaite une bonne journée ! :)
  • Bonjour !
    Au cas où ce serait encore d'actualité, je conseille fortement une version bilingue !
    Lire Dante n'a aucun intérêt si ce n'est fait en italien, en fait ... Les traductions ne remettent jamais la magie des vers et même la traduction de la Pléiade est totalement infecte !
    J'ai la version bilingue (un livre par partie donc il faut 3 livres pour toute la Divine Comédie) de Garnier Flammarion - traduction par Jacqueline Risset qui est spécialiste de Dante ; elle en a fait sa bibliographie. De plus, de nombreuses notes explicatives sont données, ce qui est assez utile si on veut comprendre le texte et les références si on n'est pas expert.
    Aussi, je trouve que la traduction de Risset rend très bien compte de l'idée de chaque vers tout en étant du français compréhensible !

    J'espère que vous avez déjà trouvé votre bonheur !
  • Titania91Titania91 Modérateur
    ++ pour Risset chez GF, même sans parler l'italien il est intéressant d'avoir le texte original en regard et l'appareil de note n'est pas de trop pour comprendre le contexte historique!
  • Puisque ce sujet remonte, j'ai la traduction d'André Pézard à La Pléiade.
    Je la trouve très difficile.

    Est-ce que celle de Risset est plus accessible ?
  • Oui !! Beaucoup plus ! Je suis tombé sur le bouquin de la Pléiade pour la Divine Comédie et j'ai trouvé ça réellement infecte, à vrai dire. Une traduction d'une langue totalement dépassée pour un style pompeux qui retire toute sa beauté au vers de Dante ...
    "une selve obscure", certes ressemble plus a "una selva oscurra" mais une "forêt sombre" fait mieux comprendre.
    La seule utilité de la Pléiade est qu'il y a les oeuvres complètes. Mais pour la Divine Comédie, je déconseillerais cette traduction.
  • Quelqu'un a une édition de Dante à me proposer ? Je n'arrive pas à me plonger dans la version éditée en Pléiade, trop ardue pour moi...
  • KoraxKorax Membre
    Cherches-tu ses œuvres complètes ?

    L'édition Garnier Flammarion de la Divine Comédie est très satisfaisante, à mon sens.
  • freddy.lombard a écrit:
    Quelqu'un a une édition de Dante à me proposer ? Je n'arrive pas à me plonger dans la version éditée en Pléiade, trop ardue pour moi...

    Je ne comprends pas bien : en quoi cette version est-elle "ardue" ?
  • Je trouve l'édition de la Divine Comédie par Garnier Flammarion très bonne, en effet !
    La traduction de Jacqueline Risset est très fidèle au texte et accessible. Les notes sont suffisantes pour une bonne compréhension du texte mais il ne faut pas y chercher un apparat critique. Mais surtout elle est en bilingue (contrairement à la Pléiade, malheureusement) et lire la Divine Comédie (ou quelques uns de ces vers) en italien est une expérience qu'il faut mener. De plus, l'édition est en 3 volumes (Enfer - Purgatoire - Paradis) ce qui permet d'avoir un livre qu'on peut réellement mettre dans sa poche et qui permet d'étudier les vers de Dante n'importe où.
    Pour ce qui est du reste de son oeuvre, le Livre de Poche a également édité une édition de ses Oeuvres Complètes. N'ayant jamais eu le livre entre les mains, je ne peux vous en dire du bien ou du mal mais il est évidemment moins onéreux (quoique peut-être moins savant ?) que celui de la Pléiade.
    PS : la Pléiade a édité une Anthologie bilingue de la poésie italienne où des extraits de l'oeuvre de Dante se trouvent (évidemment).
    PPS : je vois qu'il existe de nombreux autres éditeurs qui ont édités Dante (et principalement la Divine Comédie en bilingue, par exemple les Éditions de la Références dont je ne connais pas la qualité de traductions ou d'annotations mais qui sont réputés très bons - en un volume, vous y trouverez l'intégralité du texte bilingue).
  • L'édition de la Référence propose une traduction presque littérale, mais correcte. Son avantage est de respecter le mouvement du vers.
  • Pour répondre à Jacques : il ne faut pas y voir malice, je trouve ce texte ardu à comprendre, le vocabulaire et les tournures de phrases difficiles à saisir, ce qui ralentit la lecture et surtout qui me fait passer à côté de l'essentiel : le sens.
    C'est l'un des rares volumes de La Pléiade que j'ai abandonné très tôt en cours de lecture - j'espère provisoirement.

    De la même façon, j'ai eu du mal à lire Les Essais de Montaigne : j'ai fait une longue pause aux deux tiers de l'ouvrage.
    Toujours dans le même ordre d'idées, mais ici plus certainement pour un problème de vocabulaire, je ne suis pas allé très loin dans ma lecture des cinq ouvrages de Rabelais, alors même que j'étais très motivé et que j'ai fait plusieurs tentatives.

    J'en suis à me demander si, pour Rabelais notamment mais peut-être aussi pour Montaigne, il ne me faudrait pas une simple translation dans un français un peu plus contemporain.
    C'est aussi le sens de ma question pour Dante : cela m'ennuie de passer à côté de ces ouvrages classiques majeurs.

    À titre d'exemple, j'ai beaucoup apprécié les version « bilingues » des textes médiévaux à La Pléiade (les cinq Chrétien de Troye, Le Roman de Renard, Tristan et Iseult, etc) car ma première lecture allait à la version « contemporaine » et l'impression bilingue me permettait d'aller de temps en temps lire le texte original alors même que j'en connaissais déjà le sens, ce qui me laissait le loisir d'apprécier l'écriture en vieux français.



    Korax : je cherchais surtout à lire La Divine comédie, qui paraît être son texte le plus connu et qui constitue l'essentiel de l'édition en Pléiade - je possède une ancienne édition.


    davidpalsterman : j'ai participé plusieurs fois à ce type de discussion sur d'autres forums. À mon niveau, il n'est pas utile de posséder une édition bilingue, pas plus que de longues et érudites notes. Je me dois de faire confiance au traducteur ; c'est pourquoi j'aime parfois me faire conseiller une édition. Je comprends également très bien ce que dit Jacques sur le respect de la musicalité des vers. C'est un débat qui concerne à juste titre les spécialistes : respect fidèle du rythme, du vocabulaire, des césures, du sens... Il apparaît que tout ça semble très difficile à concilier. Là aussi, je dois faire confiance.



    (J'ai vu que ma question faisait désormais l'objet d'un sujet distinct de la discussion précédente ; j'aurais dans ce cas débuté et terminé mon premier message par une formule de politesse. :)
    Par ailleurs, on pourrait presque étendre le sujet à « Quelle est la meilleure version / la meilleure édition de tel ou tel texte antérieur au XVIe siècle ?)
  • Bonjour !
    Je ne sais si tu as trouvé ton bonheur, si ce n'est le cas, peut-être que j'ai quelques critiques sur les livres qui ont été cités à te proposer :) J'ai été faire un tour à la bibliothèque de l'univ pour piocher les éditions françaises de Dante qu'ils avaient et j'ai un peu regardé ce qu'ils avaient donc voilà un petit compte rendu :

    Pour les Oeuvres Complètes :
    - (NON BILINGUE) Le livre de poche, comme dit plutôt fourni une plutôt bonne traduction et quelques notes par-ci par-là dans chacun des textes - rien de pompant, elles sont vraiment minimes. La traduction (de l'Enfer, je n'ai pas regardé le reste qui prend une majeure partie ; Dante a beaucoup écrit) est passable, vraiment pas de quoi faire des éloges bien longtemps mais c'est bien. Pas de longues introductions si ce n'est, parmi tous les écrits de Dante, pour l'Enfer (je ne sais pourquoi il a reçu ce traitement de faveur) où on a un schéma de l'enfer tel qu'imaginé par Dante et une brève notice.

    Pour la Divine Comédie complète dans un volume:
    - (NON BILINGUE) Chez les éditions Bordos, traduction de Henri Longnon, le livre que j'avais en main sentait comme une Pléiade (vraiment) mais n'en était pas une ! Le livre est dit "illustré", il y a en fait 7 croquis au début - rien de comparable aux illustrations de Gustave Doré. J'ai trouvé la traduction TRÈS bonne ! Fidèle au texte tout en restant d'un français cohérent et compréhensible. Les notes sont suffisantes et préfèrent expliquer ce qu'il suffit de savoir en renvoyant là où on aura des précisions que de copier-coller tout un paragraphe. Il y a une introduction et appendices qui pourront permettre de se plonger plus en détail dans l'oeuvre si on le désire.
    Vraiment, c'était un coup de cœur et c'est l'édition que je recommanderais si on ne veut pas lire en bilingue.

    - (BILINGUE) Chez La Référence, traduction de Didier Marc Garin. J'ai trouvé la traduction très (voire trop) fidèle à l'italien et les notes assez incomplètes et peu profondes.

    - (BILINGUE) Chez Gallimard, dans la collection poésie, traduction de Jean-Charles Vegliante. Pas une seule note et une introduction de 3 pages. La traduction n'était vraiment pas fameuse voire mauvaise.

    PS : je ne suis qu'un passionné de Dante et en aucun cas spécialiste (peut-être un jour ?), j'ai regardé la qualité de la traduction en fonction d'un extrait que je connais par coeur - peut-être que des avis pourront être contraires.
  • freddy, pour Montaigne, c'est d'accord, sa phrase est mouvante, elle contient souvent des incidentes qui font perdre le fil et la langue, quoique "moderne", peut nous sembler éloignée de nos usages (autant de choses qui font son charme pour moi). Avec Rabelais, c'est autre chose : il faut non une traduction, mais des notes, tant les allusions érudites et les jeux de langage sont nombreux et tant le vocabulaire est riche.
    Mais avec Dante, je ne vois pas où est la difficulté. Même dans le texte original, il me semble abordable, la langue ayant assez peu évolué au cours de son histoire. Quelques passages sont un peu oscuri, mais c'est bien tout. En revanche, le sens symbolique de tel ou tel aspect du parcours peut poser difficulté, mais ce n'est pas du même ordre.

    Pour Chrétien, c'est exactement comme cela qu'il faut faire : tu verras que l'AF n'est pas si difficile à comprendre "en gros" ; à traduire, si par contre. Par contre, il faut s'habituer à lire et à enregistrer les formes les plus courantes des mots et leurs variantes. Les mots anciens, c'est comme les champignons : il faut les avoir vus des dizaines de fois sous tous leurs aspects pour être sûr de les reconnaître et éviter d'empoisonner toute sa famille.

    Pour Montaigne, il faut éviter de lire ses essais dans l'ordre (sauf si tu veux étudier l'évolution de sa pensée) : tu en choisis un au hasard de temps à autre et tu le lis jusqu'au bout en prenant ton temps.
    Lis aussi la relation de son voyage en Italie (en Pléiade), tu verras, c'est intéressant et facile. Une partie est en italien, hélas traduit sans le texte original.
  • david merci pour cette revue détaillée des différentes versions. Si ma nouvelle tentative en Pléiade se solde par un échec, je prendrai la version que tu conseilles, celle d'Henri Longnon chez Bordas.

    jacques : j'ai commencé mes lectures intensives à La Pléiade par Chrétien de Troyes, il y a quinze ou vingt ans. J'ai en effet constaté que l'ancien français se comprend bien « en gros » (à tel point que les quelques mots qui restent obscurs participent au charme de l'ensemble, cette langue était vraiment superbe).
    Pour Montaigne, j'ai en projet la relecture « par petits bouts » afin de creuser et de ne pas me lasser ; en effet, j'avais bien lu les premiers livres à la suite, d'où peut-être ma première impression. Cela dit, j'en avais quand-même compris une bonne partie - enfin je l'espère !
    Rabelais reste un cas différent pour moi, notamment parce que j'ai fait trois tentatives successives et que je n'ai toujours pas réussi à arriver au bout du premier livre. Je te propose que l'on en reparle à une autre occasion, je n'ai pas l'intention de le reprendre à court terme.
    Retour enfin sur le Dante qui est l'objet du fil : le temps de terminer mon livre en cours (qui est d'une facilité déconcertante et qui s'accorde bien avec la légèreté supposée de cette période estivale puisqu'il s'agit d'un Alexandre Dumas !) et je vais faire une nouvelle tentative pour La Divine Comédie. Alors seulement, je reviendrai ici pour citer quelques passages qui illustrent la difficulté que je ressens sur cet ouvrage en général. Peut-être s'agit-il de la traduction ? Nous verrons...
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Le sujet de ce fil me semble être le même que celui de :
    https://www.etudes-litteraires.com/forum/discussion/24302/quelle-traduction-choisir-pour-la-divine-comedie
    Je me demande si nous ne devrions pas les fusionner.

    Freddy, je suis assez d'accord avec toi. Pour ma part, je n'ai pas encore accroché à la Divine comédie. Je l'ai dans l'édition bilingue Jean de Bonnot, avec une traduction poétique d'André Pératé.
    Peut-être serait-il intéressant de comparer les différentes manières de traduire le tout début du livre, les quatre premiers tercets.

    Le texte italien :
    Nel mezzo del cammin di nostra vita
    mi ritrovai per una selva oscura,
    ché la diritta via era smarrita.


    Ahi quanto a dir qual era è cosa dura
    esta selva selvaggia e aspra e forte
    che nel pensier rinova la paura!


    Tant’è amara che poco è più morte;
    ma per trattar del ben ch’i’ vi trovai,
    dirò de l’altre cose ch’i’ v’ho scorte.


    Io non so ben ridir com’i’ v’intrai,
    tant’era pien di sonno a quel punto
    che la verace via abbandonai.


    https://divinacommedia.weebly.com/inferno-canto-i.html

    Voici ce que donne mon édition :

    A : André Pératé, éd. Jean de Bonnot, 1971

    Au milieu du chemin de notre vie * Je me trouvai dans une sylve obscure, * Où n'était la droite voie ensuivie


    Ah ! combien est à dire chose dure * De cette sylve si sauvage, âpre & forte * Qu'au seul penser la peur encore me dure !

    Tant est amère que peu plus est la mort ;* Mais pour traiter du bien que j'y trouvai, * Des autres choses dirai qu,y découvris.

    Redire bien ne sais comme y entrai, * Tant j'étais plein de sommeil en ce point * Où le chemin véritable quittai.
    Je trouve ça indigeste au possible. Je reconnais en revanche que le traducteur a voulu être fidèle au texte italien et qu'il est intéressant de lire cette traduction en même temps qu'on lit la version originale. C'est plus un travail didactique qu'une lecture qui peut nous prendre aux tripes !

    Voici quelques autres traductions trouvées sur la Toile :

    B :
    Quand j'étais au milieu du cours de notre vie,
    je me vis entouré d'une sombre forêt,
    après avoir perdu le chemin le plus droit.


    Ah ! qu'elle est difficile à peindre avec des mots,
    cette forêt sauvage, impénétrable et drue
    dont le seul souvenir renouvelle ma peur !


    À peine si la mort me semble plus amère.
    Mais, pour traiter du bien qui m'y fut découvert,
    il me faut raconter les choses que j'ai vues.


    Je ne sais plus comment je m'y suis engagé,
    car j'étais engourdi par un pesant sommeil,
    lorsque je m'écartai du sentier véritable.

    https://www.ebooksgratuits.com/pdf/dante_alighieri_divine_comedie_enfer.pdf

    C : éd. Flammarion, 1880
    Au milieu du chemin de notre vie, ayant quitté le chemin droit, je me trouvai dans une forêt obscure. Ah! qu'il serait dur de dire combien cette forêt était sauvage, épaisse et âpre, la pensée seule en renouvelle la peur, elle était si amère, que guère plus ne l'est la mort; mais pour parler du bien que j'y trouvai, je dirai les autres choses qui m'y apparurent.

    Comment j'y entrai, je ne le saurais dire, tant j'étais plein de sommeil quand j'abandonnai la vraie voie [...]
    [lien invalide]

    D : Brizeux, éd. Charpentier, 1841
    Au milieu du voyage de notre vie, je me trouvai dans une forêt obscure, car j'étais sorti du droit chemin.
    Ah ! cela serait chose pénible à dire combien était sauvage, âpre et épaisse cette forêt dont le souvenir renouvelle ma crainte,
    Ce souvenir est si amer, que la mort ne l'est guère davantage. Mais pour parler de l'aide bienfaisant que j'y trouvai, je révélerai les autres choses que j'y ai vues.
    Je ne saurais bien redire comment j'entrai dans cette forêt, tant j'étais plein de sommeil quand j'abandonnai le vrai sentier.

    https://books.google.fr/books?id=qhVLAAAAcAAJ&pg=PA1&lpg=PA1#v=onepage&q&f=false

    E: Rivarol
    J'étais au milieu de ma course, et j'avais déjà perdu la bonne voie, lorsque je me trouvai dans une forêt obscure, dont le souvenir me trouble encore et m'épouvante .

    Certes, il serait dur de dire quelle était cette forêt sauvage, profonde et ténébreuse, où j'ai tant éprouvé d'angoisses, que la mort seule me sera plus amère : mais c'est par ses âpres sentiers que je suis parvenu à de hautes connaissances, que je veux révéler, en racontant les choses dont mon œil fut témoin.

    Je ne puis rappeler le moment où je m'engageai dans la forêt périlleuse, tant ma léthargie fut profonde!
    http://agora.qc.ca/documents/alighieri--lenfer_traduction_de_rivarol_par_dante_alighieri

    Il y a quelques commentaires sur les traductions de la Divine Comédie sur la page Wikipedia :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Divine_Com%C3%A9die
  • Bonjour lamaneur,

    Merci pour toutes ces traductions. (en effet, le sujet se recoupe avec un autre).

    Voici la traduction dont je dispose, celle qui me décourage (André Pézard, 1965) :
    Au milieu du chemin de notre vie
    je me trouvais par une selve obscure
    et vis perdue la droiturière voie.
    Ha, comme à la décrire est dure chose
    cette forêt sauvage et âpre et forte,
    qui, en pensant, renouvelle ma peur !
    Amère est tant, que mort n'est guère plus ;
    mais pour traiter du bien que j'y trouvai,
    telles choses dirai que j'y ai vues.
    Comme y entrai, ce ne sais-je redire,
    tant j'étais plein de sommeil en cette heure
    où je mis à bandon le vrai chemin.

    J'aurais de loin préféré n'importe quelle autre traduction, B, C, D ou E !
    Quant à la A, celle parue chez Jean de Bonnot, elle semble être un peu du même tonneau que la mienne.

    Dire que ce court extrait remplit un tiers de page et que mon édition en Pléiade comporte plus de 1800 pages... :rolleyes:
    Je m'aperçois d'ailleurs que l'édition s'intitule œuvres complètes. :D

    Quant à la présentation, les notes de « bas de page » sont si nombreuses (et écrites en petits caractères) que parfois elle prennent les quatre cinquièmes de la page. Pour ça, il me suffirait de les ignorer, tant elles rendent la lecture encore plus fastidieuse.

    Inutile de dire que ces douze vers ne me donnent pas une grande envie de me replonger dans La Divine Comédie. :(
  • lamaneurlamaneur Modérateur
    Effectivement, ta traduction semble valoir la mienne par son côté rebutant !
  • Merci, lamaneur, je me sens moins seul. :D ;)

    Puisqu'on est dans la littérature étrangère et malgré que le sujet soit Dante, je me permets de mentionner quelques traductions de La Métamorphose de Kafka, qui montrent bien les disparités :

    « Un matin, au sortir d’un rêve agité, Grégoire Samsa s’éveilla transformé dans son lit en une formidable vermine. » Alexandre Vialatte, 1928.

    « En se réveillant un matin après des rêves agités, Grégoire Samsa se retrouva dans son lit, métamorphosé en un monstrueux insecte. » Bernard Lortholary, 1988.

    « Lorsque Grégoire Samsa s’éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se retrouva dans son lit changé en un énorme cancrelat. » Claude David, 1989.

    « Quand Grégoire Samsa sortit un matin d’un sommeil peuplé de rêves inquiétants, il se retrouva transformé dans son lit en une sorte d’énorme punaise. » Catherine Billmann, 1997.

    « Quand Gregor Samsa se réveilla un beau matin au sortir de rêves agités, il se retrouva transformé dans son lit en une énorme bestiole immonde. » Jean-Pierre Lefebvre, 2018″

    Article complet sur le sujet : https://www.lexpress.fr/culture/le-traducteur-sonne-toujours-deux-fois_2033535.html
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