Grammaire du français

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Réponses

  • Bonjour Jérémy

    La rhétorique étant perdue de vue par beaucoup de gens, son vocabulaire est peu employé dans l'usage courant. Mais on va parfois y chercher un mot qu'on extrait de l'oubli pour préciser une notion que l'on veut mettre en évidence un peu comme la médecine s'est servie du grec pour créer des néologismes et se constituer un vocabulaire.
    Dans ce siècle où les psychologues sont plus nombreux que les rhétoriqueurs, la psychologie a extrait du langage des rhétoriqueurs, la métaphore et la métonymie et donné une nouvelle vie à ces mots en les employant couramment pour les opposer l'un à l'autre, moins pour définir des figures de style, que pour suivre le développement de la pensée. La métaphore et la métonymie sont alors considérées l'une et l'autre comme des indices qui permettent de suivre l'enchaînement qui fait passer d'une pensée à une autre, en suivant une voie plutôt que l'autre.
  • j'ai du mal à identifier la métaphore, dans les textes littéraires précisément dans les textes poétiques. pourriez vous m'aider à ce sujet?

    comment faire la différence entre métonymie et synecdoque?

    merci de bien vouloir m'apporter des éclaircissements.
  • Dans une métaphore il y a un comparant et un comparé, prenons pour exemple l'un des textes moderne les plus pertinent selon moi (et les Helléniques) celui de Jacqueline de Romilly.
    Le but de sa démonstration est de nous montrer que nous devons absolument retourner vers le passé pour comprendre l'actualité (tout ce qui est moderne) elle prend comme comparant : le petit chemin d'une promenade où l'on se serait perdu (le présent) et comparé : le temps.
    Le début c'est le passé vers lequel il nous faut nous retourner afin de comprendre d'où nous venons et voir (devant) où nous allons.

    un autre exemple : les nuages orageux (comparant) de ses sourcils (comparé) surplombaient le lac vert (comparant) de ses yeux.(comparé)

    j'espère t'avoir aidé, en tout cas j'ai essayé.


    Bon courage!
  • Jérémy a écrit:
    quelle différence entre la métonymie et la synecdoque ?
    Les deux consistent en une opération identique, mais pour chacune d'entre elles, cette opération est orientée en sens opposé. La métonymie consiste à employer un mot pour un autre à propos d'un objet, d'une personne, etc., en fonction de rapports logiques (qu'on peut retrouver en s'interrogeant simplement sur la ou les fonctions de l'objet, ce qu'on en fait, etc. ; l'identité de la personne, son métier, etc.).

    Je vais boire un verre. La métonymie consiste ici à employer le mot verre à la place de la boisson que je vais boire. Quel rapport logique ? Le verre est le contenant de la boisson. Et pourquoi le verre ? C'est le contenant le plus probable, tant il est le plus répandu.

    En ce moment, je lis Victor Hugo. La métonymie consiste à employer Victor Hugo à la place de son œuvre ou d'une de de ses œuvres. Quel rapport logique ? Il en est l'auteur.

    Mais, dans tous les cas, il n'y a aucune identité entre un auteur et son œuvre, entre un verre et la boisson qu'il contient. Ce sont des choses différentes, qui se complètent.

    Dans la synecdoque, c'est le même type d'opération, mais appliquée à l'intérieur d'un même objet, en tant qu'il est un genre ou une espèce d'un genre, ou une sous-espèce, etc. Je veux faire le tour du monde à la voile. La voile entretient un rapport d'inclusion avec le bateau. Elle en est une partie. C'est donc la même chose, mais subdivisée en fragments dont l'un est suffisamment caractéristique pour qu'on puisse s'en contenter, comme ici avec la voile, qui suffit à caractériser, non seulement le bateau (genre), mais une espèce du genre : la voile. Bref, la synecdoque n'établit pas un rapport logique entre objets différents, mais des rapports d'inclusion entre objets identiques.

    Dans les deux cas, il y a bien une permutation (un mot pour un autre), mais dans l'une, la métonymie, on associe des choses différentes qui entretiennent un rapport de contiguïté, dans l'autre, la synecdoque, on associe à l'intérieur d'une seule et même chose des éléments contigus qui entretiennent un rapport d'identité.
  • Bonjour,

    Je n'arrive pas à différencier synecdoque et métonymie.
    Du coup, j'ai un doute pour cette phrase "Le regard s'appesantit, impassible, mais revenu déjà douloureusement de tou étonnement". Le regard désigne ici le mari d'Anne Desbaresdes dans Moderato Cantabile. S'agit-il d'une synecdoque ou d'une métonymie ?

    Merci !
  • GetUpGetUp Membre
    J'ai mis longtemps à comprendre cette différence aussi, ma prof de français m'avait dit que c'était la même chose.

    Mais en fait je crois que la synecdoque est en quelque sorte une métonymie particulière : "partie pour le tout", dans le sens où une partie d'un objet est utilisée pour désigner l'objet entier (l'inverse est possible, le tout pour signifier la partie). Tandis que la métonymie est "mot pour un autre".
    Et ainsi :
    "Un troupeau de 50 têtes" (=50 animaux, il y a pas que les têtes qui se baladent) = synecdoque
    "Son vélo a crevé" = synecdoque (c'est pas tout le vélo, juste le pneu)
    "On a bu un verre ensemble" = métonymie : tu ne bois pas le verre mais un liquide

    Voilà, j'espère que je ne me suis pas trompée :)

    Après pour ta figure de style je ne connais pas du tout l'oeuvre donc je ne sais pas trop à quoi le regard renvoie, désolée.
  • luckycluckyc Membre
    Bonjour,

    Peut-on considérer la phrase suivante comme une métonymie s'il vous plaît ? : "Il s'amusait avec Rabelais." (en parlant d'un livre de Rabelais)
  • Oui, c'est l'exemple typique que l'on donne pour la métonymie. ;)
    Ex : Je lis un Hugo.
  • luckycluckyc Membre
    Ah merci ! :)
  • Bonsoir !

    Dans un QCM ils me disent que "Faire du piano" et "Jouer aux cartes" sont des métonymies.
    Mais j'ai du mal à comprendre pourquoi !

    Merci !
  • JehanJehan Modérateur
    Dans "Faire du piano", le nom piano ne désigne pas l'instrument lui-même en tant qu'objet, mais l'activité consistant à jouer de cet instrument.
    Même chose par exemple dans : Le piano est plus difficile que la flûte.

    De même, dans "Jouer aux cartes", le nom cartes ne désigne pas les objets eux-mêmes, mais l'activité consistant à jouer avec ces objets.
    Les cartes sont un passe-temps agréable.
  • D'accord merci ! C'est plus clair !
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