Grammaire française Participe passé

Chers profs,

Est-il exact que le passé simple exprime un fait réel au passé alors que l’imparfait exprimerait une hypothèse, un fait pas réellement concrétisé ? Exemples :

a) Comme il n’avait pas d’argent pour prendre un taxi, il A DÛ / il DUT prendre le bus.

b) Comme il n’avait pas d’argent pour prendre un taxi, il DEVAIT prendre le bus.

Si ce que je dis est faut, comment expliqueriez-vous la différence entre les 2 phrases?

Merci de votre soutien,
Hela
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Réponses

  • sebseb Membre
    Je ne suis pas prof, mais je dirais que le passé simple est employé pour décrire une action brève dans le passé et l'imparfait est utilisé pour la description et l'habitude. C'est le mode conditionnel qui marque l'hypothèse. Donc je dirais que ta phrase b) est incorrecte; la a) en revanche me semble correcte. La première proposition de cette phrase émet simplement un fait ( il ne peut pas prendre le taxi ) donc ce serait l'imparfait ( on décrit une situation); la deuxième partie exprime une action, (celle de prendre le bus ici en l'occurence), donc j'utiliserais le passé simple ( on aurait pu tout aussi bien dire: "il prit le bus")
  • EdyEdy Membre
    Bonsoir, chère Hela !

    a) Comme il n’avait pas d’argent pour prendre un taxi, il A DÛ / il DUT prendre le bus.
    C'est bon, mais je réserverais le passé simple aux récits historiques et aux narrations romancées.

    b) Comme il n’avait pas d’argent pour prendre un taxi, il DEVAIT prendre le bus.
    C'est bon dans l'hypothèse d'un acte répétitif : l'imparfait d'habitude.

    Cordialement vôtre,
    Edy
  • Merci de m'avoir répondu.

    Et que faut-il que je mette dans cette phrase le présent ou le passé ? Les 2 sont-ils également possibles ? Pourquoi, SVP ?

    Ils étaient furieux qu’il soit si en retard. L’ennui c’EST / c’ETAIT (?) qu’il ne pouvait pas faire autrement.

    Très bonne journée

    PS: Cher Edy question qui n'a rien à voir avec mon titre. Comment vous y prendrez-vous pour traduire:
    "What effect does habitual viewing of television have on children?"
    Il n'est pas possible en français d'avoir la même structure qu'en anglais ("Quelles sont les conséquences / effets d’un « visionnage » régulier de la télévision sur les enfants ?") alors comment faire? Merci et pardon pour cette diversion.
  • EdyEdy Membre
    Bonjour, Hela !

    C'EST
    Je viens justement d'expliquer cette question dans le sujet précédent "phrase incorrecte. trinity".
    C'est est courant ; c'était est littéraire.
    Ne pouvait exprime la répétition ; n'avait pas pu conviendrait mieux pour un retard unique, ce qui semble être le cas.

    VIEWING
    Visionnage ne convient pas, en raison de son sens technique.
    Je n'ai pas trouvé mieux que SPECTACLE (spectare : regarder), mais le Petit Robert ne confirme pas mon choix, sauf en citant "au spectacle de", signifiant "à la vue de".
    Peut-être ceci :
    * Quelles sont les conséquences sur les enfants au / du spectacle habituel / répété de la télévision ?
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour Hela et Edy,

    Je traduirais par "consommation de télévision".
    Ou
    "Quels sont les effets d'une fréquentation assidue de la télévision chez les enfants ?"
    Ou
    "Regarder habituellement la télévision a-t-il des conséquences pour les enfants ?"
    Traduction libre dans l'esprit du texte selon des concepts français.
  • Merci Edy et Jean-Luc, vous êtes absolument charmants! :)

    A la prochaine :)
  • Permettez-moi de revenir sur un point qu'on a déjà abordé: "c'est" ou "c'était" avec un verbe au passé.

    La phrase originale anglaise combine en fait ces 2 temps; est-il possible de faire de même en frç ou serait-ce un registre familier?

    Cinq enfants c'est plus qu'ils ne pouvaient raisonnablement élever avec / sur leur petit morceau de terre mais ils souhaitaient si fort avoir un fils qu'ils continuaient d'essayer.

    Merci d'avance,
    Hela
  • Dans cette situation emphatique, rien n'empêche de faire la concordance des temps.
    * Cinq enfants, c'était plus qu'ils ne pouvaient...
    Si on fait la concordance, "c'est" doit rester à un temps simple.

    Mais "c'est" a tendance à se figer et à rester au présent.
    * C'est plus qu'ils ne pouvaient.
    * C'est lui qui l'a dit.

    En l'absence d'emphase :
    * On sonna. C'était le facteur.
  • Bonjour Edy :),

    Désolé, mais je n'ai pas compris votre premier point:
    "Dans cette situation emphatique, rien n'empêche de faire la concordance des temps.
    * Cinq enfants, c'était plus qu'ils ne pouvaient...
    Si on fait la concordance, "c'est" doit rester à un temps simple."

    L'imparfait et le présent ne sont-ils pas tous deux des temps simple?

    A bientôt!
  • Bonjour, Hela !

    Les temps simples sont les formes sans auxiliaire, par exemple l'imparfait et le présent.

    Je veux dire ceci :
    * C'est lui qui l'avait demandé. Correct !

    Si vous voulez faire la concordance des temps, vous aurez :
    * Ç'avait été lui qui l'avait demandé.

    On déconseille les formes composées, telles que "Ç'avait été".
    → Ç'était lui qui l'avait demendé. Forme simple. Correct !

    C'est se généralise. Mais avec la concordance (plus soutenue, plus littéraire), vous aurez : c'est, c'était, ce sera, ce fut, ce serait. Rien que des formes simples.

    Voilà ! Bonne journée !
    Amicalement,
  • K'K' Membre
    Bonjour à tous,

    J'ai un réel problème avec le passé simple. Je suis tenté de le mettre partout, et j'ai l'impression de me fourvoyer totalement. Par exemple ici, est-ce bien du passé simple qu'il faut employé ? J'sais pas, mais moi ça me gêne de pas mettre de -s à la première personne pour ce genre de conjugaison, c'est presque machinal... Depuis je réfléchis un peu, mais je rame toujours autant. Quelqu'un peut m'expliquer ?
    Il n’avait pas encore terminé d’avaler sa portion alimentaire que quelques postillons de nourriture s’exhumaient involontairement de son gosier. Mon pied, lui, commençait à suffoquer. J’étais presque persuadé qu’une couleur cramoisie/violette le distinguait à présent. Emprisonné, j’essayai frivolement de trouver un prétexte pour me libérer de cette geôle humaine, mais assurément, la nature ne lui avait accordé aucune finesse d’esprit.
    Merci beaucoup à vous,
    K'.
  • Bonjour,
    J’ai bien lu tous les sujets du forum concernant l’emploi Imparfait/ Passé simple. Malgré tout, je doute.
    Pouvez-vous me confirmer que l’emploi est correct ? N’y a-t-il pas une astuce pour ne pas se tromper ? EX : remplacer par nous ?

    J’étais chez moi, je rangeais mes vieilles affaires.
    Je retrouvai une pipe, le souvenir de sa fumée embauma la pièce.
    Je fouillai les cartons, feuilletai les livres. Tous ces objets me
    paraissaient neufs, tous parfaits.

    Merci
  • Bonjour, Junayme.
    Tu n'as pas cherché bien loin!
    En entrant 'passé simple imparfait' dans le moteur de recherche de ce site (la fenêtre en haut à gauche) j'ai trouvé beaucoup de liens utiles dont ceci.
    Sur la page qui s'ouvre, il y a aussi des liensen bas de page: notamment sur l'imparfait.
  • MurielMuriel Membre
    Bonjour Junayme,

    Dans l'absolu, le texte ne comporte pas d'erreurs, à part une éventuelle hésitation passé simple/imparfait pour le dernier verbe : "Tous ces objets me paraissaient/parurent neufs, tous parfaits."

    Pour le "truc imparable", s'il s'agit d'être sûr de bien orthographier un passé simple quand on conjugue à la première personne du singulier, un remplacement par "tu" ou "il" suffit la plupart du temps.
    J’étais chez moi, je rangeais mes vieilles affaires.
    Je retrouvai une pipe, le souvenir de sa fumée embauma la pièce.
    Je fouillai les cartons, feuilletai les livres. Tous ces objets me
    paraissaient neufs, tous parfaits.
    Tu étais chez toi, tu rangeais tes vieilles affaires.
    Tu retrouvas une pipe, le souvenir de sa fumée embauma la pièce.
    Tu fouillas les cartons, feuilletas les livres. Tous ces objets te paraissaient neufs, tous parfaits.


    Mais s'il s'agit de trouver un "truc imparable" pour être certain du bon emploi des temps, celui de "l'orthographe" aide beaucoup, mais n'est pas une garantie suffisante.

    Par exemple, tous les verbes que vous avez conjugués au passé simple (sauf embaumer et paraître, qui n'ont pas pour sujet "je") auraient pu l'être au passé composé.

    Votre texte étant à la première personne (et ce serait pareil à la deuxième), je trouve que la passé simple est d'un emploi moins naturel qu'à la troisième personne :

    Elle était chez elle, elle rangeait ses vieilles affaires.
    Elle retrouva une pipe, le souvenir de sa fumée embauma la pièce.
    Elle fouilla les cartons, feuilleta les livres. Tous ces objets lui
    parurent neufs, tous parfaits.
    (Et là, je n'hésiterais pas pour "paraître" : j'opterais pour le passé simple ; alors qu'aux autres personnes, c'est beaucoup moins évident.)

    J'ai l'impression aussi que le passé simple sonne mal dans votre texte parce que ce dernier manque de tout ce qui fait une narration, par exemple :

    Un dimanche d'automne froid et pluvieux, j'étais chez moi, je rangeais mes vieilles affaires.
    Dans un coffret abandonné depuis longtemps aux araignées, je retrouvai une pipe ; aussitôt, le souvenir de sa fumée embauma la pièce.
    Émue, je fouillai les cartons, feuilletai les livres. Tous ces objets me paraissaient/parurent neufs, tous parfaits. (Et là aussi je choisirais le passé simple pour "paraître".)

    Mais tout cela est très subjectif...

    Muriel
  • Merci Muriel d’avoir pris le temps de lire le texte et de ne pas me renvoyer à des règles qui ne me prouvent pas que je raisonne juste.

    Rentrons dans le vif du sujet et merci pour vos remarques PERTINENTES.


    J’aimerais être sûre de mes choix.

    J’étais chez moi, je rangeais mes vieilles affaires. Imparfait car je plante le décor : description, arrière-plan
    Je retrouvai une pipe, le souvenir de sa fumée embauma la pièce. Action brève et révolue : une action se produit alors qu’une autre est en cours d’accomplissement, donc passé simple
    Je fouillais les cartons, feuilletais les livres. Tous ces objets me paraissaient neufs, tous parfaits. A nouveau je suis dans la description ; de plus je présente les faits qui sont simultanés : imparfait.
    Est-ce correct à votre avis ?
    Bien à vous,
    Junayme
  • OuchenOuchen Membre
    Je crois que c'est on ne peut plus correct. S'agissant, dans la dernière phrase, d'un "imparfait d'habitude ou de répétition", l'on ne peut lui substituer le passé simple.
  • Bonjour à tous,

    Souvent, hélas, l'auteur se trouve confronter à la difficulté de savoir si pour tel ou tel verbe il doit conjuguer au passé simple ou à l'imparfait. Nous savons que l'imparfait exprime la durée indéterminée et qu'il correspond aux mots "habituellement", "souvent", "déjà", "en même temps" alors que le passé simple indique des actions bien déterminées. Il indique le sens de "après", "ensuite", "plus tard".

    Existe-t-il une méthode, voire une technique certaine pour déterminer lequel des deux temps précités est à utiliser dans une circonstance donnée.

    La question se pose notamment dans la succesion des faits dans le récit. pour le passé simple, on dit qu'il faut exprimer ou sens-entendre, avant le verbe, les mots "après" ou "ensuite".

    Avec mes remerciements anticipés.
  • MNMN Membre
    Bonsoir,

    Je voudrais savoir pourquoi il faut utiliser l'imparfait et le passé simple dans ces cas.
    Merci d'avance

    C'était un samedi, le premier octobre, à Eguisheim. Je m'en souviens comme si c'était hier. J'étais dans ma cave au milieu de fûts de vin ayant atteint leur maturité et j'allais donc les mettre en bouteilles.

    C'est alors que je me rendis compte que mon vin dégageait de subtils arômes: un vrai nectar digne des dieux. Je décidai alors d'entreprendre un voyage à Versailles pour faire partager ce délice au Roi.

    Trois semaines plus tard, j'arrivai à Versailles extrêmement fatigué. En effet, la conduite d'une charrette n'est pas de tout repos. Je la laissai donc devant le château puis rassemblai mes quelques bagages autour de moi. Dans la grande avant-cour pavée du château, retentissaient des coups de marteaux et des cris que les contremaîtres lançaient aux ouvriers.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonsoir.

    J'étais dans ma cave au milieu de fûts de vin ayant atteint leur maturité et j'allais donc les mettre en bouteilles.
    Imparfait : actions passées présentées comme non achevées, description de la situation initiale.

    C'est alors que je me rendis* compte que mon vin dégageait** de subtils arômes.
    *Passé simple : un fait passé ponctuel, arrivant à un moment précis.
    **Imparfait : action passée durable considérée dans son déroulement, sans qu'on en précise le début ni la fn.

    Dans la grande avant-cour pavée du château, retentissaient des coups de marteaux et des cris que les contremaîtres lançaient aux ouvriers.
    Imparfait : actions passées présentées dans leur déroulement et leur répétition, sans qu'on en précise le début ni la fin; valeur descriptive d'une ambiance.
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