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Capes lettres modernes

Bonjour

Dans le cadre d'une réflexion menée sur la construction de mon projet professionnel, on me demande de prendre connaissance des difficultés réelles du métier de professeur dans les collèges et les lycées.

Les difficultés peuvent être de plusieurs ordres :

difficultés à poser son autorité et à organiser sa classe
difficultés à passer du savoir dont on dispose au partage de ces connaissances avec les élèves : adapter sa pédagogie
difficultés à s'adapter à l'évolution parce que tirailler entre les textes officiels et 'lévolution réelle de la société
difficultés à travailler en équipe interdisciplinaire et/ou intercycle

Merci de partager vos expériences avec moi.

Flo qui a besoin d'un regard objectif
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Réponses

  • IronyIrony Membre
    Difficulté à gérer des adolescents en crise avec leurs hormones qui les chatouillent continuellement.
  • Bonjour

    Plus précisément.

    Je n'ignore pas que les hormones les tricotent.
    Précisez ces difficultés.

    Flo
    Juste une remarque

    Si votre quotidien se borne à gérer les hormones de vos ados, qu'ont-ils appris à la fin de l'année ? Ont-ils au moins appris à mieux tricoter les lettres avec leurs hormones pour ne pas faire de trous conséquents dans le filet des connaissances à acquérir ?

    Hummmmm..... Pas suffisant.......

    Trève de plaisanteries
    J'attends des réponses un peu plus avisées, réfléchies, sérieuses. Bref dignes de professeurs capables de prendre du recul et d'analyser leur quotidien. Euh et je n'attends pas de jugements de valeur. Cela ne m'intéresse pas.

    Bonne journée.

    Flo
  • Précisez ces difficultés.
    S'il vous plaît.
  • IronyIrony Membre
    Oseriez-vous dire que je suis une mauvaise prof ? Je suis choquée ! Si vous n'ignorez pas que les "hormones les tricotent" comme vous dites, pourquoi ne pas l'avoir noté dans votre message de départ ? C'est une honte. Tout ceci est pourtant l'un des problèmes majeurs, que dis-je, le plus important même ! Il va sans dire que les hormones qui tricotent, c'est important dans les difficultés que rencontrent un professeur, je vous le prouve tout de suite, chère madame impolie :

    - l'élève garçon du fond se mettra toujours au fond de la classe sans rien écouter car il sera trop absorbé dans la contemplation du string à paillettes de sa voisine juste devant, qui, comble du chic, fait généralement exprès de montrer ses dessous au premier pseudo-mâle venu, tout luisant de sueur car déjà en proie à une imagination débordante et ayant déjà enclenché le processus du fantasme. Celui-ci est complètement absorbé dans sa contemplation et ne pense plus à rien d'autre si ce n'est faire des commentaires salaces à son voisin pseudo-mâle qui est, lui, absorbé dans une toute autre contemplation : celle de l'arrière-train de la prof. C'est une grande difficulté pour un professeur que d'essayer de lutter avec un string à paillettes à coup de Voltaire et de belles lettres.

    - l'élève fille qui se veut femme fera tout ce qu'elle peut pour attirer l'attention des pseudo-mâles : cris, bruits divers avec la bouche, parades amoureuses dans le même style que les animaux, rires puissants, caquètements et autres croassements. Si elles pouvaient agiter leur plumage comme les oiseaux, ou changer de couleur de plumes pour se faire remarquer, elles le feraient. Outre le côté anthropologique très intéressant de ces diverses pratiques, vous imaginez bien que cela crée quelques menues difficultés pendant le cours.


    Excusez le côté blagueur et désinvolte de ces messages mais vous avez l'air de prendre tout cela tellement au sérieux que ça me fait bien rire et j'en profite un peu. Sans animosité aucune =D
  • UrsusUrsus Membre
    Outre le côté anthropologique très intéressant de ces diverses pratiques
    C'est le côté le plus intéressant, non ? Je me dit quelquefois que ma vocation pour le professorat est celle d'un anthropologue raté.
    Oseriez-vous dire que je suis une mauvaise prof ? Je suis choquée !
    Je ne pense pas que c'était le fond de la pensée de florianna14. Simplement, on ne pouvait pas supposer la merveilleuse analyse qui se cachait derrière un monoligne à l'apparence de blague.
  • c'est dur d'être proffesseur de français dans le collège et le lycée car les élèves vous traites comme leur amis et sa je ne peut pas le tolérer
  • lucasmorel a écrit:
    c'est dur d'être proffesseur de français dans le collège et le lycée car les élèves vous traites comme leur amis et sa je ne peut pas le tolérer
    Mais rassure-moi, tu en as un ?
  • In illo tempore..., il y a plus de cinquante ans...

    J'avais besoin de gagner du fric pour vivre et je m'étais commis à faire des cours payés que subissaient des postiers qui avaient en vue des concours des postes ("inspecteur élève" - je ne sais pas si vous comprenez ce que çà veut dire - je n'ai jamais su, mais ne me le suis guère demandé).

    Couac il en soit, j'avais pris un parti essentiellement amical, car j'avais et ai toujours une amitié spontanée pour le postier parce que le travail qu'il a choisi rend service.

    Ils avaient tendance à faire des copies. Je leur répondais sur une autre feuille, comme à une lettre.
    J'intéressais certains, je foutais la paix aux autres.

    J'étais payé.

    Certains en redemandaient. J'allais donc, une fois par semaine, en dehors de l'établissement chez un élève qui réunissait les amateurs à qui j'avais parlé de Gide une année, de Giraudoux, la suivante.

    Ce n'était pas un métier.
    Beaucoup plus tard.

    J'habitais à la campagne, au bord d'une rivière, près d'un barrage où venait un héron, et pour ne pas être trop seul, j'avais acoquiné une espèce de sorte de parisien du 16ème qui avait été condisciple, pour écrire à deux sur la Bresse en interviewant 3 paysans, 2 manouches, un notaire, un curé, 2 gendarmes, etc...
    Celui-ci rodomontait en flemmardisant, n'arrivait pas à me dénicher dans le brouillard et conduisait sa grosse auto au Sofitel, en sorte qu'après son "jogging", au moment du breakfast, il avait trouvé le titre à son insu "La Bresse on s'en fout", et rien fait d'autre.
    Mais il était très lancé dans la formation en entreprise et un jour qu'une immense société avait fait rouvrir la station des Arcs hors saison pour faire un tintammrre, il m'avait cueilli avec son auto pour participer à l'apothéose d'ouverture qui était qualifiée de "formation" (de vendeurs naturellement).

    Il avait jeté ses aphorismes, fait scintiller ses paillettes, gonflé ses biscotos et en avait mis plein la vue avant de se rasseoir comblé et épuisé en me passant la parole.
    Lentement, modestement, j'avais soulevé ma carcasse, et une fois sur le podium, avais posé cette question banale et toute simple: "Qu'est-ce qui est difficile: vendre ou être vendeur ?"
    Je vous laisse deviner la suite.
    Mon petit-fils m'envoie son bac blanc et ajoute: "Si tu as le temps et l'envie, j'aimerais que tu fasse ce devoir et me l'envoie", ce que je fais volontiers et avec plaisir.
    Quant à être professeur, ou autre chose, ou quoi que ce soit, c'est pour moi absolument impossible. Je peux être là si je m'y mets. Un point c'est tout.
  • Irony a écrit:
    Oseriez-vous dire que je suis une mauvaise prof ? [...]
    Bonjour

    Je ne suis pas là pour juger de votre valeur, de votre compétence. Ce n'est pas mon boulot. Il y a des gens formés pour cela à l'éducation nationale. Je ne me permettrai pas de porter le moindre jugement sur les compétences, les aptitudes de quelqu'un que je ne connais pas, avec qui je ne travaille pas au quotidien. Jamais, je ne me le permettrai. Il faut des outils d'évaluations que je ne connais pour le faire. Ce sont des faits concrets que je souhaite lire pour pouvoir mener ma propre réflexion sur mes propres aptitudes à faire face à des situations-problèmes. Mais surtout pas juger de la valeur de quelqu'un.

    C'est le problème des enseignants. Pour être entourée d'amies enseignantes, je sais de quoi je parle. Il est difficile d'avoir des échanges avec elles, d'une part parce qu'il y a fatigue physique et psychique, l'usure, le burn-ourt. Ensuite, parce qu'en évoquant leurs difficultés, les enseignants craignent toujours d'être jugés sur leur valeur, leurs aptitudes.

    Je dois donc être très claire. Je ne suis pas là pour juger de vos aptitudes et de vos compétences face aux situations-problèmes. Chacun a ses propres faiblesses. Chacun a ses limites, ses difficultés, ses incapacités à faire face à telle ou telle situation parce qu'il y at toute une histoire personnelle qui amène à telle ou telle réaction. Nous avons tous des forces qui amèneront à faire face plus facilement à telle situation plutôt qu'à telle autre. Et, personne ne réagit de la même manière face à une même situation. Je ne ferai peut-être pas mieux que vous.

    Ceci vous aidera peut-être à comprendre la situation qui m'attend et ce qui motive ma réflexion, en plus de l'entretien. A croire qu'il n'y a pas de hasard dans la vie
    -http://www.france5.fr/a-vous-de-voir/archives/61396551-fr.php
    L'émission s'appelle "Double peine". Notre double peine est d'être femme et handicapé. Emission à lire pour comprendre. Et, visiblement, l'éducation nationale est loin d'être un ange.

    Seulement pour savoir comment je serai capable de faire face à des situations-problèmes, j'ai besoin d'en connaitre un certain nombre pour réfléchir dessus. Je fais cette requête parce que la question m'a été posée lors d'un entretien pour la définition de mon projet personnel. Je suis en situation de handicap et pour faire la même chose que vous, et essayer de passer outre la discrimination (matière phare de l'éducation nationale, le plus mauvais employeur de personnels en situation de handicap), il faut arriver en sachant clairement de quoi on parle, être conscient des tenants des aboutissants de la profession

    J'ai une réflexion séireuse à mener. Pas une pièce de théâtre à jouer. Si je voulais transformer mon entretien en un one man show, je le ferai bien volontier. Mais, là je n'ai pas le temps de jouer. Je dois me battre avec de solides armes.

    J'attends quelque chose d'effectivement plutôt sérieux et concret : des faits à partir desquels je peux mener une vraie réflexion. Je n'ai pas le choix. A une personne en situation de handicap, on lui demande de décrocher la lune que les valides ne parviennent pas à décrocher. On nous demande de ne pas avoir de failles. La méchanceté est telle que cela relève de la discrimination mais on doit faire face à l'ignorance et la bétise humaine en matière de handicap. Regardez donc l'émission que j'ai mis en lien et vous comprendrez un petit peu ce que l'ignorance ou le manque de volonté de faire face à un situation de handicap peut exiger des gens. Je ne vous souhaite pas de rejoindre notre milieu. Car, là vous y apprendrez que chaque jour, c'est une nouvelle bataille, un nouveau combat qu'il faut mener. Le quotidien est loin d'être rose mais il rend plutôt imaginatif, créatif, anticipateur, prévoyant.....

    Donc autant dire que je n'ai franchement pas le temps de jouer.

    Je remercie tous ceux qui m'ont répondu et qui me répondront

    J'ai trouvé l'arrêté du 19 décembre 2006 publié dans le B.O n°1 du 4 janvier 2007 pour nourrir ma réflexion puisqu'évoquer les difficultés, les vraies semblent être tabou. Les élèves peuvent bien vous traiter comme ils vous traitent. Le dialogue semble impossible. Il y a déjà un mur dans la communication entre eux et vous. Caz c'est une difficulté de taille c'est clair

    Merci à tous

    Florence
  • Bonjour Florence.

    J'aimerais tenter de t'aider un peu en apportant une modeste contribution. Depuis le mois de décembre, je remplace une prof dans un collège de ma région, et je ne dois pas me plaindre parce que c'est une ville disons plutôt bourgeoise, avec des élèves pour la plupart sans trop de problèmes, tout l'inverse d'une ZEP quoi.

    J'ai actuellement deux classes de 4ème. Et c'est vrai que ce n'est pas facile tous les jours.

    D'abord parce que le rectorat ne tient pas son rôle : c'est la principale qui a dû poser une annonce directement à l'université pour trouver des étudiants pour remplacer les profs absents, alors que c'est le travail du rectorat ça, normalement. Donc au final on balance des étudiants sans expérience au sein d'un collège. Et ce n'est pas chose facile. Heureusement, l'accueil dans l'établissement a été très chaleureux et les collègues sont de très bons conseillers, c'est vraiment une chose appréciable quand on débute.

    Pour le handicap : je reconnais que dans le collège où je travaille, de nombreuses procédures sont mises en place pour accueillir les handicapés : le bâtiment est entièrement aux normes, et ce n'est pas le cas partout ! les élèves handicapés ont chacun quelqu'un qui les accompagne et les aide durant la journée. Il en va de même avec les élèves qui sont dyslexiques, ce qui peut être considéré comme une forme de handicap : chaque élève a une fiche personnalisée, destinée aux professeurs et consultable librement par eux. Moi, ça m'a beaucoup servi quand je suis arrivée, car j'ai su immédiatement quoi faire avec qui (et quels étaient les exercices déconseillés également). Après, en terme de personnel, je te rejoins tout à fait : c'est désolant mais assez rare de voir des professeurs en situation de handicap (même si j'en connais !).

    Pour t'aider précisément dans ta réflexion, je peux te quelles sont les difficultés que je rencontre, et tu en as souligné la plupart.
    D'abord, en tout cas en 4e, les élèves ne savent pas ce que c'est que l'autorité : comme il a été souligné, et en dépit de toute ma sévérité, les élèves me considèrent limite comme une copine. A un moment où ils bavardaient tous vraiment trop, je leur ai donné un exercice à faire, et l'un d'eux a même été jusqu'à me dire 'fuck you' ! j'en ai référé à la principale et au cpe, je suggérais de le coller pendant quelques semaines... il a eu deux jours d'exclusion. Son père m'a fait un mot pour me dire que c'était quelque chose qui n'arrivait jamais à son fils mais que ce matin-là il s'était passé un événement un peu dramatique dans la famille (père et mère en plein divorce). Donc, voici une difficulté de plus à prendre en compte : j'ai plusieurs élèves dont les parents divorcent et qui, semble-t-il à cause de cela, font n'importe quoi. Moi, je trouve ça un peu gros, car s'il est vrai que la séparation de ses parents peut avoir quelque chose de traumatisant, je me demande si le fait qu'on en fasse un tel tapage, qu'on explique aux gamins à longueur de temps combien c'est dramatique et à quel point ça doit le perturber, je me demande si le gosse n'en profite pas un peu. J'ai eu le cas avec le fils de mon parrain, qui faisait n'importe quoi en revendiquant le divorce de ses parents comme cause, alors qu'il était évident que c'était juste un prétexte pour pouvoir faire n'importe quoi (il l'a reconnu par la suite d'ailleurs). Eh oui, un prof, disons un personnel de l'éducation nationale, c'est à moitié un assistant social !

    Après, j'ai eu le cas d'un gamin qui avait l'air de s'être beaucoup attaché à moi, il allait jusqu'à faire exprès de faire des fautes en dictée pour justifier sa présence en cours de soutien, pour retenir mon attention. Il y en a comme ça qui ont besoin de sentir qu'ils existent auprès du prof pour pouvoir... je sais pas, se sentir considéré ? Là encore, ses parents sont en plein divorce.

    Et puis, il y a les bavardages incessants. C'est peut-être le pire. Alors ça parle, alors je prends les carnets, je mets des mots, des heures de colle, des avertissements, et le pire c'est qu'ils m'engueulent !!! Soit disant que ça tombe toujours sur les mêmes. J'ai beau leur expliquer que c'est parce que c'est toujours les mêmes qui font le foin, ils ne comprennent pas. Je pensais m'adresser à des gamins de 13/14 ans mais en fait il faut faire comme si on parlait à des gamins de 5 ans qui ne comprennent pas autre chose que la punition ! c'est vraiment très frustrant !!! Il y en a une notamment qui passe son temps à s'adresser à ses camarades en commençant ses phrases par 'eh mongole !' ce qui me déplaît au plus haut point. Je lui ai donc mis un mot dans son carnet en usant de tout mon art de la rhétorique, et je crois que ça a très fonctionné auprès de sa mère, puisque la gamine s'est nettement calmée après cela. J'ai eu aussi un élève qui m'a dit 'bah, vous pouvez me mettre autant de mots que vous voulez, mes parents ils s'en foutent'. Sans doute une tactique pour attirer leur attention. Voilà un problème qui n'est pas négligeable non plus : l'inattention des parents, les parents je m'enfoutistes, qui lâchent leurs gosses à la garderie qu'est le collège, et qui le soir les lâchent dans la rue... C'est dramatique parce que ces gamins n'ont pas un mauvais fond. Le problème, c'est que souvent, ils sont en échec scolaire, et là encore, on trouve un autre problème : l'échec scolaire, l'absentéisme, et la difficulté de faire s'intéresser un gamin à l'école, à la joie d'apprendre. C'est frustrant parce qu'on voudrait les aider mieux que ça, mais quand le gosse n'a pas envie d'être aidé... tout ce que l'on peut faire c'est signaler, et les parents se dérobent aussi facilement que les gosses, voire leur trouve toutes les excuses possibles et imaginables.

    Un autre problème me vient à l'esprit : j'ai donc deux classes de 4e, dont l'une est tout à fait excellente, parmi les meilleures classes du collège, et l'autre beaucoup plus faible. Je l'ai su à mon arrivée, et je travaille de manière radicalement différente avec les deux classes. Avec les faibles, qui n'ont de toute évidence pas envie de trop travailler, j'ai eu le droit à "quoi madame ? mais vous nous donnez des devoirs ?!' allant même jusqu'à invoquer les arguments les plus absurdes du type 'vous savez que vous avez pas le droit ? ya une loi qui est passée c'est interdit les devoirs le soir'. Bon, répondre que c'est vrai effectivement, mais pour la primaire est une choses, assurer que sans travail régulier à la maison ils ne progresseront pas en est une autre, mais leur faire faire ce fichu boulot sans menacer de sanction est une autre paire de manches !!! Quant à la classe plus forte, eux ils adorent les devoirs, c'est pas du tout le problème, plus il y en a et mieux c'est ! En revanche, leur culot est sans borne ! c'est-à-dire qu'ils considèrent qu'ils sont suffisamment forts, que tout ce que je leur apprends, ils le savent déjà, et qu'en gros je sers à rien. Ainsi donc je leur ai proposé de venir faire le cours à ma place, ce qui bien sûr n'a déclenché aucune volonté soudaine. Ils ont néanmoins très vite compris que mon cours n'était pas du tout un cours facile (je leur fais un cours de niveau 3e) et qu'il y a dedans plein de choses qu'ils ignorent. Quand ils commencent à devoir se concentrer pour comprendre, ce sont les seuls moments de silence que j'obtiens.

    Je suppose que j'en oublie mais pour synthétiser, je dirais que le plus difficile c'est le mot discipline dont ils ignorent tout (avec moi, ils ne rentrent pas dans la classe sans en avoir la permission, ils ne s'assoient pas non plus sans permission, et ne sortent pas leurs affaires sans permission). Je peux vous dire que ça leur a faire bizarre au début ! mais c'est un rituel qui commence à rentrer. Toutefois, ça ne les empêche pas de bavarder, bavarder, bavarder... que c'est pénible ! Le problème majeur c'est que le moindre mot de travers peut nous retomber dessus ! on n'a plus rien le droit de dire ou de faire sans que ce soit interpréter comme malsain. Par exemple, j'ai connu un prof il y a quelques années dont un élève se masturbait pendant son cours. Moi je trouve ça grave quand même. Bref le prof se pointe vers son bureau, et, comme à un enfant qui se cure le nez, il lui dit 'tu te crois où ? tu veux un coup de main peut-être !'. Eh ben le gamin l'a répété et il a été mis à pied un mois !!!! et le gosse a rien eu lui ! il était soit disant 'traumatisé par cette réflexion de pervers' !!! on vit dans un monde où tout est à l'envers. Bientôt, ce seront les élèves qui colleront les profs ! alors moi je n'ai pas le droit de leur donner des devoirs, je n'ai pas le droit de leur écrire de mot dans le carnet, pas le droit de les punir. En bref, ils nous insultent, nous manquent de respect, et on doit leur donner une médaille ! Ah elle est belle l'éducation nationale ! quand j'entends des gens comme mon propre père (et avec qui ce sujet est une grande source de conflit !) dire que les profs c'est que des fénéants qui sont tout le temps en dépression, que le métier de prof c'est génial parce que 'wahou t'as vu le nombre de vacances !!!' eh bien moi je dis que heureusement qu'on les a ces vacances, parce que je voudrais bien les voir ces gens-là faire des cours moi ! je leur donne même pas un mois avant qu'ils ne craquent (pour les plus forts !).

    Je pense vraiment que le métier de prof doit être une vocation si l'on veut tenir. Il ne s'agit pas de le choisir parce qu'on a plein de vacances, parce qu'on a la sécurité de l'emploi ou parce que le salaire est pas trop mauvais (et compte-tenu du nombre d'années d'études nécessaires, si, il l'est !), mais parce que vraiment on a l'amour de la connaissance, l'envie de la transmettre, l'envie de voir des élèves progresser et de les aider.

    Je le vois notamment avec mes élèves dyslexiques. Comme je fais un maximum d'efforts pour m'adapter à eux, ils progressent de plus en plus. En orthographe, par exemple, je leur fais des dictées à trous, ce que leur refusait leur prof d'avant. Et du coup, leurs notes sont meilleures, ils prennent plus d'assurance, et se proposent eux-mêmes en cours pour faire de la lecture ou des exercices au tableau, ce qu'ils refusaient de faire au début lorsque je suis arrivée. Après il y a des gamins qui apprécient ma manière d'enseigner et qui me l'ont dit ouvertement, mais qui m'ont dit aussi que le fait que je sois très à leur écoute encourageaient certains à faire un peu n'importe quoi. Du coup, deux clans se dessinent dans les classes : ceux qui ont envie de travailler et ceux qui foutent le bordel. Malheureusement, il est difficile de concilier les deux :s (une difficulté de +). En en ce qui concerne les hormones, je vote +. J'ai chopé entre deux garçons un mot assez salace à propos de l'une de leur camarades, j'en ai moi-même été choquée. Je l'ai collé dans le carnet de correspondance de l'intéressé et je l'ai obligé à le faire signer par la principale, le principal adjoint, le cpe, tous ses profs et ses parents ainsi que les parents de la fille en question. Comme ça, il a eu la honte de sa vie, et je ne l'ai plus entendu ! magique ! après oui, il arrive d'entendre des trucs comme 'ahhh madame il se tripote pendant votre cours', ce qui est stupide et faux mais permet aux mâles de montrer qu'ils s'intéressent à la chose.

    C'est, pour conclure, un métier difficile mais gratifiant quand tout se passe bien, ou quand on constate les progrès d'un élève. Je pense que, malgré les difficultés, ça vaut le coup de le faire, car c'est passionnant. Leurs réactions sont intéressantes et je rejoins tout à fait l'idée d'anthropologie dégagée précédemment. Heureusement, j'ai ma psy qui est aussi pédiatre qui m'aide à analyser tout ça et à avoir les bons comportements. Un atout de plus ! (d'ailleurs, je pense que ça serait bien d'intégrer des psys aux équipes de l'éducation nationale, les infirmières ne le sont pas toutes).

    voilà Flo, ma modeste contribution, j'espère qu'elle aura pu t'aider un petit peu au moins :)
  • Ce sujet était à éviter ABSOLUMENT par tout futur professeur, sous peine de déprime absolue... :/
    Bien sûr, florianna, je me rends tout à fait compte de tes difficultés particulières. Mais il faut dire que le métier, de manière générale, a beaucoup pour effrayer...

    Une question me vient : concernant la discipline, n'avez-vous pas de mal à concilier votre propre expérience en tant qu'élève et le besoin légitime (et indispensable) d'affirmer son autorité ? Je veux dire, nous n'avons pas tous été des élèves exemplaires, loin s'en faut. J'ai bavardé en cours, j'ai oublié de faire certains travaux ; et pourtant, j'étais ce qu'on appelle une "bonne élève" de collège. Et, de plus en plus depuis que je suis dans les études supérieures, j'ai pris en grippe certains aspects des cours (en général) : d'abord, je me suis rendue compte que 1h de présence en cours et surtout d'attention, c'est beaucoup, même si le prof et le cours nous intéressent. C'est vraiment une question de physiologie, notre organisme comme notre cerveau n'acceptent pas facilement de se maintenir en éveil et de rester calme pendant une durée qui n'a peut-être l'air de rien, mais qui est finalement longue. Parfois, le "bavardage" ou le fait de regarder ailleurs, voire de faire des dessins sur sa feuille (ou, pour ma part, de travailler à autre chose sur mon ordinateur, mais [heureusement ?...] les élèves de collège et lycée n'apportent pas d'ordinateur en cours...), etc, devient une nécessité. Mais bien sûr il y a des dérives. Et on ne peut pas faire cours avec 30 élèves qui bavardent. Et faire cours à des têtes baissées en train de faire des morpions ou des sudokus n'est pas facile. Evidemment. Mais est-il facile de trouver le juste milieu entre autorité et autoritarisme ?...
    De même, pour ce qui est des "rituels" d'entrée et de sortie de cours : il en est un que je ne remettrai jamais en question, c'est l'obligation pour les élèves d'attendre que le prof ait terminé son cours pour ranger leurs affaires. En revanche, devoir attendre pour s'asseoir quand on entre en cours, en tant qu'élève, je n'en voyais pas le bien-fondé. Du coup, en tant que prof, je me vois mal l'imposer. Mais comme je respecte le témoignage de personnes qui ont plus d'expérience que moi, je me dis que c'est sans doute utile si des profs l'exigent.

    En même temps, je me dis qu'à voir le genre de problèmes que tu rencontres, angélusia, y compris des problèmes graves voire très graves (l'histoire du prof mis à pied par pure calomnie m'a vraiment choquée. Surtout de penser que, parmi les autres élèves de la classe, personne n'a rétabli la vérité j'imagine...), l'autorité stricte est de toute façon de mise, et qu'il n'y a pas à se poser toutes les questions que je me pose.


    Je terminerais en disant que ce qui semble le plus inquiétant, c'est de voir que le genre de problèmes que tu décris a lieu dans un établissement que tu dis toi-même être tout sauf une ZEP...
  • valirevalire Membre
    Je suis pas prof, juste une candidate au capes mais à vue de nez, je pense qu'une autre difficulté du prof de français concerne la matière même. Les gamins lisent de moins en moins, écrivent de plus en plus mal alors allez essayer de leur faire comprendre les subtilités d'un livre dans ces conditions...

    Ils n'en ont absolument rien à faire et ne réclament que des bouquins courts qui leur laissent suffisamment de temps pour continuer à s'abrutir sur leur PS 3. Certains, quand on leur parle d'un livre posent comme première question : Ca fait combien de pages ? -_- (je parle de ma courte expérience comme prof vacataire.)

    Le topic peut avoir de quoi effrayer mais il vaut mieux qu'on soit au courant avant d'être mis en poste. De toute façon, même sans ça, il est difficile d'échapper aux reportages et articles divers sur la violence à l'école et la pénilibité du métier de prof. C'est charmant de voir tout ça quand on est en train de se casser la tête pour obtenir le concours...
  • C'est très précisément ce que j'essayais de dire par 'ce métier doit être une vocation', car il est clair que sachant tout cela, ya pas le goût d'être prof, c'est clair !

    et c'est vrai aussi que les gamins ne jurent que par le nombre de pages, peu importe la qualité du livre. C'est absolument horrible. Ils écrivent en sms mais c'est pas grave, et inventent même des mots (je me pose des questions parfois, j'ai toute la classe qui m'écrit le verbe sembler ainsi : s'anbler. Je me demande vraiment où ils ont pu apprendre ça).

    Après, il y a des bons côtés, il y a quand même des élèves sympas qui sortent des choses drôles, comme un qui m'a dit : 'moi madame, je suis meilleur en latin qu'en français, et pourtant, le latin c'est pas ma langue maternelle !'. Autant vous dire que ça nous a fait bien rire, mes profs, mes amies et moi ! parfois ils sont trop mignons :) (mais pas souvent :p)

    après il y a des choses pas géniales au niveau des programmes même. En 4e on a le théâtre. Soit. Leur mettre Molière c'est bien mais la barrière de la langue est quelque peu... difficile à passer. Eux, ils veulent du théâtre contemporain. Certes, mais allez expliquer du Beckett ou du Ionesco a des gosses de 4e...
    Idem avec le "je lyrique en poésie", ouvrage recommandé : les fleurs du mal. Pour des 4e moi je trouve ça un tout petit hard...
    donc pas facile de composer avec tout ça !

    je nous souhaite à tous un bon courage XD
  • HumanHuman Membre
    Dire qu'il s'agit d'une vocation est un peu surfait, selon moi. Etre professeur est un métier, c'est tout. 18h de cours par semaine (ou 15), ce n'est pas non plus la mort. Le reste n'est que travail personnel que l'enseignant organise lui-même, selon son emploi du temps.
  • certes c'est un métier, mais bien plus mouvementé que celui d'employé de bureau ou que sais-je encore! L'énergie dépensée en une heure de cours ne peut pas être la même que lorsqu'on est tranquillement assis face à un écran! Sans parler du bruit de fond qui doit donner un bon mal de crâne... Bref je suis d'avis que prof c'est une vocation, ou bien on s'offre des années bien sombres, risque d'être dépité.
  • ComateenComateen Modérateur
    Je suis bien d'accord; être enseignant n'est pas uniquement faire cours, mais aussi, comme le disait Trialph plus haut, gérer des adolescents qui ne sont pas tous de bonne composition...! Et cela peut s'avérer difficile !
  • Avant de s'engager dans une voie, il faut prendre assez de recul pour considérer les choses qui vont arriver inéluctablement.
    La plume sergent-major et son porte-plume, le cours magistral et son porte-parole ne peuvent pas s'imposer quand il est possible d'utiliser internet. C'est du simple bon-sens, et pour en juger, il suffit de considérer les choses en prenant du recul. C'est à la portée de n'importe qui.

    Quand je suis arrivé sur ce forum, j'avais proposé qu'on y apprenne à écrire en regardant faire. Ma proposition n'a pas été retenue. Cela n'empêche pas que la chose soit possible et qu'elle se fera car il suffit d'une connexion qui permette de voir de son ordinateur l'écran d'un autre. C'est aussi à la portée de n'importe qui.

    Ce qui devient désuet n'est pas la langue, mais la technique qu'on utilise pour s'en servir. Il ne serait pas sérieux de ne pas en tenir compte. Il ne serait pas plus sérieux d'imaginer que la langue devienne désuète et sa connaissance inutile parce que les outils qu'on utilise pour s'en servir changent si cela conduit à s'intéresser aux nouveaux outils sans considérer leur usage.

    C'est le terme de filière qui me parait fâcheux. Il vaudrait mieux parler de connaissances.
  • Je pense qu'il y a besoin d'une révolution idéologique dans tout notre système éducatif. Ces quarante dernières années l'influence des Sciences de l'Education, des pédopsychiatres, et les réformes successives des structures et des programmes scolaires ont fait que le prof, aujourd'hui, a perdu toute autorité devant ses élèves et tout soutien de la part de son administration.

    Il suffit de comparer la caricature du prof d'il y a quarante ans dans les films ou les sketchs avec les sketchs et les films d'aujourd'hui : le prof était l'image du parfait tyran (je pense surtout au personnage du prof d'Elie Kakou), maintenant ce sont les élèves les tyrans (cf le sketch d'Anne Roumanoff "la classe sensible" =D).

    Mais revenons aux faits :

    - une réforme désastreuse de la pédagogie : La classe maintenant n'est plus le lieu où le savoir se transmettait sur un axe vertical, du prof à élève, dans le silence nécessaire à l'assimilation des connaissances. L'axe est désormais horizontal et le cours est devenu un vaste tchat bordélique et stérile pour faire "vivre la classe" et "faire participer l'élève à l'élaboration de son savoir", bordel dans lequel l'élève n'a aucune chance de retenir quoi que ce soit, et d'où il ressort les mains vides puisqu'il n'a quasiment rien écrit (un prof m'a raconté une fois qu'il s'était vu reproché par l'inspecteur de trop faire écrire ses élèves et que c'était anti-pédagogique =D). Sur les bulletins on fait toujours mention Il faut que l'écrit regagne du terrain et que l'oral ne

    - cause structurelle : la création du collège unique par la loi Haby en 1975 qui supprimait les anciennes filières a fait que les classes sont devenues hétérogènes avec parfois un écart de niveau énorme (on a cru que les forts feraient progresser les faibles, aujourd'hui on constate que c'est tout l'inverse et que les bons élèves sont ralentis, voire deviennent des cancres ! =|). Il faudrait, je pense rétablir les classes de niveau (en petits effectifs pour les élèves les plus en difficulté) tout en créant des passerelles entre elles pour que l'élève ressente une promotion.
    Autre problème : l'arrivée au sein de l'Ecole de nouveaux acteurs comme les parents, les co-psy, les assistances sociales auxquels on a donné des pouvoirs (au sein des conseils de classe par exemple) qui leur permettent de saper l'autorité du prof. Ainsi c'est courant de voir des parents qui ont le culot de vouloir apprendre aux profs leur métier en contestant tout à coup de B.O sortis de derrière les fagots ... et avec eux leurs petits chéris ont toujours raison, c'est tout le temps de la faute du prof quand il y a un problème ! Comment voulez-vous être crédible face aux élèves après ?

    - les programmes : on constate, pour les sciences humaines, une diminution globale des horaires et surtout des programmes qui ne suivent aucune cohérence au fil des ans. L'enseignement de la littérature est éparpillé de la 6ème à la 1ère au mépris total de l'histoire littéraire (ainsi dans une même année on peut passer de Rabelais à Camus ...). Plus grave encore, le niveau de français des élèves au collège force le pragmatisme des profs à abandonner l'étude d'oeuvres classiques pour la "littérature jeunesse", une littérature "light" fait pour un enseignement lui aussi "light". Là encore le théorème veut que l'élève qui commence par la littérature jeunesse sera amené vers la littérature classique : il faut être bien naïf pour le croire !

    - les médias : à commencer par les programmes télévisés "jeunesse" dont la qualité s'est considérablement dégradée au fil des décennies. Encore en 1995 on pouvait voir des épisodes de Alix, Ulysse 31, Il était une fois ..., Michel Strogoff, Les malheurs de Sophie. Depuis 2000 c'est Pokémon, Razmoket et compagnie ... =D
    la profusion de livres écrits par les pédagogues et les pédopsy sur l'adolescent, l'omniprésence des ces gens-là sur les plateaux télés où ils disent qu'il faut absolument que les profs lisent leurs bouquins pour être de bons profs. On a jamais aussi bien compris l'ado mais l'ado lui ne s'est jamais senti aussi mal dans ce monde où il peut faire ce qu'il veut sans autorité pour lui montrer les limites. Selon la doctrine officielle (parce que c'est presque une religion) l'élève est à l'Ecole pour s'épanouir, se structurer, développer sa personnalité, sa créativité, apprendre "l'art du vivre ensemble" et, éventuellement, étudier ? =D).

    Tout cela a produit un système très inégal, très hypocrite où les clés de la réussite sont détenues par des parents bien informés qui savent très bien qu'il faut pousser leur progéniture au travail (avec cours particuliers en renfort). Les élèves qui n'ont pas cette chance se laissent alors emporter par le système qui les décourage à progresser et les entraîne dans la médiocrité. "L'Ecole de la République", c'était quand on donnait à celui qui avait envie de bosser, qu'il soit de famille modeste ou aisée, tous les moyens nécessaires à sa réussite. Cette Ecole n'existe plus, il n'appartient qu'à nous de la rebâtir.
  • valirevalire Membre
    D'accord avec toi du début à la fin, t'as fait un tour d'horizon bien complet de toutes les raisons de la catastrophe actuelle.
    Reste à savoir s'il est encore possible de corriger le tire...Ca ne dépend pas des profs, on est même au bout de la chaîne. C'est un changement profond de mentalité de la société qu'il faudrait.
  • Il ne faut pas perdre espoir ! Depuis quelques années de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer le système actuel et la pensée unique (par exemple Natacha Polony, Véronique Bouzou, Agnès Joste, Christine Tasin, Jean-Claude Brighelli, Sauver les lettres, appel pour la Refondation de l'Ecole), mais il y a encore une forte résistance idéologique de la part de tous ceux qui ont contribué à fonder ce système (je pense à "l'école de Lyon" dont le chef de file est Philippe Meirieu) parce qu'ils refusent, c'est bien humain, de constater l'échec de leurs théories, disent qu'on ne les a pas assez écoutés (!) ou au mieux quand ils avouent leurs erreurs proposent des solutions qui ne corrigent rien et ne font que retourner à leurs mauvaises théories. Il y avait sûrement de la bonne foi là dedans mais maintenant il est temps de changer les choses, et le problème est tel qu'il appelle à des solutions radicales.
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