Je veux devenir professeur mais je ne souhaite pas être affecté ailleurs que dans mon département

Bonjour à tous,

Actuellement en L3 de lettres modernes, je devrai, vraisemblablement, obtenir ma licence avec mention Bien. J'aime passionnément mes études, qui me le rendent bien, et j'ai toujours visé le CAPES, puis l'Agrégation. Je n'ai pas peur de travailler et ce n'est pas la motivation qui me fait défaut, croyez-moi.

L'ennui, c'est que j'ai très peur des mutations. Je suis breton et, très honnêtement, je ne souhaite pas travailler ailleurs que dans mon département. Je ne dis pas que cela n'arrivera jamais - j'ai conscience que la mobilité sera de plus en plus de mise dans la vie professionnelle - mais, pour le moment, je ne m'en sens pas prêt. J'ai toujours vécu au bord de la mer, dans ma ville de 60.000 habitants et je n'ai pas l'intention de la quitter, en tout cas pas si tôt.

J'ai donc 2 options :
- passer le CAPES, puis l'Agrég. Avoir l'un des deux et être muté 5 ans en ZEP, puis revenir pour être envoyé quelque part dans mon académie (ce qui veut dire que je peux très bien être envoyé à Brest - à 3h de chez moi ...)

- passer le concours des professeurs des écoles (mutation intra-départementale), gagner le même salaire en enseignant à des enfants des sujets passablement ennuyeux, passer le CAPES interne au bout de 5 (avoir moins de chances de l'obtenir, évidemment) et 5 ans après, passer l'Agrég (que je ne passerai probablement pas : j'en aurai certainement marre des concours, d'ici là ... sourtout l'Agrégation !)

... Je ne sais pas quoi faire. D'une part, je trouve ça vraiment dommage de ne pas utiliser tout mon potentiel et, surtout, de m'ennuyer. D'autre part, je pense qu'on travaille pour vivre et qu'on ne vit pas pour travailler, donc les conditions de vie doivent être primordiales. Mon littoral me manquerait, surtout si je le quitte pour la banlieue parisienne et ses HLM ...

Je suis un peu perdu et j'aimerais avoir vos avis.
«1

Réponses

  • Pas simple, en effet. Je trouve que vous avez raison de ne rien vouloir sacrifier. Et la Bretagne étant une des académies les plus demandées, il est en effet difficile d'y être muté rapidement.

    Il y a bien longtemps, j'avais discuté avec un prof d'EPS qui m'expliquait avoir choisi l'enseignement privé pour des raisons géographiques : lui non plus ne voulait pas quitter… la Bretagne =). Il n'avait pu obtenir immédiatement un poste à l'endroit précis où il voulait, mais après deux ans d'exil (pas en banlieue parisienne), il avait pu retourner où il le souhaitait. Bref, il n'est pas impossible que l'enseignement privé offre des conditions pour la mutation plus souples que l'enseignement public. Hélas, je n'en sais pas plus sur ce sujet.
    Par ailleurs, si vous êtes agrégé et si vous enseignez dans le privé, c'est à vous de faire les démarches auprès des établissements pour être recruté : rien ne vous empêche de ne choisir que les établissements situés où vous voulez habiter. Reste évidemment que pour être embauché, il faut un poste disponible.
    Enfin, si vous êtes marié à quelqu'un qui travaille en Bretagne, vous avez de bonnes chances d'obtenir votre mutation. L'Education nationale est ainsi faite que l'un des facteurs déterminants de sa vie professionnelle n'a strictement rien à voir avec elle. :roll:
    Bon courage pour vos recherches.
  • ComateenComateen Modérateur
    Bonjour ami breton (mais plutôt du 29 d'après ce que j'ai cru comprendre ? :P) ! Je comprends tes hésitations, mais honnêtement, je crois que tu devrais laisser de côté l'histoire des mutations pour le moment...Si tu deviens prof des écoles et que tu enseignes sur des sujets "passablement ennuyeux", je pense que tu te lasseras vite ! Prends le temps de faire ton master, de voir comment ton état d'esprit évolue (dans 2, 3 ans, tu auras peut-être envie de quitter notre belle région).
  • HumanHuman Membre
    (Absolument pas, je suis de Saint Malo, dans le 35 ;))

    Je ne peux pas "laisser de côté l'histoire des mutations". Ce serait assez irresponsable vis à vis de moi-même de faire comme si de rien n'était et de me retrouver au pied du mur, dans 2 ou 3 ans. Non seulement j'ai toujours vécu ici, mais en plus j'y ai mes amis, ma famille, mon club de sport auquel je vais depuis 10 ans et qui est comme une seconde famille, etc. Ce n'est pas rien. C'est une caricature, mais à moins de perdre l'esprit, je ne vois pas ce qui me ferait préférer la banlieue parisienne, ses ZEP et ses HLM à mon bord de mer ...
    Je crois que j'aime encore mieux enseigner pendant 5 ans à des enfants (ce qui ne me dérange pas en soi, j'aime les enfants et je donne des cours particuliers à des élèves du primaire), malgré la lassitude rapide qui risque d'arriver, que d'aller à contre-coeur enseigner tous les matins à des élèves qui, pour la plupart (soyons sérieux, 5 minutes), se moquent pas mal de ce que j'ai à leur enseigner.

    Comme je l'ai dit, dans les 2 cas, c'est une affaire de 5 années.
    Quand on choisit de bosser 5 ans en ZEP, on a 90% de chances (majoration des points des ZEP oblige) d'être muté dans son académie (et comme je l'ai dit, je peux très bien être muté à l'autre bout de la région, ce serait donc du pareil au même). Alors qu'après avoir enseigné dans le primaire, dans mon département, pendant 5 ans, je pourrais passer le CAPES interne et devenir prof de français dans le secondaire. D'ici là, j'aurai un logement, peut-être me serai-je installé avec quelqu'un et il leur sera alors moins "facile" de m'envoyer ailleurs.
  • ComateenComateen Modérateur
    Je sais bien que chacun réagit différemment, mais...moi aussi, j'ai toujours vécu en Bretagne, j'y ai ma famille, mes amis, etc etc et pour autant ça ne me gênerait pas de changer de coin...
    Mais visiblement tu as l'air décidé, non ? Il ne me semble pas que tu hésites beaucoup ;).
  • HumanHuman Membre
    Ca fait 3 ans que j'ai le CAPES et l'agrég en ligne de mire. Ce changement de perspective ne se prend pas à la légère. Une grande partie de moi est dans le doute.
  • ComateenComateen Modérateur
    Mais justement, si tu as ces concours en ligne de mire, ne crois-tu pas que les tenter en vaille la peine, quitte à être muté ailleurs ? Ce serait franchement dommage de laisser tomber tes objectifs afin de ne pas être obligé de te déplacer, enfin ça n'est que mon opinion...
    Tu souhaites enseigner dans le secondaire ou éventuellement à la fac ?
  • HumanHuman Membre
    Le secondaire, en lycée particulièrement.
  • Rassure-toi Human, il n'y pas que les ZEP et les HLM de banlieue parisienne dans les possibilités de mutation, il y a bien d'autres coins pourris en France !

    Pour te remonter le moral, cette fois :

    -toute la banlieue parisienne n'est pas invivable, il y a des endroits tranquilles (y compris dans le fameux 93);
    -la banlieue parisienne est ma foi une des zones les plus proches de la Bretagne, si tu y restes de façon éphémère, tu pourras aisément te ressourcer parmi les tiens régulièrement ;
    -personnellement, si on m'envoie en Bretagne, je risque de faire une dépression nerveuse =)

    Enfin, je sais que cela n'a rien de facile, mais je ne crois vraiment pas que les critères géographiques soient prioritaires sur les critères purement professionnels : à mes yeux, il vaut vraiment mieux être un peu plus loin et travailler avec plus d'entrain. Beaucoup d'étudiants passent le CRPE en vue de rester dans leur académie, mais je ne pense pas que cela se substitue à une vocation, ou à une réelle motivation. J'en dirais de même pour l'enseignement privé : à moins que ce ne soit réellement par conviction, je ne pense pas que s'engager dans le privé pour des raisons de convenance personnelle soit une raison valable. (une fois qu'on est dans le privé, il est plus compliqué d'obtenir un détachement dans le public, pour des raisons multiples, et pas toujours très... catholiques). Changer de milieu, sortir de son cocon, ce n'est finalement pas donné à chacun, et c'est souvent une chance ;)
  • HumanHuman Membre
    J'ai moi-même été à l'école privée (et publique) et je me moque complètement des préjugés à son égard. Si on me propose un poste dans le privé, je n'ai aucune raison de refuser.

    Si j'ai bien compris, c'est à nous de faire les démarches pour travailler dans le privé ?
  • VarneyVarney Membre
    Ne passez pas les concours de la fonction publique ; la mutation nationale fait partie du contrat. Tentez plutôt le CAFEP - l'équivalent du CAPES pour l'enseignement privé - et trouvez ensuite un établissement dans votre région/département/commune ...

    Votre message est ... surprenant ... pour un jeune homme de 20 ans.
  • HumanHuman Membre
    Varney a écrit:
    Ne passez pas les concours de la fonction publique ; la mutation nationale fait partie du contrat. Tentez plutôt le CAFEP - l'équivalent du CAPES pour l'enseignement privé - et trouvez ensuite un établissement dans votre région/département/commune ...

    Votre message est ... surprenant ... pour un jeune homme de 20 ans.
    Probablement, oui.
    Je ne dis pas que je n'aurai pas envie de bouger, un jour, mais je ne m'en sens pas prêt. J'estime que la qualité de vie prime sur toutes les ambitions de carrière, quelles qu'elles soient. Je ne vois pas pourquoi je devrais me sentir embarrassé.

    Ce n'est pas une question de "sortir de mon cocon" et je n'ai absolument pas l'intention de stygmatiser les habitants des banlieues. Bien sûr qu'il y a des énérgies positives et bien sûr que chacun a le droit à une éducation de qualité, peu importe sa catégorie sociale (je suis issu d'un milieu d'ouvriers, le premier à être jamais allé au lycée, je sais de quoi je parle). Je ne suis pas idiot, j'ai déjà voyagé. Je comptais même aller étudier à Paris, ce que j'aurais été très content de faire si ça m'avait été financièrement possible. Mais, à 20 ans, et je ne pense pas franchement changer d'avis en 2 ans, il me paraît trop difficile de quitter ce que j'ai toujours connu pour partir, seul, dans un endroit que je ne connais pas.
    La ville où j'ai grandi n'a rien d'extraordinaire - c'est un port touristique, balnéaire, sans grandes prétentions - mais c'est là que je veux vivre. Je ne sais pas pour combien de temps, Dieu seul le sait, mais pour le moment, c'est comme ça que je vois les choses. Voilà tout.
  • le CAFEP c'est parfait pour vous, mêmes épreuves que le capes (les épreuves ont lieu en même temps et dans la même salle que le CAPES pour l'écrit, et m^mes épreuves pour l'oral également, on inscrit même pas sur sa copie quel concours on présente). C'est le m^me concours mais différence de nombre de poste. Le seul problème (si s'en est un) c'est qu'il y a moins de places pour le CAFEP donc le concours est statistiquement plus difficile. En gros le dernier admis du capes tourne autour de 9 alors que pour le cafep c'est plutôt autour de 11. Et une fois que vous avez le CAFEP vous pouvez tenter l'agrégation (soir report de stage, soit interne...)
  • HumanHuman Membre
    Merci pour les infos ! Et merci à vous tous pour l'intérêt que vous portez à mon post.
    Dans ce cas, si je vais dans le Privé, je devrai chercher un poste (comme toute personne ne travaillant pas dans le service publique) ou on m'enverra quelque part (étant donné que c'est un concours, avec des postes au bout) ?
  • Human a écrit:
    Je ne dis pas que je n'aurai pas envie de bouger, un jour, mais je ne m'en sens pas prêt. J'estime que la qualité de vie prime sur toutes les ambitions de carrière, quelles qu'elles soient. Je ne vois pas pourquoi je devrais me sentir embarrassé.
    Je voulais juste dire que la qualité de vie pouvait se trouver à bien des endroits en France, je ne te considère aucunement comme quelqu'un de casanier, d'angoissé ou que sais-je encore.

    Je modérerai juste les propos de Sévigné 2010 sur la difficulté du CAFEP par rapport au CAPES... Il y a moins de postes, mais aussi moins de candidats au départ, ce qui rend ce concours aussi accessible que le CAPES. Que ces statistiques ne laissent pas place au découragement !
  • IronyIrony Membre
    Tu peux aussi regarder le système des points de mutations académiques. La Bretagne est très chère certes, mais il y a des académies proches qui ne le sont pas. A ma grande surprise, j'avais constaté à l'époque où je m'étais renseignée à ce sujet que la Normandie était à peu près aussi chère que la Lorraine (et pourtant Dieu sait que personne ne veut aller en Lorraine...), c'est-à-dire ne demandait que le minimum des points. Toi qui habites à St-Malo si tu te retrouves avec un poste à Avranches dans la Manche, je ne pense pas que ça posera de problème pour que tu vives toujours dans ta ville... Je connais St-Malo, et je te comprends de vouloir y rester ! Il ne faut pas penser que tout le monde se retrouve automatiquement en début de carrière en banlieue parisienne... Comme l'a dit je ne sais plus qui, il y a d'autres coins qui ne sont pas très populaires...

    Je pense que tu devrais continuer sur ta lancée, si tu es sûr que c'est ce que tu veux faire (Capes, agrégation, etc.), tu verras le moment venu. C'est sûr que ta ville et ta région sont magnifiques mais il faut parfois être capable de changer un peu d'air... et puis de toute façon, tu y reviendras toujours. Si jamais tu pars, ce ne sera que temporaire. Il est possible aussi que tu trouves ailleurs un aussi joli coin que St-Malo ! C'est bien aussi de ne pas vivre toute sa vie au même endroit... quant aux amis, à la famille etc., tu ne les perdras pas en partant, et tu te feras de nouveaux amis ailleurs aussi ! C'est dommage, je pense, de risquer de ne pas faire ce qui te tente le plus et de devenir prof des écoles par défaut juste pour rester près de ses amis et à un endroit précis. Il faudrait être un peu plus indépendant... De toute façon si jamais tu te fais muter loin de la Bretagne, comme je l'ai dit, ce ne sera que temporaire. C'est vrai que ça peut quand même être difficile à gérer : je connais un prof Breton exilé en Lorraine à l'autre bout de la France et ce, depuis environ 8 ans... je ne sais pas s'il reste là-bas volontairement, ou s'il n'arrive pas à trouver un poste en Bretagne, mais c'est vrai que s'il n'a qu'une envie, c'est de partir, 8 ans, ça fait long...
Connectez-vous ou Inscrivez-vous pour répondre.