Hugo, La Légende des siècles, L'Échafaud

C'était fini. Splendide, étincelant, superbe,
Luisant sur la cité comme la faulx sur l'herbe,
Large acier dont le jour faisait une clarté,
Ayant je ne sais quoi dans sa tranquillité
De l'éblouissement du triangle mystique,
Pareil à la lueur au fond d'un temple antique,
Le fatal couperet relevé triomphait.
Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait
Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
bonjour, dans ce début de poème j'ai relevé le champ lexical de la lumière qui se rapporte au couperet donc à l'échafaud mais je me suis demandé POURQUOI? Pouvez vous m'aider à l'interpréter?
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Réponses

  • Bonjour,
    Que vous a-t-on demandé d'exprimer ici ?
    Votre analyse sur le plan littéraire, votre impression émotive où à quelle évocation elle vous, ou elle se relie ?
    Tout ça c'est bien différent.
    VH était un maître en littérature, il s'est exprimé à l'aune de toutes les dimensions qui la composent.
    Aussi ce bout de poème, ou cette composition n'a pas de "strophe" rythmique. Il y emploie, ce qu'il affectionne souvent le "verbe riche, comme antique/mystique...ça sonne, mais ça fleure l'autrefois, monde grec, très à cheval sur la "poétique" ! On le sent également un peu détaché, tel un supérieur regardant le petit monde qui s'agite, lorsqu'il dit "insensé" <un peu Théo ici, suffisant> ! et puis dépité par ce que laisse l'homme, même dans sa cruauté...
    Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait - Qu'une petite tache imperceptible et rouge
    ....De l'emphase, il tombe dans un constat terrible... Ça, ça concerne la forme littéraire ! mais vous demande-t-on cela ? Politiquement, Vous qu'en pensez-vous ?
    Penez-vous que nous ayons bien fait de ne plus nous soumettre à la barbarie de l'échafaud qu'on a vendu à l'époque pour faire moins de mal au vivant qu'on tuait. L'en a fait de jolies choses le Dr. Guillotin. Ça a surtout permis d'en tuer un plus grand nombre...

    Vous que pensez-vous ? C'est ce qu'on vous demande !
  • Cyclopea a écrit:
    Politiquement, Vous qu'en pensez-vous ?
    Non, a priori on demande à Phoenicia de faire un commentaire du poème, c'est-à-dire d'étudier comment la représentation de l'échafaud permet à Victor Hugo de dénoncer la peine de mort. Il est inutile de se demander si on est soi-même pour ou contre la peine de mort. (D'ailleurs, dans l'absolu, se demander si on est pour ou contre une loi passée depuis trente ans me semble moyennement pertinent).

    La lumière a des connotations positives : elle est ici soulignée de façon ironique (sur le mode "ah, quel progrès de décapiter les hommes!…"). Il faut l'étudier en rapport avec la "petite" tache de sang : la lumière, c'est l'appareil judiciaire dans toute sa noblesse apparente ; la tache de sang, c'est la réalité de son horreur, qu'il ne parvient pas à complètement dissimuler.
  • ok merci je comprends mieux. Donc il se moque aussi de l'échafaud par l'abondance de termes comme splendide, étincelant et superbe? Cependant pourquoi le compare t-il à un triangle mystique et à une lueur au fond d'un temple?
  • JehanJehan Modérateur
    Ce sont toujours des termes évoquant ironiquement la "lumière"... et qui soulignent le caractère prétendument "sacré" de l'objet... comme si la peine de mort était une institution quasi divine.
  • Je pense que ce poème est un poème en vers libre. Cependant, dans mon commentaire de texte, devrais-je inclure des études sur la versification, c'est à dire les allitérations et les commenter?
    Ou je dois uniquement me concentrer sur l'aspect textuel?
  • phoenicia a écrit:
    Je pense que ce poème est un poème en vers libre.
    Noooon! Tous ces beaux alexandrins, qualifiés de vers libre, argh! :P
  • et est-ce que je dois inclure des études sur la versification, c'est à dire les allitérations et les commenter? =D
    (je suis pas trop sure de moi)
  • JehanJehan Modérateur
    Tout dépend de l'intitulé complet de la consigne du devoir...
    Que te demande-t-on exactement ?
  • C'est faire le commentaire argumenté de ce poème. C'est tout.
  • AmmyAmmy Membre
    Le commentaire d'un poème doit prendre en compte les sons, les rythmes, les rimes, etc.
  • Alors avec les quelques réponses qui précèdent vous avez ce que l'on peut en dire, mais Vous, qu'en dites-vous, car c'est votre devoir. VH fréquentait des Loges philosophiques maçonniques, aussi souvent il "architecture" son texte par des symboles !
  • Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait
    Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
    Est-ce que c'est un euphémisme ou une litote? Je doute.
  • Ni l'un, ni l'autre...
    La tâche de sang, c'est la trace, celle qui nous dit, nous identifie... celle qui lie et se lit ad vitam eternam - adn du de cujus, d'une famille.
  • phoenicia a écrit:
    Il n'avait rien gardé de ce qu'il avait fait
    Qu'une petite tache imperceptible et rouge.
    Est-ce que c'est un euphémisme ou une litote? Je doute.
    L'euphémisme dit moins pour… dire moins, c'est-à-dire atténuer le sens ("il nous a quitté" plutôt que "il est mort") ; la litote dit moins pour dire plus. Ici, c'est une litote. La tache rouge rappelle les flots de sang déversés par la guillotine.
  • C'est bon j'ai trouvé =)Bonjour, je me demandais de quel Lueur mystérieuse et sacrée s'agit-il : de l'astre ou triangle?

    Un astre, le premier qu’on aperçoit le soir,
    Pendant que je songeais, montait dans le ciel noir.
    Sa lumière rendait l’échafaud plus difforme.
    L’astre se répétait dans le triangle énorme;
    Il y jetait, ainsi qu’en un lac, son reflet,
    Lueur mystérieuse et sacrée; il semblait
    Que sur la tache horrible, aux meurtres coutumière,
    L'astre laissait tomber sa larme de lumière
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