Fiches méthode Bac de français 2020

Bonjour à tous ,

J'ai un problème , à court d'inspiration , j'ai souvent délaissé ma dissertation ... Sauf que demain je dois la rendre !

A partir de "On se plaint quelquefois des écrivains qui disent moi. Parlez-nous de nous, leur crie-t-on. Hélas! quand je vous parle de moi, je vous parle de vous. Comment ne le sentez-vous pas? Ah! insensé, qui crois que je ne suis pas toi!" (Hugo, préface des Contemplations)
Hugo. répond à ceux qui se plaignent de ceux qui disent"moi" , la poésie vous semble t-elle le genre le mieux adapté à l'expression du moi ? Vous vous appuierez sur des textes étudiés et vos lectures personelles .


Selon vous , quel plan devrais je adopter ? C'est vraiment ce qui me fait défaut !
Merci !
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Réponses

  • Vois bien que l' autobiographie est un genre qui, autant que la poésie, voire plus, permet l' expression de soi. Le XX ème siècle est un puits à exemples, fais ton marché =p . Par exemple, tu peux citer Sarraute, Sartre, Cohen, Juliet, Leiris, Perec ...

    Pour la poésie, tu peux penser évidemment au Romantisme avec Lamartine, Hugo, Musset mais pas seulement. Penche-toi aussi sur la Pléaide ou sur les poètes de l' école lyonnaise comme Scève. La poésie baroque est aussi très riche du point de vue du lyrisme : Chassignet, D' Aubigné, Davy du Perron. Tu peux creuser de ce côté.
  • Merci bien ! J'ai déja des idées un peu plus claires à présent !

    Est ce que vous me conseillez d'axer ma dissertation ainsi ?:
    I La poésie un genre voué à l'expression du moi ?
    II L'autobiographie ou le genre de prédilection du"moi"
  • Bonjour,

    Est-il obligatoire de dire : Moi, je, pour parler de Soi ? Ne pensez-vous pas que le « on » souvent plus modeste, ou le « nous » plus abstrait, plus large ne soient pas une forme subtile pour encore parler de sa propre vie ?

    La poèsie, les autobiographies, les textes comiques, ceux dramatiques ne parlent-ils pas de nous, seule la formulation, l’approche sont différentes.

    La poésie, est plus identifiable « peut-être » car souvent elle colle avec notre musique, notre vocabulaire, notre univers (voyeux, triste, bucolique, naturel ou riste), les stances sont souvent colorés par des mots suivant la qualité du poète.

    Que propose souvent le roman, sinon un étalage de soi, sous couvert du masque d’un autre nom (que fît Maupassant si magnifiquement, sinon parler de Lui, de ses mœurs, etc). L’immense CIORAN, Maître en aphorismes, ne parle-t-il pas de lui, encore et encore ?

    Le Moi, dans le texte d’Hugo, évoque le narcissisme que certains lui opposaient, jaloux de n’avoir pas sa palette et son expression, puisqu’il excellait dans n’importe quel domaine. (vers, prose, roman..) le fait psychanalytique ne battait pas alors son plein.

    Que font tous les ouvrages depuis une cinquantaine d’années ; ne demande-t-on pas à quelqu’un qui vient d’écrire un ouvrage, systématiquement « N’est-ce pas un peu psychanalytique ce que vous venez d’écrire ? » Tout parle de Nous, toujours et encore, sauf à choisir des domaines, comme l’histoire, la science, la sociologie, l’écologie, la politique (et là dans ce dernier domaine, attention) ; ce n’est pas telle ou telle forme qui parle le mieux de nous, mais l’habileté qu’on a, à l’imposer ou le cacher.

    L'abus du mot "moi", ainsi que le "Je" en général indique souvent un vif narcissisme, lorsqu'il est sempiternellement renouvelé. L'employer de temps à autre est totalement différent.
  • Je vous remercie votre point de vue , originale m'aide grandement !
    En revanche, je n'arrive toujours pas à argumenté ma 2e partie à propos de l'autobiographie !
  • (je remercie très fortement Cyclopéa, enfin quelqu'un qui cite Cioran sans mettre le mot "idiot" derrière ou devant :] )

    Pour la dissert, je ne suis pas sûr que faire une partie sur l'autopbiographie soit très judicieux, quand la citation porte sur la poésie. Parler de l'autobiographie, bien sûr, mais bâtir toute une partie dessus me semble presque être du hors sujet. D'autant plus qu'il n'est pas dit que l'autobiographie soit vraiment le seul genre pour parler de soi, ça peut paraître bizarre à dire, mais se raconter, ce n'est pas forcément se dire en entier (cf Rousseau et le tri qu'il fait, ce qu'il met en avant, ce qu'il met en retrait, malgré son projet dans Les Confessions). Et peut-être qu'un intérêt de la poésie serait là, de pouvoir se dire autrement qu'en se racontant. Les exemples de la Pléiade et des romantiques, évidemment (et il me semble qu'il serait intéressant de faire la part de l'efficacité des romantiques notamment, et des limites du "frappe toi le cœur, c'est là qu'est le génie" de Musset), mais la poésie du XXème siècle enrichie par la psychanalyse etc me semble être particulièrement importante du point de vue d'une poésie du "je", précisément parce qu'elle ne raconte pas, mais qu'elle explore le sujet quand même: les surréalistes: pas d'histoire, refus complet de la prose, et d'une forme de narration, et pourtant, il s'agit d'explorer un inconscient, et donc un sujet, de façon très profonde. Sur la poésie de "je", il me semble inévitable, mais en même temps original, de parler de Michaux, dont toute l'œuvre est le parcourt de son "espace du dedans": un je, oui, mais qui sans jamais intégrer d'éléments de biographie (ou à dose homéopathique, et tellement transformés qu'on peine à les reconnaître), explore par tous les moyens possibles (introspections, mescaline, peinture etc) son intériorité...

    Comme exemples, je me serais appuyé sur Les Regrets de Du Bellay, ou sur les romantiques, mais dans un premier temps, pour montrer surtout que se raconter proprement et de façon évidente, c'est surtout créer une figure d'auteur, avant d'enchaîner sur une spécificité de la poésie, de garder sa dimension moins "évidente" (dans le sens ou elle rejette la narration en gros), avec des poèmes comme "Vigilance" de Breton, dans Clair de Terre, ou, pour ce qui est de Michaux, aussi bien "Clown" (L'espace du dedans), la postface à Mes Propriétés (à laquelle on peut rajouter des poèmes comme "Intervention", "La Paresse", "La Jetée" et tellement d'autres), ou encore la préface à Épreuves, exorcismes, tout ça fait peut être un peu trop, pour un soir, mais tu t'y prends quand même un peu tard...
  • Vos indications m'ont bien aidé! D'ailleurs j'ai suivi votre conseil, j'ai détaillé ce qui faisait que la poésie était bien éfficace(lyrisme des romantiques) et ce qui montrait le contraire(Parnasse, etc ...)
    J'ai quelque peu abandonné l'autobiographie, je m'en suis seulement servie pour mon ouverture!
    En tout cas, tous les auteurs que vous avez cité m'ont bien aidé à etoffer mon argumentation ! Une nouvelle fois: MERCI !
    :)
  • Tu aurais pu citer tous les auteurs qui ont traité la question de l'indicible. Cela ne peut être traité qu'à travers une écriture poétique : de Rimbaud à Yves Bonnefoy, en passant par Mallarmé. Et dans la prose poétique, tu peux citer Marguerite Duras (dans Le Ravissement de Lol V. Stein, notamment).
  • Au premier abord, je suis parfaitement d'accord avec LaNuitRemue. Une partie sur l'autobiographie serait hors sujet si l'objet d'étude est la poésie.

    Cependant je trouve ce sujet très confus : la citation invite à s'interroger sur la problématique suivante : il s'agit de déterminer si en parlant de lui-même, le poète ne parle QUE de lui, ou si cela n'est pas une façon de parler de l'humain en général, et donc les poèmes lyriques concerneraient tout le monde. On peut y retrouver des sentiments qui sont les nôtres, des émotions dans lesquelles on se reconnaît.

    Mais la question posée ensuite conduit vers un autre thème : la poésie est-elle le genre le plus adapté pour parler de soi ? Et là ce n'est pas la même chose... On peut aborder soit les autres fonctions de la poésie, soit effectivement reparler de l'autobiographie.

    je suis désolée de te laisser dans le doute ainsi, mais je trouve vraiment que ce sujet peut conduire à différentes problématiques bien différentes... Il est délicat à traiter.
  • Tu aurais pu citer tous les auteurs qui ont traité la question de l'indicible. Cela ne peut être traité qu'à travers une écriture poétique
    Tiens, et pourquoi donc ? Si tu pouvais développer, ça m'intéresserait !

    Ce qui me gêne dans ce sujet c'est que la question posée n'a rien à voir avec la citation initiale ; c'est presque même un contresens. Hugo justifie l'emploi du je (dans une perspective lyrique, s'agissant des Contemplations) tout en estimant que ce pronom est bien plus général et inclusif qu'il n'y paraît : la poésie, même si elle utilise le "je", est censée, littéralement, "nous parler". Et la question qui suit développe quelque chose qui me semble assez extérieur au propos de Hugo ou qui, en tout cas, n'apparaît pas ici. Il aurait été plus logique de se demander si un "je" n'empêche pas l'identification des lecteurs ou l'intérêt qu'ils pourraient prendre à la lecture, si la poésie à la 1ère personne n'est justement pas trop personnelle, intime, voire narcissique, pour son public. Alors que là, on s'interroge sur la pertinence d'un genre littéraire pour l'expression de soi (ce que nuance d'ailleurs Hugo !). Curieux détournement, je trouve.
    Je suis donc aussi perplexe qu'Ammy...
  • Je suis rassurée de voir que d'autres que moi trouvent ce sujet bizarre... Ce n'est pas une "défaillance" de ma raison !
    Il serait intéressant que d'autres nous disent s'ils comprennent en quoi la question va avec la citation, comment dépasser ce problème. je ne sais pas si Ash doit privilégier la citation ou la question. Sans doute la question ? Mais reléguer Hugo au rend d'introduction décorative, c'est un peu triste...
  • Polo a écrit:
    Tu aurais pu citer tous les auteurs qui ont traité la question de l'indicible. Cela ne peut être traité qu'à travers une écriture poétique
    Tiens, et pourquoi donc ? Si tu pouvais développer, ça m'intéresserait !
    La poésie (ou le poétique, plutôt) à travers le travail exclusif sur le signifiant et les sonorités donne une tout autre relation signifiant-signifié au mot. Il permet, de par le suggestion en particulier, d'exprimer ce que le seul référent au mot ne peut exprimer.
    Mon explication peut ne pas être claire, pour toi. Il y a de bons ouvrages à ce sujet. Fais quelques recherches sur le Symbolisme (Rimbaud, Mallarmé) et Yves Bonnefoy (l'être de l'Homme au monde, etc).
    Mais on retrouve aussi ça dans la prose poétique de Marguerite Duras, comme je l'ai écrit précédemment.

    Ne sachant pas à quel niveau tu es, il m'est assez difficile d'imaginer ce que ça peut t'évoquer ...

    Et pour rejoindre votre conversation, je n'interprète pas la citation d'Hugo de la même manière que semble le faire la question. Pour moi, la citation d'Hugo (surtout extraite des Contemplations ...) rappellent avant tout que la poésie peut aussi être moyen de s'engager. A travers le "moi", c'est le "nous" qui est véritable sujet. Je ne vois pas du tout le rapport au lyrisme, en l'occurence.
  • Ne sachant pas à quel niveau tu es, il m'est assez difficile d'imaginer ce que ça peut t'évoquer ...
    A ce que j' ai lu, au moins en M1 :P Donc je pense qu' elle gère assez :cool:.
  • La poésie (ou le poétique, plutôt) à travers le travail exclusif sur le signifiant et les sonorités donne une tout autre relation signifiant-signifié au mot. Il permet, de par le suggestion en particulier, d'exprimer ce que le seul référent au mot ne peut exprimer.
    Mon explication peut ne pas être claire, pour toi. Il y a de bons ouvrages à ce sujet. Fais quelques recherches sur le Symbolisme (Rimbaud, Mallarmé) et Yves Bonnefoy (l'être de l'Homme au monde, etc).
    Mais on retrouve aussi ça dans la prose poétique de Marguerite Duras, comme je l'ai écrit précédemment.

    Ne sachant pas à quel niveau tu es, il m'est assez difficile d'imaginer ce que ça peut t'évoquer ...
    Non, je suis en 3e année de LM et j'ai lu une bonne partie de ces auteurs, merci. ;)
    Je ne vois pas pourquoi la poésie serait le seul genre où l'indicible s'exprimerait. Encore faudrait-il expliquer ce qu'on veut dire par "indicible", qu'on aime bien sortir à tout bout de champ dès que le texte résiste à une interprétation claire...
    J'ai quand même l'impression que le roman (et à moindre échelle, le théâtre) est un genre assez prolifique où ce qui n'arrive pas à se dire, à se raconter, et qui résiste aux mots ordinaires, se déploie tout particulièrement. Pour parler de ce que je commence à bien cerner au fil de mes lectures, une expérience traumatisante qui peine à se dire peut s'écrire de manière très différente par les écrivains, et l'indicible n'est plus forcément du côté de l'auteur-écrivant, mais de celui qui reçoit cette écriture. N'ayant pas nécessairement vécu cette expérience, le lecteur est confronté à un texte d'une étrangeté radicale qui le déstabilise, le gêne mais l'interroge aussi sur l'humain.
    L'indicible n'est pas forcément cette complexité qu'on aime déceler dans les rapports distordus entre les signifiants et leurs signifiés (parce qu'à la limite, une grande partie de la poésie se résumerait à ça), mais c'est aussi une expérience particulière du monde qui accouche d'un agencement particulier de mots. Perec le dit bien mieux que moi dans W ou le souvenir d'enfance : "L'indicible n'est pas tapi dans l'écriture, il est ce qui l'a bien avant déclenchée" (de mémoire).
    Bref, il me semble réducteur de réduire ce concept à la seule poésie.
    Mais peut-être m'éclaireras-tu mieux sur ce que tu voulais dire par là. =)
  • Pour moi, la citation d'Hugo (surtout extraite des Contemplations ...) rappellent avant tout que la poésie peut aussi être moyen de s'engager. A travers le "moi", c'est le "nous" qui est véritable sujet. Je ne vois pas du tout le rapport au lyrisme, en l'occurence.
    Dans ce cas, c'est peut-être toi qui devrais relire les Contemplations...
  • Polo a écrit:
    La poésie (ou le poétique, plutôt) à travers le travail exclusif sur le signifiant et les sonorités donne une tout autre relation signifiant-signifié au mot. Il permet, de par le suggestion en particulier, d'exprimer ce que le seul référent au mot ne peut exprimer.
    Mon explication peut ne pas être claire, pour toi. Il y a de bons ouvrages à ce sujet. Fais quelques recherches sur le Symbolisme (Rimbaud, Mallarmé) et Yves Bonnefoy (l'être de l'Homme au monde, etc).
    Mais on retrouve aussi ça dans la prose poétique de Marguerite Duras, comme je l'ai écrit précédemment.

    Ne sachant pas à quel niveau tu es, il m'est assez difficile d'imaginer ce que ça peut t'évoquer ...
    Non, je suis en 3e année de LM et j'ai lu une bonne partie de ces auteurs, merci. ;)
    Je ne vois pas pourquoi la poésie serait le seul genre où l'indicible s'exprimerait. Encore faudrait-il expliquer ce qu'on veut dire par "indicible", qu'on aime bien sortir à tout bout de champ dès que le texte résiste à une interprétation claire...
    Je donne une définition assez claire de "l'indicible" : ce qui ne peut être dit (lol).
    J'ai quand même l'impression que le roman (et à moindre échelle, le théâtre) est un genre assez prolifique où ce qui n'arrive pas à se dire, à se raconter, et qui résiste aux mots ordinaires, se déploie tout particulièrement. Pour parler de ce que je commence à bien cerner au fil de mes lectures, une expérience traumatisante qui peine à se dire peut s'écrire de manière très différente par les écrivains, et l'indicible n'est plus forcément du côté de l'auteur-écrivant, mais de celui qui reçoit cette écriture. N'ayant pas nécessairement vécu cette expérience, le lecteur est confronté à un texte d'une étrangeté radicale qui le déstabilise, le gêne mais l'interroge aussi sur l'humain.
    C'est vrai. Je n'ai pas dit que le roman ne se prêtait pas à l'écriture du moi. D'ailleurs, pour revenir l'indicible, on peut évoquer l'autofiction. En lisant W ou le souvenir d'enfance de Perec, par exemple, on se rend compte qu'il y a toute une dimension (le "je n'ai pas de souvenirs d'enfance") qui ne peut être transcrite en profondeur qu'à travers la fiction.
    L'indicible n'est pas forcément cette complexité qu'on aime déceler dans les rapports distordus entre les signifiants et leurs signifiés (parce qu'à la limite, une grande partie de la poésie se résumerait à ça), mais c'est aussi une expérience particulière du monde qui accouche d'un agencement particulier de mots. Perec le dit bien mieux que moi dans W ou le souvenir d'enfance : "L'indicible n'est pas tapi dans l'écriture, il est ce qui l'a bien avant déclenchée" (de mémoire).
    Tout à fait. C'est ce que dit Yves Bonnefoy aussi, si je me souviens bien. La poésie est un bon moyen pour exprimer ce que le roman peine à exprimer de par ce que j'expliquais, grosso modo, sur le signifiant-signifié et le symbolisme. Mais ça, c'était au 19e siècle. L'autofiction a montré que la fiction pouvait aussi rendre ce que l'âme cache aux mots.
    Maintenant, je suis d'accord aussi pour dire que le roman traditionnel permet, dans une certaine mesure, l'expression du moi. Mais ce serait celui, comme tu l'as dit, du récepteur, du lecteur.
    Sartre : "Il n'y a d'art que pour et par autrui". On ne peut pas ne pas parler de la récéption. La question est alors : Est-ce que le moi s'exprime à travers le récit d'autrui ? Je ne sais pas la réponse."Je ne vois pas le rapport au lyrisme" dans la mesure où il dit qu'à travers lui-même, c'est le nous qui s'exprime. Je vois plus l'engagement que le simple épanchement comme le laisse penser le terme de lyrisme.
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