Ancien français - Accentuation / évolution du mot

J'ai un partiel qui compte pour 50% de ma note finale en AF prochainement. J'ai de réelles lacunes concernant l'accentuation. Je n'ai raté qu'un seul cours depuis le début du semestre et c'était celui-là. Depuis, j'ai beau lire plein de manuels à ce sujet, je suis dans le flou.

Bref, j'ai trouvé quelques exercices et j'aimerais savoir si j'ai réussi à les effectuer :

1/ Commentez l'évolution des voyelles surlignées, du latin au français moderne.

Viam>Voie
=> Je ne vois pas du tout.

Vivere>Vivre
=> En gros, i est tonique. Comme c'est l'antépénultième, ça signifie que la pénultième (e) est brêve (si elle avait été longue, e aurait été accentuée). Donc, i est resté, pas e.

Debere>Devoir
=> Diphtongue de e en oi. On retrouve ça dans >moi. Comme e est diphtongué, il est accentué.

Petram>Pierre
=> Diphtongue de e en ie. C'est une diphtongue, -e est accentué. -e a donné le son /é/ (on disait Piérre), puis, par la loi de position, il y a eu aperture buccale et le /é/ s'est ouvert est /è/.


2) Transcrivez, accentuez les étymons latins suivants et donnez si possible la quantité des voyelles. Vous justifierez vos réponses.

Je vous passe les transciptions ... J'ai souligné les syllabes toniques, d'après moi.

Castellum>Chastel
=> -um est brêve car accusatif et -tell est longue car pénultième.

Amicus>Ami
=> en français moderne, la seconde syllabe est accentuée, donc c'est son "égal" est latin qui est accentué. Comme c'est la pénultième, elle est longue.

Lunam>Lune
=> une seule syllabe en français moderne, c'est celle qui est accentuée en ancien français. C'est la pénultième, elle est donc longue. L'étymon est à l'accusatif, la dernière voyelle est brêve.

Asinum>Asne
=> Une seule syllabe en français moderne, c'est celle accentuée en ancien français. C'est l'antépénultième, cela signifie que la pénultième est brêve. Le mot est à l'accusatif, la dernière voyelle est brêve.

Infantia>Enfance
=> La deuxième syllabe est entrâvée, elle est accentuée. C'est la pénultième, elle est longue.

Rumpit>Rompt
=> deux syllabes en latin, ça signifique que la première est accentiée. Pénultième, elle est longue.


Mes explications sont, bien entendues, raccourcies mais les idées principales y sont.

Réponses

  • Tu n'as fait aucune erreur ! Et pour quelqu'un qui n'a travaillé la règle de l'accentuation que par soi-même, c'est du bon travail !
    Pour ce qui est de VIAM > voie, il ne te manque qu'une petite connaissance pour réussir (que tu connais peut-être déjà mais à laquelle tu n'as pas pensé) : à la mutation vocalique, si le i est long, il se maintient en i, comme dans vivere > vivre ; mais, s'il est bref, il se change en [e] fermé... Et je pense que tu peux en déduire la suite !

    Bon courage pour cette matière à la fois si ingrate et si intéressante !
  • Merci beaucoup !

    Oui, je n'ai pas pensé au bouleversement vocalique. i est issu du i long latin.
    J'espère surtout ne pas manquer de clarté dans mes explications.Est-ce bien légitime de s'appuyer sur le mot en français moderne/moyen pour justifier une évolution d'un mot latin ?

    Exemple : pectrina>poitrine
    Si ce n'est le fait que les deux syllabes sont identiques, je ne vois pas ce qui justifie l'accentuation.
  • JehanJehan Modérateur
    Bonjour.

    Je ne m'y connais pas autant que les spécialistes, mais il me semble que l'accent du mot latin était bien sur la pénultième... Je ne vois là rien d'exceptionnel.
    pectorina → pectrina → peitrine → poitrine
  • Certes, mais pourquoi est-il sur la pénultième, en latin ?

    La voyelle en question n'est ni entravée ni issue d'une diphtongaison, et on n'est pas censés savoir que le i a un accent long. Comment, dans ce cas, pouvons nous affirmer que /tri/ est la syllabe accentuée ?

    Edit. Indeed. lol
  • JehanJehan Modérateur
    on n'est pas censés savoir que le i a un accent long
    En tout cas, l'évolution du mot porte à considérer qu'il l'était...
    Et rien n'empêche cette syllabe d'être longue.
    Il semble qu'il y ait quelques constantes dans la longueur des syllabes suffixales.
    Il faudrait vérifier pour d'autres mots la longueur des syllabes du suffixe -inus, -ina, -inum
  • Jehan a écrit:
    En tout cas, l'évolution du mot porte à considérer qu'il l'était...
    Tu as répondu à ma question. Il est légitime de fonder une réponse sur l'évolution du mot, donc.
  • Pour pectrina, je pense que c'est davantage /e/ qui est accentué puisqu'il se diphtongue en /oi/.
  • Non, sinon l'évolution du français aurait coupé tout ce qui suit, pour faire très simple, en sorte que la prosodie du français actuel tel qu'il est parlé en région parisienne place systématiquement l'accent hérité du latin en position finale.
    La discussion avait déjà 6 ans :D !
  • Le mot poitrine est de formation semi-savante...
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