Fiches méthode Bac de français 2021

Bonsoir,
Tout est dans le titre, j'ai ce sujet a rédiger, et je me trouve sans aucune idée?
Peut-être une écriture fragmentaire pour faire réflechir et mieux convaincre?
Je suis un peu perdue...
Si vous avez quelques idées, pourriez vous me guider?
Merci d'avance.
Mots clés :

Réponses

  • L'intérêt d'une écriture fragmentaire est qu'elle n'est pas perturbée par l'imperium de faire un plan. Elle est authentique.
  • Au départ, demande toi si cette fragmentation est volontaire ou accidentelle (intro)


    Ensuite, tu peux développé le fait que la force de la forme fragmentaire, c'est qu'elle permet une grande variété stylistique. Après tu peux dire que cette perpetuelle recherche de la rupture, ainsi que la métrise de l'éloquence est en fait au final au service de l'apologie de la religion, puisque la véritable finalité de pascal est de rendre "aimable" la religion.

    Si ça peut te servir, un petite citation de Michel Schneider : " les Pensées ne sont pas des fragments écrits, ce sont des écrits fragmentés"

    Voilà quelques pistes de réflexion, je ne peux pas vraiment t'aider car je n'ai pas encore étudier l'oeuvren je te livre juste quelques une de mes recherches préalables :) je ne sais pas si c'est vraiment clair mais j'espère que ça t'as un petit peu aidé !! je suis d'accord avec toi, cela peut aussi être un outils de persuasion ...

    Voilà, bonne chance pour le travail, courage !
  • L'écriture fragmentée a aussi, malgré elle, une valeur argumentative. Elle permet la redondance des idées : fragment 17 "il a quatre laquais" - fragment 47 "pourquoi me tuer ..." ayant pour objet l'explicitation de l'écriture lapidaire du fragment 17.
  • NENE Membre
    Et puis, cela fait écho au genre des maximes, très en vogue au XVIIème siècle: les auteurs désirent enseigner tout en étant plaisant, c'est à dire sans ennuyer le lecteur.
    De plus, ce qui est court est plus percutant, plus corrosif en cela qu'il marque nos esprits immédiatement et non pas au cours d'un long raisonnement qui émousserait notre perception.
  • Par ailleurs, outre l'intérêt mnémotechnique (je trouve, en parlant de ça, La Rochefoucault bien moins efficace dans ses Maximes), il faut en considérer l'aspect inachevé qu'il suppose : c'est au lecteur de terminer la réflexion, d'aller au bout du raisonnement.
  • Merci beaucoup de toutes vos réponses et réflexions, qui m'aident dejà bien dans l'organisation de mes idées.
  • NENE Membre
    c'est au lecteur de terminer la réflexion, d'aller au bout du raisonnement.
    D'ailleurs, certaines pensées ne sont qu'un exemple: "Talon de soulier". La participation du lecteur est clairement requise.
  • Exact ! Je pense quant à moi à l'un des plus courts fragments des liasses étudiées : "Misère. / Job et Salomon." En y réfléchissant de nouveau, je me demande s'il n'y avait pas une adéquation entre fond et forme : Pascal affirme, au sujet de l'homme, que son cœur est "creux et plein d'ordures" ; le creux m'interpelle et me renvoie au caractère laconique du phrasé... C'est peut-être (un peu) tiré par les cheveux :P. Tension de style pour tension de l'Homme, pris au piège, empêtré dans ses contradictions, la seule solution étant la Grâce.

    Voyez encore comment la forme fragmentaire est analysée et définie du côté de la critique... Barthes voyait dans le fragment un "objet dur et luisant" (le Degré Zéro de l'Ecriture). Intéressant à exploiter...

    D'ailleurs, un lecteur classique, tel qu'il apparaît au XVIIe siècle (encore très empreint des exigences aristotéliciennes en matière d'art), n'est-il pas dérouté devant une réflexion aussi peu uniforme : Pascal ne place-t-il pas son lecteur devant un gouffre, ne cherche-t-il pas à lui donner le vertige, par delà un style sans constance, en tension permanente ?

    Persuader, non convaincre.
  • Persuader, non convaincre.
    Les deux. Pascal est un scientifique qui se sert de données logiques et concrètes pour appuyer ses arguments. Il utilise divers types de raisonnement dont celui inductif ( cf liasse " Raison des effets " ). Il convainct par deux principes : le renversement du pour au contre et la pensée de derrière.
    La métaphore de l' homme, " le roseau pensant " est un moyen pour Pascal de convaincre en montrant que la connaissance est possible grâce à la pensée.
  • Thomas1604 a écrit:
    Persuader, non convaincre.
    Les deux.
    Oui c'est vrai, d'ailleurs il précise au fragment 101 que la vérité et la foi sont accessibles par la raison et le coeur fonctionnant de manière synchronisée. La persuasion relève des moyens mnémotechniques, des injonctions, des maximes "curiosité n'est que vanité" mais la conviction est notable avec les fragments suivant une logique de dissertation : connecteurs logiques, arguments, exemples concrets.
  • NENE Membre
    Il convainct par deux pricipes : le renversement du pour au contre et la pensée de derrière.
    La pensée de derrière n'est pas un moyen par lequel Pascal tâche de nous convaincre, c'est l'une des qualités essentielles de l'habile qui obéit à l'ordre établi non pas car cet ordre est juste (il en sait la folie, là réside en partie son habileté) mais par ce qu'il est ordre. Dehors, les apparences incarnées dans la coutume, la hiérarchie, on "s'incommode" par respect devant son supérieur, à l'intérieur, la pensée authentique. En somme, Pascal nous recommande l'hypocrisie afin de maintenir une illusion sociale.

    En faire un "principe" de conviction est un contre-sens.
  • En faire un "principe" de conviction est un contre-sens.
    Ce n' est pas ce que m' a dit ma prof mais bon les fragments pascaliens sont sujets à de multiples interprétations ; je ne peux pas savoir qui a raison ou tort.
  • NENE Membre
    Ce fragment est plutôt frappant de limpidité:
    "Il faut avoir une pensée de derrière, et juger de tout par là, en parlant cependant comme le peuple ."
  • Ma prof nous avait dit que la pensée de derrière consistait à dépasser les apparences et trouver sa propre vérité et qu ' elle permettait d' avoir à des connaissances liées à la raison. Après, je ne sais pas...
  • Ma version de "la pensée de derrière" est le fait d'aller jusqu'au bout du raisonnement, en profondeur. Par exemple, le peuple honore les nobles parce qu'ils croit ce qu'il voit : les apparences, le décorum. Les habiles, quant à eux honorent les nobles non pas parce qu'il est visiblement impressionnant et puissant mais seulement pour conserver l'ordre social.
    Je ne sais pas si ma définition de "la pensée de derrière" vous aura éclairé, mais c'est dit.
  • NENE Membre
    non pas parce qu'il est visiblement impressionnant et puissant mais seulement pour conserver l'ordre social.
    C'est ce que j'ai dit, non?

    Et puis, il n'y a pas de définition individuelle de la pensée de derrière, son sens est assez précis au contraire.
  • Et puis, il n'y a pas de définition individuelle de la pensée de derrière, son sens est assez précis au contraire.
    Alors c' est soit toi soit ma prof qui avez raison ; je n' ai étudié Pascal que deux mois et j' avoue que je suis un peu perdu par les différentes versions.
  • Tout à fait! d'ailleurs Nietzsche disait que la forme du fragment et des aphorisme était pour lui le plus près de la pensée, du jaillissement.. d'où sont interêt pour les moralistes Français qui eurent pour la majorité adopté cette forme -lui même est surnomé le moraliste Français-, la Bruyère, La Rochefoucault, et les autres furent des modèles pour l'écritures d'oeuvre comme le crépuscule des idoles, le gai savoir.
  • Quelques précisions et quelques rectifications:

    Les Pensées ne sont pas une œuvre achevée. Ce sont des notes éparses. Donc ce n'est pas pour que le lecteur complète sa pensée que Pascal est elliptique car Pascal ne s'adresse pas encore au lecteur. Il n'a pas encore composé, il n'a pas encore mis de l'ordre, il n'a pas encore fait de plan. Il ne faut pas traiter un simple pense-bête ("je note pour y repenser plus tard") comme un message destiné à un lecteur.

    C'est comme si au lieu de remettre une copie au prof, vous lui remettiez un brouillon. Il ne pourrait pas deviner ce que serait la copie si elle avait été finie, mais il pourrait voir votre manière de travailler.

    Or cette manière de travailler est toute différente de celle qui consiste à commencer par faire un plan comme font tant d'élèves sur ce forum. Elle est tout à fait contraire à celle que préconise Descartes et l'enseignement cartésien. Elle ne consiste pas à commencer par mettre un ordre en faisant des catégories mais à faire un maximum de désordre.

    Les fragments ne sont pas susceptibles de plusieurs interprétations. On peut seulement dire qu'on ne les comprend pas parce que Pascal n'a pas dévoilé leur raison d'être qu'on essaye de deviner. C'est quelquefois parce qu'on n'arrive pas à bien lire. Par exemple on a longtemps lu "l'homme préfère la chasse à la poésie", et Voltaire de se moquer. Mais Pascal avait écrit "L'homme préfère la chasse à la prise" et l'a répété plusieurs fois (93 + 126 deux fois).
    Le refus de lire ce qui est écrit et de comprendre ce qu'il dit est patent dans la plupart des commentaires et il ne faut pas imputer à Pascal mais à l'éditeur la pensée que celui-ci attribue à Pascal, ne serait-ce qu'en classant les fragments. Le premier éditeur avait remplacé la phrase de Pascal: "Montaigne a tort" par une phrase qui dit le contraire: "Montaigne a raison". Mais c'est encore le cas aujourd'hui et l'édition sur laquelle on vous fait travailler peut vous induire en erreur en vous faisant prendre la pensée de l'éditeur pour celle de Pascal. C'est fréquent, par exemple, avec le divertissement dont Pascal fait l'éloge en toutes lettres.
    C'est déjà faux de dire que Pascal fait ou veut faire une apologie de la religion chrétienne. Il pense en chrétien comme on prouve le mouvement en marchant, précisément sans se soucier des moyens de convaincre mais en manifestant que çà marche et en le montrant, ce qui vous amène à comprendre en le voyant. Quand il explique, ce n'est pas pour convaincre, mais pour détromper celui qui lui attribue un autre mode de pensée que le sien.
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