Jankélévitch : le Je-ne-sais-quoi et le Presque rien

Bonjour !

Depuis mardi que je suis plongé dans le premier tome ("la Manière et l'Occasion") du triptyque le Je-ne-sais-quoi et le Presque rien, et j'avoue être dépassé par l'obscurité de la réflexion... D'autant que je ne trouve aucun document annexe qui pourrait me seconder dans ma lecture, ni dans ledit livre, ni dans quelconque autre ouvrage, ni même sur Internet. Aussi ai-je décidé de faire appel à vous.

Ca va vous paraître très large comme question, mais qu'entend-il derrière son je-ne-sais-quoi, car je ne suis même pas sûr (!) de l'avoir saisi sur ce point. D'ailleurs, auriez-vous des indications sur sa philosophie, ou même sur la visée de son analyse qui pourraient m'aiguiller ?
Je compte bien sûr le relire attentivement, et essayer d'en extraire le sens, mais je sens que je vais avoir besoin d'aide :P...

Merci de l'aide que vous pourrez m'apporter !
Cordialement.

Réponses

  • Je n’ai pas lu Jankélévitch, mais G. Dessons en parle à plusieurs reprises dans L’art et à la manière, essai sur les rapports entre l’art et le langage, et dont la quatrième partie est d’ailleurs intitulée : « le savoir du je-ne-sais-quoi ». Il s’agit d’une expression conceptualisée, révélatrice de ce pouvoir de l’œuvre d’art que de remettre en cause le langage, de le rendre impossible, en même temps qu’elle l’appelle : le « je-ne-sais-quoi » est le symptôme de l’innommable, il est langage et n’est pas langage à la fois, il montre le désir et l’impossibilité de dire devant l’inconnu de l’œuvre.

    Peut-être ceci te donnera-t-il des idées.
  • Je ne sais pas si cela peut aider à comprendre, mais j'ai deux souvenirs personnels.

    1 En Mai 68, quand le calme est revenu, Jankélevitch, à l'amphithéâtre Richelieu, un des premiers profs à reprendre ses cours, marmonnait pour débuter qu'il était content de pouvoir enfin être revenu "chez lui". J'étais assis sur le balcon, les pieds dans le vide, et c'est parti tout d'un coup (j'étais alors, sinon jeune, du moins encore plus jeune que je ne le suis), et avais crié que j'étais chez moi à la Sorbonne parce que j'étais citoyen français. Depuis, j'en ai entendu, des commentaires sur ce propos!
    2 Je me trouvais par hasard dans le hall de la Sorbonne quand un brouhaha parmi des auditeurs sortis en vrac de l'amphithéâtre avait été provoqué par la déclaration péremptoire de Jankélévitch qu'il ne voulait pas d'allemands dans la salle et que s'il y en avait, qu'ils sortent. Il y avait peut-être eu un incident, je n'en sais rien. Mais la déclaration avait fait émoi.

    Après, j'ai essayé de lire des trucs, m'y suis pris à plusieurs fois, et n'ai rien compris, mais ne m'en suis pas étonné, car le titre même indiquait qu'on était dans l'émotif et même l'hypererémotif, et j'ai pensé que c'était un pathologie qui appelait un calmant: Fauré. Ce n'est que ma conclusion. Mais je sais que des amateurs de Jankélétich ne le lisent pas mais l'écoutent (ses cours sont enregistrés), et cela ne m'étonne pas.
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