Question sur la construction d'une phrase

Bonjour à tous
cela fait un mometn que je ne suis pas passé par ici, et j'espère que vous pourrez m'aider
je suis traducteur arabe-français. Souvent, je suis confronté à des phrases du genre : "Quiconque transgresse la loi, nous le purions!"
Je voudrais savoir si une telle construction est correcte.
merci de m'apporter votre aide et autant d'éclaircissement que possible.
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Réponses

  • Bonjour, Chidoshi,

    Dans ta phrase, " quiconque" est le sujet. Aussi sera-t-il plus correct de dire: " Quiconque transgresse ( ou transgressera) la loi sera puni." ( car il s'agit bien du verbe punir, j'imagine?)
  • c'est juste un exemple Delisa, ce n'est pas tant le verbe qui suit qui m'intéresse.
    Donc, selon toi, ce type de constuction est incorrect. je te remercie pour ta réponse.
    S'il y a d'autres avis, n'hésitez surtout pas =D
  • Bien sûr que les mots importent peu. Mais je me suis servie de ton exemple pour t'expliquer.
    Un autre: si tu dis: " Le professeur grondera tout élève dissipé", tu pourras inverser ta phrase, mais cela donnera: " Tout élève dissipé sera grondé par le professeur" et non pas : " Tout élève dissipé, le professeur le grondera." De même, si tu rajoute un verbe comme dans ton premier exemple: " Tout élève qui bavarde sera grondé par le professeur" et non pas " Tout élève qui bavarde, le professeur le grondera."

    J'espère avoir été plus claire ;), mais d'autres avis seront les bienvenus, sans aucun doute.
  • Jean-LucJean-Luc Modérateur
    Bonjour,

    Je ne partage pas l'avis de Delisa.
    La phrase citée au début est correcte, plus orale qu'écrite, mais correcte en tout cas.
    Quiconque... n'est pas sujet, mais COD, repris par le pronom personnel le.
    En fait, pour mettre en évidence un élément de la phrase, il faut créer une rupture dans l'ordre normal, ce qui est réalisé le plus souvent par le déport en tête de phrase. Dans ce cas, il faut rappeler la position initiale par une reprise pronominale ou utiliser un présentatif.

    J'aime le chocolat deviendra :
    Le chocolat, je l'aime.
    C'est le chocolat que j'aime.
  • Bonjour Jean-Luc,
    "Quiconque " est bien le sujet du verbe qui suit: "transgresse" et , certes cod de "nous le punirons". Nous punirons qui? quiconque. D'accord. Toutefois, Chidoshi ayant à traduire des textes, je pense plus sage de privilégier un langage plus soutenu, et des tournures moins lourdes.
    "Le chocolat, je l'aime", est une tournure familière, plutôt réservée, comme tu le dis toi-même, à un usage oral. Le fait de dire: "J'aime le chocolat", ne me paraît pas moins précis.
    Des phrases concises sont souvent tout aussi percutantes et explicites.

    Il est souvent inutile d'alourdir la phrase pour mettre un fait en évidence.
    Mais nous trouvons souvent dans les romans, des tournures de ce genre, je te l'accorde, ce qui crée souvent un style détonnant ( et il est bien de rompre la monotonie).

    Mais cela ne prouve pas forcément la justesse syntaxique de la tournure.

    Par contre, j'aimerais avoir, moi aussi, de nouveaux avis, car la question m'interesse. =D
  • JehanJehan Modérateur
    Une construction comme "Le chocolat, je l'aime" n'est ni lourd ni familier.
    La phrase vient en réponse à la question :
    "Aimez-vous le chocolat ?"
    Tandis que la phrase : "J'aime le chocolat." vient en réponse à la question :
    "Qu'aimez-vous ?"

    Les deux tournures ont donc chacune leur raison d'être, et ne sont pas tout à fait équivalentes.
  • Bonjour Jehan
    Pour ce qui est de quiconque, peux-tu nous renseigner?
  • JehanJehan Modérateur
    Quiconque est un pronom nominal équivalant
    à un nom repris par un pronom relatif sujet :
    quiconque = "tout homme qui"

    Même si le pronom relatif qu'il contient est sujet, tout comme un nom, il peut très bien être représenté dans la suite de la phrase par un pronom complément.

    On n'hésite pas à écrire :
    Tout homme qui transgresse la loi, nous le punirons.

    On peut même remplacer la relative par un adjectif :
    Tout homme désobéissant , nous le punirons.

    Donc : "Quiconque trangresse la loi, nous le punirons." est tout à fait licite, clair, concis, expressif. Et cela n'a rien de lourd.
  • Ah là là! Méa culpa, alors... =(
  • Merci à tous, vos avis m'ont beaucoup éclairé et m'aideront grandement dans mon travail. Jehan, ton avis m'a bien convaincu
    par contre, mes collègues de travail moins. ils aimeraient si possible une argumentation plus nuancée, notamment par des citations et autres.
    donc, s'il t'est possible me fournir "des preuves", ce serait formidable.
    cela me permettrait de mettre fin à cette polémique au bureau :)
  • Quand on place le complément d’objet en tête de la phrase (ou de la proposition), ou du moins devant le sujet, pour mettre ce complément en relief ou pour établir une liaison avec ce qui précède,
    1° Le complément d’objet direct est généralement repris par un pronom personnel placé devant le verbe :
    Des yeux de statue, on en avait vu par milliers (Loti, Mort de Philae, p. 5). — Et cette promesse, il l’accomplira (Bainville, Dix-huit brumaire, p. 39). — L’objet véritable de son amour, vous le connaîtrez si vous avez la force et le courage d’entendre cet homme (Mauriac, Nœud de vip., Épigraphe). — Qui se fait brebis, le loup le mange (prov.).
    Grevisse, 14ème édition, 301 Place des autres compléments d’objet.
  • C'est exactement ce que je cherchais merci Anne
  • Bonjour,

    Pour continuer avec le même type d'erreur, je suis ennuyée avec la phrase suivante qui me paraît fausse :
    "Fruit de la politique de désendettement et du niveau d'intérêt historiquement bas, les ressources que l'Etat doit consacrer aux intérêts passifs poursuivent leur baisse."

    A mon avis, en début de phrase, "Fruit" doit au minimum être au pluriel afin de conserver la cohérence avec le sujet de la phrase qui est "les ressources". Idéalement, je remplacerais "Fruit" par "Faisant suite à..."

    Quelqu'un peut-il me confirmer s'il s'agit d'une erreur et pourquoi ?

    Merci d'avance !
  • Pas forcément au pluriel : "Toutes choses dans la Nature sont le fruit du hasard et de la nécessité" selon la phrase que Jacques Monod attribue à Démocrite.
    Même s'il est plus normal que le mot en apposition ait le même nombre que le mot auquel, il se rapporte, au moins selon Grevisse.
    Et je trouve fruit plus "élégant" que faisant suite, mais c'est purement subjectif.
  • Bonjour Depoche,

    Ce n'est pas une erreur. Il s'agit du fruit de la politique de désendettement et du niveau d'intérêt historiquement bas. (Les ressources sont le fruit de...)
    [...]
    II.− A.− P. ext., littér.
    1. Profit, avantage que l'on retire de quelque chose. Recueillir le fruit de ses efforts; jouir du fruit (des fruits) de son travail :
    9. ... si je généralise encore plus le mot fruit [it. ds le texte], comme on fait dans le sens métaphorique, en disant, par exemple, que la science est le fruit du travail, que les découvertes sont le fruit de la réflexion, ce mot fruit ne renferme plus que l'idée d'être produit par un être quelconque... Destutt de Tr., Idéol. 1 1801, p. 108.
    [...]
    Fruit

    Muriel
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